Les dieux du campus Tome 1 - Leander
37 - Leander
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LEANDER
Une fois n’est pas coutume, au lieu de rester cloîtré dans ma chambre, je décide de me mêler à la foule de la soirée organisée par les mecs. Ce soir, je préfère être entouré de gens plutôt que de me morfondre seul dans mon coin. Et puis, j’espère toujours que Nyx finira par se pointer.
Quand Dee et Chase ont passé la porte d’entrée, j’ai arrêté de respirer, pensant découvrir Nyx à leur suite. Sauf que la porte s’est refermée derrière eux, sans elle. Depuis, je n’arrête pas de jeter des petits coups d’œil un peu partout, me demandant quand elle finira par apparaître dans mon champ de vision. Non seulement c’est une fêtarde, mais en plus, je sais qu’elle aime passer du temps avec les gars de la coloc.
Sauf qu’à vingt-trois heures, toujours aucun signe d’elle. Je commence à me faire à l’idée qu’elle ne viendra pas. L’espace de quelques secondes, j’envisage de lui envoyer un énième message avant de me raviser. À quoi bon perdre mon temps ? Je ferme brièvement les yeux et décide de laisser tomber. Pour ce soir, mais aussi pour la suite. J’en ai ma claque de me morfondre pour quelqu’un alors que je n’ai qu’à me baisser pour ramasser des filles qui, elles, ne me prendront pas autant la tête.
Je me dirige vers la cuisine pour aller prendre une bière – ma troisième, ce qui est tellement exceptionnel que ça en dit long sur mon état –, quand je croise Eva en pleine discussion avec Jeremiah. Elle me sourit lorsque nos regards se croisent, et je décide de laisser tomber ma bière pour la rejoindre.
— Salut, beau gosse, déclare-t-elle en m’enlaçant rapidement.
— Salut. Désolé de vous interrompre, mais tu pourrais venir avec moi une petite minute ?
— Une minute ? Je savais que les footballeurs n’étaient pas très endurants, mais je suis quand même surpris, ricane Jeremiah.
Pour toute réponse, je lui fous une tape à l’arrière du crâne, et il éclate de rire.
— J’ai juste besoin de lui parler, répliqué-je en souriant malgré moi.
C’est alors que Jeremiah m’entoure de son énorme bras et déclare :
— Parler, hein ? Ou oublier ?
— Ta gueule.
Eva nous regarde d’un air perplexe. Contrairement à Jeremiah, avec qui je passe certaines soirées quand les gars de ma coloc me tapent sur les nerfs, elle n’est pas au courant pour Nyx et moi. De toute façon, il n’y a pas à être au courant de quoi que ce soit. Ce n’est pas comme si les choses avaient déjà été officielles entre nous.
Avant que Jer’ puisse tenter de me faire la morale, j’attrape la main d’Eva et l’entraîne à ma suite jusqu’à l’étage. Elle se laisse faire sans rien dire. À peine sommes-nous à l’abri des regards dans ma chambre que je la plaque contre le mur et écrase ma bouche sur la sienne. Elle répond à mon baiser, laisse glisser sa langue contre la mienne tandis que je remonte sa jupe pour la caresser par-dessus le tissu de son string. Je mords sa lèvre, et elle gémit lorsque je la pénètre de mes doigts. Putain, ouais. C’est ça dont j’ai besoin. Du sexe sans attache.
Je déboutonne mon jean sans jamais cesser de l’embrasser lorsqu’elle me repousse doucement, ses deux mains sur mon torse, et décolle ses lèvres des miennes pour m’empêcher de revenir à l’assaut de sa bouche. Je fronce les sourcils.
— Quoi ?
Son joli regard croise le mien.
— C’est quoi, cette histoire ? Oublier quoi ?
— Rien d’important.
Je n’ai pas du tout envie de parler de ça, surtout alors que j’ai la bite à l’air. Elle continue à me scruter d’un air interrogateur.
— Rien d’important ? répète-t-elle.
Je secoue la tête, et ses yeux s’écarquillent comme si elle venait d’avoir une révélation.
— C’est Nyx, pas vrai ? Où est-elle ? Je l’ai pas vue, ce soir.
— Qu’est-ce que j’en sais ? Elle a apparemment mieux à faire que se pointer ici. Peut-être qu’elle a déjà trouvé un autre mec.
Rien que de l’imaginer avec quelqu’un d’autre, d’envisager les mains d’un autre homme sur son corps, la bouche d’un autre homme contre sa peau… j’ai envie de hurler. Je sais que je n’ai aucun droit sur elle, surtout en tenant compte de ce que je m’apprête à faire avec une fille. Pourtant, je ne parviens pas à réfréner cette colère qui gronde en moi tout à coup. Mes poings se serrent, ma mâchoire se crispe.
— Qu’est-ce qui s’est passé ? murmure Eva, l’inquiétude lisible dans son regard.
Pour toute réponse, j’attrape ses poignets, la plaque de nouveau contre le mur et l’emprisonne de mon corps.
— Rien du tout, grogné-je en cherchant ses lèvres.
Elle tourne la tête et me repousse, plus durement cette fois.
— Arrête. Il est hors de question que je rentre dans ton jeu, Leander.
— Je ne joue pas. Je veux juste passer une bonne soirée, prendre un peu de bon temps avec toi, comme avant.
Elle se décale légèrement et baisse sa jupe, m’indiquant que ce n’est pas près d’arriver.
— C’est quoi, ton problème, bordel ? m’agacé-je.
Qu’est-ce qui lui prend ? Elle a toujours été partante pour baiser avec moi et, tout à coup, elle me rejette ? Elles se sont toutes passé le mot ou quoi ?
Elle plisse les yeux et me lance un regard noir.
— Mon problème, c’est qu’il est hors de question que tu te serves de moi pour oublier Nyx. Et surtout, il est hors de question que tu te serves de moi pour lui faire du mal.
Pardon ? Non, mais d’où ça sort, ça ?
— Depuis quand tu en as quelque chose à foutre de Nyx ?
Elle pousse un soupir d’exaspération.
— Crois-le ou non, j’ai un cœur. Et j’aime bien Nyx. Comment crois-tu qu’elle va réagir si elle apprend qu’on a couché tous les deux alors que vous êtes ensemble ?
— On n’est pas ensemble. On n’a jamais été ensemble.
Mon cœur bat trop vite, je sens mon agacement monter. Je n’aurais jamais pensé que m’entendre prononcer ces mots serait aussi douloureux, pourtant ça fait un mal de chien.
— Quoi qu’il en soit, ne compte pas sur moi. Je sais ce que ça fait de voir un type auquel on tient s’envoyer en l’air avec quelqu’un d’autre.
— J’ai un scoop pour toi, ma grande. Nyx s’en tape complètement de l’endroit où je fourre ma queue. Alors, dans toi ou dans une autre…
Je hausse les épaules. Eva semble tellement choquée par mes paroles qu’elle ne répond pas. Je vois son visage se fermer. Je passe une main dans mes cheveux pour tenter de reprendre le contrôle de mes émotions, mais je n’y parviens pas. Je suis à bout et je ne sais pas comment revenir en arrière.
— Je suis pas une de tes groupies, Leander, souffle-t-elle finalement.
Je ricane.
— Non, c’est vrai. Tu préfères le hockey. Même si le hockeyeur en question préfère baiser toutes les filles du campus plutôt que toi.
Une gifle atterrit sur ma joue dans un claquement sonore. Les yeux d’Eva se remplissent de larmes.
— Va te faire foutre, siffle-t-elle entre ses dents avant de s’éloigner en courant.
Eh merde ! Parfois, je ferais mieux de me taper la tête contre les murs que d’ouvrir la bouche. Ça ne me ressemble pas d’être aussi mesquin, en particulier avec Eva. Je suis vraiment en dessous de tout.
Je passe une main sur mon visage et, après avoir soufflé un grand coup, je décide de la rattraper. Je dois m’excuser, lui dire que mes mots ont dépassé ma pensée, que je ne voulais pas la blesser. Je me précipite en haut de l’escalier, scannant la foule pour la trouver. Je la découvre se dirigeant à grands pas vers la porte d’entrée, Jeremiah sur ses talons.
Je dévale les marches, pousse sans ménagement toutes les personnes qui se trouvent sur mon chemin et sors dans la nuit. Le vent froid qui m’accueille me file des frissons, mais il a l’avantage de me remettre les idées en place. Sur le trottoir, j’avise Jeremiah qui serre une Eva en pleurs entre ses bras.
— Je suis désolé ! m’écrié-je en avançant vers eux. Eva…
J’ignore si elle m’a entendu, mais de toute évidence, Jer’, oui, puisqu’il relâche son étreinte pour se diriger vers moi.
— C’est quoi, ton putain de problème ? gronde-t-il en m’attrapant par le tee-shirt.
Je ne cherche pas à me dégager. Peut-être même que je devrais lui demander de me foutre son poing dans la gueule, ça m’aiderait à me remettre les idées en place. Vu la façon dont il me toise, je sens bien qu’il se retient.
— J’ai déconné.
Et pas qu’un peu. Je perds complètement les pédales. C’est n’importe quoi.
— Qu’est-ce qui s’est passé ? Elle est dans tous ses états !
— Je sais. Je voulais pas, je voulais…
Je n’ai pas le temps de finir ma phrase qu’un crissement de pneus se fait entendre. Nous tournons tous les deux la tête en direction de Sander, qui vient de s’extirper de sa caisse et court vers nous. Merde !
— Lâche-le ! rugit-il.
Avant que je puisse réagir, Sander agrippe le sweat-shirt de Jer’ qui me libère pour reculer de quelques pas.
— Me touche pas ! gronde Jeremiah.
Loin de lui obéir, Sander raffermit sa prise et colle son nez contre celui de mon pote.
— Ferme ta gueule.
— Qu’est-ce que tu vas me faire ? Me frapper ? Ça devient une habitude !
Tais-toi, Jer’. N’aggrave pas les choses.
Sander colle Jeremiah contre le mur et arme son poing. J’ai à peine le temps de réagir. D’un coup, je me rue sur lui, saisissant son bras tandis qu’Eva leur hurle d’arrêter.
— Fous-moi la paix, hurle Sander en tentant de se dégager de mon étreinte.
Je le tiens toujours plus fermement, les muscles crispés, tandis que son visage est de plus en plus rouge.
— Non. Ça suffit. Arrête !
Mais il ne m’écoute pas, il semble déconnecté de la réalité. Je le tire vers moi et saisis sa nuque pour poser mon front contre le sien. Son souffle est erratique, son corps est tendu.
— Calme-toi. Ça va. Calme-toi.
J’entends Jeremiah grommeler dans sa barbe mais je reste concentré sur Sander. Je le retiens jusqu’à ce qu’Eva et Jer’ disparaissent, et encore longtemps après ça, lui murmurant des mots apaisants jusqu’à ce qu’il finisse par se détendre. Tu parles d’une putain de soirée !
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