Les dieux du campus Tome 1 - Leander
24 - Nyx
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NYX
Alors que les lèvres de Zeus me dévorent, je retiens un soupir de soulagement. Je n’avais aucune envie d’aller voir Dante, mais je déteste ne pas avoir le dernier mot. Surtout avec lui. Plus qu’avec aucun autre, je suis sur la défensive. Sauf depuis l’instant où il a hurlé sa défaite dans le couloir. Au moment où il m’a attrapée par la taille pour plaquer sa bouche contre la mienne, j’ai laissé tomber toutes mes barrières.
Coincée entre le mur et son corps massif, je frissonne alors que nos langues entament un long ballet sensuel. Ses doigts s’emmêlent à quelques mèches de mes cheveux dont il se sert pour faire basculer davantage ma tête en arrière. Mes mains quittent ses épaules auxquelles je m’étais accrochée pour parcourir son dos. Mes paumes glissent sur ses fesses musclées, et je les agrippe pour le coller un peu plus contre moi, son érection prisonnière entre nos deux corps. Ma bouche avale le grognement que je réussis à lui soutirer, et je ne peux m’empêcher de sourire contre ses lèvres.
— C’est d’avoir eu le dernier mot qui te fait marrer ? lâche-t-il en se détachant.
Je secoue la tête sans bouger mes mains d’un centimètre. Si je n’étais pas aussi chieuse, je reconnaîtrais que je fantasme sur son corps d’Apollon depuis quelques semaines.
— Non, ce que je trouve comique, c’est que tu aies vraiment cru que j’allais retrouver Dante dans sa piaule.
— Tu ne l’aurais pas fait ?
Il a sincèrement l’air surpris. Il va falloir que j’arrête d’être invivable, pour mon propre bien.
— Non. Je trouve Dante très sympa, mais ce n’est pas avec lui que je suis allée dormir hier soir.
Sur la pointe des pieds, je me serre davantage contre lui, ma bouche à quelques millimètres de son oreille.
— Et ce n’est pas lui qui m’a fait mouiller ce matin, chuchoté-je.
Alors que son regard bleu accroche le mien, je jurerais y voir des éclairs. Dans un bruit proche du grondement, il capture de nouveau mes lèvres avant de souffler un « accroche-toi » contre ma bouche. Ses grandes mains empoignent l’arrière de mes cuisses, et j’enroule instinctivement mes jambes autour de sa taille. Sa queue pulse entre nous, et le changement de position lui arrache un gémissement. Mon corps n’est pas en reste. La bille de mon piercing appuie contre mon clitoris gonflé, et je me retiens de me frotter davantage contre Leander.
Je déteste la sensation de manque qui m’assaille quand il me dépose au sol, mes fesses en appui contre le bois de son bureau, et qu’il s’écarte d’un pas. La lueur dans ses yeux me fait frémir, j’ignore s’il compte m’étriper ou m’embrasser de nouveau. Peut-être les deux en même temps.
Ses iris arrimés aux miens, mon souffle s’étrangle dans ma gorge quand ses doigts s’activent à défaire de nouveau le bouton et la fermeture Éclair de mon jean. Je peine à prendre ma respiration et observe avec une pointe d’émerveillement cet homme au physique de dieu grec crocheter ses doigts à mon pantalon et à mon sous-vêtement pour les faire glisser d’un même mouvement le long de mes cuisses. À genoux devant moi, il finit de me déshabiller.
— C’est très agréable de t’avoir à mes pieds, je pourrais m’y faire.
Je suis incorrigible. Mais contrairement à ce que je pensais, Zeus ne bronche pas. Il me sourit avec l’air du chat qui vient de bouffer la souris et s’approche davantage, la pulpe de ses doigts effleurant doucement mes mollets, mes cuisses et enfin mes hanches, qu’il finit par agripper. Son visage repose sur le haut de ma jambe, et il hume mes chairs trempées comme on sent un parfum délicat. Je sens son souffle me frôler et j’arrête de respirer un instant. Le bout de sa langue passe sur le bijou qui orne mon entrejambe, juste une fraction de seconde avant que Leander ne se relève complètement.
— Non. Pas aujourd’hui. Tu n’as pas mérité ça !
Je râle de frustration, imaginant un instant qu’il a l’intention de me laisser en plan une seconde fois. Ses lèvres reprennent leur place sur les miennes, et j’ai la sensation qu’il essaie surtout de me faire taire. Je suis sur le point de l’envoyer balader quand la sensation de ses mains qui se faufilent sous mon débardeur me coupe la parole. J’oublie même ce que j’allais lui balancer quand il tire sur la pointe d’un de mes seins.
— Tu avais envie de dire quelque chose, Eunice ?
J’ouvre la bouche, mais rien n’en sort. Ma célèbre ironie s’est fait la malle avec quelques-unes de mes cellules cérébrales. Je gémis même sans retenue quand il empoigne une de mes cuisses pour la hisser à hauteur de sa taille. Mes mains s’accrochent au bord du bureau pour maintenir mon équilibre.
J’ai la sensation que toute mon intimité vibre de désir et d’anticipation. Impossible de retenir un cri quand son pouce se pose sur mon clitoris qui ne demandait que ça.
— Ce truc me rend dingue, grogne-t-il en jouant avec la bille de mon piercing.
C’est lui qui me rend folle. Je dois me mordre les lèvres pour ne pas faire trop de bruit quand deux de ses doigts me pénètrent. Il m’inflige un lent va-et-vient tandis que son pouce continue son petit manège avec mon bijou. En quelques secondes, je suis sur le point de basculer et je n’essaie même plus de retenir mes gémissements sonores. À l’instant, tout le campus pourrait m’entendre que je n’en aurais rien à faire.
— Plus fort, réclamé-je.
Intensifiant sa prise sur ma cuisse, il accélère le rythme de ses caresses. Je me perds dans la sensation de ses doigts qui s’enfoncent en moi, dans le bruit de nos respirations erratiques qui résonnent dans sa chambre, dans les battements de mon cœur qui semble vouloir s’échapper de ma poitrine.
Je relève la tête et ancre mon regard au sien avant de crier mon orgasme. Je laisse tomber mon front contre le sien. La sensation d’être enveloppée dans du coton est écrasante. Heureusement que Leander me tient toujours, parce que même avec le bureau derrière moi, je ne suis pas sûre que mes jambes m’auraient portée. Je ne bouge pas, même quand ma respiration se calme enfin. L’air entre nous semble plus électrique que jamais.
— Tu es belle quand tu jouis.
— Seulement quand je jouis ?
— Non. Pas seulement.
D’un mouvement qui m’arrache un petit cri de surprise, il me soulève pour me faire tomber sur son lit. Sans se détacher de moi, il m’allonge sur le matelas, ses mains désormais libres déjà à la recherche de mes courbes. Nos iris ne se sont toujours pas quittés, et c’est le moment où je sais que je vais sortir une connerie. J’en ai besoin pour alléger cette atmosphère entre nous que je ne sais pas gérer.
— Eh bien, c’était sympa. On s’appelle ? lancé-je en faisant mine de me relever.
En appui sur les coudes, je regarde le visage de Zeus traverser toutes sortes d’expressions. De l’incrédulité à la colère en passant par la frustration.
— Tu déconnes, non ?
— Oui. Mais t’imagine pas tremper ton biscuit juste parce que tu m’as fait jouir avec tes doigts.
— Mon biscuit ? s’étrangle-t-il. Tu me tues, bordel.
— Oh ! Ça va, c’est une façon de parler. Je voulais juste que tu comprennes que je ne suis pas du genre à coucher au premier rencard.
— Mais te faire doigter, ça passe ? Et puis, excuse-moi, Eunice, mais débarquer dans ma chambre et me surprendre en train de me branler, ça n’a rien d’un rencard.
J’ai profité de son petit laïus pour le repousser sur le dos afin de m’installer au-dessus de lui.
— Tu fabriques quoi, là ? reprend-il, une expression incertaine sur le visage.
En appui sur mes genoux, mon intimité trempée de mon orgasme frôle son sexe tendu. Un sifflement s’échappe de ses mâchoires serrées par la tension, et je prends le temps de dégager quelques mèches de son front avant de lui répondre.
— Je suis peut-être une chieuse, Zeus, mais je ne suis pas sans cœur. Je ne vais quand même pas me barrer en te laissant dans cet état.
Je ne lâche pas son regard et me fais glisser un peu plus bas. Son sexe qui pulse d’anticipation à portée de ma bouche. Un sourire aux lèvres, je le lèche sur toute la longueur avant de reprendre ma position initiale.
— Nope. Pas aujourd’hui, lâché-je en reprenant ses mots.
Il grogne de frustration et me fait basculer à mon tour sur le matelas. Il me domine, sourcils froncés, bouche entrouverte, comme s’il était sur le point de dire quelque chose. Je ne lui en laisse pas le temps et attrape sa verge érigée dans ma main. Je commence un lent mouvement de va-et-vient. J’imite le rythme langoureux qu’il a employé tout à l’heure avec moi et me délecte de l’image de cet Apollon, les yeux mi-clos, les dents qui s’enfoncent dans sa lèvre inférieure.
— Plus vite, exige-t-il.
Une fois n’est pas coutume, je ne me fais pas prier et accélère le mouvement sur sa queue en continuant à l’observer. Ses doigts se crispent dans mes cheveux, et il s’empare de nouveau de ma bouche dans laquelle il gronde alors que son sperme gicle sur mon ventre découvert. Ses lèvres ne quittent pas les miennes quand il se laisse retomber contre moi. Sa langue danse avec la mienne, me goûte, me tire de nouveaux gémissements. Ce n’est pas un simple baiser, c’est le prolongement de ce moment d’intimité que nous venons de partager.
Il finit par se décaler suffisamment pour ne pas m’écraser et fourre son nez dans mon cou et mes cheveux. Nous sommes peut-être collants de sueur, mais je n’ai absolument plus aucune envie de bouger ou de parler. Comme quand je l’ai serré dans mes bras sous la pluie, comme hier soir sur son lit et comme cette nuit dans son étreinte, je ne me suis jamais sentie autant à ma place qu’à cet instant. Et même si je sais que ça finira par m’effrayer, ce matin, j’ai juste envie d’en profiter.
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