Les dieux du campus Tome 1 - Leander

F.V. Estyer · Chapitre 25 sur 55

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Les dieux du campus Tome 1 - Leander

25 - Leander

25

 

LEANDER

 

Les bras de Nyx refermés autour de mon corps, nos souffles erratiques emplissant la pièce, enveloppé par l’odeur de sexe et de nos peaux moites, je ferme les yeux, profitant du silence, parce qu’avec elle, je sais que ça ne va pas durer. J’attends qu’elle ouvre la bouche, préparé à recevoir un autre commentaire sarcastique, mais elle ne dit rien. Ses mains se perdent le long de mon dos, caressant distraitement ma colonne vertébrale.

Je finis par lever la tête pour croiser ses yeux clairs. Elle me sourit doucement, et je me penche pour poser ma bouche sur la sienne. Ma main enveloppe sa joue, et j’approfondis notre étreinte, léchant sa lèvre inférieure gonflée de nos baisers.

— Eh bien, c’était… commence-t-elle, son souffle contre moi.

— Sympa et on se rappelle, c’est ça ?

Elle laisse échapper un rire nerveux. Nyx ne m’a jamais fait l’effet d’une fille qui peut facilement être déstabilisée, pourtant, en cet instant, j’ai la nette impression que c’est le cas.

— J’allais dire « un bon moyen de relâcher la pression ».

Je la scrute un instant, ravalant la déception que je sens poindre. C’est tout ? Relâcher la pression ?

— Aussi, oui, me contenté-je de répondre, me déplaçant pour la libérer.

Notre bulle d’intimité vient d’exploser, et pour être honnête, c’est dur à accepter. J’étais bien au creux de ses bras.

— Zeus… murmure-t-elle, sans doute consciente de mon agacement lorsque le surnom absurde qu’elle m’a donné claque dans l’air.

Je n’ai jamais été très doué pour faire semblant.

— Vomito.

Retour au point de départ.

Je quitte le lit, récupère mon boxer que j’enfile avant de passer une main dans mes cheveux. Je n’ai pas le temps de me retourner que Nyx m’a rejoint. Ses bras s’enroulent autour de ma taille, et elle pose ses lèvres contre ma clavicule. Je pousse un soupir et recouvre ses mains des siennes.

— C’était génial, Leander, vraiment.

— Mais…

Parce qu’il y a toujours un « mais » quand les phrases commencent de cette manière.

— Mais je veux simplement que tu saches que je n’attends rien de plus que ça.

Mon cœur rate un battement, et ses paroles me font tressaillir. Avant, j’aurais sauté sur l’occasion. Parce que c’est ce que j’ai toujours attendu de mes partenaires. Du sexe. Rien que du sexe.

Je me tourne pour observer Nyx, lui offrant un sourire doux. Pour la rassurer, pour lui montrer qu’elle n’a pas à s’inquiéter.

— Tant mieux.

— Vraiment ? demande-t-elle en fronçant les sourcils.

— Ouais… Non. J’en sais rien.

Elle s’esclaffe, et je me renfrogne. Je me demande si elle aussi a senti cette connexion entre nous, ce crépitement dans l’air tandis que nous nous caressions, que nous nous embrassions, que nous nous faisions jouir mutuellement. Cette fille a beau m’exaspérer la plupart du temps, lorsqu’elle laisse tomber son masque, c’est impossible de ne pas s’attacher. Parce que oui, je suis attaché à elle. Même si elle me rend dingue et que souvent je voudrais la bâillonner, je l’aime bien.

— Écoute, Nyx, toi et moi, c’était bon. Vraiment.

Elle acquiesce, et son souffle s’accélère lorsque ma paume descend le long de son ventre nu et que j’enduis le bout de mes doigts des restes de mon orgasme.

— Et pour être honnête, je ne serais pas contre le fait qu’on continue à s’amuser.

Je remonte ma main jusqu’à sa bouche et plonge mon index et mon majeur entre ses lèvres. Les mêmes que j’ai enfouis en elle, pour qu’elle découvre nos saveurs mêlées. Son regard ancré au mien, sa langue s’enroule autour de mes doigts, et bordel, c’est tellement sexy que je pourrais bander de nouveau.

— Mais… dit-elle à son tour lorsque je libère sa bouche.

Je ris et me penche pour l’embrasser.

— Mais rien. On n’est pas obligés de se prendre la tête, pas vrai ? On peut juste se laisser porter. Comme avant, finalement.

— Donc on continue à se rendre dingue, mais dans tous les sens du terme, à partir de maintenant, c’est ça ?

Cette fois-ci, j’éclate franchement de rire et frotte mon nez contre le sien.

— C’est ça. Deal ?

Elle remonte les bras pour agripper mes cheveux. Sa bouche est de nouveau sur la mienne, douce et gonflée. Puis elle pose son front contre le mien et répond :

— Deal.

Je souris et suis sur le point de sceller ce pacte par un nouveau baiser lorsque des bruits derrière la porte m’arrêtent.

— C’était quoi, ça ? demande Nyx.

— Je crois avoir ma petite idée, maugréé-je.

Pas la peine d’être devin pour deviner que certains de mes colocs nous épient derrière le battant. Faisant signe à Nyx de se taire, j’avance silencieusement jusqu’à la porte et l’ouvre d’un coup sec.

— Bordel de mer…

La fin du juron de Sander est étouffée par sa tête qui percute le sol. Dante, lui, a tout juste le temps de se raccrocher à l’encadrement pour ne pas suivre son frère dans sa chute.

Bras croisés, je toise Sander d’un regard noir.

— Ça va, les gars ? demande-t-il, pas le moins du monde gêné, sans même prendre la peine de se relever.

— Ça ira mieux une fois que je t’aurai enfoncé mon poing dans la gueule, grogné-je.

— Je préférais que tu me l’enfonces ailleurs, mais bon, c’est toi qui vois.

Il ne peut vraiment pas s’en empêcher ! Dante émet un bruit de dégoût tandis que derrière moi, Nyx éclate de rire. Sander lui fait un clin d’œil accompagné d’un sourire coquin, heureux de constater qu’il a une alliée. Ces deux-là s’entendent beaucoup trop bien pour notre tranquillité d’esprit. Je sens qu’un jour, ça va nous péter à la gueule.

— On peut savoir depuis combien de temps vous êtes là ? me renseigné-je, histoire de mettre un terme à cette scène.

— Cinq minutes ? Peut-être moins ? Le temps qu’il t’a fallu pour jouir, à mon avis, donc ça doit pas faire bien longtemps, compte tenu de ton endurance.

Parfois, je me demande pourquoi je m’inflige ça. Je devrais déménager et aller habiter dans un appartement, tout seul, peinard.

— Il n’est peut-être pas très endurant mais il est très doué de ses mains, renchérit Nyx.

Elle a décidément une capacité inégalée pour faire des compliments qui sont aussi des critiques.

— Je te crois sur parole, déclare Sander.

— De toute façon, t’as pas le choix.

Il fronce le nez et me lance un regard attristé. Il est parfaitement conscient que ses fantasmes resteront ce qu’ils sont, mais je sais aussi que jamais il ne se lassera d’essayer.

— À la base, on est simplement venu voir ce qui se passait. Dee attendait que Nyx revienne pour la raccompagner, mais elle a fini par se barrer quand on lui a dit ce que vous trafiquiez.

Donc ils sont là depuis le début ! Je voudrais me taper la tête contre le mur jusqu’à oublier les dernières minutes.

— Mince ! J’ai complètement oublié de la prévenir de partir sans moi.

— Ouais, ricane Dante. À croire que tu avais la tête ailleurs… ou les mains occupées.

Je lui assène un coup dans le ventre qui lui coupe le souffle et, tentant de conserver le peu de patience qu’il me reste, déclare :

— Ça suffit. Tout le monde sort de cette piaule. Tout de suite.

Je me tourne ensuite vers Nyx.

— Je vais te raccompagner. Je t’aurais bien proposé de rester mais j’ai une tonne de trucs à réviser.

— Moi aussi. Viens chez moi, si tu veux. On bossera ensemble.

Je prends le temps de la réflexion. Ce qui doit durer trop longtemps à son goût vu qu’elle finit par enfoncer son coude dans mes côtes.

— Je t’offre une échappatoire, là, Zeus, dit-elle en avisant les jumeaux du menton.

Elle a carrément raison. Elle me propose une solution idéale pour échapper à la Gestapo. L’espace de quelques heures, du moins. Ni une ni deux, je me rhabille, fourre mes affaires dans mon sac, attrape la main de Nyx et l’attire à ma suite, souriant des éclats de rire qui s’échappent de ses lèvres tandis que nous dévalons l’escalier et sortons de la baraque comme si nous avions le diable aux trousses. Ce qui n’est pas si éloigné de la réalité. Nous en avons même deux pour le prix d’un.

Tandis que Nyx se laisse tomber sur le siège passager, essoufflée, les cheveux ébouriffés et les joues rouges, je dois me faire violence pour ne pas l’embrasser à nouveau. Je me contrôle, démarre la Jeep et m’éloigne rapidement de la maison.

Une fois sur la route principale, et presque inconsciemment, je pose ma main sur la cuisse de Nyx et la serre doucement tout en restant concentré sur la route, pas certain d’avoir envie de découvrir sa réaction. Pour autant, elle ne l’enlève pas. Au contraire, elle enroule ses doigts autour des miens, et nous ne nous lâchons pas durant tout le trajet, partageant quelques trop brèves minutes d’un silence complice et apaisant.

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