Noir obsession

Catherine Armessen · Chapitre 14 sur 51

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Noir obsession

Chapitre 14

 

Derville mit un direct à son oreiller. De quoi cette pimbêche se mêlait-elle ? Elle était son toubib, peut-être ? Il se calma et se mit à réfléchir au curieux rapport qu’il entretenait avec Alice, à ce besoin qu’il avait eu de fourrer son nom dans ses papiers, à cette facilité avec laquelle il avait dit à l’équipe médicale qu’elle était sa fille. Alice ressemblait à sa mère : la silhouette, les expressions, étaient celles de Thérèse. C’était bluffant.

Thérèse, qu’il cherchait à oublier, lui revenait en pleine tête, avec ses rires incontrôlés, ses crises de larmes, son profond déséquilibre. Alice paraissait plus stable que sa mère mais Derville percevait chez elle un réel mal-être tapi sous un vernis de fausse assurance. Il ne tenait pas à repiquer au jeu. Rassurer, essayer de combattre des traumatismes profonds, il avait suffisamment donné avec la mère, inutile de se pourrir la vie avec la fille.

Agacé, il sentit monter en lui le sentiment de culpabilité qui l’empoisonnait depuis des années. Celui qui l’avait conduit à rester à l’écart d’Alice quand elle l’avait retrouvé. Un sentiment qui prévalait sur toute souffrance, qui supplantait l’abandon de Célia et des deux gosses. S’il était resté quand Thérèse lui avait annoncé sa grossesse, il aurait pu les protéger toutes les deux. D’une certaine façon, il avait favorisé le malheur. Derville serra les poings. Racheter la maison du Hameau des Étangs n’avait servi à rien. L’ombre maléfique d’un passé perturbé planait toujours au-dessus de sa tête.

Et de celle d’Alice.

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