La montée aux enfers

Maurice Magre · Chapitre 44 sur 115

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La montée aux enfers

Le Secret Perdu

 

Une maison quelconque en un quartier perdu...

Le long couloir muet... L’escalier vermoulu,

Puis un palier, un rais de lumière, une porte...

Une servante avec un visage de morte

Me conduit. Des tapis où des êtres humains

Sont couchés au milieu de l’ombre et des coussins.

Les visages épais ont des regards sans flamme.

On distingue des seins et des bustes de femme

Et la fumée est lourde et je demeure là

Sous le miroir sans fin qui reflète un Bouddha

Et les peines du soir à mes côtés s’endorment.

Alors, un long visage clair, parmi les formes

Apparaît, il sourit, il se penche sur moi,

Sur ses lèvres se pose un minuscule doigt,

Qui fait chut! j’entends mal des choses à voix basse,

Je sens qu’un beau secret dans l’atmosphère passe...

Mais soudain un peignoir fait en se déplaçant

Un grand cercle couleur d’émeraude et de sang,

Comme un jet de cristal en flamme un rire fuse,

Les contours sont moins nets, les formes plus confuses

Et le visage au clair ovale disparaît...

Jamais je ne saurai quel était le secret.