La montée aux enfers

Maurice Magre · Chapitre 70 sur 115

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La montée aux enfers

Le Miroir Ovale

 

J’avais tout disposé, le parfum, le peignoir,

Les babouches de soie et d’or, le collier noir,

La boîte de cristal pour mettre ses opales

Et le miroir d’argent, dont elle aimait l’ovale. Elle n’est pas venue. Une femme passait.

Je l’appelai, j’ouvris la porte. Elle sentait

La laine, le café, la fatigue et la brume.

Vite, je lui donnai, pour qu’elle se parfume,

Le flacon. A son cou je mis le noir collier

Et les babouches d’or et de soie à ses pieds.

Le cristal retentit des épingles tordues

Et j’eus la nouveauté d’une épaule inconnue.

Mais quand sa main toucha l’ovale du miroir

Son haleine ou la mienne empêchait de s’y voir, Faisait dans la buée un dessin de visage...

J’ai cassé le miroir à cause de l’image...