La montée aux enfers

Maurice Magre · Chapitre 46 sur 115

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La montée aux enfers

La Treizième Année

Un soir, j’ai rencontré la treizième année

Avec ses yeux trop peints de fillette damnée

Et sa robe trop courte et ses bas bien tendus... L’ange bas et flétri des plaisirs défendus

Aguichait à présent les passants sur la place

Où jadis, dans le temps de sa précoce grâce,

Elle essayait sur moi ses lèvres et ses mains,

Le long du mur, au pied du bec de gaz éteint.

—Viens-tu? dit-elle en se cambrant et sur son torse De fausse enfant tombaient ses seins lourds dans leur force. —Nous avons trop vieilli. Tes mains ont des bijoux Et mes cheveux sont gris...—Tu me plais malgré tout. —La police pourrait passer. Petite fille

De quarante ans, je vois quelqu’un à cette grille Qui regarde.—Il s’éloigne et l’endroit est désert. —Je ne reconnais plus le mur. Il fait trop clair. C’est l’ombre qui jadis te faisait jeune et belle... —Le vent souffla le bec de gaz...—Tu vois, dit-elle...