La montée aux enfers

Maurice Magre · Chapitre 60 sur 115

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La montée aux enfers

Le Visage Enfantin

 

Le visage enfantin et pervers regardait.

Je voyais l’œil ouvert, la fixité des traits,

Le fin profil tendu sur le long cou flexible

Et l’admiration en elle était sensible

Par le frémissement des ongles et des cils.

L’amour, le tendre amour, cet éther trop subtil,

S’était évaporé au soleil d’un visage.

Le jeune homme était blond et svelte comme un page.

Il mâchait une rose orange entre ses dents

Et parfois crachait un pétale en la mordant.

Il ne pensait à rien, fixait un point et même

Il semblait ignorer les yeux comme deux gemmes

Ardemment allumés près de lui, les chers yeux!

J’étais très loin, j’étais très seul, à côté d’eux.

Aucun mot ne fut dit. Les pétales tombèrent

Un à un. Puis l’amie abaissa ses paupières

Quand s’éloigna l’indifférent aux cheveux d’or.

Ce fut tout. Quelque chose entre nous était mort.