La montée aux enfers

Maurice Magre · Chapitre 91 sur 115

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La montée aux enfers

La Femme aux Trois Colliers

 

La femme aux trois colliers sur l’homme asiatique Se pencha, le frôlant des perles magnétiques

Et du chrysobéril verdâtre de son cou.

Le mulâtre à côté la tenait aux genoux

Dans la robe de bal plongeant sa tête épaisse

Et riait quand la fine main d’une caresse

De son rubis aigu l’égratignait exprès.

L’homme fiévreux de race blanche était auprès De ce groupe, écoutant battre son cœur malade... Du calice des lis sortait une odeur fade

Et sexuelle. Alors la femme tout d’un coup

Roula dans les coussins avec un rire fou,

Aux mâles frémissants s’offrant comme une proie... Le crissement des peaux, le craquement des soies, La robe partagée en deux des pieds aux seins, Les hoquets de désir, les regards d’assassins,

Et l’éclair d’un poignard que lève l’homme blême... La femme se dressant, le corps nu sous ses gemmes, Tord alors le poignet débile, elle saisit

Un fouet caché parmi les velours cramoisis

Des tentures et cingle à grands coups le visage Que la fièvre, la peur et la honte ravagent.

Puis, elle va s’étendre encor lascivement

Près du jaune muet, du mulâtre charmant,

Elle écrase par jeu l’or des lis sur leur bouche, Ou les agace avec le bout de sa babouche...

Tous les plaisirs mauvais dans l’ombre sont assis Et l’homme au front zébré pleure sur le tapis...