La montée aux enfers

Maurice Magre · Chapitre 73 sur 115

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La montée aux enfers

Celui-La, Jamais Plus...

 

Quand tu reposeras près d’un autre, la nuit

Et que tu veilleras, comptant le temps qui fuit, Écoutant bourdonner ton ardeur à tes tempes

Ou regardant trembler sur les tapis la lampe,

Peut-être croiras-tu me voir auprès de toi.

Ce seront mes cheveux où glisseront tes doigts. Ce sera mon épaule à côté de la tienne.

Ce sera la présence et la chaleur ancienne.

Alors, te rappelant l’étreinte sur mon cœur,

Peut-être voudras-tu dans un plaisir trompeur Ressusciter l’amour de ces nuits disparues.

Au bercement des bruits qui montent de la rue, Au même creux du lit creusé par vos deux corps, Tu chercheras à retrouver le frisson mort

Et trois fois tu m’appelleras du fond de l’âme Et du fond de ta chair désireuse de femme.

La lampe tremblera toujours sur le tapis

Et les bruits monteront de la rue, assoupis,

Tu fermeras les yeux pour mieux voir apparaître La volupté sortant du mystère de l’être,

Tu tiendras des cheveux, des vertèbres, des bras, L’antique forme humaine en les ombres des draps, Mais le baiser vivant sur nos lèvres fermées,

Celui-là, jamais plus, vois-tu, ma bien-aimée...