La montée aux enfers
Le Masque de la Beauté Perdue
LE MASQUE DU SAMOURAÏ
Ce soir, la bien-aimée avait mis l’affreux masque Japonais et mimait une danse fantasque,
Me montrant en riant, comme un épouvantail, Le désespoir en laque feu du Samouraï.
Elle faisait voler son peignoir sur sa tête,
Dévoilait les beautés et les lignes secrètes
De ses genoux étroits, de son buste nerveux
Que surmontait bizarrement le masque affreux. Mais quand elle voulut l’ôter, la laque en flamme Ne faisait qu’un avec son visage de femme.
Ses ongles vainement labouraient cette horreur Collée à elle, pour toujours sur la splendeur
Du bel ovale pur, vivait comme une plaie
La grimace du mal et de la laideur vraie.
Beauté! malheur à qui t’oublie un seul instant! La bien-aimée hurlait d’effroi, se débattant,
Et sa voix devenait éloignée et démente
Sous les longs poils de soie et la laque éclatante.