La montée aux enfers

Maurice Magre · Chapitre 93 sur 115

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La montée aux enfers

Le Masque de la Beauté Perdue

LE MASQUE DU SAMOURAÏ

 

Ce soir, la bien-aimée avait mis l’affreux masque Japonais et mimait une danse fantasque,

Me montrant en riant, comme un épouvantail, Le désespoir en laque feu du Samouraï.

Elle faisait voler son peignoir sur sa tête,

Dévoilait les beautés et les lignes secrètes

De ses genoux étroits, de son buste nerveux

Que surmontait bizarrement le masque affreux. Mais quand elle voulut l’ôter, la laque en flamme Ne faisait qu’un avec son visage de femme.

Ses ongles vainement labouraient cette horreur Collée à elle, pour toujours sur la splendeur

Du bel ovale pur, vivait comme une plaie

La grimace du mal et de la laideur vraie.

Beauté! malheur à qui t’oublie un seul instant! La bien-aimée hurlait d’effroi, se débattant,

Et sa voix devenait éloignée et démente

Sous les longs poils de soie et la laque éclatante.