La montée aux enfers

Maurice Magre · Chapitre 9 sur 115

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La montée aux enfers

L’ane A Cornes au Palais

 

L’âne à cornes se vautre au fond du lit de soie. Parmi le cramoisi des pourpres qui flamboient Il roule son poil court et ses sabots épais.

Il porte à chaque patte un large bracelet,

Un diadème d’or luit entre ses oreilles.

A genoux près de lui des femmes s’émerveillent, Suivent ses mouvements avec des yeux ardents, Baisent avec amour la bave de ses dents.

Lui, rit dans les miroirs et se trémousse aux lampes. Dans l’or fluide des chevelures il trempe

Ses naseaux mous, il mord pour se distraire un sein, Ou renverse sous lui quelque corps enfantin

Qu’il possède avec des braiements épouvantables. Le cortège aux yeux purs des vierges désirables Se presse alors plus vite aux portes du palais.

Aucun visage de jeune homme ne leur plaît.

Toutes rêvent d’avoir pour poser leur front pâle, L’âne à cornes royal au dos jauni de gale.