La montée aux enfers

Maurice Magre · Chapitre 87 sur 115

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La montée aux enfers

Le Huitième Péché

LA CRAINTIVE

 

Je t’attendrai ce soir dans mon appartement... Le quartier est désert, mystérieusement

Sous ta fourrure large et ta voilette épaisse,

Avec des seins battants que la terreur oppresse, Tu monteras mon escalier, tu franchiras

Ma porte et trembleras longtemps entre mes bras. Il faudra que je guette aux carreaux, que j’apaise Tes remords orgueilleux et tes pudeurs mauvaises. Mais plus tard, quand j’aurai réveillé ton pouvoir De volupté, comme un parfum dans l’encensoir Qu’on fait tourbillonner au contact d’une flamme, Quand tu tordras d’amour ta forme qui se pâme, C’est toi qui, tout à coup, tireras les panneaux De la chambre, soulèveras les lourds rideaux, Afin que les amis qui fument et qui rêvent

Dans la pièce voisine, un instant se soulèvent, Voient leur songe voluptueux réalisé

Par ton corps rose et jaune et bleui de baisers.