La montée aux enfers

Maurice Magre · Chapitre 62 sur 115

Pages du PDF

La montée aux enfers

J’entr’ouvris Doucement...

 

J’entr’ouvris doucement la porte: elle était là, Parmi la soie éteinte et les ors sans éclat,

Les ivoires jaunis, les fleurs inanimées,

La laque des panneaux, le jade et la fumée.

Elle dormait, un bras replié sous son cou.

Par la robe écartée on voyait son genou

Et l’élan de la jambe longue hors de l’ombre,

Pareille au sureau blanc qui supporte un fruit sombre. Elle attendait, docile, et s’offrait en dormant.

La lampe basse alors charbonna brusquement Comme une fleur d’argent qui jette de la suie. Ses pollens noirs sur nous retombèrent en pluie. Alors, moi, sur le seuil, je me suis souvenu

De coussins sans couleur sous un corps presque nu, D’une heure évanouie et d’une chambre morte, Je me suis souvenu...—j’ai refermé la porte...