La montée aux enfers

Maurice Magre · Chapitre 67 sur 115

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La montée aux enfers

L’envoûtement

 

Il est dans un boudoir une affreuse poupée

Faite de cire vierge et d’oripeaux drapée,

Avec quelques cheveux mal collés sur le front.

Le polissoir, le kohl et le peigne lui font

Un cadre reflété par le miroir qui penche

Sur la coiffeuse. Avec une fine main blanche

La sorcière aux yeux noirs la touche et la pétrit.

Son corps dans le peignoir garde l’odeur du lit

Et le plaisir fait tressaillir les seins qui tremblent.

La petite statue en cire me ressemble.

C’est ma caricature avec mes vêtements.

Quatre cierges vont éclairer l’envoûtement,

L’air est lourd de l’encens que l’on brûle avec l’ambre.

La grosse manucure et la femme de chambre

Solennelles, s’associent, grotesques assistants,

Et récitent tout haut la prière à Satan.

Et la jeune sorcière aux yeux de jeune fille

Rit et perce mon cœur par trois fois d’une aiguille.