Le Jeu des tricheurs
Chapitre 23 - Oups
CHAPITRE 23
Oups
BELLE
Je ne peux penser qu’à une seule chose. Le sol bouge sous mes pieds !
Je suis dans une putain d’attraction ! C’est incroyable. J’adore !
Je parviens je ne sais comment à atterrir à mon étage. Enfin, j’espère que c’est le mien. Je glousse en imaginant ma possible erreur.
— Chut ! je m’exclame en collant une main contre ma bouche, moins de bruit, vilaine fille !
Le sol ne bouge plus, en revanche les murs ont l’air d’être faits en barbe-à-papa. Miam. Peut-être que si je collais ma langue dessus…
Je m’approche du mur de droite et le lèche rapidement. Ma langue entre en contact avec une sorte de tapisserie. Beurk. Ce n’est absolument pas sucré. Je pointe un index accusateur vers le mur.
— Trahison ! Disgrâce !
Au beau milieu du couloir, j’engueule le mur. Finalement, je glisse ma main dans ma poche arrière. Qu’est-ce que l’employé m’a dit, déjà ? Il faut ma carte pour entrer dans ma chambre. J’avance vers le fond du couloir, là où se trouve ma porte. Je reste figée devant un lourd battant en bois pendant une longue minute, dodelinant de la tête au son d’une musique muette.
Je ne trouve pas ma carte dans ma poche. Peut-être dans la seconde poche ? je ne l’ai pas encore vérifiée. Mais je manque alors de perdre l’équilibre et me rattrape comme je peux en appuyant sur la poignée.
Ça y est, le sol bouge de nouveau ! Youhouhou, c’est beaucoup trop stylé ! Je veux le même dans mon appartement de Boston. April va l’adorer !
Ma main actionne alors la poignée, et je suis étonnée de constater qu’elle s’ouvre. Alors ! Elle était déverrouillée ? Est-ce que j’avais oublié de fermer derrière moi ? Comment ça fonctionne, déjà ?
Tsss, j’ai absolument zéro souvenir. Mais bon, au moins je suis arrivée à bon port !
— Merci pour le voyage, capitaine ! je chuchote en gloussant une nouvelle fois.
Je pousse la porte et pénètre dans la pièce à la lumière tamisée. Je ne pense qu’à mon mal de pieds avec ces foutues sandales, et à cet immenseeee lit au bout de la pièce.
C’est fou, j’aurais juré qu’il était à gauche quand je suis arrivée plus tôt. Ce qui voudrait dire que les objets bougent aussi. J’adooooore !
Bon, il est temps de se mettre à l’aise.
Je m’avance dans la pièce en essayant tant bien que mal de ne pas trébucher. Mes deux mains saisissent le bas de mon tee-shirt, et je commence à le retirer. Au moment où il se bloque autour de ma tête, je marmonne :
— Mais qui a éteint la lumière ?
Heureusement, je me libère du tissu très vite, et l’air frais de la chambre me rafraîchit aussitôt. Je sens mes tétons durcir sous la dentelle de mon soutien-gorge.
Mais mon corps reste globalement bouillant. Et l’air semble se charger d’électricité.
J’entends une porte claquer à l’opposé de la pièce et une voix masculine pousse un juron.
— Qu’est-ce que… Belle ?!
Je pousse un hurlement en me tournant vers la haute silhouette à quelques pas de moi. Je plisse péniblement les yeux en tentant d’identifier cet intrus.
— Attention ! Capitaine !
— Quoi ?
— Qu’est-ce que vous faites dans ma chambre ?
Je brandis mon tee-shirt en direction de l’homme. Et finalement, je le reconnais. Priam. Je l’imagine avec un chapeau de capitaine de navire et me remets soudainement à glousser. Puis une partie de moi tente de me réveiller.
— Hé ! je m’exclame. Sors de ma chambre !
Priam se tient face à moi, la mine complètement perdue. Il est trempé. Les gouttes d’eau dégoulinent le long de son visage. Mais leur course ne s’arrête pas là. Parce qu’il est à demi-nu, uniquement vêtu d’une serviette nouée autour de ses hanches.
J’observe rapidement le tracé de ses pectoraux qui se contractent quand il tend une main vers moi, avant de s’interrompre et de la laisser retomber le long de son corps.
— C’est plutôt à moi de te demander ce que toi, tu fais ici ?! C’est ma chambre, Belle.
— Objection, Votre Honneur ! Je ne suis pas dans ta chambre !
Il pince les lèvres, je vois qu’il se retient de sourire. Mais il a l’air inquiet aussi. Et surtout, il ne parvient pas à quitter mon corps du regard. Tout comme moi je reste concentrée sur le sien.
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PRIAM
Belle titube de nouveau. Je dois me retenir de poser les mains sur elle afin de l’empêcher de tomber. Ses yeux brillants détaillent chaque centimètre de mon corps. Je vois le bout de sa langue passer entre ses lèvres. Ses cheveux sont attachés n’importe comment sur le haut de son crâne.
Mes yeux s’égarent une seconde sur sa poitrine uniquement vêtue d’un soutien-gorge. Bordel de merde. J’inspire brusquement en voyant le bout de ses seins sous le tissu.
— Belle, remets ton tee-shirt, je lui ordonne.
Mais elle ne m’entend pas. Ou plutôt, elle ne m’écoute pas. Elle enlève une de ses sandales et la colle contre son oreille.
Quoi ?
Oh oui, j’ai envie d’elle. Je sens mon érection grossir peu à peu contre ma serviette. Mais Belle est alcoolisée. Alors même pas en rêve.
— Capitaine ? hurle-t-elle contre sa sandale. Il y a ce type ! Celui qui me rend dingue ! Il est dans ma chambre !
Je serre une nouvelle fois les lèvres mais c’est peine perdue.
— T’es dans un sale état, Belle. Remets ton tee-shirt, tu veux ?
Il va falloir la ramener dans sa chambre, et je sens que ça ne va pas être une mince affaire. Me prenant au dépourvu, Belle écarte la sandale de son oreille et la jette dans ma direction.
— Belle ! Merde !
Je me baisse pour éviter l’objet tandis qu’elle enfile son tee-shirt en gloussant une nouvelle fois.
— Bravo, maître Brings, vous avez évité mon téléphone.
— C’est une chaussure.
— Et qui l’a dit ? Menteur.
Je fais un pas vers elle mais elle se met en position de combat. Elle met son pied droit devant elle, et ses bras battent l’air tandis qu’elle sautille sur le sol, ne portant plus qu’une chaussure.
— Je suis une justicière, Priam. Viens, on se bat.
Malgré moi, je sens mes lèvres trembler devant sa position.
— On ne va pas se battre, Belle. Je vais gentiment te ramener dans ta chambre.
Elle secoue la tête et fait de rapides mouvements dans l’air, frappant le vide.
— C’est le moment de mettre en application ce que ma mère m’a appris ! Allez, viens bébé !
Je pousse un soupir en me demandant comment calmer les choses. Il faut que je m’approche d’elle pour la maîtriser. Je lève mes deux mains devant moi, lui montrant mes intentions.
Malgré ça, Belle me saute dessus. Et je ne m’attendais pas à ce que sa fine mais grande silhouette me fasse une clé de bras.
— Merde, Belle ! je m’exclame.
Je secoue mon épaule et me retourne brutalement vers elle pour me dégager. Je lui fais face et m’apprête à l’engueuler. Mais je n’ai pas le temps de réagir, car elle me saute une nouvelle fois dessus. Cette fois-ci, ses lèvres plongent sur les miennes.
Elles me percutent, nos dents s’entrechoquent. Je pousse un grognement sourd en sentant son corps contre le mien. Je la laisse faire une seconde. Son goût, son odeur. C’est une explosion en moi et je n’ai qu’une envie, la plaquer sur le sol et la posséder brutalement et longuement.
J’ai envie de me glisser entre ses cuisses, de mordre sa peau avant d’en lécher délicatement chaque centimètre carré.
Mais je sens aussi le goût de l’alcool sur sa langue. Alors je me dégage brutalement. Oh, je sais que je lui plais autant qu’elle me plaît. Mais hors de question que j’aille plus loin avec elle si elle est dans cet état. Je m’éloigne de quelques pas, la respiration saccadée. Ses lèvres sont gonflées, et je la vois lécher sa lèvre inférieure comme si elle savourait mon goût. Mes poings sont serrés tant j’ai envie de recommencer à l’embrasser.
— Pourquoi ? soupire-t-elle avec une moue déçue.
— Tu es bourrée, Belle. Je te raccompagne à ta chambre.
— Mais…
— Non négociable.
Elle inspire brusquement et finit par hocher la tête. Bien.
J’aime quand elle est docile. Mais je préfère son sale caractère qui me rend dingue.
Cinq minutes plus tard, je parviens à la raccompagner devant sa chambre, à l’autre bout du couloir. Du moins, elle m’affirme que c’est sa chambre. Je la retiens plusieurs fois de lécher le mur et pour une raison que j’ignore elle l’insulte en le traitant de traître. Elle est intenable.
Mais je sens aussi autre chose au fond de moi. Ça ne me gêne pas de prendre soin d’elle à cet instant. Bien au contraire. Une partie de moi aime ça.
Elle récupère la carte de sa chambre tout en vacillant et pousse la porte. Elle ne m’attend pas et s’avance déjà vers son lit.
— Attends. Je vais sortir. Verrouille derrière moi.
— Mais je suis fatiguéeeee.
Je me place devant elle et relève son visage dans ma direction.
— Tu vas avoir une méchante gueule de bois, tu le sais ça, mon ange ?
— Hum.
Son visage appuie contre la paume de ma main. Elle se frotte presque à moi.
— Je vais quitter la pièce. Je veux que tu mettes la carte dans le lecteur et que tu verrouilles derrière moi.
Une de ses mains se pose sur le haut de ma serviette, frôlant le bas de mon ventre, et je me sens durcir instantanément.
— Pourquoi est-ce que t’es en serviette ?
Je secoue la tête et inspire calmement pour me concentrer sur le plus important.
— La carte. Dans le lecteur.
— J’ai compris, elle marmonne.
Je retire ma main et elle m’observe comme si elle était déçue. Ça y est, mon travail est terminé ici. Je devrais quitter la pièce sans un regard en arrière. Mais c’est beaucoup, beaucoup plus profond et compliqué que ça.
Alors, sans réfléchir, je penche mon visage vers elle. Elle ferme les yeux, s’attendant à ce que je l’embrasse sur la bouche. Mais ce n’est pas mon intention. Mes lèvres se posent une seconde sur son front. Puis je m’éloigne. J’ignore pourquoi j’ai fait ça. Mais j’en avais besoin.
Je ferme la porte derrière moi, attends une seconde et dis à voix haute :
— La carte !
J’entends ses pas contre la porte, puis un bruit derrière qui me fait comprendre qu’elle a verrouillé.
Bien.
Je m’éloigne, toujours uniquement vêtu de ma serviette, que je retire dès que je suis dans ma chambre. Mon érection bat contre le haut de mon ventre, me faisant délicieusement souffrir. Le frein de mon gland est humide à cause liquide pré-séminal. Je suis à deux doigts d’éjaculer comme un adolescent au souvenir du corps de Belle contre le mien. Mes testicules se contractent presque.
— Putain, Belle, qu’est-ce que tu me fais ?
Je me place sous le jet d’eau en serrant les dents ; c’est ma seconde douche.
Glacée, cette fois.
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