Le Jeu des tricheurs

Anita Rigins · Chapitre 30 sur 54

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Le Jeu des tricheurs

Chapitre 27 - S'appartenir

CHAPITRE 27

 

 

S’appartenir

 

BELLE

 

Priam se tient en face de moi, collé à l’une des parois de l’ascenseur qui se referme. Sa mâchoire se contracte davantage quand il longe chaque centimètre de mon être et repère ma poitrine qui se soulève rapidement. Je le bouffe mentalement.

Mes seins sont douloureux, et j’ai envie qu’il passe sa langue sur leur pointe pour me soulager.

La patience n’a jamais été mon fort. Et Priam met mes nerfs à rude épreuve. Les étages défilent. Mais c’est trop long. Encore un. Pourquoi est-ce si long ?

— Si tu ne veux pas qu’on aille plus loin, dis-le-moi.

Sa voix jaillit entre nous, forte et implacable. Mais je suis sûre de moi.

— Je te veux, Priam. Je veux que tu me dévores.

Que tu fasses naître le feu en moi. Et je te brûlerai en retour.

Il ferme les yeux, en inspirant lentement. Le tintement de l’ascenseur retentit. Les portes s’ouvrent, et ni lui ni moi ne bougeons. Il m’indique la sortie du menton.

Je me redresse et quitte la cabine, mais il ne me suit pas. J’avance dans le couloir en le surveillant du coin de l’œil. Priam sort enfin mais s’immobilise et me regarde m’éloigner.

La tension grandit entre nous, prête à tout détruire.

Quand je me tourne une nouvelle fois pour le regarder, il est en train d’ouvrir le bouton du col de son polo. Ses yeux sont noirs, ses épaules tendues. Il est loin et pourtant si proche. Il est calme et pourtant si près de la rupture.

Putain de merde.

On joue un tout autre jeu, beaucoup plus dangereux pour nos âmes intrépides.

Il se rapproche lorsque je stoppe devant ma porte, que je déverrouille rapidement. Je l’ouvre sans attendre et pénètre dans la pièce sans un regard en arrière.

Puis je me retourne et poursuis mon chemin en marchant à reculons. Je patiente en ôtant mes sandales.

Enfin, Priam apparaît sur le seuil, et ses narines se gonflent quand il inspire profondément pour se calmer. Il passe alors une main sur sa mâchoire. Puis il entre, bien trop lentement, et sans jamais quitter mon visage du regard, il pousse la porte.

Nous sommes seuls, désormais.

J’entends sa respiration d’ici ; elle fait soudainement écho à la mienne. Ses doigts se transforment en poing tandis que, debout au milieu de ma chambre d’hôtel, je passe mon haut noir par-dessus ma tête.

Priam reste adossé à la porte sans louper une miette de mon spectacle.

Mais je veux plus. Je veux qu’il arrête de lutter. Paradoxalement, son self control me donne encore plus envie de lui. J’aime savoir que même s’il a envie de me dévorer, il reste loin de moi, laissant notre impatience nous rendre fous.

— Vous aimez le spectacle, maître Brings ? je lui demande avec défi.

Je fais rouler mes épaules doucement, mes tétons frottant contre le tissu de mon soutien-gorge en dentelle. Puis mes mains passent dans mon dos, et je le dégrafe.

— J’aime beaucoup, maître Murray.

Nous ne sommes pas en train de nous affronter au sein d’un tribunal, pourtant j’ai l’impression de participer au procès le plus important du siècle. Un procès dont l’enjeu serait notre âme.

Je l’emporte, et je la conserve. Puis je le perds, et je l’offre à Priam.

Il observe mes seins nus, de mes tétons brun clair qui durcissent, aux aréoles sensibles.

— J’aime. Beaucoup. Plus que ça même, poursuit-il d’une voix éraillée.

Mais il va encore plus aimer la suite. Mes deux mains se posent sur la taille de ma jupe, et je tire. Le tissu descend, et bien vite je ne suis plus vêtue que de mon string trempé.

Priam est presque au bord de l’explosion, et sa pomme d’Adam s’agite rapidement dans sa gorge. Son souffle est rapide, le mien également. Mais il ne bouge toujours pas. C’est moi qui suis sur le point de disjoncter maintenant.

Il contemple ma silhouette, de mon ventre à mes cuisses. Puis il s’arrête sur mon intimité toujours cachée, en léchant sa lèvre inférieure.

Si vous m’aviez dit quelques semaines plus tôt que je me trouverais dans cette position face à mon ennemi de toujours ou presque, je vous aurais ri au nez.

— Et ça, tu aimes ? je demande ensuite.

Il ne parle plus et se contente de hocher sa tête. Il y a quelque chose de franchement érotique à me retrouver presque nue devant lui alors qu’il reste entièrement habillé.

— Alors… viens.

Ma voix claque comme un ordre. Il arque un sourcil mais s’exécute. La seconde suivante, Priam est contre moi. Je colle ma poitrine à son torse tandis qu’il relève ma tête, agrippe doucement mais fermement mon menton et emprisonne mes lèvres. En réponse, je le mords, je le lèche et finis par aspirer sa langue.

En réponse, il gémit contre moi et ses deux mains se saisissent de mes fesses. Il les malaxe une seconde avant de me relever brusquement. Je lâche un petit cri tandis qu’il me porte et me colle au mur dans mon dos.

— Priam, je geins quand il s’abat contre moi.

Sa retenue a assez duré. Il craque enfin. Exactement comme je le souhaitais. Ses deux mains écartent férocement mes cuisses qui s’enroulent autour de ses hanches, puis il me plaque plus fermement contre le mur.

Il ne mentait pas quand il disait qu’il allait me dévorer.

Je lui rends coup pour coup, agrippe ses cheveux sans cesser de l’embrasser.

— Plus fort, je lui ordonne dans un souffle.

Ses doigts s’enfoncent davantage dans la peau tendre de mes cuisses et son bas-ventre vient frotter rudement le mien. Nous sommes toujours séparés par nos quelques vêtements, mais je le sens jusque dans mes os.

— Assez fort pour toi ?

En réponse, je mords son cou et aspire sa peau entre mes dents ; il laisse tomber sa tête en arrière.

— Bordel de merde…

Je le sens qui nous emporte vers le lit, sur lequel il me laisse tomber.

Je m’installe à califourchon sur lui et il retire son polo rapidement. Des mèches de cheveux tombent sur son front. Je devrais ralentir, mais je n’y arrive pas. Je ne suis plus qu’instinct.

Je ne suis plus qu’enfer et pénitence. Plaisir et damnation.

Mes doigts ouvrent maladroitement le bouton de son jean et Priam m’aide à baisser sa braguette. Je me relève une seconde, le temps qu’il le retire ainsi que son caleçon. Il récupère rapidement un préservatif dans son portefeuille et le jette sur le matelas près de lui.

Je prends mon temps pour l’observer lorsqu’il se rallonge sur le lit en appui sur les coudes.

Priam n’est que puissance et vivacité. Le moindre de ses muscles est contracté et son érection est tendue contre son ventre. Elle est épaisse et longue et je n’ai qu’une envie, l’empoigner et découvrir son goût.

Je chevauche Priam une nouvelle fois et colle mon string contre son sexe.

Il ravale un juron, en cherchant son air.

— Tu vas me tuer, halète-t-il.

— Sans doute, mais je mourrai par la même occasion.

Une délicieuse mort.

J’ondule des hanches, mon intimité brûlante dansant sur la peau tendue de sa verge. Je me fais plaisir tout en provoquant le sien, et cette explosion des sens est si belle qu’elle m’aveugle presque.

Ses mains se posent sur ma taille, il accompagne mon mouvement sans jamais l’accélérer. Mes doigts se posent sur son torse brûlant tandis que je coulisse une nouvelle fois contre lui. Mon string s’humidifie un peu plus à cause de nos sécrétions mutuelles.

Je me penche et ma langue s’enroule autour d’un de ses tétons bruns masculins. Mes dents le mordillent presque de manière joueuse tandis qu’il tire mes cheveux. Finalement, il cède.

Priam se saisit de mes cuisses et me retourne d’un mouvement souple. Je me retrouve plaquée contre le matelas, et il s’installe entre mes cuisses. Ses doigts s’entortillent dans le tissu de mon string, et un craquement caractéristique se fait entendre quand il le déchire.

C’est chaud. La tension se fait si forte qu’elle est étouffante. Il enfile le préservatif sur son érection en se caressant une unique fois. Je vois presque son gland pulser entre ses doigts. Enfin, il se tient contre moi, son corps entre mes cuisses.

— Tu n’as qu’à dire mon nom pour que je t’appartienne, souffle-t-il contre ma bouche.

Je n’attends pas une seconde.

— Priam.

Il embrasse mes lèvres, et mes mains se placent sur ses épaules. Le bout de son érection frotte mon clitoris déjà excité. La sensation est exquise mais j’ai besoin de plus.

— Tu n’as qu’à dire mon nom pour que je te prenne.

Je l’observe droit dans les yeux et ma bouche s’ouvre d’elle-même.

— Priam.

Il se place alors à l’orée de mon vagin, et lorsque mes ongles s’enfoncent dans sa peau, lui s’enfonce en moi. J’inspire brusquement en le sentant délicieusement m’étirer jusqu’à ce que je le sente tout entier.

Je gémis et il m’imite, alors que mon vagin s’agrippe à lui, le revendiquant ouvertement.

Nous échangeons un regard avant d’observer l’endroit où nos deux corps se rejoignent.

— Tu es tellement brûlante.

Il parle avec une nuance émerveillée. Priam se retire lentement, trop lentement, me permettant de sentir chaque centimètre de son sexe. Mes cuisses l’emprisonnent afin qu’il ne me quitte pas.

— Reviens en moi.

Il esquisse un sourire joueur, en plaçant ses avant-bras de chaque côté de ma tête.

— J’arrive, mon ange.

Et il ne me ment pas. La seconde suivante il me pénètre une nouvelle fois, toujours aussi lentement. Comme s’il savait que j’avais besoin de plus, il cherche mon regard.

— Plus fort ?

— Putain, oui !

Cette fois, il ne m’écoute pas. Les mouvements de son bassin ralentissent encore jusqu’à ce qu’il s’immobilise presque au fond de moi.

— Priam, je gémis tout en le fusillant du regard.

Alors, il m’obéit. Il se retire, et sa pénétration suivante est si profonde et intense que mon corps remonte de quelques centimètres sur le matelas. Il garde mon corps prisonnier sous le sien, formant une cage humaine autour de moi.

Et mes ongles ne quittent pas son dos tandis que nos langues se dévorent.

Je me trompais. Je croyais à cet instant que ça allait être un nouveau combat l’un contre l’autre. Mais j’ai plutôt l’impression que c’est Priam et moi contre le monde qui tenterait de briser notre bulle.

Ses pénétrations se font plus rapides encore et je gémis contre sa bouche. Je mords ses lèvres quand une de ses mains relève le haut de ma cuisse, accentuant ses coups de boutoir.

Finalement, je lui offre mon âme. Mais il m’offre la sienne en retour. Elles dansent l’une avec l’autre, se consumant dans le feu le plus mortel qui soit.

— Je vais jouir, je lui annonce dans un souffle.

— Donne-moi tout.

— Seulement si tu m’offres tout en retour.

Alors Priam accélère son rythme pour me suivre. La seconde suivante, j’explose autour de lui et je le fais à mon tour prisonnier de mes chairs. Son front se presse contre le mien tandis qu’il me suit au bord du précipice et y tombe à son tour.

Il est encore plus brûlant en moi, et il se retient de s’écrouler sur moi tandis que son corps explose.

Il me donne tout et je prends encore davantage.

Cette chute est si belle.

Mortellement belle.

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