Le Jeu des tricheurs

Anita Rigins · Chapitre 29 sur 54

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Le Jeu des tricheurs

Chapitre 26 - Observation et tentation

CHAPITRE 26

 

 

Observation et tentation

 

BELLE

 

Il y a quelque chose de presque… euphorique à traverser une partie de la ville aux côtés de Priam. Je n’en reviens pas d’être là, avec lui. Je profite du moment présent sans penser à demain.

Priam me précède, ses larges épaules nous traçant un chemin sur les trottoirs bondés. Bien vite, nous arrivons à destination. Ne me demandez pas comment on a pu décider d’atterrir ici. Encore un pari entre nous. J’ai lancé l’idée sur un coup de tête, et en voyant son sourire de prédateur, j’ai su instantanément que j’aurais dû me taire.

Priam continue, en me jetant un coup d’œil par-dessus son épaule, pour s’assurer que j’arrive à suivre. La lueur de faim dans ses yeux est toujours là, et je suis certaine que mon visage exprime la même voracité tout aussi dévastatrice.

Il finit par s’arrêter devant un établissement situé dans une avenue animée. Un néon rose est accroché au mur, présentant une femme accrochée à une barre verticale.

Au moins, c’est clair.

Au fond, je suis plus qu’intriguée. Je suis allée dans pas mal de clubs de strip-tease, ces dernières années. Mais je ne sais pas du tout à quoi ils ressemblent à Miami, la ville qui rend tout le monde fou.

Mes yeux observent chaque détail autour de nous, pendant que Priam paye notre entrée. Puis il m’invite à le devancer. L’ambiance est électrique. Euphorisante.

C’est un club mixte et la première chose que je vois, ce sont les différentes estrades situées dans les lieux. Des femmes et des hommes peu vêtus se déhanchent le long des barres de pole.

Les lumières sont tamisées, provenant de spots accrochés dans les coins de la pièce. Plusieurs tables et des banquettes moelleuses sont installées un peu partout.

Un danseur se frotte à une barre tout en fixant une cliente de ses yeux de braise. Des billets volent dans tous les sens. Une femme fait un grand écart tout en passant ses mains sensuellement sur le haut de son corps dénudé.

Mamma mia ! J’adore cet endroit !

Chacun y est libre d’admirer l’autre. On ne retient pas ses émotions. La seule règle est de respecter les danseurs et les clients.

— Suis-moi, me demande Priam en traversant la pièce.

Je marche sur un string qui traînait sur le sol et manque de bousculer une serveuse qui tient une dizaine de verres sur son plateau. Ça, c’est de l’équilibre ! J’aurais fait un carnage à peine arrivée.

Nous nous installons sur une banquette dans un coin de la pièce. La table devant nous est recouverte d’une nappe blanche de bonne qualité, et on a à peine le temps de souffler qu’on pose une bouteille de champagne devant nous.

— Impossible que j’avale ce truc.

Je me rappelle encore ma rencontre récente avec les toilettes. Priam commande des bières fraîches et se laisse aller contre la banquette. Je suis collée à lui. L’heure n’est plus aux faux-semblants, il le sait aussi bien que moi.

Mon téléphone posé sur la table vibre quand je reçois un message. C’est Colyne. Elle m’indique que des strip-teasers sont dans leur chambre. Je tourne mon visage vers Priam qui a lu le SMS et n’exprime aucune surprise.

— Je m’en doutais, annonce-t-il.

— Tu ne te précipites pas à l’hôtel pour la prendre en flagrant délit ?

Il secoue la tête, un air énigmatique sur le visage.

— Je suis bien, là.

Sa réponse me prend au dépourvu.

Nous sommes dans une bulle hermétique, et ce pour quelques heures.

Une musique lente commence ; une danseuse fait un numéro solo sur l’une des barres. Son corps est recouvert de paillettes, et elle porte un body en dentelle noire. Ses mouvements sont ensorcelants.

Ses jambes s’enroulent autour de la barre et elle grimpe dessus, maîtrisant le moindre de ses gestes. C’est sexy et ça échauffe les sens de chaque personne ici, y compris les miens. L’ambiance est extatique.

Les personnes qui observent la danseuse se rapprochent. Certains s’embrassent sans se soucier des regards. Il n’y a aucun interdit ici. Aucune retenue. La seule limite est celle que vous vous fixez vous-même.

Je serre les cuisses en découvrant un homme qui dévore la bouche de sa partenaire en face de nous. Ils sont assis sur une banquette juste en face de notre table, et j’entends presque leurs gémissements.

Je me détourne et découvre Priam, le regard braqué sur moi. Je suis collée à lui, pourtant nos mains ne touchent pas l’autre.

Il penche son visage vers moi, et son souffle effleure mon oreille lorsqu’il murmure :

— Tu aimes leur spectacle ?

Sa voix est chaude et remplie de promesses que je veux découvrir. Mon cœur s’agite presque douloureusement dans ma cage thoracique. Je pivote vers Priam, me collant un peu plus contre lui.

— J’aime ça, oui. Pas toi ?

Ses lèvres s’étirent, et il n’a pas besoin de me répondre à haute voix, son corps le fait pour lui. En baissant les yeux, je découvre l’érection qui tend le tissu de son jean.

J’ai envie d’être encore plus libérée.

Le couple en face de nous continue de se caresser. La femme gémit dans la bouche de son partenaire. Leur spectacle me pousse à agir ; sans retenue.

Ma bouche longe la mâchoire de Priam et je l’entends pousser un juron. Il plonge une main dans mes cheveux lorsque je mordille son menton avant de lécher délicatement son cou. Sa peau est brûlante, comme je m’y attendais. Quelques poils de barbe râpent ma langue et je termine ma course contre son oreille.

— Montrons-leur de quoi nous sommes capables, soufflé-je.

Il se tend contre moi, ses doigts se contractent dans mes cheveux.

Je mordille le lobe de son oreille, et pour la première fois, il gémit bruyamment sans pouvoir se retenir. Son autre main se place au creux de mon dos pour me coller un peu plus à lui. Je l’enjambe presque, mais je garde mes fesses collées à la banquette.

Je sais exactement comment je vais le rendre fou.

Priam laisse tomber sa tête en arrière, quand ma main s’égare sur son ventre que je griffe à travers le tissu de son vêtement. Puis mes doigts se faufilent jusque sur sa braguette. Je ne l’ouvre pas. Je pose ma paume contre son érection, cachée sous son jean.

Elle est dure et palpite presque contre moi.

— Belle, grogne Priam en relevant la tête.

Son regard vert me tue. Et je le tue en retour, lentement. Presque… sadiquement.

Je le caresse lentement, toujours par-dessus son jean.

— Belle.

C’est presque un halètement, cette fois. Le couple en face de nous nous observe, sans interrompre ses caresses.

— Ils nous regardent, j’indique à Priam.

— Hum…

Son visage plonge dans mon cou. Il me mordille doucement, et je laisse échapper un soupir de plaisir. C’est fort, sauvage. Nous sommes complètement indomptables.

Priam entre alors véritablement dans la danse. Ses hanches ondulent contre ma main. Il se frotte à moi sans aucune retenue. Mes doigts s’activent encore plus et un son sourd lui échappe.

J’ignorais qu’on pouvait prendre autant de plaisir en en offrant à l’autre.

Il frotte sa joue contre la mienne et murmure :

— Je veux jouir quand je serai en toi.

Je souris doucement en éloignant ma main.

— N’est-ce pas présomptueux de croire que nous coucherons ensemble ce soir ?

Je n’attends pas sa réponse et me saisis de sa main gauche. Je plaque ses doigts contre mon ventre, puis plus bas, et la relâche. Priam n’éloigne pas ses doigts.

Fiévreux, au bord du précipice, il continue son chemin jusqu’au bord de ma jupe. Sa main passe rapidement sous le tissu et remonte le long de mes cuisses.

— Tu es brûlante.

— Tu mets le feu en moi.

Et j’ai hâte de le brûler à mon tour.

Son index frotte le tissu de mon string. Et je sais qu’il ressent parfaitement mon excitation quand il dit :

— Tu es trempée.

J’ondule contre lui, le suppliant presque d’écarter le tissu pour me toucher vraiment. Mais Priam secoue la tête tout en continuant de caresser mon intimité à travers la dentelle. Son doigt s’enfonce entre mes lèvres, et il trouve mon clitoris. J’ai l’impression de sentir sa peau contre la mienne alors que ce n’est pas le cas.

Mes deux mains s’accrochent à son avant-bras, et je plante mes ongles dans sa peau.

Le couple en face de nous a ralenti ses mouvements pour nous observer. Je capte leur regard sur moi. Priam mord mon oreille en chuchotant mon prénom. Quand je tourne mon visage vers lui, sa bouche s’empare de la mienne.

— Regarde-moi, moi. Je veux que tes jolis yeux soient braqués sur moi.

J’aime ce que sa voix laisse transparaître. Une possessivité évidente qui me donne envie de gémir contre lui.

Priam baise ensuite ma bouche de sa langue, doucement. Il me tue lentement mais se contente de frotter mon clitoris sans jamais écarter mon sous-vêtement. Ses doigts sont trempés, et je le sens gémir contre ma langue avant qu’il ne s’écarte de quelques centimètres.

— Je veux que tu jouisses, mon ange.

J’enfonce les ongles dans sa peau tandis qu’il intensifie ses caresses sur mon clitoris. Je sens mon vagin palpiter, il a besoin de se contracter sur quelque chose. Le plaisir m’envahit, mais je me sens vide, tellement vide.

— Tu vas jouir, reprend Priam en gardant son visage contre le mien.

Ses yeux se baissent sur ma jupe à demi relevée. Nous ne voyons presque rien mais ça nous suffit.

— Je vais exploser, plutôt.

— Alors explose. Brûle, Belle. Embrase-toi. Brûle pour moi.

Je lui obéis. Je prends feu. Un gémissement sort de ma bouche et ma tête bascule en arrière. Priam ne s’éloigne pas, il continue à frotter la petite boule de nerfs chauffée à blanc. Puis il retire ses doigts, et je le fixe. Je ne suis pas rassasiée, loin s’en faut. Et lui ? Il semble prêt à se briser.

Le feu crépite. Il n’est pas éteint. Oh non, il grandit et veut tout ravager.

Priam porte ses doigts à sa bouche, ses narines respirent mon odeur avant que sa langue ne s’enroule autour de son index.

Putain. De. Merde.

— Allons-y, il m’annonce ensuite.

Il n’a pas besoin de se répéter. Je suis déjà debout, vacillante. Cette fois-ci, c’est moi qui tire sa main tandis que je trace notre route vers la sortie du club.

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