Le Jeu des tricheurs
Chapitre 31 - Inauguration risquée
CHAPITRE 31
Inauguration risquée
BELLE
Je suis fière d’April. Plus que fière, en fait. Je suis un peu comme l’une de ces mamans qui applaudissent les accomplissements de leur fille, du genre son premier caca sur les toilettes.
J’aimerais hurler sur le trottoir qu’April Brings est une nana qui déchire. Mais bon, un flic finirait par m’interner de force, ou un passant me filmerait pour me mettre sur TikTok.
Mon taxi me dépose non loin du 380 Dorchester Avenue. J’aurais pu conduire, mais je me suis laissé guider par la flemme. Donc, me voilà devant le nouveau salon de tatouage de ma meilleure amie. Là où a lieu l’inauguration de ce soir. April en a bavé ces dernières années, mettant de côté chaque centime durement gagné pour enfin choisir un lieu plus grand que la petite pièce au centre de la ville qui abritait son art.
Son nouveau salon est en périphérie, et entouré d’entrepôts divers et d’immeubles de trois étages. Apparemment, ce serait le futur quartier des artistes. Et franchement, j’ai l’impression que les environs sont cool. Il y a un bar animé de l’autre côté de la rue. Ça, c’est un bon point, et ça pourrait vite devenir notre nouveau QG.
Le bas de la petite robe à fleurs blanches que je porte se soulève doucement. Punaise, il commence à faire froid ! J’aurais dû mettre une veste. Surtout que la nuit est tombée depuis longtemps.
Je m’empresse de pousser la porte en verre du salon, et un tintement sonore retentit lorsque je passe le seuil. Les lieux ne sont pas encore entièrement aménagés, mais les murs ont été repeints en gris et jaune hier. L’odeur de peinture m’accueille et une musique rythmée – du rap – sort de l’enceinte sur le mur droit.
— Mademoiselle Brings ? je m’exclame en m’avançant dans les lieux déserts. Ramenez votre cul ici.
April ne semble pas m’entendre malgré la musique, car elle ne me rejoint pas. Les lieux se présentent de manière simple avec une grande pièce principale. Si j’ai bien retenu ce que m’a dit April, l’accueil se tiendra sur la droite, et effectivement je vois un petit comptoir et un canapé juste devant pour patienter. Le cuir du divan est usé et rend les lieux particulièrement cool.
Au centre, un mini-buffet a été aménagé. On ne sera qu’une quinzaine de personnes, donc un petit comité, et je suis apparemment la première. Sur ma gauche j’aperçois le plus important : des tables de tatouage et des fauteuils, mais tout l’attirail n’a pas encore été installé.
Ce qui me marque tout de suite, ce sont tous les dessins faits par April, accrochés aux murs dans des cadres de toutes les couleurs. Et la peinture orange sur les murs, sa couleur préférée. Cet endroit, c’est vraiment elle.
April finit par débouler dans l’étroit couloir au bout de la pièce, le souffle court. Plongée dans ses pensées, un air morose sur son visage. Mais c’est SA soirée, et je ne comprends pas pourquoi elle a l’air si défaitiste à cet instant.
Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
— April ! je l’interpelle par-dessus la musique.
Elle lève la tête, et elle s’illumine complètement en me voyant. Un sourire fier prend place sur ses traits. Ahhh j’aime mieux ça !
Elle porte un pantalon cargo jaune fluo et un tee-shirt troué rose. Je n’ai pas le temps de détailler plus avant sa tenue qu’elle me fait un câlin.
— Belle.
Je la serre contre moi, lui exprimant silencieusement à quel point je suis fière d’elle et de son parcours.
— Ça va ? je chuchote contre elle.
Elle hoche la tête, puis recule d’un pas.
— Ouais. Ouais, ça va.
Combien de fois ai-je menti et dit aux autres que j’allais bien, quand j’allais mal ?
C’est si facile de dire que l’on va bien. Si facile de tenter de tromper la réalité. April tente de me tromper moi, je le vois au pincement de ses lèvres. Ma perplexité se renforce, mais je frotte ses épaules et continue joyeusement :
— Tu tires une tête bizarre, ma poule.
— J’ai des potes qui viennent d’annuler leur venue, c’est tout.
J’imagine la déception. Je sais à quel point une annulation tardive peut la décevoir.
— Mais moi, je suis là. Fais-moi visiter ces lieux, que je les connaisse avant qu’ils ne deviennent l’adresse la plus cool de la ville. Si tu me payes, je pourrai même te faire de la pub auprès des clients de Paul.
Les fossettes d’April se creusent et ses yeux brillent de malice. Il n’y a plus aucune trace de peine sur son visage. Elle me prend par la main et me traîne à sa suite.
Trente minutes s’écoulent rapidement. Les invités sont là. Nous sommes tous regroupés autour du petit buffet. Un type a le visage entièrement tatoué, et je ne peux m’empêcher de le dévisager tant c’est réussi. On dirait un mélange d’une fausse peau de python avec des ailes de papillon au coin de ses yeux. Ça a dû faire mal, mais j’adore.
April papillonne auprès de chacun de nous, le sourire toujours aussi épanoui. Elle reste humble, mais je sais qu’elle est fière. Elle jette un coup d’œil de temps en temps vers la porte du salon ; je sais qui elle attend.
Priam, qui n’est toujours pas là.
Je fais la même chose depuis que je suis arrivée. Il doit sûrement avoir travaillé tard sur un dossier. Mais j’espère qu’il va venir, April sera heureuse de le voir.
Et moi aussi… J’ai envie de le voir. Plus que ça, même. On s’est quittés en conflit, je l’ai vexé, je le sais, en lui disant que notre nuit n’était pas géniale. J’ai menti, j’ai fui comme une poule mouillée. Mais j’ai de nouveau besoin de le sentir contre moi, de me chamailler avec lui jusqu’à ce qu’il me fasse taire en me sautant dessus. Ou inversement.
April s’approche de moi, une bière à la main.
— Et si on profitait de mon inauguration pour te tatouer, Belle ?
— Hors de question.
J’ai trop peur des aiguilles, même si je lui fais confiance à cent pour cent.
Elle joue des sourcils et s’apprête à rétorquer, mais la porte s’ouvre. Priam débarque sur le seuil, le vent soufflant violemment dans son dos.
Ses cheveux partent dans tous les sens, et ses pommettes sont rouges, me signifiant que ça y est, le froid est définitivement tombé sur la rue. La chemise qu’il porte est grise, son pantalon également. Je m’attarde une seconde sur sa silhouette. Mon regard longe son cou, son visage, dont le bas est recouvert d’une courte barbe noire.
Et puis j’arrive à ses yeux. Ses deux billes vertes me transpercent. La collision est délicieuse et me réchauffe de l’intérieur. À cet instant, j’ai l’impression qu’il n’y a que lui, moi, et cet océan de luxure dans lequel je souhaiterais me noyer.
Il m’observe comme s’il n’était plus vexé mais voulait juste me dévorer.
Il ne me lâche pas du regard tandis que sa petite sœur s’avance vers lui et vient enrouler ses bras autour de son torse. Priam détourne finalement son attention et pose une main dans ses cheveux, avant d’embrasser son front.
Le voir si protecteur avec elle, lui apporter tant d’amour me serre le cœur. Je peux voir tout ce qu’il ressent pour elle, et surtout que c’est un homme bon.
Ils échangent quelques paroles. Je m’éloigne comme si je pouvais mettre de la distance entre nous alors que la seule chose que je veuille vraiment, c’est me rapprocher de lui.
Les minutes filent, et peu importe où je me trouve dans le salon, je le sens me suivre des yeux. Il me couve d’un regard brûlant, m’englobant d’une bulle possessive dans laquelle j’ai envie de me fondre.
La tension monte en moi. On se repousse, mais on reste indéniablement attirés l’un par l’autre. Le feu est plus fort que tout. Il ne m’offre aucune échappatoire.
Il ne suffit pas de souffler sur les flammes pour les éteindre.
Je m’éloigne un peu plus et finis par pénétrer dans l’étroit couloir qui donne sur les toilettes du salon. Je n’entends plus les gens parler, et la musique se fait moins forte tandis que je pousse la porte devant moi.
J’aurais dû me douter que Priam me suivrait. En fait, je crois que je l’espérais secrètement. Lorsque j’entends la porte s’ouvrir dans mon dos, je ne suis pas surprise. L’homme qui vient d’entrer referme la porte dans un léger bruit. Puis le verrou tourne dans un bruit sourd.
Je laisse échapper un hoquet et m’avance vers le lavabo. Je m’observe dans le miroir, ignorant le reflet de sa silhouette.
Un frisson me parcourt tandis que j’entends les pas s’approcher de mon dos. Tant de chaleur se dégage de mon corps. Tant d’électricité.
Je ne bouge toujours pas, et enfin, son torse effleure mon dos. Il colle une partie de son corps à moi, veillant à ce que ce soit le seul contact entre nous.
Je garde les yeux posés sur moi dans le miroir.
Son souffle effleure ma nuque. Mes cheveux sont relevés dans un chignon flou, et ma peau est à découvert.
Il souffle sur les flammes qui me parcourent. Et encore une fois, ça ne les éteint pas. Ça les fait grandir et devenir dangereuses.
Je penche instinctivement la tête sur le côté et ferme les yeux à ce contact brûlant.
Un son s’étrangle dans sa gorge, et n’y tenant plus, j’ouvre les paupières et observe son reflet dans le miroir. Priam me contemple aussi, son regard fouillant le moindre recoin de mon âme. J’ai peur qu’il ne lise trop facilement en moi, pourtant je ne fais rien pour l’empêcher d’abattre les murailles autour de mon cœur.
Mes doigts agrippent les rebords du lavabo, et Priam se colle un peu plus à moi en posant ses mains de part et d’autre des miennes.
Il presse sa joue contre la mienne. Nos visages sont côte à côte dans le reflet et je ne peux que remarquer à quel point notre faim mutuelle est évidente.
— Priam.
Je laisse échapper une petite plainte. Et ce petit gémissement exprime tant de choses. Mon désir. Ma peur. Parce que ça me fait peur de le vouloir autant, sans limite.
— Mon ange ? murmure-t-il pour toute réponse.
Je sens mon corps s’éveiller peu à peu. Enfin, ses mains remontent le long de mes bras. Il les caresse du bout des doigts, et j’observe le moindre de ses gestes dans le miroir.
Il se plaque un peu plus dans mon dos, sa silhouette s’emboîtant parfaitement contre la mienne. Les paumes de ses mains se plaquent sur le devant de ma robe, juste sur mes seins. Priam les englobe, et je laisse aller ma tête en arrière en sentant ses index taquiner mes tétons sensibles.
Merde. La douleur est si bonne.
— Regarde comme ils aiment que je les caresse. Ils se rappellent mon contact et en veulent davantage.
J’ouvre la bouche, à la recherche d’oxygène.
— C’est si bon.
Ses doigts pincent ma chair, et mon cœur loupe un battement.
— Assez bon pour toi ? souffle Priam à mon oreille.
J’entends la colère qui ne l’a toujours pas quitté. Il a vraiment été vexé, et maintenant, il se venge. Je ne réponds rien. Son regard à moitié joueur capture le mien de nouveau. Il me pince avant de me caresser longuement.
— Hum, je réponds enfin.
— Hum ? Je veux que tu me dises oui ou non, Belle. Est-ce assez bon pour toi ?
J’ai envie de lui tenir tête, comme à mon habitude. Je veux le rendre dingue et le sentir exploser autour de moi. Alors mes joues s’étirent doucement, et j’articule :
— Ça peut aller.
Un grondement lui échappe, et ses mains s’accrochent à moi. La seconde suivante, il me fait pivoter dans sa direction, et sa main droite saisit mon menton. Son visage se penche vers le mien.
— Tu veux me rendre fou ?
Je frotte ma poitrine contre lui.
— Absolument, je déclare d’un air joueur.
Aussi fou que je suis dingue de lui, en tout cas. Ses lèvres s’étirent de quelques millimètres.
— Ça tombe bien. Parce que j’ai perdu la tête le jour où tu es entrée dans ma vie, Belle Murray.
Ses lèvres épousent ensuite les miennes, et sa langue taquine ma lèvre inférieure avant que je n’ouvre la bouche. Nous nous caressons mutuellement, et le baiser qu’il me donne n’exprime qu’une seule chose : il a tout son temps pour me torturer.
Au moment où je m’apprête à sucer sa langue, Priam recule son visage et se décolle de moi. Aussitôt, il me manque. Mais à l’expression sur son visage, je sais qu’il est loin d’en avoir terminé.
— Arrête de lutter contre toi-même, Belle. Arrête de fuir alors que moi je ne le fais pas.
Arrêter de fuir.
Oui, je veux qu’il me guide.
Je m’attends à ce qu’il me soulève contre le mur et me baise rapidement. Vu le contexte et le lieu, ce serait le plus pratique. Mais non. Me prenant totalement au dépourvu, Priam s’agenouille devant moi.
Il s’agenouille. Devant moi.
Puis il lève son visage vers moi et me laisse deviner ses intentions. C’est à mon tour de fouiller son âme.
Bordel de merde, je n’ai jamais vu quelque chose d’aussi sexy de ma vie.
Déjà, ses mains relèvent le bas de ma robe. Je sais très bien ce qu’il s’apprête à faire.
— Priam, je l’appelle.
Je l’encourage, en réalité, et je relève ma robe que je passe par-dessus ma tête la seconde suivante.
— J’ai besoin de te dévorer, souffle Priam à quelques centimètres de ma peau.
— Alors vas-y.
Mon empressement le fait sourire, et sa langue rejoint mon nombril. Il le stimule doucement, et je plaque mes mains dans ses cheveux. Qui aurait cru qu’un nombril pouvait être si sensible ?
C’est carrément dingue.
Mais Priam ne s’arrête pas là, son visage longe mon bas-ventre, et son nez frotte le tissu de mon string rose poudré. Il n’y a aucune gêne en moi quand ses narines se gonflent et qu’il inspire mon odeur sans aucune vergogne. Au contraire, j’ai envie de me frotter contre lui et de lui ordonner d’arrêter de jouer avec moi.
— Je suis fou, reprend-il, et je le suis encore plus lorsque je te sens.
Sans me quitter du regard, il retire ma culotte, qui échoue à mes chevilles. Puis il observe mon intimité et s’approche d’elle dans un mouvement lent. Quand sa langue tente d’écarter mes lèvres afin de me goûter, je gémis bruyamment.
Merde.
Priam rigole contre moi, ce qui me fait trembler, parce que je ressens ce rire dans toutes mes terminaisons nerveuses.
— Si tu es trop bruyante, on va t’entendre, me dit Priam. Et je serai obligé d’arrêter.
On pourrait même nous observer que je m’en moquerais.
Ses doigts écartent mes lèvres intimes, et sa bouche se pose sur mon bourgeon sensible. Je me mords les lèvres pour ne pas crier. Mais très vite, Priam écarte sa bouche de moi. Ses mains sont posées à l’arrière de mes cuisses, et j’ai très envie qu’il continue.
— Qu’est-ce que tu fais ? je lui demande tout en haletant.
— Est-ce que c’est assez bon pour toi ?
Toujours cette question. Mais là, je ne peux plus jouer avec lui. Je ne peux que succomber. Alors je lui avoue :
— Oui.
— Tu en veux encore ?
Il s’approche de moi mais ne me touche plus de sa bouche tant que je ne réponds pas.
— Oui, je martèle. Je veux ta bouche, putain.
C’est exactement la réponse qu’il attendait. Une de ses mains agrippe ma cuisse un peu plus durement et la relève pour poser ma jambe gauche sur son épaule.
Sa langue stimule toujours mon clitoris, puis ses dents se mettent à entrer en jeu. Je laisse retomber ma tête en arrière ; sa langue fait mine de pénétrer mon vagin et le feu fait rage en moi. Il me détruit, m’achève, puis me ramène à la vie dans un cercle sans fin.
Mes muscles se tendent quand sa langue continue son chemin et caresse la peau fine entre mon vagin et mon anus.
— Priam ? je couine presque.
On ne m’a jamais fait ça. C’est nouveau et très, très stimulant. Priam effleure mon anus de sa langue puis retourne contre mon clitoris qui pulse.
Mes doigts se plantent dans ses cheveux, mes ongles griffent son cuir chevelu. Au moment où ses dents mordent délicatement ma peau, un coup se fait entendre contre la porte.
Je suspends mon souffle, mais Priam ne s’arrête pas, et je ne l’éloigne pas.
— Il y a quelqu’un ? demande une voix d’homme que je ne connais pas.
— Oui… je bafouille.
De sa main libre, Priam stimule mon anus, jouant avec lui comme il joue avec mon cœur.
— D’accord, vous en avez pour longtemps ? me demande le type contre la porte.
— Ouais !
Je laisse échapper un bruit inarticulé, submergée par les sensations, et j’oublie le gars à l’extérieur. Au moment où je m’apprête à jouir, Priam s’éloigne de moi. Déjà, il se relève et se colle à moi. Il m’embrasse et je perds le fil du temps. Je me presse contre lui quand il me pose sur le lavabo. Mes mains tirent sur sa braguette, et quand elle cède, Priam tremble contre moi.
Je ne suis pas la seule à perdre pied dans cette histoire. Nous sommes tous les deux au bord du gouffre et c’est à nous de choisir si nous allons sauter ou non.
Quand il m’embrasse encore, je comprends que oui. Il n’est pas question de savoir si oui ou non on va chuter. Il est question de sauter à deux, main dans la main.
— Prête, mon ange ?
— Oui.
Priam enfile un préservatif et me pénètre une seconde plus tard. Sa verge m’écartèle sans vergogne, et mes cuisses s’enroulent autour de ses hanches.
Je tombe avec lui. Sans avoir peur du vide. Sans voir les flammes qui dansent. Il n’y a que de la chaleur. Que l’exaltation des sens.
Je tombe pour Priam.
Mais ce n’est pas grave, parce qu’il tombe avec moi. Alors notre saut dans le vide n’est plus si effrayant.
On quitte les toilettes vingt minutes plus tard, main dans la main. Je me colle à Priam surtout parce que j’ai besoin de soutien tant mes jambes sont tremblantes. Quand on s’engage dans le couloir, j’ai l’impression que tous les regards sont tournés vers nous. Je sais bien que c’est faux, personne ne fait attention à nous.
Sauf April qui nous observe de l’autre côté de la pièce. Ses yeux brillent de malice quand elle observe nos doigts enlacés. Comme si elle savait au fond d’elle que c’était la chose la plus naturelle du monde.
Peut-être est-ce le cas. Peut-être que Priam et moi n’étions pas destinés à nous battre l’un contre l’autre. Peut-être que notre destinée était de nous battre ensemble.
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