The Origin Of Violence (French Edition)

Marie HJ · Chapitre 12 sur 66

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The Origin Of Violence (French Edition)

5 Rafael

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5 Rafael

 

Musique trop forte, spots multicolores, odeur de sueur un peu âcre mélangée à

plusieurs parfums bon marché. Ma nouvelle rengaine du week-end.

— Je répète, pour la énième fois, parce que peut-être, je nourris l’espoir qu’à

un moment tu entendras mes appels. Venir ici régulièrement est une très mauvaise idée. Je n’aime pas ce club !

J’observe Angel d’un œil noir alors que mon barman à présent presque attitré

dépose devant nous deux cocktails sans que nous ayons eu à les commander.

Oui, d’accord, j’oblige machiavéliquement mon cousin à me suivre jusqu’ici

les vendredis et samedis soir depuis notre première visite.

Et oui, OK aussi avec le fait que ce que je pensais être une soirée spéciale

Lady Gaga est en fait une playlist qu’ils passent tous les soirs.

Je connais presque les enchaînements par cœur, et oui, encore une fois, je le

conçois, ce manque d’originalité aurait tendance à lasser.

Mais je ne me suis pas acharné à venir ici régulièrement depuis trois semaines

pour la beauté des titres diffusés ni la splendeur du lieu. Si je reviens à l’Enfer des Atlantes tous les week-ends, c’est uniquement parce que j’espère revoir mon bad boy inconnu, ou Tête de con, comme le prénomme Angel depuis ces trois fameuses semaines.

Mon cousin soupire en s’accoudant au comptoir en attrapant son verre.

— Bon, ben puisque je n’ai rien de mieux à faire, je propose une cuite. Parce

que de toute manière, nous savons tous les deux qu’il ne se pointera pas. Je suis certain que Tête de Con s’est perdu l’autre jour. Il faisait tache dans le décor. Genre, un tatoué-rasé qui écoute du Lady Gaga dans une boîte multi ethnique gay ? Laisse-moi me marrer !

Certes, je ne peux pas le contredire. Mais comme souvent, la raison ne fait pas

le poids face à l’espoir.

Et de l’espoir, j’en ai à revendre. Quand on goûte au plaisir incroyable du

sexe, avec un partenaire qui répond à toutes nos attentes, on a tendance à espérer le revoir très vite.

Les autres me paraissent tellement fades à côté.

Et puis, il paraîtrait que je suis légèrement têtu comme mec. Quand une idée

me taraude, impossible que je la relègue à plus tard. Donc… Nous squattons ce club merdique, je peux bien admettre ce fait, en attendant que quelque chose se passe.

Je cogne mon verre contre celui de mon cousin, et nous reportons notre

attention sur la piste.

— Promets-moi que si nous ne le croisons pas ce week-end, tu oublieras

l’idée ?

J’aurais envie de refuser ce qu’il demande. Mais je ne peux raisonnablement

pas lui imposer ce genre de soirées pendant des mois.

Tant pis, je viendrai tout seul. En douce.

Mon père est devenu pas mal parano ces derniers temps, à cause de certains

mafieux qui aimeraient le dissuader de se présenter à ce poste de procureur général.

Je ne vois pas de quoi ils ont peur, car, clairement, le programme de mon père

est très édulcoré, mais bref.

Je suis plus ou moins suivi à la trace par un certain Gregory, garde du corps de

son état, que je n’ai pas souhaité mais que mon père m’a imposé quand même. J’ai clairement expliqué à ce Gregory qu’ici, ce serait selon mes règles et aucune autre, mais sinon, il est là, quand même, et le pire de tout, c’est qu’Angel joue le jeu.

— De toute manière, je dois partir avec mes vieux très bientôt, donc tu

n’auras plus le choix ! déclare-t-il en reposant son verre.

— Ah oui ? Tu ne m’as pas prévenu ?

— Non, je l’ai appris ce matin. Et comme de toute manière tu n’écoutes pas

grand-chose en ce moment…

Certes.

Mon cousin et moi sommes un peu comme deux testicules d’une même queue.

Inséparables et collés l’un à l’autre depuis toujours. Ses parents sont d’éminents banquiers qui vivent plus que bien. De ce fait, nous avons à peu près les mêmes origines sociales avec tout ce que cela implique, en bien comme en mal. Nous nous comprenons donc sans avoir besoin de longues explications. Sans compter le fait que fils uniques tous les deux, nous avons vite déclaré que chacun était le frère caché de l’autre. Au point que nous avons emménagé ensemble dès que nous avons décidé, d’un commun accord, de prendre notre indépendance. Lorsqu’il est là, j’ai tendance à le considérer comme un élément de mon quotidien. Simplement, dès qu’il part, je vacille. Il pense la même chose de moi, je le sais.

— Ouais, donc, il faudrait fêter ton départ ! Je te paie ta cuite, et un mec si tu

veux. Regarde, lui, là-bas, le blond. La semaine dernière il occupait le même tabouret. Et son cinéma ne trompe pas. Il part accompagné, il revient seul, etc. Je parie qu’il ne serait pas contre un petit billet.

Les yeux d’Angel, qui ne s’embarrasse pas d’un détail comme le sexe de la

personne qu’il convoite, s’illuminent subitement puis il jette un coup d’œil sur le type.

— Tu crois ?

— Le mieux c’est d’aller enquêter, non ?

Je connais Angel si bien. Un blond qui se fait payer pour baiser ? On atteint le

sommet de la sexytude selon ses critères. Il adore l’idée d’introduire la notion d’argent dans un coup de quelques heures. Je n’ai pas trop compris pourquoi, même s’il me l’a expliqué une bonne dizaine de fois.

— Je reviens.

Je lui réponds par un sourire et reprends mon verre en me tournant vers la

piste pour observer les clients du soir.

Mon regard se pose directement sur un homme en marcel noir et jean de la

même teinte. Mon cœur manque de dérater. Il est revenu. Il paraît encore plus ténébreux dans cette couleur et l’effet que cela produit sur moi s’avère décapant. Un frisson secoue mon corps violemment et mon esprit jubile de satisfaction.

Je croise son regard, braqué sur moi. Manifestement il m’observait depuis un

petit moment.

Mon cœur se fige un instant, oubliant de battre, et l’information se propage

dans l’intégralité de mon corps. Ma peau se recouvre de frissons, mon dos se redresse naturellement et mon membre se réveille drastiquement sous mon boxer. Ses iris me semblent encore plus sombres que dans mes souvenirs et son air bien plus dangereux également.

On pourrait croire qu’il menace tout le monde en même temps. Qu’il est prêt

pour sauter au cœur de ténèbres que lui seul connaît.

Une vague de tension s’en prend à mes nerfs et aggrave ma libido. Je ne sais

pas résister à ce genre de type. Encore moins quand je sais déjà ce dont ils sont capables.

Je quitte mon siège pour le rejoindre. Parce qu’il ne peut en être autrement.

 

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