The Origin Of Violence (French Edition)

Marie HJ · Chapitre 55 sur 66

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The Origin Of Violence (French Edition)

+2 Archer

 

— On va éviter de te dire : à la prochaine, hein ? déclare le maton en me tendant mon sac d’un ton las.

Ouais, on va essayer.

Je récupère mes affaires personnelles puis ne m’attarde pas davantage.

Franchement, lorsque je suis entré ici, que j’ai passé cette porte dans l’autre sens il y a plus de deux ans, je pensais réellement que j’entrais dans un enfer dont je ne pourrais jamais revenir.

Combien des mecs enfermés là-dedans auraient pu vouloir m’égorger dans un coin ? Une bonne moitié, je pense. Entre les blacks, les portos, les asiats au courant de mon appartenance à Origin’s, parce que tout se sait forcément dans ce genre de taule, et les fachos qui eux aussi savaient que j’avais vendu tout le monde, dont ma famille, mes chances étaient plus que minces d’en réchapper.

D’autant plus qu’ici, avant mes aveux au proc, mon père régnait en maître.

C’est finalement ce qui m’a sauvé. Entre ceux qui flippaient à cause de mon nom et ceux qui gardaient une sorte de révérence envers le digne descendant de son père, pire que lui, même car je suis celui qui l’a trahi, sans parler de ceux qui étaient ravis que je le vire de cette taule… Ils n’ont pas osé se frotter à moi. Comme quoi, mon père aura au moins réussi à engendrer un truc bien dans sa vie de merde.

Le dernier gardien, celui qui possède la clé de la liberté, fait son œuvre sous mes yeux et appuie sur le bouton magique.

Et enfin… je quitte ce taudis, sans me retourner.

Encore un couloir à longer.

Des pas de plus en plus légers et salvateurs. Une porte de taule noire à pousser.

Et l’air frais d’un matin gris en plein dans les poumons.

J’avance de quelques pas sur le béton usé et inégal et lève les yeux vers le ciel. Puis j’observe le parking devant moi. Vide. Absolument vide.

J’ai l’impression de renaître et de me retrouver devant la première page blanche de ma vie. Derrière moi, la fabrique ronflante et rugissante dans laquelle j’ai repris vie.

Devant ? Tout à construire.

Ou rien. C’est selon.

Pour le moment, j’en suis à rien et je ne sais toujours pas quelle direction prendre. Presque trois ans que j’y réfléchis, et… le néant. Sur ce point, comme sur les autres, je n’ai finalement pas avancé. L’important, à mes yeux, c’est surtout que je n’ai pas vraiment reculé. Enfin, je ne crois pas.

Dans ma main, un ticket de car. Cadeau de l’administration pénitentiaire. Pour un premier bon pas dans ma nouvelle vie.

C’est tellement… ironique.

Bref. Devant moi, cinq arrêts de car indiquant les destinations et les horaires. L’embarras du choix.

Ligne A, il passe par Jonesboro.

La C, direction le Nord, loin de tout ce que je connais déjà.

La E, je peux chopper une correspondance pour Memphis.

La F, Little Rock.

La H, direction l’Est.

 

Impossible de choisir. Les seules qui m’intéressent me foutent les boules et je ne me sens pas capable de relever les défis qui m’y attendent.

Au loin, au bout de dix bonnes minutes, un car se profile.

Le premier.

Alors, ce sera celui-là. Peu importe où il me mène, je m’adapterai.

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