The Origin Of Violence (French Edition)

Marie HJ · Chapitre 46 sur 66

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The Origin Of Violence (French Edition)

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Mal. Au. Crâne !

Je pousse un grognement guttural en tentant d’extirper ma tête de mon oreiller.

Bouche pâteuse, pulsations anormales au niveau des tempes et ce foutu soleil qui agresse littéralement mes yeux.

Et tout à coup, la musique à fond dans mon appart. Elle vibre, secoue les murs, et tape impitoyablement sur mon crâne, comme un putain de marteau piqueur.

— C’est quoi ce bordel ?

— J’en sais rien !

Je sursaute en entendant Pablo, sa voix tout aussi éraillée que la mienne, à ma droite.

Je n’ose même pas me tourner vers lui mais soulève la couette pour constater que je suis totalement à poil et que… lui aussi.

— Oh ! Mon ! Dieu !

Qu’est-ce que j’ai foutu ?

Il éclate de rire alors que je porte ma main gauche sur mon front en fermant les yeux.

— Fais gaffe à tes réactions, je pourrais éventuellement me sentir vexé.

Merde, merde, merde !

— Désolé.

Il se marre de nouveau.

— Ne le sois pas, il ne s’est absolument rien passé. Sauf que tu m’as gerbé dessus en essayant de me foutre à poil. J’ai donc… enfin, tu vois, je t’ai désapé et je t’ai sagement couché. Et puis, j’étais crevé et crade, alors j’ai fait comme chez moi.

— J’ai voulu te baiser ?

Cette fois je me planque sous ma couette, de honte.

— Ouais, comme t’as voulu baiser avec la moitié du pub, environ. J’ai préféré te ramener avant que tu finisses sur la queue du premier venu.

Ah ouais, quand même.

— Merci !

— Ta vertu est restée intacte.

Il ricane encore une fois et saute du lit en m’offrant une vue imprenable sur son cul. Je détourne les yeux une nouvelle fois.

Non, je ne veux pas connaître Pablo comme ça. Ce n’est pas un délire que je cautionne.

Cela étant dit, ma technique a visiblement partiellement fonctionné car je n’ai pas pensé à Archer depuis…

Bon ben voilà, retour à la case départ, il se réinstalle dans mon cerveau sans demander la permission.

Il me fait chier, putain !

— Et d’abord, c’est quoi cette musique à la con ?

Parce que Lady Gaga, ça va bien cinq minutes.

Bad Romance ? Sans déconner !

— Aucune idée.

Je me lève à mon tour et laisse Pablo, qui après avoir fouillé dans mon dressing a enfilé l’un de mes boxers, m’aider à passer un short. Après tout, dans mon état, la pudeur, je m’en tape.

Le responsable du bordel sonore ambiant n’est autre qu’Angel qui se trouve dans la cuisine alors que nous sortons de la chambre.

— Hello les amants maudits ! raille-t-il en dégainant deux tasses d’un placard. Alors, ça roule ?

— Qu’est-ce que tu fous là ? Ce n’est pas ce que tu crois.

Il m’adresse un regard amusé en faisant couler un premier café.

— Je me doute et c’est bien dommage ! Et… j’ai décidé de revenir pour le week-end. Il semblerait que mon cousin parte en déchéance totale dès lors que je m’absente.

Je lève les yeux au ciel en m’installant sur une chaise avec précautions. Tout craque dans mon corps, du cerveau jusqu’aux chevilles. J’ai dû bien me lâcher cette nuit.

— Tu pourras dire à mon père qu’il n’a qu’à se mêler de son propre cul si ce que je fais du mien le dérange !

— Oh, je vois que nous naviguons en terrain hostile, continue-t-il de ricaner en posant ma tasse devant mon nez. Relax, grand guerrier, défenseur des opprimés. Je viens en ami. Pablo, café comment ? Latté, serré, cappuccino ?

— Rien, merci, je vais squatter une douche et je repars chez moi, j’ai du taf. Je dois aller rendre visite aux filles Williams.

Merde, Awa et Sylhia. On n’a même pas discuté de leur cas. Décidément, je pars en couilles par tous les bouts. Si même les causes qui me tiennent à cœur passent à la trappe…

— Je viens avec toi !

— Merci, mais non, j’ai pas besoin de toi, réplique mon collègue en frappant le poing d’Angel pour le saluer. Gère déjà tes problèmes et reviens quand t’es OK.

— Je n’ai pas de problèmes ! grogné-je en me grattant le cuir chevelu.

— Ah, OK. Donc, ta drague ultra élaborée d’hier soir me concernant est véridique et sincère, du coup ! Merde, j’aurais dû prendre plus de précautions pour te repousser, tu risques d’avoir le cœur brisé.

Les deux débiles debout devant moi ricanent comme des glands. J’abandonne.

— Dégage !

— Voilà, nous sommes bien d’accord. J’emprunte une douche.

— C’est ça ! Frotte bien dans les petits plis.

Il s’esclaffe en quittant la pièce et moi, je balance une série de jurons en portant mon café à mes lèvres.

J’ai mal au crâne.

Ce qui ne semble pas effrayer mon cousin qui éteint enfin la chaîne et le silence, savoureux et bienfaiteur, reprend ses droits dans l’appartement.

— Bon, on va faire un petit bilan ! déclare Angel en s’asseyant en face de moi.

Adieu silence !

Fait chier !

— Mais non !

— Si. Parce que si tu en arrives à tenter de foutre Pablo dans ton pieu, c’est qu’il est grand temps qu’on y réfléchisse, selon moi.

Je lui jette un coup d’œil par-dessus ma tasse.

— Allez, arrête de faire ton effarouché. C’est moi, ton cousin, tu te souviens ?

— Comment oublier ? craché-je en reposant mon café sur la table alors qu’il m’adresse un sourire de crétin. Bon, tu veux qu’on commence par quoi ? Le fait qu’Archer Connors est un mec que je n’aurais jamais dû rencontrer ? Ou celui que j’ai besoin de savoir ? Et qu’il ne me dit rien. Que je devrais déjà statuer sans avoir besoin qu’il me raconte ou me mente et que je n’y arrive pas. Il me manque des données. Je beugue. Totalement.

— D’accord, souffle-t-il après un moment de latence qui me fait du bien au crâne. J’aurais envie de te dire de laisser tomber, parce que ce type, Raf, il n’est vraiment pas bon. Ni pour toi ni pour qui que ce soit. Il porte sa saloperie de fascisme sur sa gueule, si tu veux mon avis. Et oui, il est canon. Mais merde, si je connais bien un mec qui ne se fie pas à une belle gueule et à un beau cul pour situer les gens, c’est bien toi.

— Justement ! Je ne m’arrête pas à sa gueule de taulard, moi. Toi, mon père, et sans doute tous ceux qu’il croise, vous statuez avant de savoir.

En encore une fois, je le défends alors que je sais que je doute moi-même. Je n’arrive pas à le condamner ! Mais qu’est-ce qu’il me faut de plus, bon sang ?

— Certes. Je plaide coupable. Mais tu n’en sais pas plus que nous, visiblement. Donc, le processus est le même, et je pense qu’il est moins dangereux de notre point de vue que du tien.

— Je ne te le fais pas dire ! soupiré-je de désespoir.

— Donc… je pense que si ce qui te manque ce sont des infos supplémentaires, il faut que tu les chopes, ces infos.

— Plus facile à dire qu’à faire, Einstein ! Tu crois que je n’ai pas déjà tenté ? Il ne dit rien ! Que dalle ! Et d’ailleurs il ne vient même plus, donc, de ce côté c’est mort.

— Tu cherches sans doute au mauvais endroit. Y a bien des gens qui le connaissent, non ? Il ne vit pas sur une autre planète ce type, quand même.

Je ne peux m’empêcher de ricaner amèrement.

— Je commence à me le demander sérieusement. Cela dit…

Et c’est comme ça, face à la tête de piaf de mon cousin, qu’une idée effleure mon esprit. Une idée qui insuffle un petit vent d’espoir dans mon cerveau. Une idée sans doute calamiteuse qui ne mènera à rien, mais qui au moins détient le mérite d’apporter une nouvelle issue à mes questionnements qui tournent franchement en rond dans mon esprit, sans jamais solutionner quoi que ce soit.

 

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