The Origin Of Violence (French Edition)
1 Rafael
Memphis, 5 ans plus tard, 22 Avril.
Poker Face vibre jusque dans mes veines alors que j’avale d’un trait mon énième Venin des Atlantes. Un truc sucré chargé abusivement en alcool qui convient très bien en cette soirée d’avril.
Le thermomètre est monté très haut aujourd’hui, et même encore maintenant, au cœur de cette boîte archi bondée, l’air moite et torride me paraît presque irrespirable.
Peut-être que la réunion dont je viens de m’enfuir n’a rien arrangé au ras-le-bol qui me consume.
J’essaie de me persuader que je me contrefiche des regards dépités que mon père a posés sur moi tout au long de mon réquisitoire, que nos désaccords ne comptent pas, mais…
Je n’arrive pas à comprendre sa manière de voir les choses et surtout, lui ne pige rien à mes opinions et ça me gonfle.
— Raf, je le sens mal cette histoire, me souffle à l’oreille mon cousin Angel en jetant autour de nous un regard inquiet.
— Détends-toi. Un autre !
Je hèle le barman en posant un billet sur le comptoir. Vu qu’il a eu droit à la monnaie en pourboire à chacune de mes commandes depuis que nous sommes arrivés, le type derrière le bar ne se fait pas prier pour me resservir illico.
Angel laisse échapper un soupir de dépit en reprenant son propre verre, auquel il ne touche quasiment pas.
Il scrute, inspecte, détaille avec appréhension la boîte merdique dans laquelle nous avons atterri. Les clients, venant de tous horizons, ne sont effectivement pas ceux que nous côtoyons habituellement.
D’ailleurs, quelque part, dans un autre quartier de la ville, dans un club où le simple verre de champagne coûte au moins une bagnole, même pas d’occasion de surcroît, nos amis nous attendent tous pour ma fête d’anniversaire.
J’ai simplement décidé de changer de plans au dernier moment sans prévenir qui que ce soit. Et pour le moment, je trouve tout à fait ce que je cherche au Repère des Atlantes. Boîte gay des bas quartiers à la réputation effroyable depuis toujours. Musique parfaite, ambiance caliente et… personne ne me connaît ici.
Une bouffée d’oxygène, et Dieu seul sait combien j’en avais besoin ce soir. J’éprouve la nécessité absolue de ne plus représenter le fils de mon père, pour quelques heures, au moins. De ne plus symboliser non plus le type qui se bat sans cesse pour les causes qu’il trouve importantes.
J’ai besoin d’une pause. De m’écarter des regards et du jugement des autres.
Seul Angel m’a suivi, contre son gré, très clairement.
— Raf ? me rappelle-t-il alors que le barman pose devant moi un nouveau « venin ».
Je lui file son fric et il ne fait même pas semblant de revenir pour me rendre la monnaie. Elle part directement dans sa poche.
— Écoute, Angel, soupiré-je avant de m’enfiler une nouvelle gorgée de ce truc dont le dosage en alcool remplit parfaitement le job. Tu n’es pas obligé de rester.
— Je ne pars pas sans toi ! Tu n’as rien à foutre ici, putain ! Tu n’as pas besoin d’aller chercher des mecs menaçants pour te prouver quoi que ce soit ! Tu es un mec génial et il est temps que tu avances en oubliant le reste.
Je n’ai pas envie de l’écouter. Pas envie d’entendre sa psychologie de comptoir ce soir. Peut-être qu’il a raison, peut-être que je devrais chercher mon bonheur ailleurs, mais il se trompe quand même sur une chose. Mes préférences sexuelles ne sont pas des réponses à quoi que ce soit. Elles sont justes là, tapies au fond de moi, et je ne peux pas m’y soustraire. J’aime les gars méprisants et aux airs de loubards, ce n’est pas nouveau et je n’ai pas l’impression que ce n’est qu’une réponse à quoi que ce soit d’autre que des fantasmes.
Alors non, je ne compte pas partir de ce trou à rats pour le moment, bien au contraire.
Je lui adresse un sourire démoniaque en reposant mon verre, commençant à onduler au son de la musique.
— Poker Face, chéri !
— Oh, merde ! Je sens que je vais détester cette soirée.
— Tu sais quel est ton problème, Angel ? C’est que tu ne sais pas te détendre… Ce qui n’est pas mon cas !
Et je compte bien me détendre énormément, pour cette fois. Je perçois qu’il le comprend à la manière dont il lève les yeux au ciel.
Je n’attends pas sa réponse, attire l’attention du barman d’un geste de la main et dépose mon verre sous son comptoir pour qu’il me le garde. Au prix où je le remercie de ses services, il ne bronche pas et se contente de hocher la tête en continuant de servir un autre client.
— On y va !
— Putain !
Cette fois, le venin de ce club s’écoule réellement dans mes veines et ce n’est certainement pas mon cousin qui va m’empêcher d’aller baiser. J’en ai envie et c’est mon anniv. Je veux un type crade qui ne me connaît pas. Un méchant mec. Un bad boy. Le plus bad boy possible qui me traite mal et m’utilise comme un kleenex. Rien de plus.
Les hommes de mon milieu, polis et faussement aimables ne m’ont jamais intéressé, et ce n’est pas aujourd’hui que cette évidence changera. C’est tout ce qu’il y a à savoir ce soir.
Alors je m’enfonce dans cette foule qui s’échauffe au son de cette soirée spéciale Lady Gaga.
L’air surchargé d’odeurs de transpiration, de parfums bon marché aigres et fatigués, porte en lui cette aura de luxure que je recherche.
Ce soir, je prends vingt ans et j’éprouve le besoin de fêter cette nouvelle décennie comme il se doit, à l’aide d’une fausse carte d’identité qui m’en offre trois de plus. Je n’ai pas besoin de la nouvelle bagnole que m’a offerte mon père. Ni d’une soirée en costard.
J’ai besoin de cul. De sexe. De baise et de foutre.
En avançant jusqu’au centre de la piste, Angel me suivant sans doute à quelques pas derrière moi, j’analyse la faune du club en établissant une stratégie de chasse.
J’avise un type assez chelou qui semble complètement stone et au corps déjà presque totalement dénudé.
Beau cul, abdos à profusion. Sa peau foncée tendue sur ses muscles achevant parfaitement le tableau.
Ma queue tressaille dans mon jean et valide ainsi la viabilité du candidat potentiel.
Suffisant pour franchir l’épreuve de passage.
Chéri tu viens d’obtenir ton diplôme.
Je le rejoins et me colle à son dos sans attendre.
Comme souvent dans ce genre d’endroit, il ne s’étonne pas de mon approche très directe mais préfère adapter les mouvements de son corps au mien.
Son fessier musclé vient s’encastrer autour de mon membre, il arque son dos pour appuyer ce contact. Mes mains se posent sur ses hanches, sur son torse nu et luisant de sueur, juste à l’orée de sa ceinture.
La musique m’encense la tête et je ferme les yeux alors que j’ondule langoureusement contre mon nouveau partenaire.
Le feu se déclare sur la piste lorsque Just Dance, toujours de Lady Gaga, se fait entendre. Les jeux de lumière décorent nos peaux, les têtes des danseurs marquent la mesure, et les corps se pressent plus étroitement les uns contre les autres.
Mon partenaire pose son crâne sur mon épaule. Je remonte mes doigts sur ses tétons alors que nous nous incrustons l’un à l’autre. J’embrasse son cou humide et ressens les vibrations de son plaisir naissant sur sa peau.
Mes sens réagissent rapidement aux appels qu’il m’envoie par ses gestes de plus en plus sexy.
Just Dance !
Putain, c’est ça !
J’adore danser et choper sur une piste.
Je ferme les yeux alors que le cul de mon inconnu masse prodigieusement ma queue cette fois totalement érigée.
Je les ouvre à nouveau en mordant son cou, affamé à présent qu’il m’a laissé envisager tous ses talents.
Mes mains descendent le long de son ventre alors qu’il continue à se trémousser contre moi, avec une sensualité donnant une réelle dimension au nom de ce club. L’enfer.
Attirant, bouillant et ô combien pervers.
Les basses puissantes vibrent au fond de mes muscles, entraînent mes gestes, tétanisent mes neurones. Mon esprit se laisse entraîner par la tension, la luxure, les flammes qui semblent danser sur nos peaux grâce aux spots qui nous surplombent.
Puis soudain, je relève mon regard et percute durement celui d’un autre clubbeur.
Lui ne danse pas. Il se contente de me mater. Sans sourire. Sans prendre part aux débordements de tout le reste de la foule. Comme si l’ambiance ne l’atteignait pas. Comme s’il se contentait de régner sur tout ce monde aux prises avec l’enfer que nous représentons autour de lui.
Foule qui soudain me semble insignifiante autour de moi. Même mon inconnu paraît s’effacer. Je me sens happé brutalement, vissé aux iris d’un azur sombre de ce type qui ne semble absolument pas à sa place.
Appuyé contre un poteau au centre de la piste, il me scrute lui aussi en portant sa bouteille de bière à ses lèvres. J’observe ce spectacle qu’il m’offre tranquillement, de sa bouche se posant sur le goulot, de sa pomme d’Adam s’agitant lorsqu’il avale l’alcool, de sa langue passant nonchalamment sur ses lèvres après coup. Malgré moi, je me prends en pleine tronche sa sensualité innée. Il n’en fait pas des tonnes, voire, il n’esquisse aucun geste voulu aguicheur. Presque méprisant, il continue de me fixer et je n’arrive même plus à détourner mon attention.
Il ne porte qu’un jean et un marcel blanc et les tatouages recouvrant sa peau semblent presque surréalistes au milieu des jeux de lumière. Il en est recouvert jusqu’au cou. Cheveux rasés, sourire totalement absent, un air mauvais et malsain émane de lui. Il semble… être le maître des Enfers. Le Diable en personne. L’Atlante que je cherchais ce soir.
Dieu sait combien je damnerais mon âme pour ce genre de démon. Cette fois, mon érection devient plus dure que de la pierre contre le cul de mon inconnu qui continue sa petite danse de la séduction sans se douter que je viens de passer à autre chose.
Il attrape mon cou pour m’attirer jusqu’à ses lèvres et m’assène une pelle qui me surprend et à laquelle je réponds, plus par réflexe qu’autre chose.
Cependant, il est limpide qu’à cet instant précis, il vient de me perdre.
J’ai trouvé bien mieux pour la suite.
Lorsqu’il me relâche enfin la nuque, je reporte instantanément mon attention sur le tatoué qui m’adresse un sourire sournois et démoniaque avant de quitter son poteau et de s’enfoncer dans la foule sans un regard en arrière.
Un appel très clair à le suivre, auquel j’obéis sans me faire prier. J’abandonne mon inconnu sans me soucier davantage de son sort. Mon esprit vient de l’effacer définitivement de ses archives. À présent, une seule chose me semble importante.
Ce type qui porte toute sa dangerosité sur ses traits et son look.
Il slalome entre les couples sans leur jeter le moindre regard et moi, je focalise sur son cul, moulé dans son jean noir devenu gris, usé jusqu’à la trame. J’observe son look de gros dur même pas travaillé, encore une fois naturel. Ses rangers, son marcel blanc, ses bras larges aux muscles secs et sa nuque aussi rasée que le reste de son crâne.
Un frémissement vient chatouiller mes reins tandis que nous quittons l’espace de danse, toujours séparés l’un de l’autre par deux ou trois bons mètres.
Il ne se retourne même pas pour vérifier si je le suis. Pas la peine, ce genre d’individu n’autorise pas qu’on lui fasse faux bond. Je me laisse prendre avec délectation dans son petit jeu, parce que c’est justement ce que je suis venu chercher. Un truc nouveau dans lequel je ne tiens surtout pas le rôle principal.
Angel qui réapparaît soudain, m’attrape le bras en m’empêchant de m’engager vers le couloir dans lequel mon inconnu disparaît.
— Raf ! C’est une très mauvaise idée ! me prévient-il d’un air affolé.
Je lui adresse un regard détaché puis reporte mon attention sur sa main, enroulée autour de mon poignet. Je me fous totalement de son avis, et il le sait très bien.
Cette fois, il insiste en se penchant à nouveau à mon oreille.
— Ce type est une saloperie de facho, c’est inscrit sur sa tronche, putain, Raf ! Tu joues avec le feu !
Nous échangeons un nouveau regard tandis que cette nouvelle interdiction ne fait qu’attiser encore plus ma libido. Angel est bien trop cartésien pour comprendre que justement, baiser le danger me fait bander.
J’en ai marre du monde politiquement correct que mon nom m’inflige depuis toujours.
Un frisson se propage sur ma peau surchauffée.
Comme si je n’avais pas deviné que ce mec ne jouait pas dans mon camp. Mais je connais ce genre de type. Certainement qu’il me déteste encore plus parce que justement je le fais bander. Moi, et ma peau aux couleurs du Mexique. Hâlée naturellement. Mes cheveux ondulés et presque noirs ne contrastant pas avec le reste.
Il va détester me baiser et je vais adorer qu’il adore me haïr, l’espace de quelques instants. Une sorte de revanche sur le destin qui me transcende.
Je retire mon bras de la poigne de mon cousin et continue mon chemin alors que Bad Romance se met à hurler dans les baffles.
Ce club ne semble pas proposer de coins discrets et privés. Mais un couloir. Un long couloir crade menant aux chiottes, visiblement bien connues des habitués.
Plusieurs couples sont déjà en pleine action contre les murs. Pantalons baissés, certains à genoux, la bouche pleine, d’autres embrochés l’un à l’autre, gémissants contre les murs.
Ce coin pue le cul, aussi bien moralement que réellement. De quoi titiller mon érection déjà encombrante dans mon jean.
Je balaie rapidement du regard le corridor sombre baigné d’une ambiance digne d’un club libertin dégueulasse et trouve rapidement mon homme, adossé entre deux couples, déjà en train de baisser sa braguette.
La température de mon corps se met à augmenter significativement alors que je franchis la distance qui nous sépare, le cœur à présent totalement emporté, un désir dépravé coulant dans mes veines, enflammant toutes mes extrémités.
Bon anniv, Raf !
Avant d’entamer réellement le jeu, je pose la question d’usage en précisant que je suis baisable à merci :
— PrEP[1] ? Je suis OK de mon côté.
Il hoche la tête d’un air impatient et se mord la lèvre inférieure, indiquant que je ferais mieux de ne pas le faire patienter.
Voilà qui est fait.
Je me laisse tomber à genoux devant lui, alors qu’il écarte légèrement les jambes, son cul posé contre le mur.
Depuis sa hauteur, il m’observe en massacrant sa lèvre, son regard bien plus clair que je l’avais perçu, sans qu’il ne s’en adoucisse pour autant.
Au contraire, je ressens toute sa colère à la manière dont il me considère. Je sens un sourire sarcastique poindre sur mes lèvres lorsque j’attrape sa queue et qu’il laisse un frémissement, presque imperceptible, faire tressaillir son membre.
Puis j’oublie tout.
Son sexe entre mes doigts accapare à présent toute mon attention.
Les sons de Lady Gaga continuent de jouer partout autour de nous, les rythmes saccadant nos gestes. Je caresse la peau satinée de sa verge tellement tendue qu’elle en devient clairement irrésistible. Je n’aspire plus qu’à la soulager de ce désir agglutiné sous sa peau.
Une faim que je sais déjà dévastatrice se creuse dans mon estomac, me poussant à me ruer sur ce présent qu’il m’offre visiblement à contrecœur. Enfin, je le sens sur mes papilles. Son poids sur ma langue me ferait presque tourner de l’œil.
Il attrape brutalement mes cheveux pour m’imposer son rythme. Rapide, dur et déchaîné.
Il pulse entre mes lèvres, grossit encore, alors qu’il s’enfonce, encore et encore jusqu’à l’orée de ma gorge.
Il me baise sans vergogne, sans retenue, et je prends clairement mon pied.
Dans l’urgence qui commence à se précipiter le long de mes nerfs, je déboutonne mon jean et attrape ma propre queue pour la serrer fermement et tirer dessus désespérément. Le plaisir enfle à chaque fois qu’il envahit ma bouche. Que ses doigts tirent sur mes mèches. Je le sens dévaler de mes sens vers chaque particule de ma peau.
Walk, walk, fashion baby
Work it, move that bitch crazy[2]
(Marche, marche, baby à la mode, vas-y, rends cette pute folle)
Lady Gaga impose sa dictature à ce moment presque trop intense.
J’ai déjà envie de jouir alors qu’il ne laisse rien fuiter de son côté.
Nos regards vissés l’un à l’autre, je frémis et lui reste de marbre. Bouche fermée à présent, il observe, toujours aussi ténébreux, depuis sa hauteur, alors que je reste prosterné devant lui, le froc ouvert et mon poing s’acharnant sur mon érection de plus en plus douloureuse.
J’arrive à le faire lâcher prise sur mon crâne en secouant la tête. J’abandonne son pieu et décide de le mordiller jusqu’à la garde avant de m’occuper de ses bourses en les malaxant de ma main libre tout en posant mes lèvres et ma langue sur leur peau tendue.
Il déglutit lourdement, me dévisageant d’un air oscillant entre la douleur et le plaisir.
Et, putain… Ce type est incroyablement beau plongé dans son enfer tout personnel.
Sensuel et atrocement sexy.
Après avoir léché copieusement mes doigts, je les laisse s’aventurer sur son périnée en étudiant ses réactions. Ce genre d’homme est de ceux qui aiment pénétrer et dominer, mais dans l’intimité ?
Rien n’est moins sûr.
Il autorise d’ailleurs mon doigt à voyager jusqu’à son sillon et atteindre son intimité. Il écarte même légèrement les cuisses pour me faciliter le boulot.
Je trouve encore plus désirable qu’il ne joue pas son rôle jusqu’au bout. Assez franc pour accepter sa véritable nature face à un étranger.
Sans me faire prier, j’enfonce un doigt dans son antre, puis deux, parce que je veux lui faire mal. C’est clairement ce qu’il est venu chercher ici, et moi aussi, donc…
J’y vais franco. Un gémissement s’échappe de sa gorge. Je le sens frémir sous sa peau, se crisper, refuser, admettre et enfin, s’abandonner à ce plaisir qui s’infiltre en lui.
Je remonte légèrement pour le reprendre au fond de ma bouche, le lécher, le mordre sans trop de douceur, le laper, flatter son méat, pendant que je bous intérieurement d’un putain d’orgasme qui ne demande qu’à éclater.
J’ajoute un troisième doigt et l’observe rejeter la tête en arrière, ses poings se crisper contre le mur avant de saisir mes cheveux pour m’imposer une cadence démente.
Je le pénètre, encore et encore, tandis qu’il me baise la bouche, toujours plus fort, avec fureur, rage, au bord de la folie, répondant à un besoin qui lui tord les muscles et me fait vriller le cerveau.
Je me redresse légèrement sur mes genoux, sentant mon cul bailler d’un besoin vital, celui de me faire prendre par cette queue magistralement magnifique, lourde et puissante, et je m’astique, vite, toujours plus vite, encore, encore, jusqu’à ce qu’il se fige. Il me repousse violemment, au point que j’en tombe de surprise sur le cul.
Je n’ai même pas le temps de comprendre ce qui vient de se passer qu’il m’attrape par les aisselles et me colle ventre contre mur après m’avoir remis sur mes pieds.
Mon froc arrive à mes genoux et ses mains atterrissent sur mes fesses qu’elles écartent en urgence.
Il crache le long de mon sillon et enfonce deux doigts humides au fond de moi.
C’est rapide, autoritaire et bandant. Mon sexe d’ailleurs, à nu contre le mur rugueux qui me retient, apprécie autant qu’il déplore le contact froid qu’on lui impose.
Je pousse mes fesses contre ses doigts pour confirmer mon accord, même s’il ne me le demande finalement pas. Doigts qu’il retire instantanément pour imposer le bout de son gland dans mon entrée. Il ne bouge plus et reste là, à me tirailler les muscles sans forcer le passage.
Il se fout de ma gueule ?
Mon corps entier palpite, gémit, frémit, appelle sa queue dans une supplique qui le trahit.
Je grogne, geins, ondule puis décide d’aller chercher mon putain d’orgasme.
Je recule significativement pour m’empaler sur son membre énorme qui me déchire légèrement au passage.
Un ricanement dédaigneux s’échappe de ses lèvres alors qu’il reprend la direction des opérations.
Judas, toujours de la même chanteuse, accompagne à présent nos ébats. Décidément on est dans le thème.
Il s’appuie contre moi pour me forcer à me coller au mur. Je pose mes mains sur la surface en crépi en accueillant cette fois son assaut virulent.
Ses coups de reins me clouent sur la cloison sans que j’aie le temps de m’adapter et répondre. Il va trop vite. Trop fort. Ses doigts agrippent une nouvelle fois mes mèches. Il me colle la joue au mur. Je le sens, le vois du coin de l’œil, me défoncer dans une sorte de frénésie qui vibre jusqu’à mes reins, ma queue, et me fait perdre la tête.
Il va, il vient, toujours plus vite, plus fort. Je transpire, soupire, couine mon plaisir qui ne cesse de monter, menaçant et lourd, sans jamais exploser. Parce que j’ai mal, j’en ai trop, pas assez, parce que mon cœur ne comprend plus rien et que je me sens devenir insatiable, pervers, démuni face à son assaut en même temps que je sais que c’est moi qu’il veut, du plus profond de lui.
Je domine et me soumets, au même titre que lui et…
— Bordel de merde ! gueulé-je en crispant mes phalanges sur le crépi.
Crépi qui martyrise durement ma verge en propulsant des éclats de plaisir sous ma peau.
Parce qu’il ne me laisse pas le temps ni l’espace pour que je me touche, je glisse contre la surface froide et crade, encore et encore, accusant les griffures des inégalités de ce foutu mur.
— Putain…
Je brûle, me calcine, subis ces flammes aussi merveilleuses qu’insupportables qui me consument.
La raison me quitte et alors qu’il pose une main sur ma hanche pour mieux m’agripper, et s’infiltre à nouveau en moi dans un élan incroyable, m’écartelant comme personne ne l’avait fait avant, je jouis. Sans préavis. Brutalement. Férocement. Dans ce paradoxe dévorant qu’est la douleur extatique.
Il rue sur moi au même moment, son corps tout entier se colle au mien, m’emprisonne contre mon foutu mur, et laisse échapper un gémissement rauque atrocement sexy en se déversant en moi. Je le sens se répandre, chaud comme un brasier, lourd comme du magma, s’infiltrant langoureusement en moi, m’emplissant comme jamais.
Il ne s’attarde pas. N’esquisse même pas un geste tendre. Il se retire rapidement, remonte son froc, fait glisser sa braguette et en moins de deux minutes, je me retrouve seul, le cul à l’air dans ce couloir merdique, offert à tous les regards, pendant que ma semence dévale lamentablement la cloison qui me retient toujours. Lady Gaga gueule toujours sa musique et… chacun de mes muscles ronfle doucement d’une langueur extatique déstabilisante.
Happy Birthday, Raf !
OceanofPDF.com
OceanofPDF.com