Le dernier pharaon, Méhémet Ali

Gilbert Sinoué · Chapitre 8 sur 101

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Le dernier pharaon, Méhémet Ali

4 - L'avènement du Pharaon (1803-1805)

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L'AVÈNEMENT DU PHARAON

(1803-1805)

 

Les jours passent et si l'on osait on pourrait dire qu'ils se ressemblent : un nouveau gouverneur, un certain Taraboulsi, est appointé par la Porte. Son règne est encore plus bref. Très vite, les Mamelouks encerclent la Citadelle et somment l'infortuné de quitter sous vingt-quatre heures la capitale. Ce qu'il fait. À Damiette, Khosrew pacha croit l'heure venue de reprendre le pouvoir qu'on lui a dérobé. Il décide de marcher sur Le Caire. Méhémet-Ali, accompagné de son nouveau « partenaire », Osman el-Bardissi, part à sa rencontre. L'homme de Kavála commande l'infanterie albanaise, Osman, les Mamelouks unis aux Bédouins. Damiette est conquise et Khosrew contraint de se rendre. Au matin du 27 juillet, il est emmené au Caire et emprisonné dans la Citadelle.

Telle est la situation, manifestement transitoire, car apparaît un nouveau trouble-fête qui débarque à Alexandrie le 8 juillet 1803 : Ali pacha

Borghoul1, connu sous le surnom d'El-Djezaïry, que la Porte vient de nommer vice-roi en remplacement de Khosrew. Originaire de Circassie, il a

été vendu fort jeune au dey 2 d'Alger, d'où son sobriquet d'« Algérien », puis, à la mort de son maître, offert par le beau-frère de celui-ci à Hassan pacha, grand amiral. Un cadeau qui n'est en rien le fruit du hasard : Hassan possédait déjà le frère du nouveau venu.

Bien entendu ni les Mamelouks ni Méhémet-Ali et ses Albanais n'ont la moindre intention de se laisser dépouiller par l'intrus des fruits de leur entreprise. D'ailleurs les troupes qui accompagnent El-Djezaïry sont loin d'être assez nombreuses pour mettre tout ce monde à la raison. À peine arrivé, il écrit aux beys pour leur signifier ses titres et ses qualités. Ceux-ci refusent catégoriquement de le recevoir dans la capitale, si ce n'est sous les mêmes restrictions que ses pareils d'avant 1798. À son corps défendant, El-Djezaïry fait lire au Caire un firman de la Porte octroyant aux beys d'importantes concessions. Il leur accorde entre autres un apanage annuel de