Le dernier pharaon, Méhémet Ali
Annexes
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Ce faire-part a été adressé par le prince Fouad à Mme Desroches
Noblecourt, que nous remercions pour son aimable communication.
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I
LA DYNASTIE DE MÉHÉMET-ALI
Abbas Hilmi I er (novembre 1848-juillet 1854). Fils de Toussoun.
Après un règne désastreux dominé par une volonté rétrograde et vaine, il est assassiné le 13 juillet par l'un de ses esclaves.
Mohamed Saïd (juillet 1854-janvier 1863). Fils de Méhémet-Ali.
De culture occidentale, généreux, libéral, il accorde à son ancien « précepteur », Ferdinand de Lesseps, la concession du canal de Suez que lui a refusée Méhémet-Ali.
Trois réformes importantes sont à mettre à son actif : l'abolition de l'esclavage en Égypte et au Soudan, la possibilité accordée aux Égyptiens d'accéder aux hauts grades de l'armée et en 1858 la libéralisation du système de l'iltizâm, qui introduit la notion de propriété privée.
À sa mort, la dette extérieure de l'Égypte se monte approximativement à 250 millions de francs.
Ismaïl (janvier 1863-juin 1879). Fils d'Ibrahim.
En augmentant fortement son tribut au sultan, il obtient le droit de succession héréditaire par primogéniture à ses descendants directs et le titre persan de « khédive », qui veut dire « souverain » (ce titre abolissant l'idée de sujétion incluse dans le terme de « vice-roi »). Avare dans les petites choses, prodigue à outrance dans les grandes, il inaugure le canal de Suez, le 17 novembre 1869, avec un faste digne des Mille et Une Nuits.
Il contracte des emprunts dans les plus mauvaises conditions et à des taux usuraires. Pour éviter la débâcle financière, il vend en 1874 à Disraeli, Premier ministre britannique, les parts égyptiennes du canal de Suez. Deux ans plus tard, acculé à la faillite, il est contraint par les puissances européennes d'accepter l'installation au Caire d'un organisme (la Caisse de la dette publique ou « condominium »), chargé de contrôler les recettes du pays et leur affectation au remboursement des emprunts.
À l'ingérence étrangère dans les finances nationales s'ajoute en 1877 celle dans l'administration d'un « Conseil des ministres » formé de trois membres, un Français, un Anglais et un Égyptien ; de là s'ensuit une explosion nationaliste qui l'année suivante prend la forme d'un soulèvement de l'armée conduit par le colonel Orabi, l'un des premiers officiers supérieurs égyptiens promus lors des réformes de Saïd. Le khédive, fort de l'appui de l'opinion publique, chasse ses ministres étrangers mais la Porte, manipulée par la Grande-Bretagne, le force à abdiquer le 25 juin 1879.
Mohamed Tewfik (juin 1879-janvier 1892). Fils d'Ismaïl.
En 1881, le colonel Orabi obtient des élections libres. Elles donnent la victoire au parti nationaliste. Devenu ministre la Guerre, Orabi réclame la suppression du condominium franco-anglais. En réaction, le 2 août 1882, les Anglais occupent l'Égypte. Un an plus tard, l'Angleterre met fin au condominium et demeure seule pour contrôler la politique égyptienne. Les forces armées anglaises assurent l'ordre et le consul anglais dirige souverainement le pays.
Le 7 janvier 1892, Tewfik meurt. Son fils, Abbas Hilmi II, lui succède.
Abbas Hilmi II (janvier 1892-décembre 1914). Fils de Mohamed Tewfik.
Il accède au trône à l'âge de dix-sept ans. Le 18 décembre 1914, les Anglais saisissent le prétexte de la guerre mondiale et de la présence turque dans le camp adverse pour établir officiellement leur protectorat sur l'Égypte. Dès le lendemain, ils déposent Abbas qui se montre trop favorable à l'opposition nationaliste. Son oncle, Hussein Kamel, monte sur le trône.
Hussein Kamel I er (décembre 1914-octobre 1917). Oncle d'Abbas Hilmi.
Il adopte le titre de sultan afin de marquer la fin de sa soumission à la Porte. À sa mort en 1917, son frère Fouad lui succède. En fait, un haut-commissaire britannique détient la réalité du pouvoir et la monnaie égyptienne est rattachée à la livre sterling.
Fouad Ier (octobre 1917-avril 1936). Frère de Hussein Kamel.
Dès 1919 les nationalistes égyptiens, dirigés par Saad Zaghloul, forment une « délégation » (wafd) chargée de négocier à Londres les conditions de l'indépendance. Le gouvernement anglais refuse de les recevoir. Il fait arrêter Saad Zaghloul et le déporte aux Seychelles. La réaction ne se fait pas attendre, des émeutes éclatent dans toute l'Égypte. L'Angleterre décide alors de renoncer au protectorat tout en se réservant quatre « priorités » : le droit d'assurer ses lignes de communication avec l'Empire, la défense militaire de l'Égypte, la protection des étrangers et des minorités du pays et le Soudan. En fait, l'occupation militaire continue et le haut-commissaire britannique reste tout-puissant.
En 1922, Fouad abandonne le titre de sultan et adopte celui de roi. En 1923, il promulgue une constitution que les nationalistes utilisent aussitôt pour renforcer leur opposition. Il l'abolit en 1930 après avoir dissous le Parlement, applique un régime d'exception puis, en 1935, face à la pression des partisans de Zaghloul, il est contraint de la rétablir. Tout son règne est marqué par sa lutte contre le wafd. Il décède en avril 1936. Son fils Farouk lui succède.
Farouk I er (avril 1936-juillet 1952). Fils de Fouad.
Lorsqu'il monte sur le trône d'Égypte, il a tout juste seize ans.
Des accords complémentaires (8 mai 1937) signés avec les Britanniques mettent fin au régime préférentiel des capitulations dont jouissaient les étrangers, mais les concessions faites par Londres restent très limitées : les troupes britanniques sont maintenues en Égypte, cantonnées dans la zone du canal de Suez avec liberté d'occuper l'ensemble du territoire en cas de crise internationale.
Le 15 mai 1948, l'armée égyptienne, unie à celle des pays arabes, pénètre en Palestine afin de s'opposer à la création de l'État d'Israël. La débâcle subie par les forces égyptiennes est ressentie moins comme une humiliation que comme une trahison des dirigeants du Caire.
Le souverain, déjà critiqué pour son train de vie dispendieux, est tenu pour responsable de la défaite. L'exaspération règne dans le pays et le 26 janvier 1952 des incendies embrasent Le Caire. Le 23 juillet, un groupe d'officiers dits « libres », constitué entre autres de Gamal Abd el-Nasser et d'Anouar el-Sadate, prend le pouvoir et contraint Farouk à abdiquer (il mourra en exil à Rome, le 18 mars 1965).
Cette « révolution égyptienne » impose la république et met fin au règne de la dynastie de celui qui fut le dernier pharaon.
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