Le dernier pharaon, Méhémet Ali
10 - le Gouvernement du Pharaon (1808-1818)
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LE GOUVERNEMENT DU PHARAON
(1808-1818)
Lorsqu'en 1805 Méhémet-Ali devient officiellement wali d'Égypte, ce n'est pas d'un pays qu'il prend possession, mais d'une terre naufragée que des rapaces nommés Mourad, Ibrahim bey, Bardissi, Alfi, sans parler de leurs innombrables prédécesseurs, se sont disputée des années durant, avec autant d'âpreté que s'il s'était agi des mines du roi Salomon. Partout y règne le chaos.
Un grand nombre d'établissements publics sont privés des dotations que leur avait assignées Sélim I er. Les digues et les canaux périclitent faute d'entretien. Pour revenir à sa condition, le fellah est une sorte d'ouvrier à gages à qui on ne laisse pour vivre que le strict nécessaire. Sur sa détresse quotidienne se greffent le passage des troupes en mal de rapines, et les incursions des Bédouins qui fondent régulièrement sur les récoltes. L'insécurité est seule maîtresse du pays, et il ne se passe pas de jour sans que l'on évoque troubles civils, exactions ou meurtres.
Du point de vue des impôts, on a atteint des sommets. Pour faire entrer un maximum d'argent dans les caisses du Trésor, les Mamelouks n'ont fait qu'appliquer la recette de leurs prédécesseurs : taxer. Taxer encore et toujours plus. Dans ses chroniques, Djabarti cite vingt-quatre sortes de taxes différentes, sans compter le système d'avanies qui frappe autant les commerçants étrangers que les Égyptiens.
Hormis quelques vagues écoles coraniques et l'université d'Al-Azhar, l'instruction est réduite à presque rien. Les magnifiques hôpitaux du temps de Saladin sont en plein délabrement, les services d'hygiène inexistants.
L'armée, elle, est composée d'un mélange d'hommes recrutés sans discernement : des Turcs, des Albanais, les fameux delhis, des Maghrébins qui ne sont là que pour la solde ou le butin. Tout est à reconstruire, tout à inventer. On le voit, la tâche à laquelle doit se vouer l'homme de Kavála est démesurée.
Pour commencer, il décide de réformer les structures administratives du pays. Sa démarche étant essentiellement inspirée par des motivations extérieures, donc militaires, il doit maîtriser l'outil gouvernemental à tous les échelons. La méthode de gouvernement qu'il applique se résume en deux mots : absolutisme et centralisation. Aucune innovation à cet égard pour ce qui est du droit : il en a toujours été ainsi dans toutes les provinces de l'Empire ottoman. Mais une différence tout de même : avant lui, le pouvoir du pacha d'Égypte a été constamment tenu en échec par les Mamelouks ou par des factions incontrôlées : il n'en sera plus question. Seul maître à bord, il ne permettra plus à quiconque de contrecarrer si peu que ce soit son autorité. Les postes stratégiques sont verrouillés. Quand ce ne sont pas des membres de sa famille qui occupent les plus hautes fonctions, ce sont des hommes qui lui doivent tout. Parmi les Orientaux, pour ne parler que d'eux, il trouvera d'habiles serviteurs, tels Mohamed bey Lazoglou, son kiaya, longtemps son principal ministre, Cherif bey, qui gouvernera pour lui la Haute-Égypte, et surtout Boghos bey Youssoufian.
Des hommes attachés à sa destinée, il en est peu qui jouent un rôle aussi important que cet Arménien né à Smyrne. Il est certainement l'un de ses auxiliaires les plus précieux. D'abord drogman du consulat britannique de sa ville natale, puis du grand vizir pendant l'expédition turco-anglaise de 1801, il est revenu en Égypte deux ans plus tard avec Ali pacha Borghoul (dit El-Djezaïry) puis entré au service du vice-roi. Ses talents, son assiduité lui ont permis de monter rapidement en grade et d'acquérir peu à peu une influence considérable, plus justifiée par sa souplesse et son effacement apparent que par l'étendue de son instruction et la profondeur de ses vues. Ces qualités ne l'ont pas toutefois préservé d'encourir un moment la disgrâce de son maître. Nubar pacha, son neveu, raconte dans ses Mémoires que, quelque temps après la nomination de Méhémet-Ali au gouvernement de l'Égypte, Boghos bey (il n'était encore que Khodja, c'est-à-dire maître Boghos) eut en charge la ferme des douanes. À Damiette, à la suite d'une discussion qui les opposait à propos d'une histoire de comptes, le vice-roi entra en fureur et ordonna : « Qu'on le traîne par le pied ! » C'était la formule usitée d'un arrêt de mort. Un des cawas se précipita alors pour exécuter l'ordre et Boghos fut entraîné hors de la pièce. Par chance, le cawas avait une dette morale envers l'Arménien. Faisant mine de le conduire au bord du Nil où le cadavre du condamné devait être jeté, il le mena dans une maison où il l'abrita, puis il revint annoncer au vice-roi que ses ordres avaient été exécutés. Une semaine plus tard Méhémet-Ali, se trouvant à Rosette empêtré dans une affaire d'argent et ayant en outre besoin de conseils, ne put s'empêcher de se lamenter : « Ah ! Si Boghos était ici, il m'aurait tiré d'embarras ! » Le cawas, toujours sur le qui-vive depuis sa désobéissance, crut dans l'instant que le pacha – par cette exclamation – avait voulu le tester. À bout de nerfs, il se jeta aux pieds de son maître en lui demandant grâce. « Grâce de quoi ? » s'étonna Méhémet-Ali. Troublé, le malheureux avoua alors qu'il avait menti et que Boghos était toujours vivant. « Boghos vit ? s'écria le vice-roi. Va donc et ramène-le immédiatement, sinon ta tête répondra de la sienne. » Le cawas se fit cette fois une joie d'obéir et, dès ce jour, plus rien
ne devait obscurcir les rapports du ministre et du souverain1.
Avant de s'illustrer lors des négociations complexes entre la Porte et les puissances pendant les deux crises de 1833 et de 1840, Boghos, à partir de janvier 1826, contrôle le département du commerce et de l'industrie, ce qui est loin de constituer une sinécure, lorsque l'on sait que toute la politique commerciale de son maître n'est fondée que sur les monopoles. Aussi s'ingéniera-t-il notamment à éluder le traité de commerce établi en 1838 entre l'Angleterre et la Turquie, qui tend à ruiner le système économique de Méhémet-Ali, en consacrant le régime du libre échange entre l'Europe et toutes les provinces – Égypte comprise – soumises à l'autorité du sultan. On pourrait comparer Boghos à une sorte de petit Talleyrand : nul mieux que lui ne possède l'art de prolonger les affaires qu'il a intérêt à ne pas terminer et de tenir tête à son maître sans pour autant l'attaquer de front.
« Cet homme si timide, écrit Nubar pacha, je l'ai vu résister aux volontés de Méhémet-Ali, répondant par des monosyllabes aux chatteries du seigneur qui essayait de le convaincre, mêlant à ses arguments des caresses dans la voix.
« Mais ne sois donc pas aussi tenace dans tes idées, disait-il, tu as tort, ce que je te dis est raisonnable ; range-toi à mon opinion, mon âme, mon cœur, mon agneau. »
Et mon oncle, immobile, les yeux baissés, de répondre respectueusement :
« Non, je n'en ferai pas moins ta volonté2. »
Habile à ne mécontenter personne, à ne point contredire sans s'incliner pour autant, ses manières sont toujours des plus affables, son accueil des plus gracieux. Possédant plus d'esprit naturel que de connaissances acquises, plus de finesse que de véritable talent, c'est un travailleur infatigable, d'une intégrité exemplaire, dévoué corps et âme au vice-roi. On
le dit aussi très anglophile 3. Les Français le soupçonnent même d'avoir par intérêt personnel favorisé les desseins de l'Angleterre. En quoi ils commettent une erreur d'appréciation. Dans la situation où se trouve l'Égypte, ce serait pure folie de sa part que de se jeter dans une politique d'opposition contre la puissance maîtresse des mers et du commerce du monde. Boghos le sait. Et il rejoint sur ce terrain Méhémet-Ali qui dès les premiers jours du pouvoir l'a compris.
Après sa mort en janvier 1844, il aura pour successeur son compatriote Artin bey, lui-même ancien élève du célèbre Jomard qui, rappelons-le, fut membre de l'Institut de France et l'un des rédacteurs de la célèbre Description de l'Égypte. Artin conservera les mêmes portefeuilles jusqu'en 1850.
C'est entre 1808 et 1811 que le vice-roi opère sa révolution territoriale et économique et instaure son vaste système « étatiste ». À ses yeux, les choses sont claires : il se considère comme le tuteur du peuple égyptien.
Modifiant l'ancienne division mamelouke du pays en quatorze provinces, chacune ayant un bey ou un kachef pour gouverneur, il découpe l'Égypte en quatorze « gouvernorats » (moudirieh), qu'il subdivise en départements (64 en tout), eux-mêmes partagés en districts (aqsam). Les quatorze aqsam de la Basse-Égypte sont à leur tour répartis en trois groupes, sous les ordres directs du vice-roi, de son fils Ibrahim et du funeste defterdar. Les dix aqsam de la Haute-Égypte, forment, eux, deux groupes, l'un sous la
responsabilité de Taher pacha, l'autre sous celle d'un 4 katkhoda. Plus tard, les quatorze « gouvernorats » seront réduits à sept, complétés à partir de 1834 par trois supplémentaires.
À la tête des gouvernorats on trouve des moudir (préfets). Des ma'mour dirigent les départements, des nazir (contremaîtres) les districts. Chaque village possède son maire ou cheikh el-balad, dont la fonction est le plus souvent héréditaire. Enfin on trouve les collecteurs d'impôts (sarraf). Il va sans dire que l'ensemble de cette nébuleuse gravite autour d'un seul et même centre : le pharaon aux deux couronnes, nul autre.
Tous ces emplois sont d'abord confiés exclusivement à des Turcs. Mais en 1834 le vice-roi, influencé par Ibrahim (qui se sent plus égyptien qu'ottoman), décide d'accorder des postes à des autochtones, seuls les « gouvernorats » demeurent apanage turc. Malheureusement, ces nouveaux fonctionnaires se montrent tout aussi impitoyables avec leurs administrés que leurs collègues turcs. Méhémet-Ali s'efforcera d'abord de corriger les excès de zèle de ses agents mais, avec le temps, surtout après la conférence de Londres et l'âge aidant, il relâchera sa pression.
Les principales fonctions de ces agents consistent à veiller au recouvrement des impôts, à appliquer les règlements sur les cultures et à procéder au recrutement de l'armée. Toujours le même principe : de l'argent et des baïonnettes. La comptabilité de chaque département est tenue par un écrivain copte. Ce scribe dépend du comptable en chef résidant au siège de la moudirieh sous le contrôle du gouverneur.
Au début, l'administration centrale va conserver le caractère traditionnel qui est alors de règle dans toutes les provinces de la Turquie. Mais vers le milieu du règne elle prendra l'aspect d'un ministère à l'européenne, réduit quant au nombre des membres et entièrement ramassé dans la main du vice-roi. On ne parlera plus de kiaya du pacha, de defterdar, de khaznadar, mais bien de tel ou tel « ministre » pour désigner l'un ou l'autre de ses auxiliaires. L'usage, à cet égard, anticipe la création officielle de départements ministériels, à laquelle prélude celle de « conseils », présidés chacun par un des collaborateurs directs du vice-roi et composés de fonctionnaires en charge des diverses branches de l'administration publique : guerre, marine, enseignement, travaux publics, etc. Mais il faut tout de même garder à l'esprit qu'en dépit de leurs apparences ces ministères n'auront jamais le pouvoir qu'ils ont en Europe. Le vice-roi sera toujours le maître unique et suprême. Il reçoit les avis, les opinions, les suggestions, mais c'est lui qui ordonne, accepte ou refuse. Tout au long de son règne, il regardera l'Égypte comme sa propriété et ses cinq millions d'habitants comme ses créatures.
En 1833, il fait prendre à Boghos – qui en a déjà la fonction – le titre de ministre des Affaires étrangères. En 1837, il institue et organise le ministère de l'Intérieur sous Habib effendi ; il confie celui de l'Instruction publique et des Travaux publics à Mokhtar bey, élevé en France ; celui de la Guerre à Ahmed Menikli ; celui des Finances, divisé en deux, un pour la Basse-Égypte, l'autre pour la Haute-Égypte, respectivement à Baki bey et à Méhémet effendi. La Marine échoit à Hassan effendi.
Chacun de ces ministères conserve l'habitude de discuter des affaires dans des comités ou divans, où survivent les conseils qui ont précédé l'institution des départements ministériels. Comme la réforme de l'administration provinciale, celle de l'administration centrale permet une surveillance et une direction plus effectives des affaires publiques. Si l'homme de Kavála est le premier à doter l'Égypte des divers rouages d'un gouvernement dit « régulier », il le fait sans relâcher en rien l'étroite subordination de l'administration entière à sa personne. Ses ministres sont des secrétaires, des conseillers, qui lui rapportent les questions, lui soumettent des solutions puis exécutent simplement ses ordres.
Des organes consultatifs qui avaient existé sous l'occupation française : divan du Caire, divans provinciaux, divan général de l'Égypte, Méhémet-Ali n'en rétablit d'abord aucun. Une quinzaine d'années après son avènement, il en créera cependant qui seront comme calqués sur les institutions de la France monarchique ou napoléonienne, à savoir un Conseil d'État, un Conseil privé, un corps de hauts fonctionnaires et de ministres, mais sans leur accorder le moindre caractère représentatif. Exceptionnellement, il lui arrivera de convoquer en assemblée les gouverneurs de province, quand les circonstances lui imposeront de veiller à ce qu'une réforme, une contribution, une mesure de recrutement ne suscitent pas de résistance. Il appellera à lui les cheikhs el-balad des villages intéressés, les recevra individuellement, parfois les réunira. Mais à aucun moment il n'accordera à la population le moyen d'avoir, même dans la plus faible mesure, voix au chapitre dans la gestion des affaires du pays.
Le principe d'association de l'administré à l'administration ou au gouvernement lui est totalement étranger. Par la concentration absolue du pouvoir entre ses mains et surtout par la manière effective dont il l'exerce, les notables, les ulama qui ont pourtant favorisé son avènement verront s'amenuiser leur influence. Il les confinera progressivement dans l'exercice de leur ministère, de leur enseignement, de leur profession. C'est uniquement aux heures critiques qu'il lui arrivera de recourir à leurs bons offices. Autre élément très significatif de son état d'esprit : malgré les interventions d'Ibrahim, les Égyptiens ne seront admis qu'avec d'extrêmes restrictions aux emplois de l'administration civile et aux grades de l'armée, et ils ne seront jamais – sauf cas exceptionnel – considérés à l'égal du Turc et du Mamelouk (cette dernière dénomination étant conservée pour désigner tout esclave blanc introduit en Égypte). L'Égyptien, de même que l'Arabe en général, est jugé comme appartenant à une race conquise : « En Égypte, malheur à tout ce qui est égyptien ; pour les Turcs, pour les Européens, liberté, privilège, licence ; pour les Arabes et les Noirs, anéantissement absolu de tous droits. » Si dur qu'il puisse paraître, ce commentaire de Cadalvène et Breuvery reflète bien la condition dans laquelle vit ou plutôt survit l'Égyptien. Ce n'est que beaucoup plus tard que les postes de l'administration civile et des cadres militaires s'offriront à lui. Ibrahim y sera pour beaucoup. Mais même alors les hauts emplois et les grades élevés seront essentiellement réservés aux Turcs et aux étrangers.
Si le Turc prédomine, en revanche sa langue cède petit à petit la place à l'arabe comme langue de l'administration et ne subsiste qu'au sein du gouvernement. Méhémet-Ali ne parle en effet pas l'arabe et affecte de ne pas le comprendre assez pour pouvoir se passer d'interprète. Nous avons du mal à croire que ce soit vrai. Il est probable que cette prétendue ignorance lui permet de mieux percer la pensée de ses interlocuteurs et, qui sait, de jauger la probité de son propre traducteur.
Du point de vue de sa représentation internationale, l'Égypte reste dans une situation figée. Partie intégrante de l'Empire ottoman, le pays ne peut avoir de représentation diplomatique à l'étranger, ce privilège, en droit international, étant réservé aux États souverains. Méhémet-Ali parvient tout de même à contourner l'obstacle en entretenant des agents commerciaux dans plusieurs grands ports européens et en Méditerranée. Il utilise certaines personnalités comme conseillers politiques ou intermédiaires officieux et correspond dans ce but avec Marcellus, Pückler-Muskau et surtout Marmont. À Istanbul même, il place un agent très actif, Naguib effendi, avec pour directive principale d'intriguer à son profit auprès du divan.
C'est à partir de 1819 qu'il s'attaque à son projet de Nizam el guedid. Cette « nouvelle armée », il la lui faut. Elle lui est indispensable, s'il veut poursuivre et faire aboutir son rêve d'indépendance, un rêve dont il sait que, tôt ou tard, il attirera sur lui la réprobation des grandes puissances. Ce jour-là, que l'ennemi vienne de Turquie, d'Autriche, d'Angleterre, de Russie ou même de France, il entend être en mesure de le recevoir et de le vaincre de la même façon qu'il a vaincu les Mamelouks, les Wahhabites et les tribus de Nubie. En fait, si surprenant que cela paraisse, c'est surtout grâce à l'armée et pour l'armée qu'il entreprend la « modernisation » de la vieille terre. Il faut des uniformes aux soldats : on construira des filatures. Il faut des armes : on organisera des ateliers. Il faut des munitions : on érigera des poudrières. Un soldat inculte n'a pas grandes chances de faire un bon officier : on créera des écoles, d'abord purement militaires, puis d'intérêt général. Le déplacement rapide d'une troupe nécessitant de nouvelles voies de communication, on creusera des canaux, on tracera des routes. Un pays comme l'Égypte, ouvert en son Nord sur le grand large méditerranéen, ne peut se défendre sans marine : on édifiera des arsenaux, on fabriquera des navires. Cette volonté expansionniste, ce désir de puissance, vont entraîner – dans la douleur, le plus souvent – une nation tout entière dans la voie du progrès et l'arracher, à son corps défendant, aux ténèbres.
1 Mémoires de Nubar pacha, op. cit.
2 Ibid.
3 Dans un rapport établi par Asselin de Cherville à l'intention de Thédenat-Duvent, il est même qualifié « d'entièrement dévoué aux Anglais ». Voir Driault, 1927, op. cit.
4 Sorte de lieutenant-colonel.
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