Nymphéa
Chapitre 2
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ROXANE
Une fois à l’intérieur, je contemple les lieux avec curiosité. Bon, en fait, ça ressemble à n’importe quel bar. Quoique plus chic que tous ceux que j’ai pu fréquenter.
Intimidée, je m’avance au milieu des tables non dressées. Les lieux sont calmes, il n’y a que deux serveuses qui s’affairent pour préparer le service du soir. J’observe avec intérêt la décoration épurée. Une vingtaine de tables, rondes et argentées, sont disposées dans la pièce. Des chaises rembourrées style Renaissance en tissu blanc cassé les entourent.
En face de moi se dresse un énorme bar circulaire, aux parois de la même couleur. Le plan de travail est dans un matériau noir translucide, parfaitement lisse.
L’ensemble est très classe, moderne. Au premier regard, rien ne pourrait laisser présager que des activités louches ou illégales se déroulent ici. Je me plante devant le type habillé d’un tee-shirt noir à manches courtes qui se tient debout derrière le bar. Je toussote pour manifester ma présence.
– Bonjour, euh… Excusez-moi de vous déranger. J’ai rendez-vous avec M. Kabinsky.
L’homme lève la tête vers moi et me fixe sans rien dire tout en essuyant des verres avec un torchon d’un blanc immaculé.
– Vous êtes là pour quoi ? demande-t-il finalement.
Je me retiens de lever les yeux au ciel. Qu’est-ce qu’il me veut, celui-là ? J’ai l’air d’être là pour quoi, au juste, un match de tennis ? Cela dit, vu la moue désapprobatrice qu’il affiche en louchant sur mes baskets, c’est peut-être ce qu’il pense. Je m’efforce d’esquisser un sourire et reviens à la charge, la bouche en cœur :
– Je suis là pour l’entretien d’embauche. Auriez-vous l’amabilité de m’indiquer où je peux trouver M. Kabinsky, s’il vous plaît monsieur ?
Le gars m’adresse à son tour un sourire en coin, mais continue à m’examiner des pieds à la tête sans la moindre gêne. Il commence à m’emmerder. Je suis à deux doigts de lui demander s’il ne veut pas ma photo, tant qu’on y est, mais il finit par déclarer qu’il va me conduire au bureau de Kabinsky. C’est pas trop tôt.
Il passe devant moi pour m’indiquer le chemin. Je le suis jusqu’à une porte qui indique « Personnel uniquement ». Je remarque du coin de l’œil une espèce d’alcôve, cachée par un gros rideau de velours. Tout à coup, j’ai bien envie de fausser compagnie à mon hôte pour aller voir ce qui s’y cache.
Néanmoins, je reste sage et le suis le long du couloir étroit, jusqu’à une porte en bois massif sur laquelle il frappe quelques coups secs. En l’absence de réponse, il ouvre lui-même en grand.
– C’est ici, mais M. Kabinsky ne doit pas encore être revenu de son précédent rendez-vous. Vous pouvez attendre là, il ne devrait pas tarder. Bon courage !
Il me gratifie d’un clin d’œil avant de me laisser plantée là, toute seule, au milieu du bureau vide. Après une seconde d’hésitation, je décide de me débarrasser de ma veste et de mon sac à main et pose le tout sur le canapé massif couleur taupe qui se trouve devant moi. Je profite de ce laps de temps pour détailler le bureau. Si je dois mener l’enquête, autant commencer tout de suite. La décoration est sobre, presque minimaliste. Les différents objets sont posés avec soin sur leur support, alignés au millimètre près. Je souris.
M. Kabinsky aurait-il des tocs ?
J’effleure du bout des doigts le MacBook gris perle qui trône sur la table, à côté d’une agrafeuse et d’un stylo Montblanc. Je soupire. Qu’est-ce que j’aimerais pouvoir me payer ce genre d’ordinateur ! J’aperçois une pile de dossiers sur l’étagère derrière moi et, alors que je commence à me demander si j’oserai fouiller dedans, je remarque les cadres accrochés au mur.
Une série de photographies en noir et blanc représentant des corps d’hommes nus, figés dans des poses plus ou moins suggestives. On ne voit jamais leur visage mais le reste de leur anatomie, si. De manière très détaillée. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est parfaitement musclée. En m’approchant, je me rends compte qu’il s’agit du même homme sur chaque cliché. Impossible de s’y tromper en voyant les fossettes dessinées de chaque côté de son ventre. Sur une image, le sujet enlace un corps féminin, tout aussi peu vêtu et aux courbes harmonieuses.
Je m’arrête face à un portrait du mâle seul. Le photographe a cadré la silhouette de dos, depuis le haut des épaules jusqu’à mi-cuisses. Le mannequin a les mains posées sur ses hanches, dans une attitude nonchalante. Sous cet angle, j’ai une vue absolument affolante sur son postérieur. Il est parfait : rond, galbé, ferme. On rêverait d’y croquer.
Mamma mia, rien qu’à le regarder, ça donne chaud !
– Vous aimez ce que vous voyez ?
Je sursaute si brusquement que je manque de m’exploser le front contre le mur. Je pivote sur moi-même, morte de honte d’avoir été prise en flagrant délit de reluquage, prête à balancer une excuse, mais les mots restent coincés dans ma gorge.
Ma mâchoire manque de se décrocher quand mes yeux découvrent l’homme qui me fait face.
Il est grand, solidement bâti, je dirais au moins un mètre quatre-vingts. Malgré moi, mon regard glisse le long de son torse jusqu’à ses épaules larges moulées dans une chemise blanche soigneusement repassée. Je m’empresse de reporter mon attention sur le haut de son corps, cet inconnu a une gueule d’ange avec sa mâchoire carrée rasée de près et des cheveux clairs coiffés vers l’arrière.
Il m’adresse un sourire aimable tandis que je m’obstine à le contempler, hébétée. Putain, c’est qui, ce type ? La petite chatte qui hiberne en moi depuis des mois se réveille et s’affole face à ce beau spécimen. Miaou.
– Euh oui elles sont très jolies, je m’entends balbutier comme une crétine après une trop longue minute de silence.
Son sourire s’élargit. Il doit me prendre pour une folle, plantée là à le fixer sans aligner deux mots cohérents.
– J’en suis ravi. Au début, je ne voulais pas les exposer, mais elles ont eu pas mal de succès, alors l’artiste me les a offertes.
Je cille plusieurs fois sans comprendre. Mon regard passe des clichés suspendus au mur au visage de l’apollon devant moi.
– Vous… vous voulez dire que sur les photos, c’est vous ? je m’exclame enfin, abasourdie.
– Eh oui, c’est bien moi, répond-il d’un air modeste. Je suis Anton Kabinsky. Bienvenue au Millésime.
Face à son sourire, je me sens fondre comme un Mr. Freeze par une journée de canicule. Il me tend une main que je m’empresse de serrer, encore sous le choc. Et sous le charme, il faut l’avouer. Il est très loin de l’image que je me faisais d’un patron de bar à champagne. J’imaginais plutôt un vieux chauve libidineux.
– Vous devez être Roxane ? poursuit-il face à mon mutisme.
J’acquiesce et toussote pour me sortir de ma torpeur.
– Tout à fait, nous nous sommes parlé au téléphone… Je suis là pour l’entretien.
– Bien sûr. Merci de vous être rendue disponible aussi vite. Nous allons juste attendre… ah, le voilà, s’interrompt-il en regardant en direction de la porte de son bureau.
– Excusez mon retard, j’étais plongé dans des documents administratifs et je n’ai pas vu l’heure.
Je dois cligner plusieurs fois des yeux pour être sûre de ne pas rêver. Est-ce que ma vue me joue des tours ? Peut-être que je vois double.
Aux côtés d’Anton, vient d’apparaître… Anton. Ou plutôt une version alternative de celui-ci. Cheveux plus longs désordonnés, barbe de trois jours, veste en cuir… La parfaite représentation du bad boy qui fait fondre toutes les minettes. Et Seigneur, j’aimerais rester indifférente, mais je ne peux nier que cette allure de mauvais garçon fait un sacré effet sur ma petite culotte. Il pose son regard ténébreux sur moi et je me ratatine sur place.
– Vous… vous êtes des jumeaux ? questionné-je d’une petite voix.
La copie conforme du patron du Millésime me jauge une longue seconde avant d’éclater de rire.
– Dis donc Anton, tu nous as déniché une petite maligne !
Aoutch. Il n’a pas seulement de l’allure, il a aussi du caractère. Cela dit, ma question frisait des sommets de débilité.
Le vrai Anton secoue la tête, un sourire gêné sur le visage.
– Tout doux, Matthieu. Roxane est ici pour le poste de serveuse, tu ne veux pas la faire fuir tout de suite.
Puis, se penchant vers moi, il ajoute sur le ton de la confidence :
– Veuillez excuser mon frère et son sarcasme. Il est tombé dedans quand il était petit. Mais vous verrez, si vous travaillez avec nous, vous finirez par vous y faire.
– Si vous travaillez avec nous, en effet, répète ledit Matthieu. À ce sujet, si on démarrait ?
Anton hoche la tête et me fait signe de m’asseoir tandis qu’ils s’installent tous les deux face à moi. Je m’exécute, les joues brûlantes. Je n’avais jamais rencontré d’hommes à la plastique aussi parfaite, on dirait des mannequins. Alors, me retrouver face à deux spécimens en même temps…
Des idées qui feraient rougir le curé de mon village me viennent en tête.
– Comme mon frère l’a précisé, je suis Matthieu Kabinsky, cogérant du Millésime, commence-t-il. Notre établissement a ouvert il y a cinq ans et nous travaillons ensemble depuis le début, sur des périmètres bien distincts.
– Matthieu s’occupe plutôt de la gestion du personnel, et moi de la relation commerciale et des fournisseurs, complète Anton en croisant les jambes d’un air décontracté.
– Si vous le voulez bien, on va d’abord parler de votre parcours et de vos motivations, puis nous vous en dirons davantage sur le poste. Est-ce que ça vous convient ?
Les jumeaux complètent naturellement les phrases de l’autre, comme s’ils communiquaient par la pensée. Le regard de Matthieu pèse sur moi et je m’efforce de reprendre mes esprits en me mettant bien droite sur ma chaise.
– C’est parfait. Je m’appelle Roxane Lambert, je viens d’avoir vingt-cinq ans. Je suis venue vivre à Bruxelles pour mes études supérieures, mais je suis originaire de Nobressart, un petit village de la commune d’Attert. J’ai un bachelier en information et communication et un master en journalisme. Au niveau de mes expériences professionnelles, j’ai souvent tenu la buvette lors de la fête de la pomme de Nobressart, qui a lieu tous les automnes. Et j’ai déjà travaillé dans un bar en tant que serveuse.
Aïe. Ma nervosité transparaît dans ce monologue que j’ai débité d’une traite, presque sans respirer. Le seul point positif, c’est que je n’ai pas bégayé.
Si Matthieu m’a écoutée avec attention, son visage est resté impassible. Il ne dit rien et se contente de griffonner sur son carnet, mais je vois son regard me jauger. Toutes mes insécurités remontent à la surface. Tout à coup, je regrette d’être venue en baskets.
– Pouvez-vous me dire ce qui vous a poussée à venir postuler chez nous ? reprend Anton.
Il affiche un air bienveillant. Jusque-là ma prestation est médiocre, mais ils n’ont pas encore mis fin à l’entretien. J’ai peut-être encore une chance de rattraper le coup.
Je poursuis, sur un ton plus assuré.
– Pour être tout à fait honnête, j’ai fini l’école il y a quelques mois et les opportunités en journalisme sont rares. Votre bar a bonne réputation. D’après ce que j’ai entendu, la clientèle est soignée et la paie, satisfaisante. Alors je me suis dit, pourquoi pas ? Je suis certaine que je serai un bon élément pour votre équipe.
Aussi, je veux enquêter pour découvrir si, toi et ton frère, vous ne cachez pas des cadavres de prostituées polonaises dans votre cave.
– Pourquoi ? me renvoie Matthieu du tac au tac.
Sa question me déstabilise, ce qui est évidemment son but. Il n’est pas décidé à me faciliter la tâche, mais je ne me laisserai pas faire. Ce n’est pas la première fois que je me retrouve face à une personne récalcitrante. C’est même l’histoire de ma vie.
– Parce que je suis motivée, investie, et que j’apprends vite. Si vous m’embauchez, vous ne le regretterez pas.
Une nouvelle fois, il prend des notes sans rien ajouter. Son attitude est en train de me crisper. Heureusement, Anton a décidé d’être plus clément avec moi.
– Entendu. Mais je dois vous demander : êtes-vous consciente de la nature particulière du travail de serveuse au Millésime ?
J’étire mon cou sur le côté, pour tenter de défaire la tension dans mes muscles. Nous y voilà, les pieds dans le plat ! Au moins un des Kabinsky n’est pas du genre à tourner autour du pot.
– Tout à fait. Bien sûr, on n’a pas d’endroit comme celui-ci à Nobressart. Mais je suis consciente de ce qu’est un bar à champagne. Je me suis renseignée. Et je suis d’accord… avec le principe.
– Ne vous inquiétez pas, ce n’est pas non plus si différent d’un établissement classique. La plus grande partie de votre job consistera à servir les clients. Néanmoins, il faut que vous sachiez que notre clientèle est très aisée et, le plus souvent, solitaire. Les hommes qui viennent ici sont prêts à dépenser une fortune pour boire une bonne bouteille en compagnie d’une jolie jeune femme comme vous.
Jolie jeune femme ? Moi ? Tout à coup, mon visage irradie tellement de chaleur que l’on pourrait y faire cuire un steak. Anton Kabinsky sait parler aux femmes, sans aucun doute.
Alors qu’il me fait un clin d’œil espiègle, la chatonne tapie dans mon ventre se met à ronronner.
– Donc mon rôle serait simplement de pousser ces hommes à boire davantage ? m’enquiers-je en m’efforçant de paraître détachée.
– En premier lieu, oui. Le but est de pousser les clients à consommer toujours plus. Mais vous êtes aussi là pour leur offrir du divertissement, leur donner l’illusion qu’ils peuvent vous avoir, alors que ce n’est pas le cas. Vous comprenez ce que je veux dire ?
Leur donner l’illusion qu’ils peuvent m’avoir ? S’ils sont un dixième aussi agréables à regarder que son frère et lui, ça ne devrait pas être trop difficile.
– Jusqu’à quel point faut-il leur faire miroiter cette illusion ?
Cette fois-ci, c’est Matthieu qui me répond.
– Ça dépend de vous et de ce que vous vous sentez prête à entreprendre. En plus de leur salaire, nos serveuses comptent sur leurs pourboires parfois plus que généreux. Je ne vous cache pas que la nature des hommes fait que ce sont souvent les filles les plus audacieuses qui récupèrent les plus grosses gratifications.
Mon mouvement de recul, bien que discret, n’échappe pas à mon interlocuteur. J’ai beau être dans la quête désespérée d’un emploi, je ne suis plus si sûre de moi tout à coup. Si j’accepte ce poste, jusqu’où devrai-je aller pour ne pas griller ma couverture ? J’ai envie d’écrire cet article et de faire démarrer ma carrière de journaliste, mais à quel point ?
– Nous préférons être honnêtes avec vous mademoiselle Lambert, continue Matthieu. La plupart de nos clients sont de parfaits gentlemen, mais certains sont plus entreprenants que d’autres. Néanmoins, je tiens à ce qu’une chose soit parfaitement claire.
Son ton sérieux m’interpelle et je lève à nouveau le regard vers son visage. Kabinsky pose ses avant-bras à plat sur la surface de la table, se penchant légèrement vers moi. Il est à présent si près que je peux sentir son eau de Cologne, un parfum boisé mais étonnamment délicat. Mon cœur s’emballe quand je prends conscience de sa proximité. Mes yeux louchent sur ses mains, viriles au possible avec leurs veines saillantes. J’ai un petit faible pour les mains des hommes.
Il n’en faut pas plus pour me perdre à nouveau dans des recoins sombres de mon esprit. Des recoins que Matthieu viendrait explorer avec ses longs doigts…
– Au Millésime il n’y a pas de prestation sexuelle, rémunérée ou non, entre les serveuses et les clients, poursuit-il. Par prestation sexuelle, j’entends toute pénétration ou caresse à un niveau intime avancé. La politique – et les personnes qui fréquentent le bar le savent – c’est : on regarde, mais on ne touche pas ! Si nous apprenons qu’il y a eu une entorse à la règle, nous n’aurons d’autre choix que de mettre fin à votre contrat. C’est pareil pour la clientèle. Nous avons déjà exclu des hommes du bar pour moins que ça.
Aussi étrange que ça paraisse, je le crois sur parole. Une lueur sombre brille dans ses iris quand il aborde le sujet. Ça sent le vécu, et j’ai envie d’en savoir plus.
– C’est bien compris et accepté.
Un court silence tombe entre nous. Les deux Kabinsky échangent un regard. Contre toute attente, Anton se lève et tape dans ses mains, ce qui me fait sursauter.
– Parfait ! Écoutez Roxane, pour ma part je suis homme à me fier à mon intuition. Et mon intuition m’incite à vous laisser votre chance. Alors, si vous êtes toujours partante, je vous propose de vous prendre une semaine à l’essai. Vous pouvez venir demain à 20 heures pour débuter. Qu’est-ce que vous en dites ?
Je reste bouche bée, surprise par ce brusque revirement. Matthieu garde le silence, mais son léger mouvement de tête m’indique qu’il soutient la décision de son frère.
– Quoi, c’est tout ? Vous m’offrez le poste comme ça, après seulement quelques questions ? ne puis-je m’empêcher de demander.
– Comme Anton vous l’a dit, on va faire un essai. À vous de nous prouver à l’issue de cette semaine que vous méritez cette place, dit Matthieu qui s’est mis debout à son tour.
– Eh bien, j’accepte votre proposition bien sûr. Je serai là demain sans faute. Merci monsieur Kabinsky et… monsieur Kabinsky !
Je serre la main tendue d’Anton, puis celle de Matthieu. Ce dernier se fend de son premier sourire et déclare :
– Bon courage Roxane. Vous en aurez besoin !
J’émets un petit rire, mais vu son expression il n’a pas l’air de plaisanter. Ce Matthieu n’a pas sa langue dans sa poche, contrairement à Anton qui est beaucoup plus diplomate. Au fond, ça ne me dérange pas, car je suis moi aussi plutôt directe.
Une fois à l’extérieur du Millésime, je respire un bon coup. Les deux frères ont un charisme magnétique, il m’est difficile de garder l’esprit lucide en leur présence. Mon pouls s’affole et le manque de contact physique de ma dernière année de célibataire endurcie se rappelle cruellement à ma mémoire.
Récapitulons. La première partie de mon plan s’est bien déroulée, j’ai une semaine pour faire mes preuves. Sept jours pour apprendre à jouer la parfaite petite employée de bar à champagne et glaner un maximum d’informations pour mon article.
Ça va le faire. Je vais me comporter exactement comme on me le demande, et voilà. Franchement, qu’est-ce qui pourrait mal tourner ?
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