Twisted Retaliation: Sombre mafia romance (French Edition)
Chapitre 12
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Roméo
J’imaginais qu’en la laissant seule quarante-huit heures, cela suffirait à faire tomber ses barrières. Je pensais qu’après une bonne séance de privations sensorielles et temporelles, sa résistance aurait flanché, mais elle n’a pas plié. Entêtée, elle a refusé de se soumettre, refusé de se doucher, de se laver devant moi. Elle sait parfaitement que cet abandon, même s’il est tout petit, marquera le début de son asservissement. Le premier pas que je ferai sur le chemin de son âme. Et elle s’y refuse. Parce que sa fierté l’aveugle et qu’elle s’imagine plus forte que les autres. Et elle a le culot de me jeter sa connerie à la gueule avec son air hautain et toute cette fierté que j’ai envie d’écraser dans mon poing.
Affirmer qu’ils sont bien trop forts pour que je parvienne à les atteindre, à les briser, alors que ma sœur se bat actuellement pour se reconstruire après le passage de son fiancé était la pire chose à me dire. La ligne rouge à ne pas franchir.
J’ai difficilement résisté à l’envie de l’étrangler jusqu’à ce que mort s’ensuive.
Mes doigts se resserrent autour de mon téléphone et je suis obligé de détourner le regard de l’écran afin de fixer le bar du Whisper des yeux pour ne pas céder à l’envie de retourner dans sa cellule pour la tuer.
Alors que Romano, le videur, était en train de discuter avec Brad, le barman du club de striptease, il surprend mon regard meurtrier. Pensant qu’il lui est adressé, cet idiot se lève de son tabouret pour aller faire semblant de travailler ailleurs. Brad a également subitement besoin d’aller chercher des caisses de bouteilles dans la réserve et disparait de ma vue.
Putain de lâches.
En l’absence d’un souffre-douleur sous la main, je prends une grande inspiration par le nez et calme mes pulsions assassines. Pour l’instant, en tout cas. Je ne sais pas si je n’y céderais pas plus tard… Cette femme a le don de mettre mes nerfs à rude épreuve.
Un nouveau coup d’œil en direction de mon téléphone me montre Leona en train de faire les cent pas dans sa cellule, les mains sur les oreilles, la mâchoire contractée, une expression d’agonie sur le visage… mais malgré cela, elle persévère.
Elle résiste même plutôt bien, putain.
Cela fait quatre heures qu’elle entend cette foutue comptine en boucle, subissant mes variations de volume, lui laissant une minute de répit pour mieux la torturer en poussant le volume à fond dans la cellule. Et elle n’a pas abandonné.
Elle n’est plus aussi sereine qu’à la première écoute, bien plus agitée, bien plus énervée, à deux doigts de flancher, mais elle s’interdit de faire signe à la caméra.
Elle s’imagine sans doute ne pas avoir lutté assez longtemps encore, moi je trouve que c’est bien assez. Ce n’est pas drôle, putain, si au départ je trouvais ça admirable, désormais sa résistance m’exaspère au plus haut point. Elle cédera. Je refuse de perdre la face. Pas après lui avoir affirmé que j’allais tous les faire souffrir.
Je baisse le volume de la musique jusqu’à ce que ça ne devienne qu’un lointain bruit de fond pour elle. Elle ne peut pas masquer son soulagement, il est bien trop fort pour être contenu. Ses oreilles vont cesser de saigner durant quelque temps. Elle retourne jusqu’au matelas et s’assied dessus, je ne vois que son profil, mais je devine facilement sa fatigue.
Comme elle n’a plus aucun repère temporel puisqu’elle prend ses repas à des heures aléatoires et qu’elle n’a pas aperçu la lueur du jour depuis mardi, soit quatre jours plus tôt, son horloge interne est complètement déréglée. Son sommeil n’en est que plus perturbé et est loin d’être réparateur. En résistant à cette torture, elle a puisé dans ses dernières forces et maintenant, elle tombe de fatigue.
Je souris cruellement en la regardant s’allonger sur le matelas. Elle ne grimace même pas en le faisant, elle est bien trop épuisée pour se soucier de son confort ou de l’état déplorable de la literie sur laquelle elle se couche.
Elle veut seulement dormir. Et je veux seulement la faire souffrir.
Je patiente, la laisse trouver le sommeil, en observant le barman, revenu de la réserve, s’activer derrière le bar en prévision de l’ouverture du club dans moins de trente minutes. Il ne me prête aucune attention, mais je devine facilement son trouble à ses gestes tremblants.
Ma présence le met mal à l’aise parce que même s’il ne m’a pas souvent vu dans l’établissement, il sait qui je suis. Il connait ma réputation, il est conscient qu’au moindre faux pas de sa part, c’est moi qui m’occuperai de lui et comme je suis justement sur place, en train de l’observer… il chie littéralement dans son froc.
J’aurais pu m’en amuser si je n’étais pas d’une humeur aussi sombre à cause de Leona.
Je détourne le regard du malheureux lorsque j’entends la porte de service donnant sur l’espace loges s’ouvrir. Plusieurs femmes en petite tenue perchées sur des talons sortent du couloir. L’une d’entre elles, Sharon, une grande blonde aux formes délicieuses que j’appelle régulièrement quand j’ai envie de baiser, se détache du groupe et se dirige vers moi, assis sur la banquette. Je verrouille mécaniquement mon téléphone.
— Tu es venu prendre un verre avec nous, Roméo ? me demande-t-elle.
Mon regard se pose sur ses lèvres pleines couvertes de rouge à lèvres et descend peu à peu vers ses seins opulents, difficilement contenus dans son corset puis glisse vers son string qui enveloppe à peine sa chatte imberbe. Ce qu’il y a de plus savoureux chez elle c’est son derrière, toujours aussi serré malgré toutes ces queues qui y pénètrent quotidiennement.
— Je ne fais que passer, refusé-je finalement.
Je devrais être parti depuis un bail, mais Leona et son foutu air de défi m’ont obligé à rester et quatre heures plus tard, je suis encore là parce qu’elle a trop de fierté pour céder.
— Reste un peu, me supplie-t-elle d’une voix charmeuse. Je suis la première à monter sur scène, ce sera l’occasion pour toi de me voir danser.
Je n’ai passé que quelques soirées au Whisper par manque de temps, mais surtout d’intérêt. Si je veux passer la soirée à regarder des femmes agiter leurs fesses sous mon nez en buvant des verres avec mes potes, il me suffit de commander des putes et les faire livrer au baisodrome.
Les Bellochi possèdent tout un étage dans un immeuble de standing au bord du lac Michigan. Trois logements dont ils se servent seulement pour coucher avec des femmes à défaut de les emmener au manoir. J’en possède également les clés et en dispose à ma guise, préférant également ne ramener personne chez moi et n’aimant pas me taper des putes directement dans les clubs.
Il nous arrive quelquefois de nous retrouver dans l’un des appartements et d’y faire venir des putes pour une petite orgie, mais le plus souvent, nous y allons séparément.
— Ça ne m’intéresse pas de regarder des femmes danser, dis-je finalement.
C’est aussi pour cette raison que je ne me rends pas souvent dans les clubs de stripteaseuse. Tout ce que je cherchais en y allant c’était un moyen de vider mes couilles, mais désormais, j’ai toute une flopée de numéros et elles répondent toutes dès la première sonnerie.
— On peut monter dans une chambre si tu le souhaites, me propose-t-elle d’une voix rauque.
Son clin d’œil se veut autant séducteur que sa petite caresse sur sa fesse nue et rebondie. D’habitude, ça titillerait un minimum mon intérêt et me provoquerait un peu de désir, mais aujourd’hui, ça ne fait même pas frétiller ma queue.
Sa façon de s’offrir à moi sans aucune honte, à la limite de me supplier de la prendre dans une chambre à l’étage avant son service pour une putain de liasse de billets, me laisse un arrière-gout amer en bouche. Elle n’a aucune putain de fierté ni aucun amour-propre.
— Fais au moins semblant de te respecter en ne proposant pas ton cul en dehors de tes horaires de travail, grommelé-je.
Elle perd son sourire et écarquille les yeux, ses lèvres s’ouvrant et se fermant comme un poisson, elle ne sait plus où se mettre.
— Pourquoi tu… Je… Je voulais juste…
— Que je te baise pour te faire de la tune, résumé-je. Ça arrivera, mais quand je l’aurai décidé, quand j’aurai besoin de me vider les couilles. En attendant, n’essaie pas de m’allumer, tu te couvrirais seulement de ridicule.
Elle est à deux doigts de chialer, peu habituée à cette froideur de ma part. Quand je la baise, elle m’est utile et je le lui fais savoir en la complimentant. Cependant, en dehors de ces sessions, je ne vois pas l’intérêt de me montrer aimable envers elle et je le lui fais ressentir d’un simple regard presque haineux.
— Pars, lui dis-je d’un ton agacé devant son manque de réaction.
Qui reste complètement immobile quand quelqu’un l’insulte ouvertement ? On dirait presque elle en redemande. C’est pathétique, putain. Elle n’a pas une once de combativité en elle.
Instinctivement, mon attention se porte à nouveau sur mon écran de téléphone que je déverrouille tandis que Sharon s’en va rejoindre les autres au bar. Je sens ses petits coups d’œil dans ma direction, mais les ignore, trop concentré sur la forme endormie de Leona.
Et là, bon sang, je ressens enfin un peu d’excitation. C’est avec le sourire que je clique sur la commande du son et pousse le volume à fond.
Elle se réveille en sursaut. Mon rictus cruel s’aggrave.
Si les premières privations n’ont pas fonctionné, je suis certain que de la priver de sommeil la fera craquer. La méthode de torture dite « douce » que les autorités du monde entier infligent à leurs prisonniers est plus efficace que des coups. Personne n’y résiste.
Leona ne fera pas exception.
Je veux bien reconnaitre que sa combativité est admirable, mais elle reste une femme qui n’a reçu aucun entrainement pour supporter la torture. On ne peut pas s’attendre à ce qu’elle survive à celle-ci. Encore moins en sachant que son seul but c’est de protéger sa pudeur.
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Leona
Les ongles enfoncés dans ma peau, mes paumes enserrant ma tête comme dans un étau, je cherche désespérément le moyen de ne plus entendre cette mélodie, mais c’est impossible. Elle me rend folle. Je désire le silence. Je souhaite même devenir sourde. J’ai besoin de dormir, je suis épuisée, mais dès que je ferme les yeux, il allume la lumière ou pousse le volume de la musique à fond.
Mes oreilles saignent, mes tympans bourdonnent, je serre tant mon crâne que j’en ai des maux de tête et mes yeux me brûlent tant ils pleurent sans relâche.
Je suis à bout. Je suis littéralement à bout.
L’envie de me cogner la tête contre un mur jusqu’à l’évanouissement me parait de plus en plus alléchante. La folie me guette, ne pend qu’à un fil. Je ne peux pas en arriver là.
Je dois choisir mes batailles. Le laisser altérer ma santé mentale serait comme de lui remettre le trophée de la victoire.
Après les larmes de souffrance, ce sont désormais des pleurs de désespoir qui roulent sur mes joues et m’obligent à pousser plainte après plainte, elles sont inaudibles à cause de la musique, mais elles résonnent dans mon être comme le glas annonçant la mort de ma résistance.
J’arrête de parcourir frénétiquement la pièce et me place sous la caméra dont le point rouge lumineux clignote, me montrant clairement qu’il m’observe.
Il ne m’a pas précisé le signe qu’il attendait pour mettre fin à ma torture alors je décide de lui accorder celui qui, pour moi, est le véritable symbole d’un abandon, d’une défaite. Face à l’objectif, je m’agenouille. C’est la mort dans l’âme, mais certaine de faire le bon choix, car je ne peux continuer ainsi, que je baisse les yeux, marquant ma soumission.
Comme par magie, la musique s’arrête.
J’essuie mon visage avec mes paumes sans pour autant hausser les yeux en direction de la caméra.
Tandis que je l’entends déverrouiller la porte, je me promets de lui faire payer. Il a gagné cette manche, mais il ne remportera pas la guerre.
La lumière allumée, je vois ses jambes entrer dans mon champ de vision. Il s’accroupit devant moi puis pose délicatement un doigt sous mon menton pour le relever.
— Tu t’es bien battue, Topolina, me félicite-t-il.
Je crois que le plus douloureux c’est que ses paroles, son ton affectueux et son expression faciale purement satisfaite ne me provoquent aucune révulsion, au contraire, ils m’enveloppent d’une douce chaleur à l’instar d’une caresse délicieuse. Après toute cette torture, j’ai cruellement besoin de ce réconfort. J’ai besoin de tendresse. J’ai besoin qu’on me sorte de là. J’ai besoin d’un sauveur.
— Tu peux être fière de toi, continue-t-il ses louanges.
Ses prunelles marron plongent dans les miennes. Il parait si sincère, si épaté par ma résistance qu’il parvient à éveiller ce sentiment de fierté en moi. À tel point que le coin de mes lèvres tremblote comme si une part de moi voulait lui adresser un sourire reconnaissant. Le contrecoup de la séance de torture certainement. Il ne peut pas en être autrement. Je ne fonderais pas devant mon agresseur si j’avais repris tous mes esprits.
Il caresse délicatement mon visage puis piège une mèche de mes cheveux derrière mon oreille.
— Est-ce que tu vas obéir ? me demande-t-il d’un timbre chaud, mais autoritaire.
Choisis tes batailles, Leona, ne t’épuise pas à mener celles qui sont inutiles. Je dois préserver mes forces pour mener les plus importantes, comme lorsque j’aurai l’occasion de m’enfuir ou de lui rendre la monnaie de sa pièce, par exemple. Cette opportunité ne se présentera qu’en dehors de cette cellule. Je dois me plier à ses règles si je veux avoir une chance de gagner la partie.
À genoux, les bras qui pendent le long de mon corps, les yeux qui me piquent et mes oreilles qui bourdonnent toujours, je crois encore entendre cette horrible musique tandis que je hoche positivement la tête, scellant mon sort.
— Gentille fille, me félicite-t-il, le sourire aux lèvres, en caressant une nouvelle fois ma joue. Tu as bien mérité une douche puis une bonne nuit de repos dans une vraie chambre.
Mon cœur manque un battement et je ferme brièvement les yeux pour retenir de nouvelles larmes. Même si je devrais me sentir honteuse, je me sens plus soulagée qu’autre chose et ça me donne envie de pleurer parce que je me rends compte que je viens de poser un premier pied dans sa toile.
Si je ne veux pas me faire capturer, je vais devoir redoubler d’efforts pour me sortir de son piège et pour ça, j’ai besoin de récupérer des forces.
Ainsi, au moment où il se redresse et tend la main dans ma direction, je n’hésite qu’une seule seconde avant d’installer ma paume dans la sienne. Je n’ai rien ressenti d’aussi chaud depuis des jours.
J’ai à nouveau envie de pleurer quand il referme sa poigne autour de la mienne me conférant presque l’impression d’être secourue, libérée de mon enfer alors qu’il est le responsable de tous mes maux.
— Viens avec moi, ma douce, me cajole-t-il en m’aidant à me relever.
Peut-être, qu’il se rend compte de mon trouble, que ça l’amuse, peut-être que ça lui plait de remuer le couteau dans la plaie, de me donner la tendresse dont j’ai besoin alors qu’il est responsable de mon malheur. Je ne sais pas pourquoi il agit de cette manière, mais je le reconnais, tandis qu’il passe un bras autour de mes épaules et me colle à son flanc, je n’ai pas envie de me détacher. J’ai besoin de ce réconfort et je suis trop faible pour m’en priver par fierté.
Ainsi, il me guide jusqu’à la sortie, supportant une bonne partie de mon poids et m’aidant à avancer sur des jambes beaucoup trop lourdes à cause de ma fatigue.
Comme la dernière fois, il s’engage dans la première loge et referme la porte derrière nous. Un mélange de fragrances emplit mes narines et je devine que plusieurs personnes se sont parfumées ici récemment.
— Prends tout le temps que tu voudras, me dit Roméo, d’une voix toujours aussi douce en me poussant jusqu’à la cabine de douche.
Il me laisse devant la paroi vitrée et recule à nouveau jusqu’au mur près de la porte pour s’y adosser. Je lui jette un regard hésitant tout en me mordant l’intérieur de la joue.
— Je peux également te ramener dans ta cellule, me dit-il en comprenant qu’une part de moi résiste encore.
Je me résigne. J’abdique. Je choisis le confort à la torture, même s’il s’agit de faire une croix sur ma pudeur au passage.
Je baisse les yeux en direction du petit bout de tissu qui me sert de robe et tire dessus pour le retirer. J’ai à peine levé les bras qu’une forte odeur de transpiration m’assaille les narines et m’oblige à plisser le nez de dégout. S’il me fallait une motivation supplémentaire, la voici.
Je passe mon bras dans mon dos et défais les attaches de mon soutien-gorge. Ma tâche terminée, je ne peux pas m’empêcher de jeter un coup d’œil en direction de Roméo.
Son regard a beau paraitre neutre, voire indifférent, il est tout de même braqué sur moi. Il ne tournera pas la tête pour m’accorder un peu d’intimité, il ne fera pas semblant de ne pas vouloir profiter de la vue.
— Tu… Tu ne vas pas approcher, lui demandé-je, la main tenant encore les deux bouts de mon soutien-gorge.
— Je ne bougerai pas d’ici, me promet-il.
Je relâche les deux pans puis lentement, en regardant la paroi de douche face à moi, je fais glisser une bretelle le long de mon bras. Je ne peux pas m’empêcher de retenir le soutien-gorge lorsqu’il chute. Une main sur la poitrine, je fais glisser la deuxième bretelle et sors mon bras. Puis après une brève inspiration, j’éloigne mon sous-vêtement de ma poitrine.
Je ne regarde pas dans sa direction tandis que je laisse tomber le vêtement à mes pieds, mais je sens parfaitement son attention sur moi, sur mon profil, sur ma poitrine, inspectant mes seins ronds, de taille normale.
Je me sens rougir sous son regard brûlant. J’avale difficilement ma salive tandis que la chaleur dans la pièce semble tout à coup devenir intenable.
C’est avec des mains tremblantes que je glisse mes doigts dans les bords de ma culotte.
Je m’immobilise, retenant mon souffle par la même occasion, fixant ma culotte des yeux, son petit nœud sur le devant, m’imaginant l’enlever sans pour autant parvenir à donner l’ordre à mes membres.
— La première fois est difficile, mais ensuite tu te sentiras soulagée de pouvoir te doucher autant de fois que tu le désireras, commente-t-il au loin.
Il parle du fait de retirer ma culotte, évidemment, de me mettre nue devant lui, mais sa façon d’évoquer cette première fois me donne des frissons et ne m’aide absolument pas à sauter le pas.
— Tu me forces la main, murmuré-je.
— Si ça peut t’aider à rester forte, tu n’as qu’à te dire ça, Topolina.
Je ne sais pas comment interpréter sa dernière phrase. Il y a un mélange d’agacement et de défi dans sa voix. Et curieusement, ça appelle une drôle de réponse chez moi, comme un regain d’énergie, j’ai envie de lui montrer que je suis forte et que je n’ai pas besoin d’excuses pour le prouver. Mes mains cessent de trembler tandis que je fais glisser ma culotte le long de mes jambes. Et cette fois, je tourne la tête dans sa direction, le menton relevé, le regard vide de toutes émotions, alors que je laisse tomber mon dernier vêtement sur le sol. J’ai envie de lui montrer qu’en fin de compte, je m’en fiche d’être nue devant lui, ça ne change absolument rien, il ne m’a pas atteint, il n’a pas touché mon âme.
Au lieu de l’énerver, mon petit défi le fait sourire grandement. Je tourne à nouveau la tête et pousse la paroi afin d’entrer dans ce paradis.
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