Twisted Retaliation: Sombre mafia romance (French Edition)
Chapitre 18
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Leona
Comme tous les matins depuis mon enlèvement, il y a huit jours, j’ai une pensée pour mes proches. Je les imagine inquiets pour moi, angoissés et stressés à cause des négociations que les Calabrais font sciemment trainer.
Je songe à mon petit frère qui ne doit toujours pas comprendre pourquoi sa sœur a disparu du jour au lendemain. Je pense à mes parents qui doivent se ronger les ongles, la mine fermée, les yeux cernés en priant pour que mon calvaire se termine au plus vite et qu’on leur rende leur fille.
J’aimerais tant que nos esprits soient reliés d’une manière ou d’une autre et que je puisse les rassurer quant à mon état de santé. Je suis persuadée qu’ils s’imaginent le pire alors qu’ils ne devraient pas… Je ne me porte pas si mal. Disons que compte tenu de la réputation cruelle et violente des Calabrais, ça pourrait être pire.
Pour l’instant, Roméo s’amuse avec moi, avec mon esprit.
Il est parvenu à me faire apprécier mes entrainements quotidiens avec les filles du club. Cette activité à laquelle j’allais à reculons le premier jour est devenue mon moment préféré de la journée et pour cause, il s’agit de ma seule distraction. Le reste du temps, je reste enfermée dans ma chambre à attendre le retour de Roméo. S’il ne vient pas pour me laisser rejoindre les filles dans la grande salle, il passe pour remplir ma petite réserve de nourriture, composée principalement de biscuits, de chips et d’eau. Je rêve de prendre un véritable repas.
Assise sur mon lit, je relève brusquement la tête lorsque j’entends le bruit de la clé dans la serrure. C’est incroyable comme un son aussi simple auquel je ne prêtais aucune attention avant est devenu une obsession au cours de ces huit derniers jours. D’abord associé à de la peur, il éveille désormais un sentiment d’impatience et de joie en moi parce que cela signifie que durant quelque temps, je ne serai plus seule.
Roméo passe la porte et la referme aussitôt, un large sourire aux lèvres et deux gobelets de café à la main que je regarde avec envie.
— Bonjour, Topolina, me dit-il gaiement. Contente de me voir ?
J’aimerais qu’il en soit autrement, mais oui, en effet, une part de moi est ravie d’avoir de la visite, même s’il s’agit de la sienne et il en est parfaitement conscient.
— J’ai une bonne nouvelle, m’annonce-t-il en s’avançant vers moi.
Il me tend un gobelet et je m’en saisis en lui accordant un faible remerciement.
— Les négociations ont commencé, continue-t-il.
Ma poitrine se remplit d’espoir et je lui prête une oreille plus qu’attentive.
— Figure-toi qu’ils refusent de nous donner Détroit pour te récupérer, m’explique-t-il en s’asseyant sur le lit.
Ma joie retombe comme un soufflé et emporte avec elle mon espoir de liberté.
— Je pensais que tu avais plus de valeur que ça à leurs yeux, me dit-il d’une voix faussement contrariée.
Je ne résiste pas à l’envie de lever les yeux au ciel. Je ne m’embarrasse plus de manières avec ce rustre. Ce connard. Laissons tomber les jolis mots également. Ce type est seulement un taré qui prend plaisir à me faire souffrir en me donnant de l’espoir puis en me le retirant aussi sec.
— Ils ne vous offriront pas de morceau de territoire en échange de ma libération, tu le sais très bien, dis-je d’une voix renfrognée.
Ils font exprès de demander des choses impossibles, ça me donne envie de rugir comme un animal en cage. Plutôt que de me laisser aller à cette pulsion primale, je me délecte d’une longue gorgée de café qui calme instantanément mes nerfs.
— Je crois juste qu’ils n’ont pas reçu assez d’encouragements et comme il est grand temps que tu nous rapportes enfin quelque chose, tu vas bosser ce soir et je filmerai.
Seules mon éducation et ma bienséance naturelle me préviennent de lui cracher mon café à la figure tandis que je m’étrangle avec ma gorgée.
Après avoir toussé plusieurs fois sous son regard amusé, je parviens de nouveau à respirer.
— Qu’est-ce que tu as dit ?
— Tu as très bien entendu, tu danseras sur le podium ce soir.
Mon naturel revenant au galop, j’ai immédiatement envie de refuser. De lui affirmer que ça n’arrivera pas, que je ne m’abaisserai pas à ça. Avant que je puisse protester, il me met au défi d’un simple regard de revenir sur mes paroles datant de quelques jours plus tôt.
Avec un sourire au coin des lèvres, il tend la main vers mon visage et caresse lentement ma joue.
— Rends-moi fier de toi, Topolina, me dit-il d’une voix amusée.
Sa moquerie fait mouche, mais au lieu de faire naitre une grande colère, voire un puissant sentiment de dégout envers moi-même, ça me donne des envies de rébellion. Une idée germe peu à peu dans mon esprit. Finalement, je crois que je vais suivre son conseil et le rendre fier. Si fier qu’il regrettera d’avoir sous-estimé son adversaire. Et je crois même que ce sera l’occasion de montrer à ma famille que je vais bien, que je me bats contre l’ennemi, que nous sommes plus forts que lui.
Incapable de masquer mon émotion tant ce regain de combativité est puissant, j’affiche dignement un sourire tout en soutenant son regard. D’un geste bref, à peine observable, je relève son défi.
Évidemment, Roméo, aussi attentif que perspicace, perçoit mon petit coup de menton et je savoure cette première victoire alors que son amusement s’efface et la bête réapparait. Comme à chaque fois, ma provocation ne lui plait pas.
— Que ce soit clair, Leona, dit-il d’une voix bien plus froide en attrapant mon visage entre ses doigts. J’épierai le moindre de tes mouvements. Tu fais un pas de travers, tu refuses de danser, tu demandes de l’aide à quelqu’un, tu essaies de t’enfuir… Tu me contraries d’une façon ou d’une autre, résume-t-il en se penchant vers moi, et je te ferai regretter amèrement ton geste.
Il termine sa menace à quelques millimètres de mon visage, mais malgré son souffle chaud, je ne retiens que sa voix glaciale et cette dernière combinée à la promesse de torture dans son regard me fait frissonner de peur. Malgré tout, je m’accroche à ma bravoure et tente de ne rien montrer.
— Je ne te contrarierai pas, affirmé-je sans lâcher son regard.
Au contraire.
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Roméo
Je rejoins Gianni et Dino à notre table et dépose une bouteille de bourbon, commandée au bar, ainsi que trois verres devant eux. Je m’installe sur la banquette à la suite de Dino tandis que Gianni, assis de l’autre côté de son cousin, attrape la bouteille pour nous servir.
Ils sont tous les deux venus assister à la première représentation de Leona. Dino ne voulait pas rater ça tandis que Gianni avait surtout besoin de boire un verre.
— Il parait qu’il y a eu un sacré incendie au sud de la ville, plusieurs bâtiments ont été détruits par les flammes, commente Dino. On se serait cru dans un remake du grand incendie de Chicago, pas mal de rues étaient barrées, c’était la merde.
Son cousin repose la bouteille et saisit aussitôt son verre pour en prendre une longue gorgée. À sa mine fatiguée, on comprend qu’il a passé une interminable journée.
— Il n’y a désormais plus aucune trace du passage des Napolitains à Chicago, explique-t-il finalement en regardant le fond de son verre. Et les habitants de cette zone n’hésiteront pas à dénoncer nos ennemis s’ils essaient à nouveau de s’implanter là-bas.
Le cadet des frères Bellochi est responsable de la sécurité intérieure et extérieure, c’est son rôle de surveiller nos frontières et de s’assurer qu’elles ne comportent aucune faille. C’était donc à lui de résoudre ces problèmes au sud de la ville puisque non seulement les Napolitains ont réussi à entrer chez nous, mais ils s’y sont également installés. Tous nos ennemis ainsi que les habitants de cette partie de la ville avaient besoin d’une piqure de rappel, elle a été sanglante et destructrice, mais nécessaire afin de rétablir notre autorité.
— La bonne nouvelle c’est que j’ai fini d’inventorier et estimer tout ce qu’on a récupéré dans leurs planques, il y en a pour dix millions de dollars en cash, armes, bijoux et drogues, nous annonce Dino.
Il porte son verre à ses lèvres étirées grandement et prend une gorgée de bourbon.
— Ils n’auraient pas dû parvenir à en amasser autant, rétorque Gianni.
Il termine son verre d’une seule gorgée avant de le faire claquer sur la table et reprendre la bouteille.
— J’en assume l’entière responsabilité, dit-il en débouchant une nouvelle fois la bouteille.
— Ne dis pas n’importe quoi, lui dis-je en saisissant mon verre. Juste à Chicago, on contrôle près de 600 km² de territoire et trois millions d’habitants, on ne peut pas être partout, c’était à nos indics de nous prévenir.
Nous ne sommes pas assez nombreux pour couvrir toute la surface d’une ville aussi grande et peuplée. C’est exactement pour ça qu’on se repose sur des informateurs grassement payés pour avoir des yeux et oreilles un peu partout. Mais apparemment, les Napolitains les rémunéraient encore mieux que nous. Ils sont tous morts à présent et ce grand incendie a servi à brûler les corps des traitres et dissuader les autres de nous la mettre à l’envers. Toujours joindre l’utile à l’agréable.
— J’avais la tête ailleurs, j’étais distrait. Avec tout le temps que ça a duré leurs conneries, j’aurais dû m’en rendre compte, nie-t-il en portant son verre à ses lèvres.
— Les Napolitains sont les seuls à blâmer, affirmé-je avant de boire une longue gorgée de bourbon.
Le liquide nappe ma gorge d’une délicieuse brûlure et me laisse un savoureux gout de vanille en bouche. Pour un établissement bas de gamme, le Whisper possède tout de même de très bonnes bouteilles.
— Où est notre Napolitaine préférée d’ailleurs ? me demande Dino, un sourire amusé aux lèvres.
— Elle ne devrait plus tarder à monter sur scène, réponds-je.
Je tourne la tête en direction de la porte de service, impatient de voir Leona sortir des coulisses, mais il n’y a toujours personne. J’ai difficilement résisté à l’envie d’aller la narguer dans sa loge, mais elle doit être suffisamment angoissée et embarrassée à l’idée de sa première, je ne pense pas avoir besoin d’en rajouter une couche. Je garde la surprise jusqu’au bout comme ça, j’ai hâte de voir ce qu’elle réserve à son public pour son premier show.
Je balaie mécaniquement la salle du regard, toutes les tables ne sont pas occupées, mais elle est tout de même bien remplie pour un soir de semaine.
— Je suis persuadé que ça va être un putain de show, s’enthousiasme Dino. Elle dansera en solo ou en duo ?
— En duo. Je ne sais pas avec qui, je ne me suis pas renseigné, précisé-je.
À vrai dire, je m’en fous complètement de qui sera sur le second podium, Leona aura toute mon attention. Ce qui me fait penser que je dois sortir mon téléphone de ma poche pour me préparer à la filmer.
Je viens tout juste d’attraper l’objet lorsque Dino pousse un long sifflement.
— Le combo parfait. Ça promet d’être plus qu’intéressant, s’exclame-t-il d’une voix chargée de désir.
Je tourne la tête et malgré la tignasse rouge étincelante d’Arielle, qui attirerait l’attention de n’importe qui, c’est sur son binôme que mes yeux se posent instantanément. En jupe et chemisier au décolleté plongeant, les cheveux flottant dans l’air, elle traverse la salle avec la mine fière et noble d’une reine fondant la foule de ses sujets.
Du sang afflux de manière brutale et douloureuse en direction de mon membre tandis que mon regard parcourt avec envie ses jambes vertigineuses puis continue jusqu’à ses hanches, dont le balancement, hypnotique, me maintient captif quelques secondes.
Quand elle grimpe sur le podium face à moi, mon regard se pose sur son visage. Tout particulièrement sur l’intense coloration rouge de ses lèvres qui met divinement en valeur sa sublime et délicieuse bouche et m’oblige à avaler péniblement mon surplus de salive.
Putain, elle est bonne. Très bandante. Irrésistible. Ensorcelante. Depuis ses talons hauts jusqu’à ses longs cheveux noirs parfaitement lisses et sans frisottis, tout est splendide.
Elle parait si sûre d’elle en prenant la pose sur le podium, un sourire aguicheur aux lèvres et un air de défi dans le regard qu’elle parvient à faire frétiller ma queue à distance.
Alors qu’elle se met à remuer doucement les hanches, je reprends peu à peu conscience de mon environnement et réalise qu’une musique lascive a débuté. Leona la suit en rythme sans se départir de son sourire et de sa mine assurée.
Je suis complètement hypnotisé par ses mouvements, incapable de détourner le regard ou penser à autre chose qu’à dévorer cette sublime créature devant moi. Ses gestes sont langoureux, maitrisés et ses jeux de regards avec sa partenaire sur le second podium semblent si naturels qu’on croirait qu’elles ont dansé ensemble des centaines de fois déjà.
Plus personne ne bouge ou ne parle, elles ont toute l’attention de leur public. Et je ressens un foutu agacement qui n’a pas lieu d’être.
Je termine mon verre d’une seule gorgée pour tenter de freiner cette montée soudaine de température dans mon corps tandis qu’un mélange de désir et de rage fait bouillir mon sang dans mes veines.
Je retiens mon souffle lorsque, en rythme avec la seconde danseuse, elle défait les boutons de son chemisier, laissant entrevoir un soutien-gorge de couleur rouge. Elle semble tout à fait sereine en le faisant. Si confiante. Pas du tout embarrassée. Qu’importe les épreuves que je placerai sur son chemin, elle les franchira avec le menton relevé, elle me le prouve encore une fois en laissant tomber son vêtement au sol sans montrer la moindre hésitation.
Alors qu’elle effectue de nouveaux pas de danse en tournant autour du podium afin de jouer avec tout le public, je serre fortement mes genoux pour résister à ce besoin de crever les yeux de tous les individus qui bavent de désir en la regardant.
Avec un sourire presque aguicheur aux lèvres, elle glisse ses doigts dans la ceinture de sa jupe et commence à la faire descendre doucement jusqu’à se retrouver en sous-vêtements sur la scène.
Sa peau satinée au grain parfait ressort d’autant plus grâce à cet ensemble de lingerie rouge. J’ai envie d’en embrasser chaque centimètre, de la marquer de mes lèvres, de mes dents, de mes doigts… j’ai envie de faire rougir sa peau laiteuse de toutes les façons possibles.
Elle se déchausse alors de ses talons et étend sa jambe devant elle avant de glisser lentement vers le sol jusqu’à réaliser un grand écart, démontrant toute l’étendue de sa souplesse, me faisant saliver d’envie.
— Putain, soupire d’extase Dino.
Du coin de l’œil, je le vois se redresser sur la banquette tandis que Gianni ne bouge pas d’un centimètre, le regard dirigé vers la scène, un intérêt visible sur son visage, mais bien moins passionné que celui de son cousin.
Elles continuent leur show, alternant entre des pas de danse et des poses suggestives, mais de manière toujours très élégante. On se croirait au spectacle d’un cabaret prestigieux plutôt qu’au cœur d’une salle de striptease, mais même si leur numéro détonne avec le lieu, elles captivent tout de même leur public.
Une part de moi a envie de l’enlever, la faire descendre de scène tandis que la seconde me rappelle que cela fait partie du règlement de sa dette. La contraindre à danser en sous-vêtements devant un public est une forme de torture que ce soit pour elle ou sa famille. Pourtant à cet instant, la seule personne pour qui cette expérience est pénible c’est moi.
Mentalement, je me jure que si elle va plus loin dans la provocation en retirant son soutien-gorge ou sa culotte, je la ferai descendre de scène… Je refuse que quelqu’un d’autre que moi découvre la beauté de son corps nu.
Heureusement pour moi, la playlist s’achève et le show se termine ainsi. Inconsciemment, je me détends, ma rage diminue tandis qu’elle remet ses talons et récupère ses habits sur le sol.
Puis, d’une démarche féline, elle se rapproche de notre table.
Mon souffle se coince quelque part dans ma gorge quand elle se penche vers moi. Elle pose une main sur ma cuisse pour se stabiliser, ma foutue jambe tressaille, électrisée par son contact, pendant qu’elle s’abaisse jusqu’à placer son visage à la même hauteur que le mien.
— Je t’ai rendu assez fier ? murmure-t-elle en me regardant droit dans les yeux.
Ma queue devenue dure comme un roc en entendant ce timbre aussi rauque que provocateur menace de creuser un trou dans mon jean. Je suis pendu à ses lèvres rouges tandis que sa langue les humecte lentement, les faisant ainsi briller et les rendant encore plus envoutantes. Irrésistibles. Je ne suis qu’un foutu pantin entre ses doigts, une marionnette dont elle peut faire ce qu’elle veut alors qu’elle frôle mes lèvres avec les siennes.
— Dommage que tu n’aies pas réussi à filmer, ça m’aurait plu de revoir cette vidéo, souffle-t-elle contre mes lèvres.
Cette fois, sa voix n’est plus aguicheuse, elle est moqueuse, je retrouve le même sentiment sur son visage tandis qu’elle se redresse.
Et juste comme ça, elle s’en va avec un sourire victorieux aux lèvres.
— Ça promet d’être encore plus amusant que je le croyais, décrète Dino d’une voix mi-excitée, mi-enjouée.
Elle a gagné cette bataille, je dois bien le reconnaitre, mais au lieu de
m’énerver, curieusement, ça me donne envie de rire.
Cette femme n’a pas fini de m’impressionner. Elle me plait. Elle me
plait beaucoup. J’ai besoin de la gouter, marquer son corps de mes doigts, de mes lèvres. À défaut de parvenir un jour à posséder cette lionne, je souhaite être le premier à la faire jouir afin de marquer son esprit à vie.
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