Twisted Retaliation: Sombre mafia romance (French Edition)
Chapitre 35
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Leona
Je pose une tasse de café sur la table de la cuisine devant Carlotta puis m’installe sur la chaise à côté de la sienne en gardant mon propre mug dans mes mains.
— Merci, me dit-elle en souriant.
Elle tend la main en direction de la boite en carton au milieu de la table et sélectionne un croissant parmi les pâtisseries françaises qu’elle a apportées. Elle en coupe un bout et le porte à ses lèvres.
— Tout ce qu’ils font est délicieux, affirme-t-elle en gémissant son plaisir.
Je souris avant de choisir à mon tour parmi toutes ces pâtisseries qui semblent succulentes, je me laisse tenter par une madeleine moelleuse.
C’est devenu notre rituel depuis mon retour il y a déjà dix jours, Carlotta vient prendre un café à la maison avant de se rendre à la pizzeria pour préparer le service du midi. Mes parents étant au travail, Ercole à l’école et notre employée de maison n’arrivant qu’à onze heures le matin, nous sommes seules et bien tranquilles pour discuter.
— Qu’est-ce que tu as prévu de faire aujourd’hui ? s’enquière-t-elle.
— Je vais me rendre à la boutique.
— Ah oui ? s’étonne-t-elle en essuyant le coin de sa bouche avec son pouce. Tu te sens prête à retourner là-bas ? me demande-t-elle prudemment.
J’acquiesce en avalant un délicieux bout de madeleine.
— Je me sens prête. Cette histoire est derrière moi. Je dois reprendre le cours de ma vie et travailler m’y aidera.
— Si tu penses que c’est ce qu’il te faut, je te soutiens totalement. Je passerai te faire un petit coucou avant le service du soir si tu veux, on discutera un moment.
Je souris largement en acquiesçant.
— Je suis contente de te voir comme ça, me dit-elle d’une voix émue.
— Comment ? lui demandé-je avec une grimace étonnée.
— Comme avant, répond-elle sans hésiter. Je craignais que cette histoire ne te change à jamais. Mais tu n’as rien perdu de ta force et de ta combativité et ça ne me rend que plus admirative de la femme que tu es.
Des rougeurs apparaissent sur mes joues et je détourne le regard, gênée par ses compliments.
— Quoi que tu en dises, tu as vécu une véritable épreuve là-bas. Beaucoup de personnes n’auraient pas tenu bon comme tu l’as fait face à tout ça, mais toi, tu es encore debout, confiante, déterminée à continuer ton chemin sans te retourner. Je trouve ça incroyable.
— Arrête, dis-je avec un rire nerveux. Ce n’est pas si époustouflant que ça. Et tu es également une femme admirable, Carlotta, affirmé-je en la regardant droit dans les yeux. On prend exemple l’une sur l’autre depuis toujours. Tu m’as appris que le bonheur se trouvait dans les choses simples, tu m’as permis d’avoir une conscience plus éclairée sur le monde qui m’entoure. Je serais la petite bourgeoise maniérée qui ne se soucie que des apparences et qui ne vit qu’à travers le regard des autres si je n’avais pas eu une amie aussi formidable que toi à mes côtés.
— Tu es trop gentille, me dit-elle avec un large sourire.
Alors qu’elle se penche vers moi dans l’intention de me serrer dans ses bras, son coude tape dans ma tasse et la renverse. Je bondis de ma chaise lorsque le liquide chaud de mon café touche mes cuisses mises à nues par ma robe d’été.
Au même instant, quelqu’un sonne à la porte de manière pressée, voire hargneuse.
— Mince, dis-je en regardant ma robe trempée ainsi que mes cuisses rouges.
— Je suis désolée, s’excuse mon amie en se levant, cherchant du regard des serviettes à me tendre.
— Ce n’est rien, ça ne m’a pas brûlé, la rassuré-je.
La sonnette retentit à nouveau de façon encore plus enragée que la première fois.
— Ça doit être un livreur, deviné-je à son impatience.
— J’y vais, passe tes jambes sous l’eau pendant ce temps, on ne sait jamais, me répond Carlotta.
Elle n’attend pas ma réponse pour partir en direction du hall d’entrée. Je regarde une nouvelle fois mes cuisses rougies par le liquide chaud puis me dirige vers l’évier. Je relève le bas de ma robe afin de tamponner la zone avec de l’eau froide par mesure de prudence, mais ma peau n’est pas brûlée, ça picote, mais ce n’est pas extrêmement douloureux.
— Elle est où cette catin ? hurle une voix masculine.
Je m’arrête dans ma tâche et relâche le tissu de ma robe en reconnaissant le propriétaire de la voix. Gregorio Russo. Le père de Cipriano.
— Leona ? hurle-t-il à nouveau. Où es-tu traitresse ?
Je me sens pâlir. C’est avec les yeux ronds et des sueurs froides dans le dos que je regarde le conseiller de mon oncle entrer dans la cuisine. Dès que ses yeux se posent sur moi, son regard s’anime d’une lueur meurtrière.
— Sale pute, tu étais de mèche avec eux, s’égosille-t-il en s’approchant de moi d’une démarche enragée. Je vais te tuer.
La terreur s’empare immédiatement de tout mon être. Cette rage-ci est justifiée, cette envie de meurtre est légitimée et ça le rend encore plus menaçant à mes yeux. Persuadée que mon heure a sonné, mon instinct se déclenche et sans réfléchir, je me rue vers le portoir à couteaux et en sors un d’une main tremblante. Mais mon agresseur est rapide. Dès que je me retourne pour le menacer avec, il m’assène un violent coup dans le poignet qui me fait immédiatement lâcher mon arme en grognant de douleur.
Je n’ai pas le temps de reprendre mon souffle qu’il me gifle si violemment que j’en perds l’équilibre et évite de justesse de me cogner la tête contre un meuble de cuisine.
Sa claque résonne encore dans la pièce lorsqu’il me saisit le visage pour m’obliger à le regarder.
— Lâchez-la, lui ordonne Carlotta. Je vous préviens, j’appelle la police !
— Fais ça et je la bute sur le champ, lui répond-il en prenant à son tour un couteau dans le portoir.
Mes yeux s’humidifient alors qu’il place la lame près de ma gorge.
— Ne faites pas ça, le supplié-je.
— Tu as renseigné les Calabrais, c’est à cause de toi qu’ils ont mis la main sur Cipriano.
Je secoue la tête, dans un réflexe humain de sauver sa peau, je tente de nier les faits.
— Je t’ai vue, me crie-t-il, me postillonnant au visage tant il est enragé. Je t’ai vue te jeter dans les bras de l’un d’eux, sale petite pute, l’embrasser à pleine bouche !
Je sens mon sang quitter mon visage alors que mon rythme cardiaque ralentit drastiquement.
— Ma femme ne voulait pas, mais j’ai quand même regardé l’enregistrement des caméras de surveillance du chalet, grogne-t-il. Je pensais y découvrir une attaque sanglante, mais je n’ai vu qu’une salope vendre mon fils aux Calabrais.
Je ferme brièvement les yeux. L’idée qu’il puisse y avoir des caméras ne m’a pas du tout traversé l’esprit.
— Je me fous de savoir s’ils t’ont manipulée ou pas, il n’y aura pas de circonstances atténuantes, je te promets que j’obtiendrai ta condamnation pour trahison !
Malgré toute la volonté dont je fais preuve afin de rester forte, ma lèvre se met à trembler à cause de la terreur que m’inspirent ces paroles.
— L’exécution se fera devant tout le monde. Je veux que toute ta famille te regarde rendre ton dernier souffle en se disant que tu le méritais parce que tu n’es qu’une traitresse.
Un premier sanglot m’échappe. Il me sourit cruellement tout en baissant son couteau.
— Je ne sais pas comment tu es parvenue à convaincre Vito de ne pas te dénoncer, mais je trouverai et il devra également être puni pour ce qu’il a fait.
Il enfonce ses doigts dans mes joues tandis que mes larmes s’y déversent.
— Toutes les personnes qui t’ont aidée de près ou de loin à couvrir ton crime paieront, affirme-t-il. Je te le promets.
— S’il vous plait, ne faites pas ça, le supplié-je. Il méritait…
Et c’était sans doute la pire chose à dire à son père. Sans même attendre la fin de ma phrase, il relâche mes joues afin de me gifler violemment. Ma tête part sur le côté tandis qu’un gout cuivré explose sur ma langue. Une douleur cuisante se fait ressentir sur ma joue. Aussi apeurée qu’hébétée, je touche ma lippe en y sentant une piqure intense. Mes doigts en ressortent ensanglantés et je comprends que sa chevalière m’a ouvert la lèvre.
— On va se revoir, salope, me crache-t-il en me pointant du doigt, un énorme rictus de mépris aux lèvres. Commence à faire tes prières parce que je te promets que tu seras exécutée avant la fin du mois.
Après un dernier regard meurtrier, il tourne les talons. En larmes, les doigts posés sur ma lèvre, je le regarde partir tout en ayant une vision très concrète de l’avenir qu’il m’a dessiné.
Dès qu’il a franchi le seuil de la porte de la cuisine, Carlotta se précipite vers moi pour me prendre dans ses bras.
— Ton père est en chemin, je l’ai prévenu, me dit-elle en me collant à elle. Ça va aller, je te le promets.
C’est faux. C’est complètement faux. Et c’est la raison pour laquelle mes larmes redoublent. Je m’effondre littéralement dans ses bras alors qu’un poids plus lourd que celui du monde se pose sur mes épaules et m’écrase jusqu’à me réduire en bouillie de larmes et de mucosité. Des cris déchirants s’échappent de mes lèvres à intervalle court et régulier et doivent sans doute heurter les tympans de ma meilleure amie, mais je ne réussis pas à me calmer. Abattue, je me noie dans ma peine, mon désespoir, ma peur, sans parvenir à refaire surface. Parce qu’il n’y en a pas justement. Il n’y a pas de surface, pas de solution, pas d’échappatoire. Je suis condamnée.
— Il faut que tu partes, me dit soudainement Carlotta. Pars avant qu’il mette sa menace à exécution. Va à Chicago, m’ordonne-t-elle en m’éloignant de son cou.
Son regard ne m’a jamais semblé aussi déterminé et calculateur, elle parait sûre de son plan, mais ça ne m’empêche pas de le remettre en question en secouant négativement la tête.
— Ce sera le premier endroit où il me cherchera...
— Mais ça ne veut pas dire qu’il t’attrapera, me rétorque-t-elle d’une voix très sérieuse. Chicago est une ville immense, ce ne sera pas facile de te localiser et si en plus les Calabrais t’aident à te cacher, il lui sera impossible de mettre la main sur toi.
J’entrevois la logique de son plan et quelque part au fond de moi, ça me donne de l’espoir. Je peux peut-être m’en sortir finalement, mais le prix à payer est énorme à mes yeux parce que ça signifie que je dois couper les ponts avec ma famille et Carlotta. Je dois quitter cette ville et ne plus jamais y remettre les pieds si je souhaite rester en vie.
De plus, si je fuis alors tous ceux qui sont au courant de ma trahison et qui ne m’ont pas dénoncée ne seront pas inquiétés. Mon cousin se fera taper sur les doigts, mais il lui suffira d’inventer une histoire de chantage ou de pression pour ne pas risquer de condamnation pour trahison.
— Carlotta a raison.
Je sursaute en entendant la voix grave de mon père. Lorsque je me retourne, je le découvre sur le pas de la porte de la cuisine.
— Chicago est un endroit sûr pour quelqu’un qui se cache des Napolitains, explique-t-il en s’avançant dans la pièce. Les Calabrais ont débusqué tous les Camorristes qui se planquaient à l’intérieur de leur territoire, il n’y en a plus aucun, et ils ont renforcé drastiquement leur surveillance suite à notre invasion. Il est presque impossible de rentrer sur leur territoire sans qu’ils l’apprennent à présent. Personne de notre clan ne pourra te localiser et encore moins t’enlever pour te ramener ici si tu es là-bas.
Je me mords l’intérieur de la joue alors qu’une autre vague de larmes se forme dans mes yeux et qu’un nouvel effondrement émotionnel se profile. C’est la solution la plus logique, mais ça ne rend pas la décision moins difficile. L’idée d’être séparée pour toujours de mes proches me brise le cœur.
— Gregorio a compris, c’est ça ? me demande-t-il en se plaçant face à moi.
J’acquiesce avant de me blottir dans ses bras.
— Il y avait des caméras au chalet, explique Carlotta.
La prise de mon père autour de moi se resserre et je ne peux qu’imaginer tous les jurons qui doivent passer dans sa tête à cet instant.
— Il veut la faire condamner pour trahison, continue-t-elle. Il espère qu’elle sera exécutée devant tout le monde.
— Il y arrivera, dit à regret mon père. Il obtiendra le soutien de tous les autres et Davide sera contraint de se ranger derrière la majorité.
Je me mets à sangloter entre ses bras.
— Même en m’enfuyant avec toi à l’autre bout du monde, je ne pourrais pas garantir ta sécurité, murmure-t-il d’une voix à la fois contrariée et gênée. Si tout le clan réclame ta tête, il te faudra une armée pour te protéger.
Aucun père n’aimerait avouer à sa fille qu’il n’est pas en mesure de la protéger, c’est pire qu’un aveu de faiblesse. Et c’est d’autant plus difficile pour un mafieux de le reconnaitre, car ils sont persuadés que c’est à eux de protéger les femmes de ce monde, les seuls êtres purs qu’ils côtoient. Pour mon père, le déchirement est double parce qu’il admet être incapable de me protéger contre la fureur d’un clan dont il a choisi de faire partie.
— Est-ce que tu serais en sécurité si tu allais là-bas ? me demande-t-il d’une voix plus grave en me détachant de son torse. L’homme que tu as aidé, est-ce qu’il te rendrait la pareille ? Est-ce qu’il te traiterait bien ou ferait de toi sa captive à nouveau ?
La dernière fois qu’on s’est vus, Roméo m’a demandé de rentrer à Chicago avec lui donc je ne peux qu’espérer qu’il me traiterait décemment si j’y retournais.
— Je crois qu’il m’aiderait, murmuré-je après quelques secondes de réflexion.
— Alors, vas-y, décrète-t-il.
Et je me rends compte à quel point ces mots lui font mal, il les dit à contrecœur, mais il le fait quand même parce qu’il sait que c’est ma seule chance de rester en vie.
— Dépêchons-nous. Russo pourrait revenir à tout instant et exiger une surveillance afin que tu ne puisses pas lui échapper. Remplis un sac d’affaires pendant que je vais prendre de l’argent dans le coffre. Ensuite, tu monteras dans ta voiture et...
— Mais maman et Ercole… je ne peux pas partir sans leur dire au revoir.
— Ta mère préférera te savoir en vie, plutôt que morte parce que tu désirais lui dire adieu, me dit-il si abruptement que mes larmes cessent aussitôt de couler à cause de ma stupeur. Je suis désolé, chérie, mais on ne peut pas attendre. Fais ce que je te dis et dépêche-toi, le temps presse.
Et finalement, son ton à la fois froid et autoritaire parvient à calmer mes nerfs. Son attitude, presque militaire, semble me remettre les idées en place, ou tout du moins, elle balaie mes émotions pour laisser place à la raison, la logique, le plan. Je me focalise là-dessus et fais abstraction de tout le reste tandis que je m’élance vers les escaliers pour grimper dans ma chambre.
Ma meilleure amie ne perd pas de temps pour fouiller mon dressing à la recherche des tenues qu’elle sait pertinemment que j’affectionne alors que je pose une valise sur mon lit et commence à y fourrer des sous-vêtements.
Puis, je m’occupe de mettre dans des trousses une partie des produits de beauté se trouvant sur ma coiffeuse tandis que Carlotta termine de ranger des vêtements et des chaussures dans ma valise.
Je me dirige ensuite vers ma salle de bains pour y prendre des affaires de toilette. Lorsque je retourne dans ma chambre, je découvre Carlotta en train de déposer soigneusement mes cadres photo dans ma valise en sachant que je chérirai ces images quand je serai loin d’eux.
Je lui souris en rabattant le couvercle de ma valise puis Carlotta appuie dessus tandis que je la ferme. Toutes les deux agenouillées sur mon lit, nous tenant au-dessus de la valise close, nous ne résistons pas au besoin de nous prendre longuement dans les bras. Je peux sentir le corps de ma meilleure trembler alors qu’elle se retient de pleurer en sachant pertinemment que ce n’est pas le moment. Ça nous ralentirait et j’ignore combien de temps il me reste.
Nous nous séparons et après une grande inspiration pour chasser notre émotion, un coup de menton et un regard entendu, nous nous levons et descendons rejoindre mon père dans le hall.
— Dis à maman et Ercole que je les aime, lui dis-je alors qu’il me tend une épaisse enveloppe marron. Dis-leur que je suis désolée. Je n’ai jamais voulu ça. Je faisais seulement ce que je pensais être juste, répété-je pour la énième fois.
Mon père acquiesce à chacune de mes phrases tout en me poussant peu à peu vers la porte pour m’encourager à avancer afin de ne pas perdre de temps.
— Nous le savons, chérie, ne te tourmente pas par rapport à ça. Tu n’avais pas à payer pour son crime, me dit-il alors que nous sommes juste devant la porte. Nous aurions fait la même chose à ta place.
— J’aurais préféré que ça ne prenne pas cette tournure, couiné-je. Je n’ai jamais souhaité abandonner l’un d’entre vous.
— Tu ne nous abandonnes pas, tu privilégies ta sécurité, c’est tout ce qui nous importe. C’est ce qui apaisera le manque, Leona, me dit-il en saisissant délicatement mon visage entre ses mains. Te savoir en vie et en sécurité c’est ce qui nous permettra de continuer d’avancer malgré ton absence.
Les larmes me montent aux yeux pendant que mon père embrasse tendrement mon front.
— Il faut que tu partes maintenant, chérie, murmure-t-il d’une voix étranglée.
Du coin de l’œil, je vois Carlotta me tendre mon sac à main Hermès qui contient mes papiers d’identité ainsi que mon permis de conduire. Mon père me relâche afin que je m’en saisisse. Je vérifie mécaniquement la présence de mon téléphone portable à l’intérieur.
— Détruis-le en arrivant là-bas, me dit mon père en désignant l’objet du menton.
J’acquiesce machinalement tandis que je range toutes mes affaires dans mon sac à main et le referme.
— Sois forte, continue-t-il. Je t’aime plus que tout au monde.
Il m’attrape par l’épaule et me rapproche de son torse pour m’enlacer une dernière fois et je ne me fais pas prier pour lui rendre l’étreinte.
— Sois prudente, termine-t-il en saisissant mes clés de voiture sur la console de l’entrée et en les déposant dans ma main.
J’acquiesce et me tourne vers ma meilleure amie pour la prendre brièvement dans mes bras.
— Je t’aime, me glisse-t-elle à l’oreille, la voix chargée d’émotion.
— Je t’aime aussi.
J’ai littéralement l’impression de laisser mon cœur derrière moi alors que je sors de la maison et me précipite vers ma berline Lexus garée dans l’allée. Je dépose ma valise dans le coffre puis m’installe rapidement au volant et sans réfléchir, de peur de perdre mon courage, j’enclenche la vitesse et j’appuie sur l’accélérateur.
Je m’autorise un regard dans le rétroviseur en quittant l’allée de mes parents puis, les larmes aux yeux, je prends la route en direction de Chicago.
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