Twisted Retaliation: Sombre mafia romance (French Edition)
Chapitre 38
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Leona
En sortant de la douche le lendemain en fin d’après-midi, je me dirige vers mon placard afin de choisir un ensemble de lingerie propre. Puis vêtue de mes sous-vêtements, je me positionne face à la porte-miroir pour appliquer de la crème sur ma cicatrice tout en la massant conformément aux recommandations du médecin. La peau est un peu rouge, mais pas boursoufflée, ainsi j’ai bon espoir de la voir disparaitre un jour.
Seulement, même si la marque s’efface, le souvenir associé restera toujours.
C’est pour cela que la situation est particulièrement difficile. Roméo m’a aidée, il m’a accueillie sous son toit sans se poser de questions et je lui en serai éternellement reconnaissante, mais ce n’est pas pour autant que je m’imagine commencer une nouvelle vie à ses côtés en oubliant tout ce qu’il a fait.
Contrairement à lui qui pense qu’une histoire entre nous est possible.
Physiquement, Roméo me plait, je ressens une certaine attirance envers lui. J’apprécie nos moments passés ensemble, nos échanges sont agréables, et j’ai beaucoup aimé le réconfort qu’il m’a apporté la veille. Seulement le souvenir de ses excès de rage particulièrement violents et sanglants reste dans un coin de ma tête et clignote tel que le ferait un panneau indiquant un grand danger.
J’ignore si je parviendrai un jour à lui pardonner ce qu’il m’a fait et à lui faire pleinement confiance.
Il aurait sans doute été préférable que je refuse dès le départ de m’installer chez lui afin de ne pas lui donner de faux espoirs, mais je n’avais franchement pas les idées claires à ce moment-là. Désormais, je me dis qu’il serait mieux pour nous deux que je trouve un travail et un appartement, que je m’assume, qu’on reprenne tout à zéro et…
— Salut.
Je sursaute et tourne vivement la tête vers la porte entrouverte de ma chambre pour y découvrir Roméo. Il la pousse afin de l’ouvrir en grand puis s’appuie contre le chambranle sans chercher à entrer.
— Salut, dis-je d’une voix peu enjouée.
N’ayant désormais plus rien sur mes doigts, ma peau ayant absorbé toute la crème, j’attrape une robe dans le placard et l’enfile.
— Mets un jean, m’arrête-t-il.
Surprise par son ordre, je tourne la tête vers lui.
— Pardon ?
— On sort, décrète-t-il. Et je n’ai aucune envie que quelqu’un mate ton cul quand ta robe se soulèvera à moto.
— On sort ? répété-je sans tenir compte de la fin de sa phrase.
Il acquiesce en se détachant du chambranle.
— Tu as besoin de te changer les idées. Allons visiter un bout de ta nouvelle ville.
Malgré moi, un faible sourire se dessine au coin de mes lèvres. C’est dans ces moments-là, quand il agit ainsi, qu’il m’est difficile de me souvenir qu’il m’a blessée et que je devrais le détester pour ça. Ses mains sont capables de commettre les pires atrocités, mais je les sais également douées pour m’offrir des gestes tendres qui réchauffent immédiatement mon cœur. Roméo n’est pas un homme bien, mais toutes les petites attentions qu’il a à mon égard me font oublier la bête pour ne voir qu’un chevalier prêt à tout pour rendre heureux ses proches.
— Je prends une douche vite fait et nous partons, déclare-t-il.
Je me sens hocher positivement la tête, un sourire étirant plus largement mes lèvres qu’il observe avec intérêt avant de se mettre aussi à sourire puis tourner les talons.
Je pivote en direction de mon placard et saisis mon unique jean. J’en porte rarement, tout comme les shorts que je n’enfile que pour faire du sport. Donc forcément, en choisissant d’emballer uniquement mes tenues préférées, Carlotta n’a mis que des robes, des jupes, des débardeurs et des pulls.
J’opte pour un haut blanc, moulant, qui ira parfaitement bien avec ma paire de baskets blanches, puis je me regarde dans la glace avec un large sourire.
Cette tenue sera parfaite pour faire de la moto. Du moins, je crois. Ce sera ma première expérience sur un deux-roues.
Mon rythme cardiaque accélère à cause de mon excitation et sans réfléchir, je me rends d’un pas guilleret jusqu’à la chambre de Roméo.
Sa porte est grande ouverte, comme la dernière fois, et au moment où mon regard balaie la pièce vide, Roméo sort de la salle de bains avec une serviette autour des hanches.
— J’arrive, dit-il.
Il se dirige vers son dressing dont la porte, coulissante dans le mur, est toujours ouverte, pour se choisir de nouveaux vêtements. Sans se soucier du fait que, de mon point d’observation, j’ai une vue dégagée sur l’intérieur du dressing, il laisse tomber sa serviette sur le sol puis enfile un caleçon.
Je détourne le regard en rougissant et mes yeux atterrissent sur sa veste en cuir posée sur son lit. Je réalise alors que je n’ai apporté aucun manteau à Chicago.
— Je n’ai pas emporté de veste, répété-je mes pensées à voix haute. Est-ce qu’un gilet, ça irait ?
Je reporte mon attention sur lui au moment où il termine de boutonner son jean sombre. Un vêtement qui moule parfaitement bien ses cuisses et ses fesses musclées.
— Je te filerai une des miennes, répond-il en dépliant une paire de chaussettes. Ce sera plus sûr qu’un gilet.
Il se penche pour enfiler ses chaussettes puis une paire de baskets blanches et je n’arrive pas à détacher mes yeux de son corps divinement sculpté et les nombreux tatouages qui ornent sa peau. Ils sont tous si splendides qu’il est impossible de ne pas admirer longuement ces chefs-d’œuvre à couper le souffle.
Il opte pour un tee-shirt noir dont la coupe longue et large ne met pas aussi bien en valeur ses pectoraux et abdominaux que ses autres vêtements à la coupe plus près du corps. En revanche, il cajole bien ses épaules musclées et ses biceps épais.
— Tiens, me dit-il en sortant de son dressing avec une veste entre les doigts.
Il se rapproche de moi afin de me tendre le vêtement qui ressemble beaucoup à sa veste de moto actuelle, mais avec une taille en moins, je dirais.
Je m’en empare et la place machinalement face à moi. Au niveau de la longueur, ça pourrait m’aller, mais au niveau de la largeur, c’est certain que ça ne convient pas à mon petit gabarit d’épaules. L’essayage confirme mes doutes, je nage littéralement dedans, en plus, elle pèse une tonne.
— Ça ira pour cette fois, affirme Roméo. J’irai t’acheter une veste à ta taille dans la semaine.
Il se retourne et se dirige vers son lit sur lequel sa veste en cuir est posée et il l’enfile. Puisqu’il est de dos face à moi, je ne vois pas bien ce qu’il fait, mais je le devine en train de tâter ses poches comme pour s’assurer de leur contenu puis il récupère des affaires sur son lit et il les glisse dans ses poches.
— Allons-y, décrète-t-il en se tournant vers moi.
— Je vais chercher mon sac à main, dis-je en entamant un demi-tour.
— Pas besoin, m’arrête-t-il. Il va seulement t’encombrer. Allez, viens.
Sans me laisser le choix, il attrape ma main et me traine jusqu’à la porte d’entrée qu’il déverrouille avant de me pousser à l’extérieur puis il la referme derrière lui.
— On ne prend pas de casques ? lui demandé-je naïvement alors que nous nous dirigeons vers les ascenseurs.
— Ils sont dans le garage.
J’acquiesce machinalement alors qu’il appelle l’ascenseur. Je me sens sautiller d’un pied à l’autre, clairement impatiente qu’il arrive afin de nous permettre de descendre au garage. J’ai vraiment hâte de tenter cette nouvelle expérience. Je sens qu’elle sera mémorable.
Roméo m’adresse un sourire amusé en constatant mon agitation.
— Je ne suis jamais montée sur une moto, avoué-je. Je suis impatiente, et en même temps, j’ai peur de ne pas savoir faire…
— Il n’y a rien de compliqué, répond-il en se tournant complètement face à moi.
Son regard se fait bien plus intense et enflammé alors qu’il se penche vers mon visage, envahissant mon espace vital, enivrant mes sens de ses senteurs si particulières.
— Accroche-toi à moi, suis mes mouvements et profite du moment, je m’occupe du reste, dit-il d’une voix particulièrement enjôleuse.
Son regard brûle littéralement le mien et fait monter ma température corporelle de plusieurs degrés me donnant l’impression d’être en plein désert et de suffoquer sous cette fournaise. Les lèvres entrouvertes, et curieusement sèches, je relâche un souffle que je n’avais pas conscience de retenir tandis qu’il éloigne sa tête juste avant que les portes de l’ascenseur ne s’ouvrent.
Il n’y a personne dans la cabine, aucun témoin de mon visage écarlate que j’observe avec des yeux ronds dans la glace de la cabine d’ascenseur. Je profite du fait qu’il ait le dos tourné pour poser mes mains sur mes joues dans le but de les refroidir. L’épaisseur et le poids de sa veste ne m’aident pas à faire redescendre ma température corporelle, je me fais un peu d’air avec la main.
Seulement, après avoir appuyé sur le bouton du sous-sol, Roméo se retourne vers moi, et je ne suis pas assez rapide pour baisser mes mains. Il surprend mon geste et à son sourire en coin, je devine son amusement. Il comble la faible distance qu’il y avait entre nous pour se coller à mon dos. Nos regards se croisent dans le reflet du miroir alors qu’il attrape une mèche de mes cheveux et d’un geste lent, la coince derrière mon oreille. Puis il se penche jusqu’à ce que sa bouche soit si proche de mon oreille que sa barbe me chatouille le bord du visage.
— Ce conseil s’applique en toutes circonstances, me murmure-t-il d’une voix trainante en me regardant droit dans les yeux dans le miroir.
Il attrape ma main et la soulève jusqu’à sa nuque qu’il m’oblige à enserrer de mes doigts. Et je le fais. Sans encouragements, je m’accroche à lui en sentant ses dents mordiller mon lobe d’oreille.
Un souffle lourd s’échappe de mes lèvres et crée une épaisse buée sur la vitre. Je cambre imperceptiblement le dos lorsque je sens ma poitrine s’alourdir. Il appuie une main sur ma hanche afin de répondre à cette invitation silencieuse en rapprochant nos bassins, me faisant parfaitement ressentir son excitation.
— Garde-le toujours en tête, me susurre-t-il. Il sera valable pour toutes nos chevauchées ensemble.
Mes cuisses se serrent l’une contre l’autre par réflexe lorsque des picotements au niveau de mon entrejambe les font trembler en réponse à ses propos plus qu’indécents, mais qui allument un brasier à l’intérieur de moi.
Je m’accroche plus fermement à son cou alors qu’il glisse une main devant moi et passe lentement son pouce sur mon téton durci par l’excitation.
Enivrée par une luxure scandaleuse, au beau milieu d’une cabine d’ascenseur, je ne parviens pas à reprendre le contrôle de mon corps alors que ce dernier, plutôt que de s’éloigner du tentateur, cherche à fusionner avec lui. Pire encore, lorsque Roméo fait rouler ma pointe dure entre deux doigts, un gémissement m’échappe.
Mais soudain, la bulle éclate alors que l’ascenseur s’immobilise et qu’un son de clochette résonne dans la cabine.
— Ce n’est que partie remise, Topolina, déclare-t-il en ôtant ses mains de mon corps tandis que les portes s’ouvrent. À moins que tu ne souhaites remonter à l’appartement…
Retrouvant enfin mes esprits, je secoue négativement la tête. Et, ne faisant pas confiance à ma voix, j’illustre mon refus en me retournant et en le contournant pour sortir de l’ascenseur. Je m’éloigne en relevant le menton, comme si mes envies n’avaient pas surpassé ma raison et que je n’avais rien à me reprocher alors qu’à l’intérieur de moi, c’est le chaos le plus total. Je n’ai pas besoin de me retourner pour deviner qu’il sourit largement.
Roméo
Un large sourire étire ses lèvres dès lors qu’elle aperçoit la grande roue qui trône au milieu de la « Navy Pier », la célèbre jetée construite il y a plus de cent ans sur le lac Michigan. Il est difficile de la rater, haute de soixante mètres de haut, elle vole la vedette à tous les autres équipements et bâtiments présents sur la « jetée Navy ».
Il s’agit d’une épaisse dalle de béton de plus d’un kilomètre de long qui repose sur près de vingt mille pilotis en bois enfoncés dans le sol marin et qui, en plus d’une vue magnifique sur le lac, offre aux visiteurs de nombreux divertissements. On y trouve des attractions comme la grande roue ou le carrousel, ainsi qu’un musée conçu spécialement pour les enfants, un cinéma, un grand labyrinthe en intérieur ainsi qu’un gigantesque atrium en verre renfermant un jardin botanique sur plusieurs étages. Évidemment, on y trouve aussi de nombreuses boutiques, des bars et des restaurants et c’est également le point de départ de diverses excursions en bateau.
C’est l’un des seuls endroits de la ville où nous ne nous sentons pas écraser par les buildings. Avec le Millennium Park, ce sont les deux lieux les plus visités et prisés de Chicago, tout particulièrement en été.
Je fais abstraction de toute cette foule afin de me concentrer sur Leona et son énorme joie quand elle aperçoit l’arrière-plan majestueux qu’offre l’immensité bleue du lac Michigan qui scintille avec le soleil toujours éclatant en cette fin d’après-midi.
— C’est splendide, commente-t-elle.
J’acquiesce machinalement même si ce n’est pas le lac que je regarde, mais la déesse qui marche à côté de moi. Ses cheveux ébène sont particulièrement rebelles après cette virée à moto et lui donnent un côté sauvage encore plus envoutant.
Je souris intérieurement en la revoyant aplatir inlassablement ses cheveux électriques, une mine contrariée sur le visage, tandis que je louais un casier sécurisé au parking à motos afin d’y déposer nos casques et nos vestes.
D’habitude, je garde mon blouson par tous les temps pour cacher le port de mon arme, mais comme je ne l’ai pas prise afin que Leona ne la sente pas en serrant ma taille, j’ai tombé la veste.
Je veux qu’elle profite de cet instant comme n’importe quelle autre personne découvrant son nouveau lieu de vie. Je ne veux pas que la présence de mon arme lui rappelle qu’elle est recherchée et qu’elle s’inquiète pour sa sécurité. C’est mon rôle ça, elle doit seulement profiter de la vue, je m’occupe de repérer les éventuelles menaces. Je me suis équipé de deux couteaux au cas où une menace se vérifierait et que j’aurais besoin d’agir.
— J’ai bien aimé le tour à moto, me dit-elle pour engager la conversation. Il faudra que je pense à prendre un élastique la prochaine fois, mais c’était sympa.
Tout en disant cela, elle passe de nouveau ses mains dans ses cheveux pour tenter de les dompter et forcément, ça me donne envie de sourire.
Il lui faudra quelques trajets supplémentaires afin de s’habituer à ces nouvelles sensations et profiter enfin du moment sans s’accrocher à moi comme si elle allait tomber à tout instant, mais l’expérience lui a plu, c’est tout ce qui compte.
— Je suis ravi d’entendre que tu penses déjà à notre prochaine fois, lui dis-je, sans pouvoir me retenir de la taquiner.
Elle comprend l’allusion, mais ne rougit pas comme je m’y attendais, elle se contente de secouer la tête avant de se reconcentrer sur le paysage.
Après l’avoir sentie enserrer fermement ma taille pendant tout le trajet, c’est comme s’il me manquait quelque chose maintenant qu’elle n’est plus collée à moi.
Je glisse mes mains dans mes poches de jean, autant pour m’empêcher de céder à l’envie de passer un bras autour de ses épaules afin de la serrer contre moi que pour garder une main sur une arme alors que la foule devient de plus en plus dense autour de nous.
Nous naviguons difficilement entre les touristes qui se prennent tous en photo sur le bord de la jetée. Toutes les personnes autour de nous semblent avoir leur téléphone à la main pour prendre une centaine de photos d’un paysage qu’il m’est possible d’admirer tous les jours. C’est également le cas de Leona à présent. Et ce constat force un nouveau sourire à naitre sur mes lèvres.
Je le perds rapidement lorsque je me retrouve séparé de Leona à cause d’un groupe de touristes, à l’accent européen, qui ne se gênent pas pour forcer le passage afin de passer entre nous plutôt que de nous contourner. Je ne peux pas m’empêcher de me retourner afin de regarder hargneusement ces six personnes, trois hommes et trois femmes, qu’il me serait si facile de tuer.
Soudainement, une main se pose sur mon avant-bras.
— Tu es là, j’ai cru que je t’avais perdu, se rassure Leona. Je n’ai même pas de téléphone pour t’appeler si… Est-ce que ça va ? me demande-t-elle d’une voix hésitante.
J’arrête d’assassiner le groupe du regard et me concentre sur elle. Ma rage subitement envolée, je lui souris pour la rassurer.
— Ça va, mais reste près de moi, c’est plus sûr.
Cette fois, je glisse un bras autour de ses épaules et la colle à mon flanc. Elle ne se tend que durant une seconde avant de réaliser que c’est la meilleure option pour rester ensemble et ne pas être séparés par la foule.
— J’ai prévu de sortir faire quelques courses demain…
— Je croyais que tu ne cuisinais pas, réponds-je avec un sourire taquin.
Mais elle ne sourit pas en retour, sa mine gênée m’inquiète.
— Ce n’est pas pour acheter des provisions, nie-t-elle, j’aimerais m’acheter un ordinateur ou une tablette afin de chercher du travail, termine-t-elle plus bas.
— Tu veux chercher du travail, répété-je.
Elle acquiesce en me regardant brièvement, certainement pour jauger ma réaction, avant de regarder à nouveau droit devant elle.
— Je ne vais pas rester chez toi à ne rien faire, continue-t-elle. Je… J’ai passé assez de temps enfermée ces dernières semaines. J’ai besoin de sortir, voir du monde, me sentir utile et m’occuper l’esprit. Je veux travailler, réaffirme-t-elle de manière plus assurée. Comme avant. Je veux avoir l’impression de retrouver un bout de ma vie d’avant, avoue-t-elle d’une voix plus faible.
À nouveau, elle m’accorde un regard en coin, comme pour s’assurer que je ne m’apprête pas à me foutre d’elle ou une connerie du genre, sa pire crainte dès qu’elle se montre un tantinet moins sûre d’elle.
— En plus, j’ai besoin de gagner un salaire, je ne vivrai pas indéfiniment grâce à l’argent que mon père m’a donné et si un jour, je dois louer un bien, il me faudra des fiches de paie…
— Quel bien, l’arrêté-je. Pourquoi tu veux louer un appartement ? Le mien ne te convient pas ?
— Si, bien sûr que si, me répond-elle. Mais ce n’est pas la question.
Je suis à deux doigts de la contredire et d’insister sur ce sujet afin de comprendre cette envie de louer un bien elle-même, mais elle reprend immédiatement la parole et me coupe l’herbe sous le pied.
— Revenons au sujet principal. Je voulais seulement qu’on discute des règles de prudence dont tu m’as parlé en cas de sortie.
— Je peux t’exposer toutes les règles que j’ai en tête à ce sujet, mais ça ne changera pas le fait que tu ne peux pas travailler.
— Comment ça ? me demande-t-elle en cherchant à s’écarter, certainement vexée et en colère à cause de ce que je viens de dire.
Je la retiens et la garde collée à moi. On peut argumenter sans s’éloigner l’un de l’autre. Elle peut être énervée contre moi, mes propos et mes interdictions, mais elle le fait en restant près de moi. Il est hors de question que je la perde dans la foule.
— Pour l’instant, c’est trop risqué pour toi de travailler, reformulé-je.
Immédiatement, elle se détend et me laisse étayer ma réflexion sans chercher à me fuir cette fois.
— Tu serais beaucoup trop exposée et vulnérable sur un lieu de travail. Au mieux, je pourrais t’attribuer un garde du corps qui te suivrait partout, mais…
— Ce serait tout sauf discret, me coupe-t-elle, le regard ahuri. Hors de question.
— Dans ce cas, je ne peux pas te laisser travailler, conclus-je.
— Tu m’as dit que j’étais libre de mes mouvements, me contredit-elle.
— Dans une certaine mesure, rétorqué-je aussi sèchement. Te promener seule dans la rue comporte des risques, mais comme tes mouvements sont aléatoires, ça te rend moins vulnérable. Alors qu’en travaillant, tu passerais de nombreuses heures au même endroit ce qui t’exposerait au risque…
— Donc je ne suis pas en sécurité ici, me coupe-t-elle, visiblement agacée par mon refus totalement logique. Tu ne peux pas me protéger contre tous les dangers.
Et ça pique mon putain d’égo une telle phrase. Bien sûr que j’en suis capable. De mon vivant, rien ni personne n’atteindra cette femme. Mais pour ça, elle doit adopter quelques règles de prudence. Si elle refuse d’avoir un garde du corps sur ses talons toute la journée alors elle ne peut pas travailler. Le deal est non négociable. Terminé de prendre des gants.
— Je t’ai enlevée sur ton lieu de travail parce que tu manquais cruellement de protection, lui rappelé-je sèchement. Sous ma surveillance, ça n’arrivera jamais parce que tu vas accepter mes conditions si tu veux vraiment travailler, dis-je d’une voix ferme et sans appel.
J’attrape son menton alors qu’elle pousse un soupir d’indignation et la force à lever les yeux vers moi tout en arrêtant de marcher, l’obligeant à en faire de même par la même occasion.
— Et si tu penses que pour me forcer à faire ce que tu désires, il suffit de frapper mon égo, c’est très mal me connaitre, Leona, dis-je précipitamment. Je ne vais pas prendre le risque de te perdre juste parce que tu as remis en question mon habilité à te protéger.
Elle tente de dégager son menton de ma prise, les yeux ronds et les joues rouges, me confirmant mes doutes quant à ses intentions.
— J’ai le sang chaud, mais je ne suis pas complètement con.
— Arrête, siffle-t-elle entre ses dents en tirant sur mon poignet pour me forcer à la lâcher. Tout le monde nous regarde.
— Je sais, confirmé-je en replaçant mon bras sur ses épaules sans pour autant la quitter du regard. C’est la seule chose qui m’empêche de te pencher sur une barrière et te fesser pour te punir.
Je me délecte du merveilleux spectacle que représente à mes yeux la dilatation de ses pupilles alors qu’une vague d’excitation se répand en elle de manière presque instinctive à l’écoute de ma menace. C’est plus fort qu’elle. Pour l’avoir observée tout à l’heure en train de caresser rageusement sa cicatrice, je sais qu’elle possède de la rancœur à mon égard. Seulement, ça n’empêche pas son corps de réagir à mes paroles, ma proximité, mon toucher, parce que ce désir charnel n’est pas commandé par son cerveau, mais par son âme. Et cette dernière ne veut faire qu’une avec la mienne depuis leur rencontre.
— Personne d’autre que moi n’a le droit d’entendre tes gémissements de plaisir, Topolina, lui dis-je d’une voix rauque. Alors, évite de me provoquer en public.
Je fais descendre ma main jusqu’à l’une de ses fesses et la pince fermement. Avec un faible cri, mêlant indignation, douleur et plaisir, elle avance de plusieurs pas. Je me retiens de rire, mais mes lèvres tremblantes ne peuvent pas s’empêcher de sourire alors qu’elle se retourne pour me fusiller du regard. Puis, en levant le front bien haut, elle tourne les talons et reprend son chemin sans m’attendre. Et je pourrais épouser cette femme juste pour cette attitude qui m’énerve autant qu’elle m’excite.
Je la rattrape et la colle fermement contre moi en résistant difficilement à l’envie de pincer une nouvelle fois ses fesses si divinement moulées dans son jean.
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