Twisted Retaliation: Sombre mafia romance (French Edition)

Chapitre 51

 

 

Une image contenant heurtoir Description générée automatiquement

 

Leona

 

Quelques mois plus tard.

— Je n’arrive pas à réaliser qu’il ne reste qu’une semaine avant le mariage, commente Chiara en terminant son plat.

— Ne m’en parle pas, ça me parait si près et pourtant encore si loin, réponds-je en prenant une gorgée d’eau.

— Parce que ça fait des mois que nous le préparons.

J’acquiesce tout en reposant mon verre d’eau sur la table.

— Et pourtant nous avons été bien plus rapides que la moyenne. Sérieusement, comment des gens peuvent passer plus d’un an à organiser un mariage ? Il ne s’agit que d’une journée, appuie-t-elle en dépliant son index.

Un rire m’échappe en voyant sa large grimace d’incompréhension.

— C’est le temps nécessaire pour réserver tous les prestataires, expliqué-je en souriant. Si nous n’avions pas versé tous ces dessous-de-table, nous n’aurions jamais pu nous marier aussi vite.

— J’avais oublié ce détail, avoue-t-elle avec un sourire narquois aux lèvres.

Elle a adoré glisser toutes ces enveloppes pleines de billets en direction des différents prestataires pour les encourager à libérer leur planning à la date demandée.

— Et tout le monde n’a pas la chance de pouvoir moduler ses heures de travail comme nous pour rencontrer et sélectionner les prestataires, ajouté-je en riant. Heureusement que notre patron est compréhensif.

— Tu parles, il est juste impatient de marier son fils parce qu’il a trop peur que tu réalises ton erreur et que tu te barres en courant.

J’éclate de rire en secouant négativement la tête. Manfredi est seulement heureux de nous octroyer le plus de temps possible afin d’organiser ce mariage au plus vite comme nous le souhaitions, son fils et moi.

Grâce à toutes ces demi-journées accordées par Manfredi ainsi qu’aux divers pots-de-vin versés aux prestataires, notre mariage est fin prêt environ trois mois après sa demande. Le fait que nous n’avons convié qu’une trentaine de personnes ce jour-là a également grandement aidé à la rapidité de l’organisation. Roméo a préféré s’en tenir aux personnes proches de lui et des siens.

De mon côté, personne n’assistera à mon mariage.

Cela fait environ quatre mois que j’ai quitté Grand Rapids et je ressens toujours un vide dans mon cœur que quelques appels, qui sont généralement très brefs par sécurité, ne comblent pas. J’ai appris à vivre avec ce manque au quotidien et, grâce à la présence de Roméo, de Chiara, de Giulana et des autres, il ne s’agit plus d’un trou béant atrocement douloureux comme au début. Mais forcément, à l’approche d’un événement aussi important, l’absence de mes proches se fait plus pesante. Seulement, sur le papier, nous appartenons à deux camps ennemis et je suis une traitresse aux yeux du reste des Napolitains, donc ce serait trop risqué pour mes parents, mon frère ou Carlotta d’assister à la cérémonie. Même s’ils me manqueront ce jour-là, je refuse qu’ils se mettent en danger pour ça.

— Qu’est-ce que j’ai raté ? demande Giulana en tirant sa chaise pour se rasseoir après son passage aux toilettes.

Du coin de l’œil, je vois Dino se repositionner près du bar où il a une vue dégagée sur notre table. Il nous a suivies dans tous nos déplacements aujourd’hui alors que Giulana et Chiara, en tant que demoiselles d’honneur, m’avaient organisé un après-midi détente entre filles plus qu’agréable.

Nous avons commencé par du shopping puis nous nous sommes rendues à la dernière séance d’essayage de ma robe de mariée ainsi que celles des demoiselles d’honneur.

J’ai choisi une robe en satin de couleur blanche qui possède une coupe droite et dont les manches sont en dentelles. Je porterai une veste blanche, assortie à la robe, par-dessus, un accessoire qui s’avère indispensable compte tenu des températures déjà très fraiches à Chicago en ce début de mois de décembre.

Après cela, nous nous sommes rendues dans un spa dont nous sommes sorties plus que détendues et nous avons terminé la journée par un bon restaurant.

— On parlait du mariage qui approche à grands pas, lui réponds-je.

— J’ai hâte d’y être, rebondit-elle avec un large sourire.

— Moi aussi, avoue Chiara avec un sourire tendre. C’est bien qu’il ait trouvé quelqu’un qui le supporte, tout n’est pas perdu pour tous les autres chieurs de l’univers finalement, se reprend-elle en affichant une mine plus malicieuse.

— Tu es contente pour ton frère, réponds-je en lui montrant clairement que sa diversion ne fonctionne pas.

Quoi qu’elle en dise, elle adore son grand frère et ça la ravit de le savoir heureux. Après avoir passé autant de temps avec elle ces derniers mois, je peux affirmer connaitre presque par cœur ma belle-sœur. Je sais pertinemment quand elle cherche à masquer ses véritables émotions derrière de la moquerie.

Elle m’adresse un sourire en coin en réponse, consciente que ce tour ne marche plus avec moi.

— Sortons danser en boite de nuit pour terminer cette journée en beauté, décrète-t-elle.

Giulana émet un faible rire.

— Je suis la seule à avoir l’âge légal pour ça, lui rappelle-t-elle.

Elle marque un point, même si Chiara est désormais une adulte et que j’ai aussi pris un an et suis passée dans la vingtaine, nous n’avons toujours pas l’âge légal pour pénétrer dans ce genre d’établissement.

— Il doit bien connaitre des gens qui nous laisseront entrer, répond Chiara en désignant Dino d’un coup de menton.

Ce dernier a le nez dans son téléphone. Il ne parait pas du tout concentré dans son rôle de garde du corps et en même temps, la menace ne doit pas être bien réelle, Léandro aurait placé tout un escadron de soldats autour de Giulana s’il y avait un quelconque danger. 

— Je ne suis pas certaine qu’il acceptera de nous y emmener, avoue Giulana en jetant également un coup d’œil en direction de Dino.

— Mais ça te tenterait bien ? insiste Chiara.

Giulana affiche une moue hésitante tout en haussant les épaules.

— Pourquoi pas. Je n’y suis jamais allée…

— N’en dis pas plus, la coupe Chiara, on y va. Leona, qu’est-ce que tu en penses ?

Un sourire se forme sur mes lèvres.

— Si vous êtes partantes, je le suis aussi, acquiescé-je. 

Ce sera également une nouvelle expérience pour moi et je dois avouer que ça me provoque beaucoup d’excitation.

— Dans ce cas, c’est réglé. Il ne reste plus qu’à le soudoyer. Je suis devenue une pro dans ce domaine, dit-elle avec un sourire de connivence.

— Je ne pense pas qu’il acceptera une grosse enveloppe, nié-je en riant.

— Dino sera d’accord, c’est Léandro et Roméo qu’il faudra réussir à convaincre, s’immisce Giulana avec un air conspirateur sur le visage qui me fait sourire.

— Tu crois qu’il va les avertir ? demande Chiara.

Elle parait réellement étonnée et je réalise alors qu’elle n’a jamais été témoin de la possessivité de Roméo, le contexte ne s’y prêtant pas. 

— Il va s’empresser de le faire, acquiesce Giulana.

— Je suis persuadée qu’il les tient informés en temps réel de nos mouvements, appuyé-je en jetant un coup d’œil dans sa direction.

— Dans ce cas, il suffit de lui retirer son téléphone, décrète Chiara.

Giulana et moi rions à sa plaisanterie avant de nous rendre compte qu’elle est parfaitement sérieuse.

— Nous sommes trois contre lui, étaie la jolie brunette.

— Ce n’est pas une bonne idée, répond Giulana. Je ne veux rien cacher à Léandro.

— Je suis d’accord, m’immiscé-je. Roméo serait furieux. Je n’ai aucune envie de me disputer avec mon fiancé une semaine avant notre mariage, terminé-je en riant.

Chiara soupire en levant les yeux au ciel, se fichant complètement de la colère de son frère qu’elle a l’habitude de provoquer.

— Comment on fait alors ?

— On leur dit la vérité sans pour autant leur laisser l’occasion de refuser, proposé-je à Giulana.

— Ça me va, acquiesce-t-elle en souriant.

— Allons-y, s’enthousiasme Chiara en poussant immédiatement sa chaise.

Je me lève à mon tour et passe machinalement mes mains sur ma jupe bordeaux pour la défroisser tout en vérifiant que mon collant noir ne comporte pas de plis. Puis je saisis ma veste et la pose sur mon bras avant d’attraper mon sac à main et suivre Chiara et Giulana jusqu’au bar pour rejoindre Dino.

Il fronce les sourcils d’un air méfiant en nous regardant nous approcher de lui d’un pas déterminé.

— Nous avons décidé de sortir dans un club, décrète Chiara en se postant sous son nez. Tu vas nous y conduire.

— Essaie d’y mettre une formule de politesse et peut-être que j’y réfléchirais, répond-il avec un sourire moqueur aux lèvres.

— On aimerait aller danser et tu as certainement tes entrées partout. Est-ce que tu pourrais nous emmener quelque part, s’il te plait ? lui demandé-je avec un sourire poli.

— Ça nous ferait très plaisir, appuie Giulana. C’est pour fêter l’enterrement de vie de jeune fille de Leona.

Dino nous regarde à tour de rôle en faisant mine de réfléchir à notre demande puis soudainement, il se plonge dans son téléphone.

— Qu’est-ce que tu fais ? s’enquière Chiara en se penchant au-dessus de son écran pour voir. Je rêve, tu leur demandes la permission…

Elle essaie de lui arracher son téléphone des mains, mais Dino esquive son attaque et le place hors de portée de ses doigts.

— Je ne veux pas de problèmes avec eux, acquiesce-t-il.

— J’en étais sûre, commente Giulana avec un sourire amusé au coin des lèvres.

— Dino, s’il te plait, il ne peut rien nous arriver, plaidé-je notre cause. On souhaite seulement danser, rigoler entre nous, et…

— Tes plans sont toujours foireux, m’accuse-t-il.

— C’est faux, rié-je devant sa mine outragée. Je te promets que ça ne te retombera pas dessus.

Je lève une main devant moi en guise de promesse solennelle.

— C’est bon, tu m’as convaincu, répond-il en soupirant faussement. Je règle votre note et nous y allons.

Je souris grandement, tout comme mes acolytes.

Quelques minutes plus tard, nous nous garons sur le parking d’une boite de nuit appelée « The Underground ».

— Sérieusement ? C’est genre l’endroit le plus en vogue de Chicago, s’exclame Chiara.

Visiblement surexcitée, elle sort immédiatement du véhicule. Nous l’imitons plus calmement.

— Il parait qu’il y a des célébrités chaque soir, continue Chiara d’un ton toujours aussi enthousiasmé.

— C’est le cas, confirme Dino avec un sourire au coin des lèvres. Il y a également toute la jeunesse dorée de Chicago. Les videurs à l’entrée sont très sélectifs et l’établissement est entièrement sécurisé. S’il y a un endroit où ça ne choquera personne que vous soyez escortées par un garde du corps et où vous serez tranquilles pour danser, c’est ici.

J’acquiesce spontanément de la tête, clairement impressionnée, mais surtout très satisfaite de son choix.

— Tu es au courant que personne ne te prend pour un garde du corps ? lui demande innocemment Chiara.

— Tu es au courant que je peux encore te ramener chez toi ? rétorque-t-il sur le même ton.

Chiara lui adresse un sourire faussement désolé.

— On y va ? nous presse Giulana en resserrant les pans de son manteau long. 

La température s’est bien rafraichie avec la tombée de la nuit, la pauvre ne porte qu’une robe beige avec un fin collant transparent, elle doit avoir froid.

Chiara sautille sur place, ce n’est pas à cause de l’air sur ses jambes puisqu’elle porte un jean, mais bien parce qu’elle est pressée d’y aller.

Dino se lance et nous lui emboitons le pas. Lorsque nous arrivons près du club, il n’est nullement gêné par le fait de passer devant tout le monde en remontant la petite queue se trouvant devant la boite de nuit pour se présenter directement à l’entrée. Un videur sort alors de l’établissement pour nous accueillir. Sans un mot, il nous fait signe d’entrer sans chercher à contrôler notre identité, notre âge ou autre.

Encore une fois, j’affiche une mine impressionnée à laquelle Dino ne peut s’empêcher de répondre par un sourire narquois.

Après avoir confié nos affaires à une hôtesse d’accueil, nous sommes escortés par une seconde femme jusqu’à d’autres portes derrière lesquelles s’échappe une musique électronique. Dès lors qu’elle pousse les battants, le volume se fait bien plus fort tandis que nous avons une vue dégagée sur la salle déjà bien remplie et la piste de danse pleine à craquer.

— Par ici, nous invite la femme en virant tout de suite à gauche.

Nous la suivons vers un espace plus reculé, bien en retrait par rapport à la piste de danse et la cabine du DJ, où la musique est moins forte, mais tout de même bien audible et où la foule est moins dense.

— Installez-vous, nous invite-t-elle en nous désignant une table ronde entourée par une banquette en demi-cercle. 

— Vous voulez boire quelque chose ? nous demande Dino. Champagne ? continue-t-il en regardant Giulana.

— Pourquoi pas, acquiesce cette dernière avec un grand sourire. Nous avons quelque chose à fêter après tout.

— C’est vrai, acquiescé-je.

— Une bouteille de champagne, la meilleure que vous avez, commande-t-il auprès de la serveuse. 

Avec un sourire poli, cette dernière s’éloigne en direction du bar.

— Installez-vous. Je dois saluer quelques personnes, je ne serai pas loin, restez là en attendant, nous ordonne Dino.

Giulana opine avant de s’asseoir sur la banquette. Chiara et moi l’imitons de sorte que je me retrouve entre elles.

— Je ne m’attendais pas à un tel endroit, c’est sensationnel, s’extasie Chiara en regardant partout autour de nous.

— Je reconnais que c’est plutôt sympathique comme endroit, acquiesce Giulana. Et la musique n’est pas si mal.

— Le lieu est validé, on reviendra, décrété-je.

La serveuse retourne alors vers nous et dépose sur la petite table ronde un seau contenant des coupes ainsi qu’une bouteille de champagne qu’elle se hâte de déboucher devant nous.

— Je vous sers ? demande-t-elle gentiment.

— Avec plaisir, s’empresse de répondre Chiara en distribuant les verres.

Je suis étonnée de constater que les coupes sont en plastique, elles donnent l’impression d’être en cristal et l’illusion est vraiment trompeuse, si elles n’étaient pas aussi légères, je ne m’en serais pas aperçue.

— Bonne soirée, nous souhaite la serveuse en reposant la bouteille dans le seau.

— Merci.

Je la regarde s’éloigner puis Giulana attire mon attention vers elle en levant sa coupe.

— À ton futur mariage, annonce-t-elle. Je vous souhaite beaucoup de bonheur.

Je lui souris grandement avant de faire tinter ma coupe contre la sienne.

— À mon futur mariage, répété-je.

— Puisses-tu le supporter éternellement, ajoute Chiara. Pour son bien, ajoute-t-elle avec un sourire plus tendre.

Je trinque avec elle en lui renvoyant son sourire. Puis nous buvons toutes les trois une gorgée de champagne.

— Il est délicieux, commenté-je en regardant l’intérieur de mon verre comme pour en étudier la robe dorée.

— J’ai hâte d’aller danser, s’extasie Chiara.

Lorsque je relève les yeux en direction de la piste de danse, mon regard est attiré par une chevelure rousse flamboyante et ne peut s’en détacher jusqu’à ce que la fille tourne enfin la tête vers moi. Mes yeux s’élargissent en reconnaissant Arielle. Je ne l’ai pas revue depuis… Je touche inconsciemment ma hanche même si plus rien ne se trouve à cet endroit après mes séances de laser réussies. Mon ancienne « partenaire de danse » est soumise à la même émotion en me voyant et me le montre en entrouvrant les lèvres de stupeur. Puis soudainement, elle coupe le contact visuel en tournant la tête en direction d’un homme à côté d’elle qui semblait lui parler afin de lui répondre. 

— Est-ce que ça va ? me demande Giulana.

Je détourne à mon tour le regard et croise celui de mon amie blonde aux grands yeux bleus inquiets.

— Tu as des crampes d’estomac ? C’est le champagne qui ne passe pas ? continue-t-elle.

Je retire immédiatement ma main de mon ventre en hochant négativement la tête.

— Ça va, ne t’inquiète pas.

— Ne me dis pas que tu es enceinte, râle Chiara, tu as encore beaucoup trop à apprendre, interdiction de prendre un congé avant plusieurs années.

Je ris en secouant négativement la tête.

— Ce n’est pas dans nos projets, je prends assidument ma pilule, ne t’en fais pas.

— Tu m’en vois rassurée, me répond-elle avec un large sourire. Je n’ai pas envie de me retrouver seule avec papa. Je l’adore, mais il est parfois épuisant, soupire-t-elle.

— Tu exagères, il nous enseigne beaucoup de choses, dis-je en souriant.

— C’est surtout moi qui lui apprends à construire un site internet, rétorque Chiara.

— C’était vraiment une très bonne idée ce site d’ailleurs, la félicite Giulana. C’est l’occasion de mieux vous faire connaitre.

— Merci, répond la brune avec un large sourire, clairement fière de son initiative. On devrait ouvrir les commandes d’ici un ou deux mois. 

— Je suis persuadée qu’il y aura de la demande.

À nouveau, Chiara affiche un grand sourire face à la confiance de Giulana.

— On sera bientôt débordés de travail grâce à toi, félicitations, dis-je en levant ma coupe en direction de ma belle-sœur.

Elle trinque avec beaucoup de gaieté avant d’avaler une longue gorgée de la boisson pétillante. Je l’imite.

— Et toi, alors, où tu en es dans ton bouquin ? demandé-je à Giulana.

Elle hausse les épaules avec un sourire timide aux lèvres.

— Ça avance doucement. J’écris seulement quand je n’ai pas envie de lire, c’est juste un passe-temps, je n’ai pas pour ambition de le faire lire à qui que ce soit.

— Pourquoi pas ? Moi, je souhaiterais le lire.

Elle rougit en hochant négativement la tête.

— C’est juste pour moi, répète-t-elle. J’aurais trop peur que tu trouves ça très médiocre.

— Comme tu voudras, mais je suis persuadée que tu es en train d’écrire un best-seller.

Elle éclate de rire en secouant négativement la tête.

— J’ai lu beaucoup de livres durant mon séjour au centre comme il n’y avait pas d’autres sources de distraction, commente Chiara. Il n’y avait que des romances niaises, du genre grand ciel bleu sans nuages avec un arc-en-ciel hyper lumineux, le type ultra doux, attentionné, dégoulinant d’amour à toutes les pages… Bref, j’étais sceptique au début, je passais mon temps à rouler des yeux, ça m’en donnait même des migraines. Mais à la fin, j’ai fini par y croire, ce modèle rare d’homme idéal existe peut-être…

Elle laisse sa phrase en suspens tout en affichant une mine à la fois rêveuse, mais tout de même encore un peu septique.

— Bien entendu que le prince charmant existe, lui assuré-je.

— Il n’existe pas qu’un seul modèle d’homme idéal, lui répond Giulana avec un sourire tendre aux lèvres. Il existe autant de versions qu’il y a de personnes le cherchant. Ce n’est pas une généralité. Nous avons chacun nos gouts, nos critères, nos préférences… Tu ne dois pas chercher un homme parfait. Tu dois trouver celui qui est parfait pour toi, reformule-t-elle. Celui qui te rendra heureuse et te donnera envie de vieillir à ses côtés. Et c’est en réalisant qu’il est l’élu de ton cœur que cet homme deviendra ton idéal.

— C’est beau, soufflé-je en regardant Giulana avec des étoiles dans les yeux et le cœur battant la chamade.

— Je devrais le noter quelque part, acquiesce la blonde avec un sourire.

— Pas la peine, c’est gravé dans ma mémoire, lui assure Chiara avec un sourire presque timide aux lèvres. Merci, Giulana.

— Ce n’était rien, répond-elle en tournant la tête presque gênée.

— Tu vois, je suis encore plus certaine de vouloir lire tes écrits, lui dis-je.

Elle rit nerveusement alors que de nouvelles rougeurs se forment sur ses joues.

— On dirait bien que ton idéal se présente à toi, commente Chiara.

Nous tournons la tête dans la direction qu’elle indique du menton et remarquons Léandro et Roméo près des portes du club. Avec leurs imposantes carrures, ils semblent occuper tout l’espace. Ils attirent forcément l’attention de quelques personnes qui doivent sentir la menace qui émane de ces deux hommes tout de noir vêtus. Ils scannent rapidement la foule de danseurs avant de tourner la tête en direction des tables isolées et ils nous aperçoivent. Aussitôt, ils se mettent en marche.

— La cavalerie arrive, commente Chiara en portant son verre jusqu’à ses lèvres souriantes. Je ferais mieux de finir ça tant que je le peux encore.

Elle soulève son verre et le termine d’une seule longue gorgée. Puis elle le repose sur la table en souriant innocemment à son frère dont les sourcils froncés soulignent sa contrariété.

— Allez, j’y vais, décrète-t-elle en se levant de la banquette.

— Où vas-tu ? lui demandé-je en reportant mon attention sur elle.

— Danser. Je n’ai aucune envie de tenir la chandelle.

En effectuant des pas chassés, elle contourne la table afin de sortir à l’autre bout de la banquette pile au moment où Léandro et Roméo nous rejoignent.

— Reste par ici, lui ordonne Roméo alors qu’elle s’échappe sur un côté.

Il tente de lui attraper le poignet, mais elle l’évite et sautille le plus loin possible.

— À tout à l’heure, nous dit-elle en tournant les talons.

Je glisse plus loin sur la banquette et Giulana en fait de même afin de laisser de la place en bout pour Léandro. Ce dernier ne se fait pas prier pour s’asseoir à côté de sa femme tandis que Roméo regarde sa sœur se mêler à la foule de danseurs.

— Tout s’est bien passé ? questionne Léandro sur ma droite.

— Impeccable, lui répond Giulana. On a passé un super moment toutes les trois.

J’acquiesce en reportant mon attention sur eux, un large sourire aux lèvres.

— Et toi, ça a été avec Aurora ? lui demande-t-elle en posant négligemment sa main sur sa cuisse.

— Elle te cherchait pour le coucher, elle a mis plus de temps que d’habitude à s’endormir, mais à part ça, tout s’est bien passé, lui révèle son mari en glissant un bras derrière elle afin de déposer sa main sur sa hanche.

Je souris mécaniquement devant ces petits gestes qu’ils ont constamment l’un envers l’autre.

— Tant mieux, lui répond-elle.

— Gianni m’a proposé de la garder pour que je puisse te rejoindre ici.

— Afin de venir danser avec moi ? lui demande-t-elle avec un sourire au coin des lèvres.

Il hoche négativement la tête en attrapant sa nuque dans sa large paume.

— Afin de m’assurer que personne ne s’approche de ma femme, grogne-t-il avant de poser brusquement ses lèvres contre celles de Giulana.

Même si je suis habituée à ce geste de la part de ces deux tourtereaux pour qui la passion semble toujours aussi vive qu’au commencement, je détourne tout de même le regard pour leur laisser ce moment d’intimité.

Mon attention est alors attirée par la chevelure d’Arielle qui vire rapidement la tête lorsque nos regards se croisent. Pour je ne sais quelle raison, je ressens une pointe de gêne. Elle ne doit pas comprendre ce que je fais là, à la même table que Léandro Bellochi et sa femme, mais surtout en compagnie de Roméo. J’ignore si elle est au courant de notre futur mariage, ce qu’elle en pense… Je secoue la tête pour me sortir ce genre de pensées de l’esprit puis je reporte mon attention sur Roméo qui se glisse entre la table et la banquette afin de me rejoindre. Je souris largement, ma gêne complètement envolée alors que mon amour pour cet homme déborde de tous mes pores et me fait oublier tout le reste et notamment le regard des autres et leur opinion sur ma vie sentimentale.

Il s’assied sur la banquette en me souriant puis il attrape mon menton et sans attendre qu’il tire dessus, je rapproche mes lèvres des siennes afin de l’embrasser, posant une main sur sa cuisse pour me stabiliser.

— Et toi, quelle est ton excuse pour nous avoir rejoints ? plaisanté-je en m’éloignant de ses lèvres. 

— Dino n’est pas assez terrifiant pour dissuader quiconque de s’approcher de vous, me répond-il le plus simplement du monde en passant son bras autour de mes épaules afin de me coller à lui.

— Tu exagères, dis-je en riant. Il y est parvenu jusqu’à maintenant.

— Le contexte n’était pas le même. Dans un endroit à l’ambiance aussi festive, les risques sont plus élevés.

— Quels risques ? Celui de faire la rencontre d’un homme moins possessif et qui ait confiance en moi ?

— Je te fais entièrement confiance, nie-t-il aussitôt. C’est à moi que je ne fais pas confiance. Si je ne m’assure pas moi-même que tout va bien, je vais devenir parano, m’imaginer des trucs délirants et débarquer ici pour commettre un massacre.

Et forcément, même s’il s’agit d’une plaisanterie, mon esprit fait le lien avec son précédent massacre et je me sens soudainement moins amusée.

— Arielle est ici, lui révélé-je en regardant en direction de la piste.

Immanquablement, je croise à nouveau le regard de la rousse et peux lire toute la stupeur qu’elle ressent en me voyant aussi proche de Roméo juste avant qu’elle tourne brusquement la tête dans l’autre direction.

Je ne me sens pas embarrassée et ne cherche absolument pas à me détacher de mon fiancé. Je n’ai pas honte de notre histoire, notre parcours a été plus que chaotique, mais nous avons tout de même réussi à avancer afin de créer quelque chose de pur et sincère dont je ne me séparerais jamais. Tant pis si les gens ne nous comprennent pas, m’estiment complètement folle et disent du mal de moi derrière mon dos. Je suis heureuse, bien entourée, aimée, choyée, écoutée, soutenue, j’ai trouvé une source de bonheur dans cette ville, dans cette vie, et je ne reviendrais pas en arrière.

— Le type avec elle est un riche héritier, m’explique Roméo. Il a remboursé l’intégralité de sa dette ainsi que les intérêts dès leur première rencontre.

— Ah bon ?

— Ça fait des mois qu’elle est libre, acquiesce-t-il.

Tant mieux. Je suis contente pour elle. En plus, elle parait très heureuse avec cet homme. Je leur souhaite beaucoup de bonheur tous les deux. Un faible sourire nait au coin de mes lèvres avant que je tourne la tête pour me concentrer sur mon fiancé avec qui je vais partager le reste de ma vie. Je ne possède aucun doute là-dessus. Il n’y a qu’en m’arrachant le cœur qu’on parviendra à m’éloigner de Roméo.

— Vivement la semaine prochaine, lui murmuré-je. À cette heure-ci, nous serons mari et femme. J’ai hâte, ronronné-je en enfouissant ma tête dans son cou.

À la même heure, je nous imagine en train de profiter des derniers invités restant sur la piste avant de nous éclipser pour célébrer plus intimement notre union. Où ? Je n’en ai aucune idée. C’est la seule chose dont je ne me suis pas occupée parce que Roméo tenait à réserver lui-même l’endroit où nous passerons notre nuit de noces.

— Qu’est-ce que tu as prévu pour notre première nuit en tant que mari et femme ? lui susurré-je à l’oreille.

Je devine son sourire à la façon dont sa pommette se soulève et je recule ma tête afin d’en être témoin alors qu’il tourne la sienne vers moi, une expression carnassière sur le visage.

— C’est une surprise, mais attends-toi à ce que la nuit soit torride, me met-il faussement en garde.

Il rapproche à son tour ses lèvres de mon oreille afin de me susurrer quelques paroles indécentes.

— Je compte faire l’amour à ma femme, mais également la prendre fermement et rapidement comme elle aime... Et cela, dans toutes les positions possibles et imaginables durant toute la nuit.

Je sens mes joues chauffer alors que ma température corporelle grimpe en flèche. J’avale péniblement ma salive tandis qu’une coulée de lave semble se répandre à l’intérieur de mon vagin.

— Je vais marquer le corps de ma femme de toutes les façons envisageables, dit-il en mordillant mon lobe d’oreille, et prendre possession de tous les endroits que tu me laisseras pénétrer. Je t’obligerai à gémir mon nom toute la nuit, m’assure-t-il à l’oreille d’une voix rauque et diablement sexy.

Mon corps frissonne d’impatience alors qu’une forte dose d’excitation se répand dans tout mon être. J’ignore si ce sont ses paroles coquines, sa voix enrouée de désir, son souffle chaud contre mon oreille ou tout simplement un excès d’envie, mais je me prête au jeu et réponds d’une manière aussi provocatrice à ses promesses de plaisir intense.

— Qui sait, en guise de cadeau de mariage, je pourrais bien accepter la totale, murmuré-je en tournant la tête vers lui.

Nos regards se croisent et j’observe avec une grande fascination la dilatation extrême de ses pupilles face à cette demi-promesse plus qu’alléchante à ses oreilles. C’est son fantasme. Son rêve. Il veut me posséder entièrement.

— Tu as bu combien de verres ? me demande-t-il suspicieusement en jetant un coup d’œil en direction de la bouteille.

— Je n’ai bu qu’une seule coupe, réponds-je. Je suis sobre et parfaitement lucide, Roméo. Je sais ce que je dis. Je sais ce que j’initie, reformulé-je en frôlant ses lèvres avec les miennes.

Il n’a pas le monopole des paroles tentatrices, j’aime également lui susurrer quelques mots afin d’éveiller son désir. Encore plus lorsque nous sommes dans un lieu public où il nous est impossible d’assouvir notre besoin de l’autre. La frustration n’en est que plus grande quand nous nous jetons l’un sur l’autre et le plaisir par la suite n’en est que plus intense.

— Je bande carrément, avoue-t-il d’une voix presque plaintive en attrapant ma nuque.

— Tout à l’heure, lui promets-je en serrant sa cuisse entre mes doigts.

Un grognement animal s’échappe de ses lèvres avant qu’il ne capture les miennes pour un baiser fougueux.

— Allons danser, me propose Giulana lorsque Roméo et moi nous séparons pour reprendre notre souffle.

— Je suis totalement partante, acquiescé-je en me tournant vers elle.

J’adresse un sourire coquin à mon futur mari tout en enjambant ses jambes pour sortir puis Giulana et moi rejoignons Chiara sur la piste de danse en souriant largement. Et nous y restons une bonne partie de la nuit. Nous nous amusons comme des folles sous l’œil attentif de Léandro et Roméo, et celui plus distrait de Dino.

 

OceanofPDF.com

Epilogue

 

Une image contenant heurtoir Description générée automatiquement

 

Leona

 

Assise sur le siège passager de la berline de Roméo, un large sourire aux lèvres, je fais signe aux derniers invités par la fenêtre tandis que nous quittons le lieu de réception de notre mariage.

L’esprit rempli de magnifiques souvenirs de cette fabuleuse journée, je m’appuie contre le siège en soupirant d’aise. Tout s’est merveilleusement bien passé. Et même si je ne parviens pas encore à le réaliser, nous pouvons enfin dire que nous sommes mariés. Unis pour le meilleur et pour le pire jusqu’à ce que la mort nous sépare. Mari et femme. C’est juste… incroyable.

Je me sens obligée de regarder mon alliance, un anneau en or blanc serti de diamants, pour être certaine qu’il ne s’agit pas d’un rêve.

Puis, je tourne la tête en direction de mon époux alors qu’il me conduit vers un lieu toujours tenu secret dans lequel nous passerons notre nuit de noces.

Mon cœur se met à battre plus vite quand mes yeux se posent sur l’homme que j’aime. L’amour de ma vie. Je le trouve encore plus beau que d’habitude. Même s’il s’est apprêté pour l’occasion en se rendant chez le coiffeur et le barbier ainsi qu’en revêtant un costume complet, il garde ce côté sauvage, cette beauté naturelle, qui me charme tant. Mon mari est l’être le plus beau au monde. Je ne suis pas seulement heureuse de l’avoir épousé, j’en suis fière. Je suis fière de porter son nom, de partager sa vie, de l’avoir à mes côtés pour l’éternité.

— Je t’aime tellement, lui soufflé-je en lui souriant tendrement, le regard brillant d’une multitude d’émotions.

Mon cœur cogne si fort contre ma poitrine à cause de ce débordement d’amour et de joie que ça en devient douloureux et en même temps, je me sens si légère que j’ai l’impression de flotter sur un nuage de bonheur.

Un sourire se dessine spontanément au coin de ses lèvres alors qu’il porte son attention sur moi, les yeux aussi scintillants que les miens.

— J’ai une surprise pour toi, Topolina, murmure-t-il. Ouvre la boite à gants.

Il donne un coup de menton en direction du compartiment indiqué alors que mes yeux s’élargissent. Mon sourire tendre se transforme en une grimace d’impatience tandis qu’une vague d’excitation se répand en moi et m’oblige à tendre aussitôt la main en direction de la poignée de la boite à gants.

Je découvre à l’intérieur de celle-ci une boite rectangulaire de couleur rouge enveloppée d’un ruban noir. Tout en prenant l’objet entre mes doigts, j’interroge Roméo du regard sur son contenu. Les dimensions de la boite sont bien trop grandes pour qu’elle contienne un bijou, mais trop petites pour que ce soit de la lingerie. Il s’agit peut-être d’un coffret de crèmes de soin, mais je n’imagine pas Roméo choisir un tel cadeau… Je n’ai vraiment aucune idée de ce que cette boite pourrait renfermer.

— Ouvre-la, m’encourage mon mari en devinant mes pensées.

Excitée et impatiente de découvrir ce qu’il m’a offert, je tire sur le ruban et en dispose rapidement avant d’ouvrir la boite d’une main presque tremblante. Mes lèvres s’entrouvrent spontanément lorsque mes yeux se posent sur des billets d’avion.

— Nous partons en voyage de noces, deviné-je enfin avec un large sourire aux lèvres.

— Juste après le Nouvel An, acquiesce-t-il.

— Pendant deux semaines aux Bahamas, lis-je en même temps.

Je tourne la tête vers lui, à la fois ahurie par ma découverte, mais aussi très contente à l’idée de faire ce voyage avec lui.

— Je me suis arrangé avec ton patron, il a validé tes vacances, me dit-il en souriant.

— J’imagine, répliqué-je en riant. Merci, Roméo, c’est… j’ai tellement hâte d’y être, affirmé-je en regardant de nouveau les billets. Ce sera génial, j’en suis certaine.

— J’en suis sûr aussi, me répond-il d’une voix plus rauque qui me donne automatiquement des frissons. Ce n’est pas fini, m’annonce-t-il en se garant sur le bas-côté.

Il immobilise le véhicule sans couper le moteur, me montrant que nous ne sommes pas arrivés à destination, puis il m’accorde toute son attention.

— Regarde derrière le couvercle, m’ordonne-t-il.

Mes sourcils se froncent à nouveau alors qu’un rire d’excitation s’échappe de mes lèvres. Je reprends le couvercle de la boite dans mes mains et le tourne pour voir l’intérieur. Je découvre un morceau de papier scotché dedans. Sans savoir pourquoi mon corps se met à trembler tandis que je m’en empare et le déplie.

Encore une fois, la surprise déforme mes traits lorsque je contemple le portrait majestueux du visage d’un lion en noir et blanc. Les lignes, les reliefs, les ombres, tout est impeccable et rend ce dessin en noir et blanc absolument magnifique. L’artiste a réalisé un travail à couper le souffle.

— Il te plait ? me demande Roméo alors que ma stupeur m’a rendue muette.

— Il est splendide, soufflé-je.

Je tourne la feuille dans sa direction en même temps que je reporte mon attention sur lui.

— Qu’est-ce que c’est ? l’interrogé-je.

— Mon futur tatouage.

Mon cœur manque un battement avant de se remettre à battre furieusement lorsque je réalise que ce tatouage a été imaginé en mon honneur.

— Je t’appelle Topolina, mais j’ai toujours pensé que tu avais le courage et la force de caractère d’un lion. Personne ne porte mieux son prénom que toi, Leona, m’explique-t-il avec un sourire.

Je me mets inexplicablement à rougir en entendant ses compliments. Ce ne sont pourtant pas les premiers qu’il me fait ni les derniers, mais je réagis toujours de cette façon lorsqu’il me témoigne sa fierté et son affection.

— J’ai su dès le début de cette histoire que tu allais marquer ma vie et que je finirais par graver un symbole de toi sur ma peau. À ce moment-là, j’ignorais encore quel dessin je demanderais, mais aussi à quel endroit je souhaiterais le faire tatouer. Désormais, ça me parait tout à fait logique de tatouer ce lion sur ma main pour marquer mon appartenance envers toi, au même titre que celle que j’ai jurée envers la ‘Ndrangheta.

— Tu vas le tatouer sur ta main ? répété-je, ahurie, l’émotion commençant à monter. 

— Vous avez la même importance à mes yeux, acquiesce-t-il.

Des larmes se forment aussitôt dans mes yeux. Pour le reste de la population, cette affirmation peut sembler grossière et stupide, mais pour moi, il s’agit d’une très belle déclaration d’amour. Une véritable preuve d’appartenance, d’attachement, de dévotion, d’amour. D’un côté, il y aura la pieuvre, de l’autre, le lion, il nous place à égalité.

— Je te jure fidélité et allégeance pour toujours, Leona Perchino, conclut-il.

Je me penche vers lui sans réfléchir et il me rejoint à mi-chemin afin de me donner un long baiser.

— Merci, murmuré-je contre ses lèvres, ça me touche énormément.

Je lis dans son regard toute la satisfaction qu’il ressent en entendant mon aveu. J’ai saisi la symbolique du geste, la portée de cet engagement et ça lui tenait apparemment à cœur que je comprenne sa déclaration d’amour. 

Roméo n’est pas quelqu’un de romantique, il ne m’offrira pas des fleurs, il ne me préparera pas de diners aux chandelles, mais ça ne l’empêchera pas de me démontrer la force de son attachement par des gestes plus symboliques et ça me convient parfaitement. Ça m’émeut et me ravit tout autant. 

— Prête à découvrir ma dernière surprise ? me demande-t-il en s’éloignant avec un sourire carnassier aux lèvres.

Et cette fois, son regard se charge d’un certain désir alors qu’il me contemple.

— Totalement prête, acquiescé-je en sentant également mon corps s’échauffer. J’ai hâte, ajouté-je d’une voix rauque.

Il passe lentement sa langue sur ses lèvres, visiblement émoustillé par mon désir. Puis nous nous remettons en route, de façon bien plus pressée.

 

Une image contenant heurtoir Description générée automatiquement

Leona

 

Quelques minutes plus tard, nous avons confié notre véhicule au voiturier d’un somptueux palace tandis que Roméo me menait à l’intérieur de l’immense édifice où un maitre d’hôtel, vêtu d’un élégant smoking noir, nous a accueillis malgré l’heure tardive pour nous conduire jusqu’à notre chambre.

Main dans la main, nous avons traversé le hall de l’hôtel et j’ai été subjuguée par le décor à la fois fastueux et pourtant chaleureux du lieu. J’étais littéralement en admiration devant tous ces lustres en cristal et ces gigantesques statues qui ornent le rez-de-chaussée de ce palace.

Puis lorsque nous sommes arrivés au pied d’un imposant escalier, Roméo a lâché ma main afin de glisser un bras sous mes jambes et avec un large sourire, il m’a soulevée dans les airs. C’est ainsi que, façon jeunes mariés, nous sommes montés à l’étage et nous avons traversé un long couloir pour rejoindre la dernière porte portant l’inscription de « Suite Royale ».

— Encore toutes mes félicitations, nous dit le maitre d’hôtel avant de s’éclipser après nous avoir ouvert la porte.

Toujours dans les bras de Roméo, je souris largement en regardant partout autour de moi tandis que mon mari ferme à clé notre suite.

L’un des murs du vestibule est couvert d’une tapisserie française absolument sublime qui offre une mise en bouche très appétissante. Tout m’indique que le reste de la décoration de cette chambre sera tout autant magnifique.

— Bienvenue dans notre suite royale, me murmure Roméo tout en avançant.

Je souris largement avant de déposer un baiser sur sa joue.

— Cet endroit est splendide.

— Tu n’as encore rien vu.

Mes lèvres s’entrouvrent alors que nous pénétrons dans un petit salon composé de canapés et de fauteuils anciens de style français ainsi que d’un imposant lustre, le tout me donnant l’impression de me trouver à Versailles. Là encore, tout est magnifique, mais Roméo ne s’attarde que brièvement dans cette pièce et continue son chemin. Nous passons au milieu d’une salle à manger de même style et d’époque identique allant parfaitement avec le thème de la royauté française que semble posséder cette suite aux murs tendus de tapisseries, ornés de quelques toiles datant de plusieurs siècles en arrière.

Nous pénétrons alors dans ce que je suppose être la partie nuit et mes yeux se posent aussitôt sur la petite estrade couverte d’une moquette rouge, très certainement soyeuse, sur laquelle repose un somptueux trône aux moulures dorées et au tissu de couleur bordeaux sous un dais tout autant magnifiquement travaillé.

— Voici votre trône, ma reine, plaisante-t-il en me redéposant sur le sol.

Un rire m’échappe alors que je tourne sur moi-même et constate que cette petite « salle du trône » débouche sur une chambre à coucher dont les portes sont ouvertes et laissent entrevoir un lit à baldaquin restant dans le même thème que le reste de la suite.

Je me répète, mais cette suite est splendide. Les tapisseries, les lustres, les tapis, les tableaux, les antiquités et même les vases remplis de fleurs, tout est parfait. Cette ambiance royale aussi belle que riche d’histoire me plait énormément.

Roméo ne pouvait pas mieux choisir comme endroit pour notre nuit de noces.

— Si ceci est mon trône, réponds-je finalement en me tournant vers lui, où se trouve le tien, mon roi ?

Je souris largement alors qu’il pose doucement ses paumes sur mes joues et se penche pour embrasser chastement mes lèvres.

— Assieds-toi, je vais te montrer, me susurre-t-il.

Sans attendre de réponse de ma part, il glisse sa main dans la mienne et m’entraine avec lui jusqu’au trône. Il m’incite à m’y asseoir et je m’y oblige en riant. Je lisse machinalement les plis de ma robe de mariée avant de m’installer confortablement dans mon siège en ayant réellement l’impression d’être une reine.

À ma grande surprise, Roméo monte également sur la petite estrade et s’agenouille devant moi.

— Qu’est-ce que tu fais ? m’étonné-je alors qu’un nouveau rire m’échappe.

— C’est là que j’ai envie de siéger, entre tes cuisses, vénérant ma reine comme elle le mérite, me répond-il d’une voix rauque et très sérieuse.

Un frisson intense me parcourt le dos tandis qu’il attrape le bas de ma robe entre ses doigts et remonte lentement le tissu, découvrant ainsi mes jambes jusqu’à mes genoux. Je ne ressens plus aucun amusement, seulement du désir. Une vive excitation que Roméo prend soin de faire monter d’autant plus en me faisant languir. Il prend délicatement ma cheville entre ses doigts et soulève mon pied, encore chaussé d’un sublime escarpin blanc, jusqu’à ses lèvres pour en embrasser le dessus. Je frissonne d’impatience.

— J’ai réservé cette chambre uniquement pour ça, me murmure-t-il.

Il dépose un baiser sur ma cheville puis remonte lentement jusqu’à mon mollet qu’il embrasse à son tour caressant ma peau avec sa barbe en même temps. Je serre inconsciemment mes doigts autour des accoudoirs du trône alors que mon impatience et mon excitation grandissent encore.

— Pour ce moment, poursuit-il. T’offrir un trône et m’agenouiller devant toi pour te prouver mon adoration.

Seul un souffle lourd s’échappe de ma bouche en réponse. Je suis si excitée, si troublée, que je ne parviens pas à parler alors que ses lèvres remontent doucement jusqu’à ma cuisse.

C’est à peine si je parviens à respirer, en apnée, j’attends seulement le moment où ses lèvres se poseront enfin sur mon clitoris et m’emporteront au paradis.

Du bout des doigts, il effleure ma peau et remonte doucement le long de ma jambe jusqu’à saisir le bord de mon sous-vêtement.

Je lève aussitôt les fesses, désireuse d’accélérer ce moment pourtant divinement érotique, mais qui me place dans un tel état de tachycardie que je crains en mourir s’il ne se dépêche pas de me soulager de cette énorme tension.

Avec un sourire au coin des lèvres, conscient de l’effet que ses mots, son toucher et ses baisers produisent sur moi, il saisit les deux côtés de ma culotte et la fait lentement descendre le long de mes jambes.

J’attrape le bas de ma robe, heureusement fluide, et le remonte jusqu’à mon ventre afin d’être certaine de ne rien manquer de ce spectacle qui promet d’être sublime alors que Roméo replace son visage face à mon sexe.

Mon cœur est au bord de l’explosion tandis qu’il se penche et hume mon essence en poussant un grognement appréciateur. Mes jambes en tremblent d’impatience.

— Roméo, haleté-je.

Et ça ressemble fortement à une supplication. Je ne tiens plus, j’ai besoin qu’il me touche, qu’il pose ses doigts ou ses lèvres sur mon clitoris et qu’il me fasse jouir. Tout mon être réclame cet orgasme.

Son regard plonge dans le mien et fait manquer un battement à mon cœur tant il est intense, affamé, mais aussi possessif.

— S’il te plait, donne-moi un orgasme, murmuré-je à bout de souffle.

Il m’adresse un sourire carnassier comme à chaque fois que je lui réclame un orgasme puis il pose enfin ses lèvres sur mon sexe et l’embrasse.

Je soupire aussitôt de soulagement et m’appuie contre le dossier du trône tandis que sa langue se glisse entre mes lèvres. Seulement, Roméo ne s’approche pas de mon clitoris ou alors il le frôle à peine, mais ne lui accorde pas l’attention dont il a besoin, les caresses appuyées dont il crève d’envie.

Il est doué pour ça, expert dans l’art de me rendre folle de désir et d’impatience au point d’en faire trembler tous mes membres et de me provoquer des piqures presque douloureuses dans le vagin.

— Arrête de me torturer, grogné-je à bout de patience.

La tension devenue trop forte et insoutenable, j’enroule mes jambes autour de son dos, enfonçant mes talons dans sa peau, tout en glissant mes doigts dans ses boucles pour l’obliger à me donner ce dont j’ai besoin.

Aussitôt, il aspire mon clitoris entre ses lèvres en grognant sa satisfaction et mes yeux roulent de plaisir. Il m’accorde enfin toutes les caresses dont j’ai besoin afin d’atteindre le nirvana. Et après une telle attente, un orgasme pointe rapidement le bout de son nez.

Je pousse un long gémissement tout en resserrant mes cuisses autour de la tête de Roméo alors qu’il me libère de cette tension en m’accordant enfin la jouissance.

Il remonte lentement jusqu’à moi, un sourire coquin et satisfait au coin des lèvres, et je ne résiste pas à l’envie de poser mes mains sur sa barbe luisante en lui retournant son sourire.

— Ton premier orgasme en tant que femme mariée, énonce-t-il d’une voix rauque.

— Je m’en souviendrai toute ma vie.

Je me rapproche de son visage et capture ses lèvres pour un baiser tendre.

Je me souviendrai toujours de ce jour, de ce moment, de cette suite, mais surtout de ce trône. Comme de tout le reste.

Notre histoire n’est pas seulement gravée dans mon esprit, elle est incrustée dans mon cœur, ancrée dans mon âme.

Roméo est comme une extension de mon être, il m’est indispensable pour vivre. J’ai besoin de l’avoir à mes côtés pour me sentir complète et je ne me sens jamais aussi heureuse que lorsque je suis dans ses bras. Roméo est mon tout. Ma raison de vivre. Mon équilibre. Celui qui me permet d’être moi-même, qui m’aime comme je suis. Celui qui me voue littéralement un culte. Celui qui tuerait pour moi. Celui que je suivrais jusqu’au bout du monde afin de m’assurer qu’il ne quitte pas mes bras et qu’il me donne cette essence de vie dont j’ai tant besoin et qu’il est le seul être apte à m’offrir.

Mon tourmenteur est devenu mon protecteur, mon meilleur ami, mon héros, mon mari et je ne regrette absolument rien.

Notre parcours était jonché d’embuches, mais nous y avons fait face ensemble et aujourd’hui, je suis fière de ce que nous avons construit. Notre couple repose sur une base si solide qu’aucun tremblement de terre ne pourrait faire bouger ces fondations. Et cela pour toujours.

Nous nous sommes juré l’éternité et je l’obligerai à tenir sa promesse. Rien ni personne ne me séparera de mon âme sœur.

 

FIN

OceanofPDF.com

Vous avez terminé Twisted Retaliation: Sombre mafia romance (French Edition)

Marion Arrick

Des livres comme celui-ci

Après le livre

Pages fournies avec cette édition, gardées ici pour référence.