Twisted Retaliation: Sombre mafia romance (French Edition)

Chapitre 42

 

 

Une image contenant heurtoir Description générée automatiquement

 

Leona

 

Comme convenu, le lendemain, Dino me reconduit à l’appartement après l’enterrement. Nous sommes tous les deux silencieux, comme moi, il repense certainement à cette cérémonie chargée d’émotions. Il y avait beaucoup de monde dans l’église, beaucoup de personnes sont venues rendre un dernier hommage à Prisca Perchino, une femme qui semblait formidable.

Le fait d’arriver à la messe en compagnie de Dino puis de rejoindre le reste du clan Bellochi sur les bancs de l’église ne m’a pas permis de passer inaperçu. Loin de là. J’ai senti de nombreux regards sur moi et ai entendu quelques murmures sur mon passage. Mais j’ai fait abstraction de tout ça dès lors que j’ai aperçu Roméo, en costume noir, la posture stoïque, le visage fermé, mais le regard complètement hagard. Il se dégageait tellement de tristesse de lui que je n’avais qu’une envie, celle de traverser l’église pour le rejoindre et rester à ses côtés durant toute la cérémonie. Mais je ne l’ai pas fait, je suis restée en retrait et ai regardé son dos pendant toute la messe. Jamais il ne m’avait paru aussi perdu. Il avait définitivement besoin d’un point d’ancrage aujourd’hui, et je suis triste de ne pas avoir pu l’aider.

Dès la fin de la cérémonie, son père, Chiara et lui ont suivi la sortie du cercueil et sont partis. Je n’ai même pas pu lui adresser quelques mots de soutien, seulement un regard et un faible sourire, qu’il n’a même pas semblé apercevoir.

— Roméo n’était vraiment pas bien, murmuré-je en tournant la tête vers Dino.

Ce dernier sort de ses pensées et je devine, à son expression peinée et très sérieuse pour une fois, qu’il pensait exactement à la même chose.

— C’était la première fois que je le voyais comme ça, acquiesce-t-il.

— Il aura besoin de se changer les idées pour ne pas sombrer.

— Ça va aller, me dit-il d’une voix confiante en se reconcentrant sur la route. Il va évacuer ses émotions à sa manière. Il va se plonger dans son travail, démonter la gueule de quelques types, leur briser quelques os, puis il s’enverra quelques shots, fumera un petit joint et baisera tous les culs qui se présenteront à lui et ça ira mieux.

Bouche bée, je fixe son profil, certaine qu’il va éclater de rire d’une seconde à l’autre, mais il n’en fait rien. Après une longue minute de silence, se rendant compte qu’il y a un malaise, il tourne la tête vers moi et découvre ma mine ahurie. Ses yeux s’élargissent aussitôt.

— Ah oui, non, évidemment pour les culs, ça n’ira pas, enfin je veux dire, il ne fera pas ça… Tout le reste, oui, mais pas ça, se presse-t-il d’ajouter. Tu sais quoi ? Oublie ce que je viens de dire, je vais la refaire, dit-il plus calmement en balayant le vide d’un revers de main comme pour effacer la discussion. Son travail le tiendra occupé la journée et puis toi, tu lui changeras les idées le soir, et comme ça, il remontera la pente. 

Je me sens rougir, mais heureusement pour moi, il tourne immédiatement la tête et ne le voit pas. J’en fais de même et me concentre sur la route tout en songeant à la dernière phrase Dino.

Il a parfaitement résumé tout ce dont son ami aura besoin pour distraire son esprit et ne pas penser à sa perte durant les prochains jours, mais il se méprend totalement sur la nature de mes relations avec Roméo. Je lui prêterai une oreille attentive et lui offrirai du réconfort, mais nous ne coucherons pas ensemble. Seulement, maintenant qu’il en a parlé, il devient clair dans mon esprit que Roméo aura envie de « ça » pour se changer les idées, de tout ça, de tout le programme évoqué par Dino.

Même si ça me déplait, je sais exactement quel genre de soirées lui permettrait de se vider la tête et délaisser sa peine durant quelques heures, alors je ravale ma jalousie et me tourne vers Dino.

— Tu devrais peut-être lui organiser une soirée comme celles que vous avez l’habitude de faire dans l’appartement… tous ensemble, terminé-je dans un murmure.

— Bordel. Quoi ?! s’écrie-t-il en virant vivement vers moi. Tu me proposes une orgie ?

À mon tour, mes yeux s’élargissent.

— Non. Bien sûr que non, nié-je en secouant la tête. Pas moi. Enfin, pas avec moi, mais pour lui… avec d’autres filles.

Il freine brutalement et se range sur le bas-côté.

— Qu’on se comprenne bien, dit-il en se tournant vers moi, les yeux plissés. Tu veux que je fasse venir des putes à l’appartement pour que Roméo les baise ?

Je serre les dents pour m’empêcher de répondre instinctivement par la négative bien que sa proposition déclenche un sentiment de révolte dans tout mon être qui me donne envie de me cabrer.

Ne me faisant pas confiance, je garde la bouche close et me force à hocher positivement la tête. Ce geste, pourtant si simple, me demande un effort surhumain.

— Wôw. J’ai dû rater un épisode. Les femmes n’encouragent pas leur homme à en baiser une autre normalement, commente-t-il en fronçant encore plus les sourcils. C’est quoi le piège ?

Je ne ressens pas uniquement de la jalousie en imaginant Roméo avec une autre femme, je vois rouge. J’enrage, ça me donne des crampes d’estomac et alimente un fantasme de violence très extrême et surtout complètement inédit chez moi. Seulement, je ne me sens pas prête à coucher avec lui et je ne suis pas assez naïve pour croire qu’il attendra bien sagement que je statue sur son sort et me décide à lui pardonner ou pas.

Je suis novice en la matière, mais pas stupide. Je sais que c’est un besoin, en général assez fort chez les hommes, et que s’il ne le satisfait pas avec moi, il le fera avec d’autres femmes et même si c’est douloureux, je dois l’accepter. Je n’ai pas d’autres choix que celui de l’accepter. Je ne peux pas exiger de lui qu’il me soit fidèle alors que nous ne sommes même pas engagés dans une relation et qu’il ne se passe absolument rien entre nous sur le plan sexuel.

— Il n’y a pas de piège, réponds-je finalement. Nous ne sommes pas ensemble, Roméo et moi.

— Quoi ?!

J’acquiesce, comme pour lui confirmer qu’il m’a bien entendue.

— Il est libre de faire ce qu’il veut et si tu penses que ça lui changera les idées, alors organise tout et fais-lui la surprise, complété-je en forçant ma voix à paraitre détachée.

Je tourne immédiatement la tête et fais mine de m’intéresser à la route alors que nous sommes toujours à l’arrêt, mais je ne souhaite pas que Dino se rende compte de ma colère.

— OK, me répond-il d’une voix hésitante. Il n’est pas trop du genre à aimer les surprises, mais pourquoi pas…

— Il en a besoin, lui rappelé-je.

Et honnêtement, ça me sert de rappel à moi aussi. Je le fais pour lui. Je vais serrer les dents et mettre mon poing dans ma poche pour lui, pour l’aider à remonter la pente. Il a besoin de se distraire.

— Il doit pouvoir compter sur ses amis pour lui changer les idées dans ce terrible moment, insisté-je en regardant Dino.

Instantanément, mon pic atteint sa cible et son hésitation se transforme en détermination.

— Il peut compter sur nous, m’assure-t-il.

— J’en suis sûre, lui dis-je honnêtement.

Après un sourire entendu, il s’engage de nouveau dans la circulation et me reconduit à l’appartement.

Je suis persuadée d’agir pour son bien, et pourtant, j’ai l’estomac noué comme si j’avais commis une énorme bêtise.

 

Roméo

 

Après l’inhumation et le recueillement, je reconduis mon père et Chiara à la maison. Le trajet se fait dans le plus grand silence.

Mon père, assis sur le siège passager, est plongé dans ses pensées. Bien qu’il ait gardé un visage stoïque durant toute la cérémonie, par pudeur, j’ai senti son émotion. Il aimait sincèrement ma mère. Il la respectait, il l’aidait, lui parlait, riait avec elle, sortait avec elle, la consolait, la complimentait, il la rendait heureuse. C’est une chose que j’ai toujours admirée chez lui, une qualité qui me faisait l’apprécier d’autant plus malgré le manque de relation, d’échanges, qu’il y avait entre nous.

Ma sœur regarde défiler le paysage par la fenêtre, également perdue dans ses pensées, très loin de la réalité. Le visage rouge et couvert de larmes sèches, les yeux bouffis, elle me parait extrêmement fragile et vulnérable.

La journée a été particulièrement éprouvante pour elle, non seulement elle a enterré sa mère, mais elle a aussi dû affronter les regards insistants, scrutateurs, et beaucoup trop méprisants de certaines personnes venues assister à la messe.

Je me souviens m’être dit que tous ces gens n’avaient rien à faire ici, qu’ils ne méritaient pas d’être ici. Plutôt que de commettre un massacre dans une église, ce qui aurait fortement contrarié ma mère, j’ai enroulé un bras autour des épaules de Chiara pour lui montrer mon soutien et je me suis complètement détaché de la réalité. J’étais physiquement présent, mais mentalement éloigné tandis que nous rendions un dernier hommage à Prisca Perchino. Elle a rejoint le Paradis, comme elle le désirait. J’en suis persuadé et c’est finalement tout ce qui m’importe, ça comble en partie la peine et le manque que je ressens.

— Nous avons rendez-vous chez le notaire la semaine prochaine, annonce mon père d’une voix éraillée. Votre mère possédait des parts dans les boutiques et conformément à ce que nous nous étions dit, elles vous reviennent directement après son décès.

Dans le rétroviseur, je vois Chiara tourner la tête vers lui

— Ces parts, partagées entre vous deux, vous permettront de toucher des dividendes annuels et vous confèreront également un droit de regard sur la gestion des commerces. À mon décès, vous recevrez le restant des parts et deviendrez ainsi tous les deux propriétaires des boutiques, continue-t-il en regardant droit devant lui tandis que je conduis. Sauf si aucun de vous n’est intéressé pour reprendre les magasins, dans ce cas-là, je revendrai l’affaire lorsqu’il sera temps pour moi de prendre ma retraite. Vous percevrez une partie du montant de la transaction au moment de la vente et le reste à mon décès.

Chiara croise mon regard dans le rétroviseur. Nous n’en avons jamais parlé tous les deux. Elle se doute que je n’ai aucun souhait de reprendre l’affaire puisque je n’ai pas l’intention de changer de travail, mais dans son cas, je n’en sais rien, je ne connais pas ses projets d’avenir.

— En effectuant ces démarches, votre mère et moi rêvions de vous léguer ces boutiques pour qu’elles demeurent dans la famille, mais vous n’êtes pas obligés d’accepter. Je comprendrais si vous n’étiez pas intéressés. Cependant, je tenais à vous dire que si l’un de vous désire travailler avec moi, je lui transmettrai avec plaisir tout mon savoir, termine-t-il en nous regardant l’un après l’autre.

— Tu accepterais que je prenne la direction des magasins ? s’étonne Chiara d’une voix enrouée. Ça ne te dérangerait pas ?

— Pourquoi ça me dérangerait ? la questionne-t-il, les sourcils froncés.

— Parce que je suis une fille et que tu me trouves immature et irresponsable, rétorque-t-elle immédiatement.

L’étonnement de notre père se transforme aussitôt en grimace de peine, voire de honte.

— Ce n’est pas ce que je pense. Je suis désolé si je t’ai laissé entendre ça, tesoro. Si c’est ce que tu souhaites, je serai ravi et fier que ma fille reprenne l’affaire familiale. J’ai plusieurs années devant moi afin de tout t’enseigner, je t’accompagnerai dans cette démarche et n’aurai aucune inquiétude au moment de me retirer. Je te confierai les clés des boutiques sans hésiter.

Les grands yeux marron de Chiara se remplissent de larmes. Notre père a parfaitement répondu, il a effacé ses craintes, il l’a rassurée, il l’a complimentée et il l’a placée sur le même pied d’égalité que moi. Il ne pouvait pas mieux réagir. En quelques mots, il lui a redonné confiance en elle et en l’avenir, et je pourrais l’enlacer pour ça tant ça me rend également émotif de voir un faible sourire se dessiner sur les lèvres de ma sœur.

Cette journée est définitivement chargée en émotions.

— C’est aussi ce que tu penses ? me demande-t-elle en posant une main sur le bord de mon siège pour se rapprocher.

— Tu feras une formidable cheffe d’entreprise, acquiescé-je sans hésiter.

Son sourire s’élargit.

— Alors, je veux bien, affirme-t-elle à l’attention de notre père. Je veux bien que tu me formes à ton métier.

Manfredi lui répond par un large sourire et je vois distinctement ses yeux briller d’émotion, ravi de transmettre son héritage à sa fille.

— T’inquiète, je te verserai tes dividendes même si tu ne fous rien aux magasins, petit frère, plaisante-t-elle en me tapotant l’épaule. 

Un rire m’échappe et forcément, ça amuse d’autant plus ma petite sœur.

— Interdiction de critiquer ma façon de faire ou de me donner des ordres, me prévient-elle d’une voix faussement menaçante. Je suis aux commandes, tu auras seulement un droit de regard.

— Je te laisserai tout gérer, je ne m’en mêlerai pas, lui promets-je en souriant tout en m’engageant dans l’allée de notre maison.

— Les boutiques ne t’intéressent pas du tout ? me demande mon père.

J’entends la pointe de colère dans sa voix et sans avoir besoin de regarder dans sa direction, je devine sa déception. Il aurait aimé que ses deux enfants reprennent l’entreprise familiale, seulement, les antiquités, les meubles, la vente, tout ça, ce n’est pas mon truc. Ce n’est pas moi. Ça ne m’intéresse pas. Mais je sais comment lui donner satisfaction sans pour autant m’impliquer dans ses commerces.

— Je ne mettrai pas le nez là-dedans, réponds-je d’une voix grave en stoppant le véhicule. Mais si tu as de la place pour accueillir une employée supplémentaire, je connais quelqu’un que ça pourrait intéresser un tel job.

Je coupe le moteur et tourne la tête en direction de mon père, qui me regarde d’un air très surpris, voire ahuri. Il se doute que je ne lui demande pas de pistonner une parfaite inconnue, l’employée en question n’est pas n’importe qui pour moi, il comprend ainsi que je fréquente quelqu’un et forcément, comme il ne doutait de rien, il en tombe des nues.

C’est une décision prise sur l’instant, ça n’intéressera peut-être pas Leona, mais je pense que ce serait bien qu’elle y travaille aussi, après tout, elle fera partie de la famille un jour ou l’autre. De plus, en bossant dans les magasins de mon père, ce sera plus simple pour moi d’assurer sa protection. J’installerai un système de sécurité dans toutes les boutiques avec caméras, alarmes, détecteurs de métaux et boutons d’urgence reliés à mon téléphone. Et peut-être qu’ainsi, je ne l’obligerais pas à avoir un garde du corps sur ses talons toute la journée.

— L’employée en question ne serait pas la jolie brune qui squattait ton appartement la dernière fois ? me demande Chiara, un sourire taquin aux lèvres.

— Elle s’appelle Leona, acquiescé-je. Elle tenait une petite boutique de canapés avant de débarquer ici donc je pense que ça pourrait l’intéresser de bosser avec vous.

— D’où vient-elle ? m’interroge Chiara.

— Est-ce que nous connaissons sa famille ? me demande mon père en même temps.

— Elle n’est pas d’origine calabraise, réponds-je d’abord à Manfredi. Elle est Napolitaine, elle vient d’une petite ville près de Détroit.

Je marque une pause afin de leur laisser le temps de procéder à l’information et faire le lien avec la Camorra et forcément avec la personne qui a agressé Chiara.

— C’est grâce à elle que j’ai eu Russo, expliqué-je d’une voix plus grave.

Chiara recule son buste, surprise par cette information, mais elle ne semble pas sur le point de sombrer en se souvenant de lui, de ce qu’il lui a fait subir. Ça me rassure aussitôt et m’encourage à poursuivre.

— Ça lui a causé des problèmes avec les Napolitains donc elle s’est installée ici, terminé-je mon explication, résumée au maximum.

— Dans ton appartement, précise Chiara.

— Dans mon appartement, confirmé-je en lui renvoyant son sourire en coin. Je comptais attendre un peu avant de vous la présenter parce que l’histoire est compliquée et qu’elle a peur que vous la rejetiez à cause de ses origines, mais c’est sérieux. Je l’épouserai, et…

— Wôw. Putain de merde, commente Chiara sans pouvoir s’en empêcher.

Je devine à l’expression faciale de mon père, sa bouche grande ouverte et ses yeux ronds qu’il est également à deux doigts de lâcher plusieurs jurons. Je ne pensais pas foutre autant d’honnêteté dans mon discours, mais putain, dire à haute voix que je lui passerai la bague au doigt ne me provoque aucun sentiment de peur ou de dégout, seulement de la fierté.

— Je tiens à ce que le fruit de tes efforts reste dans la famille et ça me ferait plaisir d’être impliqué dans l’affaire à travers ma femme. Je pourrais organiser une rencontre afin de vous la présenter officiellement et parler de tout ça tous ensemble, proposé-je en regardant à tour de rôle Chiara et Manfredi.

— Perso, je suis restée bloquée sur le fait que tu aies une meuf, avoue ma sœur, la mine exagérément choquée.

— Je ne sais pas quoi dire, répond à son tour mon père. Je suis aussi surpris que Chiara. J’aimerais en savoir plus sur elle, sur ses origines, mais également avoir davantage de détails concernant son implication…

— Cette histoire est derrière nous, le coupe Chiara d’une voix très sérieuse. Je ne veux plus jamais en parler. Je me fiche de ses origines et des raisons de leur rencontre et tu devrais en faire de même. Roméo a trouvé une femme avec qui il désire se marier, c’est tout ce que je retiens de son discours exagérément long, dit-elle à mon intention en mimant un geste continu de la main tout en imitant un endormissement. Moi, je souhaite la rencontrer. Ne serait-ce que pour comprendre ce qui lui donne envie de rester avec une personne aussi chiante que toi, ajoute-t-elle avec un sourire faussement innocent.

Je lui jette un regard faussement noir avant que mon sourire ne trahisse mon amusement, mais surtout ma reconnaissance.

— Tu as raison, répond finalement mon père. On se moque de tout ça. Mais, je dois tout de même avouer que je suis abasourdi. Il va falloir que je rencontre cette jeune fille pour le croire.

— J’organiserai ça dès que possible, lui assuré-je en lui adressant à son tour un sourire reconnaissant. 

Ça partait d’une idée prise sur un coup de tête, mais je ne regrette absolument pas de leur avoir parlé de Leona, d’avoir évoqué son existence et son importance à mes yeux. J’ai largement avancé la date des présentations officielles et Leona va certainement paniquer et m’en vouloir, mais ça valait le coup. J’avais besoin de le faire, de concrétiser mon nouvel avenir, de le rendre plus réel, plus concret.

Désormais, il ne me reste plus qu’à racheter ma faute auprès de Leona, conquérir son cœur, la posséder corps et âme, et cet avenir se réalisera. Elle portera mon nom, mes enfants et codirigera l’entreprise familiale avec ma sœur.

 

OceanofPDF.com