Twisted Retaliation: Sombre mafia romance (French Edition)

Chapitre 25

 

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Leona

 

Je pousse vivement sur mes pieds pour reculer sur les fesses lorsque je croise son regard fou à deux centimètres de mon visage. Je bouscule Arielle, qui recule également, seulement, contrairement à elle, je ne peux m’éloigner puisque Roméo attrape mes chevilles et me tire à nouveau vers lui. Si violemment que j’en tombe à la renverse et atterris douloureusement sur le dos. Un couinement plaintif s’échappe de mes lèvres, mais mon agresseur s’en moque puisqu’il continue de me tirer vers lui. Il s’installe tranquillement au-dessus de moi. Il est quasiment assis sur mes cuisses, ses genoux sont situés de part et d’autre de mes hanches et serrent mes bras le long de mon corps tandis qu’une de ses mains est posée sur ma poitrine et me maintient plaquée au sol. De cette façon, il bloque toutes tentatives de combat ou de fuite de ma part.

— Est-ce que j’ai été trop gentil avec toi ? me demande-t-il.

Forcément, je secoue négativement la tête.

C’est avec des yeux exorbités et le cœur qui cogne férocement dans ma poitrine que je le regarde se pencher vers mon visage.

— C’est pourtant ce que tu as laissé entendre à ta famille en leur parlant de nos petites mises en scène, me murmure-t-il.

Je grimace en réalisant qu’il s’agissait d’une question piège.

— Je te propose qu’on rétablisse la vérité, dit-il brusquement, l’air beaucoup trop enjoué.

Il glisse une main dans son dos, sort son couteau et me présente la lame au bout du nez.

— Cette fois, je n’oublierai pas de filmer, continue-t-il avec un sourire cruel aux lèvres.

Il se redresse et sort son téléphone de la poche de son jean.

Mes yeux s’élargissent, mes instincts se réveillent, l’adrénaline coule à flots dans mes veines et je recommence à me débattre, mais rien n’y fait. Assis sur moi, il n’a même pas besoin de ses mains pour me restreindre, son poids et les muscles de ses cuisses suffisent.

— Romano, hèle-t-il le videur. Viens là et filme.

Le géant se lève et s’approche de nous, tendant la main en direction du téléphone de Roméo.

— Tu merdes et je te bute, compris ? le met-il en garde avant de lui céder l’objet.

Romano se contente d’acquiescer et Roméo braque à nouveau son regard menaçant sur moi.

— Sois la plus naturelle possible, on est filmés, me dit-il avec un large sourire aux lèvres.

Je n’ai pas le temps de réagir, je n’ai même pas le temps de protester. Complètement impuissante, je le regarde glisser son couteau sous mon débardeur et le couper en deux en traçant une ligne droite depuis ma poitrine jusqu’à mon nombril.

Incapable de me laisser faire, de rester sans bouger dans un tel moment, j’essaie encore une fois de lui échapper, même si je suis consciente que cette bataille est vaine, je ne peux pas me résoudre à abandonner.

Je sens la lame froide de son poignard appuyer contre ma peau et de peur qu’elle me transperce, je m’immobilise.

Je tire sur ma nuque afin de voir ce qu’il fait, anticiper ses mouvements. Avec un sourire cruel aux lèvres, il trace des lignes imaginaires le long de mon torse. Sa lame me parait peser une tonne sur mon corps. Seulement, il ne l’enfonce pas, il la fait juste glisser sur ma peau et j’ignore si c’est pour me foutre les jetons, jouer avec mes nerfs, ou bien s’il est indécis quant à l’endroit à poignarder.

Ce suspens aggravé, cette attente insupportable, l’anticipation anxieuse de la douleur, tout ceci fait monter dans ma gorge une sorte de rire nerveux qui se transforme en sanglot dès qu’il passe mes lèvres.

Le souffle court, le cœur au bord des lèvres, je suis à deux doigts de céder à la panique tandis qu’à l’inverse, mon agresseur semble parfaitement serein dans sa folie. Ses boucles brunes lui tombent devant les yeux et ne font qu’aggraver son air sombre et menaçant alors qu’il arrête sa lame sur le bord de mon abdomen, près de ma hanche.

— Tu n’aurais jamais dû me trahir, murmure le monstre.

Un couinement s’échappe de mes lèvres lorsque je sens sa lame couper ma peau.

Je secoue la tête de gauche à droite, cherchant de l’aide autour de moi, mais je ne vois que Romano en train de braquer le téléphone de Roméo sur nous.

Je refuse de me montrer faible devant la caméra, alors je ferme les yeux et mords férocement dans ma lèvre jusqu’à sentir le gout du sang. Et, je tiens bon.

Je ne laisse rien paraitre. Je ne lui donne rien, ni mes pleurs, ni ma détresse et encore moins ma fierté. Je suis plus forte que ça. Plus forte que lui.

— Regarde-moi, m’ordonne-t-il en enfonçant ses doigts dans mes joues.

Je réalise alors que je ne sens plus sa lame contre ma peau. Étonnée par la rapidité de l’action, j’ouvre brusquement les yeux et fronce les sourcils.

— Souviens-toi de ça la prochaine fois que tu souhaiteras tenter le diable.

Il m’oblige à baisser le menton pour contempler son œuvre et je ne peux pas retenir mon sanglot en voyant une pieuvre de la taille d’un écusson gravée sur ma peau.

— Pas de mise en scène cette fois, j’espère que ça te convient mieux, murmure-t-il avant de se relever.

Je continue de fixer son dessin en clignant exagérément des yeux, certaine qu’il s’agit d’une hallucination et que le symbole sanglant va finir par disparaitre, mais rien ne se passe.

— Merci, Romano, l’entends-je lui dire à côté de moi. On n’a plus besoin de toi.

Une forte détonation m’agresse les tympans et force un cri hors de mes lèvres. Je regarde brusquement à côté de moi alors que le corps de Romano tombe lourdement sur le sol, un trou béant au milieu du front…

Je ferme brusquement les yeux, mais l’image reste, elle est gravée dans mon esprit comme toutes les autres, je ne m’en déferai jamais et la verrai toujours derrière mes paupières closes.

— Les autres, vous pouvez rentrer chez vous, l’établissement n’est pas en état de recevoir du public ce soir, décrète-t-il d’une voix affreusement professionnelle. 

Un sanglot m’échappe. Comment peut-il commettre un tel massacre et paraitre aussi calme à propos de ça ?

— Pas besoin de préciser ce que je vous ferai si vous l’ouvrez, ajoute-t-il.

J’entends des gens se lever autour de moi, j’entends des bruits de pas, mais ne bouge pas. J’essaie de rassembler mes esprits, de remonter à la surface, de ne pas céder à la folie. Je tente désespérément de me raccrocher à quelque chose, de trouver la force de me relever, de trouver une raison de continuer de me battre. Mais je me sens si faible… Mon esprit souhaite juste partir vers un endroit plus léger. Un lieu où aucun fou ne se trouve et où ce carnage n’existe pas.

— Une équipe de nettoyage est en chemin, annonce Gianni quelque part dans la pièce.

Je suis complètement désorientée. Et j’ai froid. J’ai affreusement froid tout à coup.

— Je t’enverrai quelqu’un pour boucher les trous dans le plafond, Nedo, ajoute-t-il.

— Pas de problèmes, répond la voix tremblante du gérant du Whisper. Est-ce qu’il vous faut quelqu’un pour la surveiller cette nuit ?

J’entends vaguement leurs paroles, mais ne les comprends pas, ils semblent si loin ou alors c’est moi qui m’éloigne… J’ai l’impression que mon corps lévite. Je me sens si légère, à peine consciente… comme si j’étais sur le point de m’endormir. J’en ai terriblement envie. Je suis si fatiguée…

— Pas besoin, cet endroit est compromis, on va la déplacer, déclare Roméo.

Puis c’est le noir complet.

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Roméo

 

Je descends d’une traite mon troisième verre de whisky en regardant le soleil se coucher sur le lac Michigan par l’immense baie vitrée de l’un des appartements appartenant au Bellochi. Je ne prête aucune attention à l’astre éclatant en train de mourir dans le lac, je ne fais que fixer du regard cette immensité d’un bleu très sombre à cette distance tandis que mon esprit projette des images à sa surface. Pas n’importe quelles images, celles de la soirée.

Le film de mon carnage au Whisper se rejoue devant mes yeux de façon très vive et détaillée. Je parviens même à ressentir la peur de mes victimes, à revoir leurs yeux mouillés, leurs mines paniquées. J’entends les cris, les silences pesants, les respirations lourdes, saccadées, je revois leurs membres trembler, j’entends leurs couinements, leurs reniflements, je sens l’odeur du sang, de la transpiration, de la terreur… Tous ces détails auxquels je ne prête aucune attention sur le moment, mais que mon esprit enregistre quelque part dans ma tête.

D’habitude, je me repasse ces images en me lavant. Je laisse l’eau couler longuement sur mon visage emportant avec elle tous ces souvenirs déplaisants, mais qui, en fin de compte, ne me touchent pas, n’atteignent pas mon âme, qui sont vite oubliés dès lors que je termine de me rincer.

Cependant, cette fois, je ne suis pas parvenu à m’en défaire. Après une longue douche et trois verres de whisky avalés coup sur coup, elles sont toujours là. Elles défilent inlassablement.

Et je sais pertinemment pourquoi ce carnage m’atteint plus que les autres. Ce n’est pas à cause des nombreux cadavres dont je me souviens à peine des visages. La seule responsable de mon état c’est Leona. C’est sur sa figure, ses réactions, ses tremblements, ses cris que mon esprit se concentre.

Il me repasse toutes ces images à l’exception des derniers instants. Je n’ai aucun souvenir du moment où j’ai tailladé la peau de Leona. Les seules images que j’en garde proviennent de la vidéo que j’ai visionnée.

À nouveau, une boule se forme dans ma gorge et l’obstrue.

Je tourne les talons et retourne vers le bar pour me servir un autre verre, espérant ôter ce gout âpre et désagréable que j’ai dans la bouche dès que je repense à ce moment.

Je n’arrive pas à analyser, à comprendre ou à expliquer ce que je ressens vis-à-vis de ça. Je suis partagé. Au fond de moi, je suis persuadé que ce châtiment était mérité, car elle m’a trahi en envoyant cette putain de lettre dans mon dos. Elle a possiblement fait foirer tout mon plan, m’a peut-être privé de ma vengeance. Elle méritait ce châtiment.

Et pourtant, je ressens également une grande amertume par rapport à ça que je ne parviens pas à justifier. C’est juste là. Au creux de mes entrailles. Coincé dans ma gorge. Comprimé dans ma poitrine. Une sensation de malaise que je n’explique pas. Un sentiment de culpabilité que je n’avais encore jamais ressenti envers l’une de mes victimes.

La balance a été rééquilibrée, mais je ne m’en félicite pas. Au contraire. Ça me donne plutôt envie de gerber.

Je prends une gorgée de whisky en me remémorant l’image de son corps complètement inerte étendu sur la piste du Whisper. C’est à ce moment-là que je suis remonté à la surface, que j’ai repris conscience de mon environnement et que j’ai réalisé ce que je venais de faire. Durant une seconde, j’ai eu peur de l’avoir tuée, mais après un rapide examen de son corps, j’ai compris qu’elle était juste évanouie. Selon moi, elle n’a pas perdu connaissance à cause de sa blessure qui ne saignait déjà plus, mais parce que c’était trop pour elle. Elle a sombré pour protéger son esprit ainsi que son âme.

Je finis mon verre d’une seule goulée puis le repose sèchement sur le bar, irrité par le fait que la brûlure de l’alcool ne soit pas assez intense pour faire fondre cette boule qui obstrue ma gorge.

— J’ai terminé, m’annonce Gianni en sortant du couloir qui conduit à la salle de bain et à la seule chambre que propose cet appartement. J’ai désinfecté et j’ai apposé des strips un peu partout pour suturer la plaie.

Donc, elle n’était pas profonde puisqu’elle ne nécessitait pas des points de suture. Cela me confirme mon examen rapide de l’entaille. J’ai coupé sa peau sans vraiment y enfoncer ma lame. Mes incisions dans son abdomen semblaient presque chirurgicales. Ce constat me met d’autant plus mal à l’aise parce que ça ne me ressemble pas. Je tranche plus profondément et plus sèchement d’habitude, encore plus lorsqu’il s’agit d’une partie aussi tendre du corps humain.

Je ne parviens pas à m’expliquer mon geste. Je ne sais pas à quoi je pensais en le faisant, quel message je voulais lui transmettre en lui gravant cette pieuvre près de sa hanche.

Ce dessin c’est un symbole, notre façon de marquer nos ennemis, ceux qui nous ont trahis. Seulement, je le réalise toujours sur le front de ma victime et surtout, je tue forcément la personne ensuite. Ce que j’ai fait n’a donc aucun sens, ça ressemble à un accès de rage, une crise de folie passagère, sans but précis, seulement celui de marquer ma victime, la personne qui m’a trahi. Jamais une trahison ne m’avait fait aussi mal.

— Ça ne devrait pas s’infecter, mais il faudra surveiller quand même, continue-t-il en s’arrêtant à côté de moi.

Il s’empare de mon verre afin de le remplir de whisky qu’il engloutit en une seule gorgée.

— J’ai laissé une boite d’antidouleurs sur la table de chevet, continue-t-il en faisant claquer le verre contre le bar, elle en a pris avant de se rendormir, mais si…

— Elle a repris connaissance ? le coupé-je, ma voix montant dans les aigus.

Il acquiesce.

— Juste après ton départ.

— Elle t’a dit quelque chose ?

— Elle était désorientée et ne se souvenait de rien. Elle a de nouveau sombré dès que les cachets ont fait effet. Ça devrait aller mieux demain.

J’acquiesce machinalement comme pour me persuader également que la nuit effacera tout ça et que demain sera un tout autre jour.

— Son sommeil sera sans doute agité. Veille à ce que le bandage reste en place, il ne faut pas qu’elle frotte les strips. Assure-toi aussi qu’elle n’abuse pas des antidouleurs.

— Sa douleur ne doit pas être si intense, je n’ai pas coupé si profondément que ça, dis-je sans pouvoir m’en empêcher.

— Je ne parlais pas de ça, mais des cauchemars qu’elle va sans doute faire. Elle pourrait ne pas supporter de recouvrer la mémoire et tenter de se suicider.

Bordel, mon putain de cœur se serre en imaginant cette hypothèse. Je refuse de le croire. Leona est plus forte que ça, elle n’a pas cessé de me le démontrer au cours des semaines précédentes. Elle ne va pas s’effondrer. Pas maintenant. Pas à cause de ce ça.

Pas à cause de moi.

Je reprends mon verre sur le bar et le remplis avant d’en boire une longue gorgée, la forçant à glisser le long de ma gorge sans même la savourer.

Après avoir enchainé tous ces verres d’alcool, je commence à me sentir étourdi, mais plutôt que de me rendre euphorique, ce début d’ivresse me rend encore plus mélancolique.

— Tu penses que c’était une erreur ? lui demandé-je en regardant le fond de mon verre.

Je n’ai jamais cherché l’approbation de qui que ce soit. J’ai toujours agi sans me soucier de l’opinion des autres, estimant que j’étais le seul juge de mon histoire. Seulement cette fois, alors que le doute, voire la honte, me tord le bide, j’ai besoin d’entendre l’avis de mon meilleur ami.

— Je ne pense rien, répond-il le plus simplement du monde. Je ne suis pas à ta place. Je ne suis pas touché personnellement par cette histoire. La mort de toutes ces personnes m’indiffère, la souffrance de Leona me laisse de marbre, tout ce qui m’intéresse c’est de t’aider à obtenir ta vengeance. Je me fous de comment tu t’y prends, je te suivrai dans toutes tes actions, je t’encouragerai dans toutes tes décisions. Mon but, dit-il en désignant son torse du doigt, c’est seulement de m’assurer que tu obtiendras satisfaction à la fin de ta quête.

Un faible sourire se dessine au coin de mes lèvres et je le remercie d’un simple regard pour ces mots fortement appréciés.

Nous nous montrons rarement l’affection qu’on se porte les uns les autres, déjà parce que ce n’est pas dans notre nature, mais aussi, car dans nos esprits, c’est une évidence. Nous serons toujours là les uns pour les autres, nous traverserons les flammes de l’enfer tous ensemble. Ce petit rappel offert par Gianni me donne un grand coup de fouet et me remet sur les rails.

— Demain, on les appellera pour demander Russo, affirmé-je.

Je ne leur enverrai pas la vidéo, ça me desservirait plus qu’autre chose. Je suis même tenté de l’effacer définitivement. Tout ce que j’y vois, c’est un homme vexé, touché dans son égo, qui a voulu prouver à tout le monde qu’il était capable de réellement faire du mal à sa captive. Un tel comportement ne me rend pas fier de moi. Je n’ai aucune envie de partager cette vidéo avec qui que ce soit.

— On fait comme ça, acquiesce-t-il. Je te laisse. Appelle-moi si tu as besoin de quelque chose.

J’acquiesce machinalement puis le regarde passer la porte de l’appartement. Je m’en rapproche à mon tour pour la fermer à clé puis je range le trousseau dans la poche de mon jogging et je me lance en direction du couloir.

La chambre à coucher comporte une grande fenêtre qui donne sur des immeubles d’habitation et de bureau. Entre les néons des enseignes en contrebas, les lumières de la ville constamment allumées ainsi que celles provenant des bureaux et logements situés face à la fenêtre, la pièce est suffisamment illuminée pour que je puisse y circuler sans avoir besoin d’éclairer le plafonnier.

Mes yeux se posent sur la forme endormie de Leona, étendue sur le dos, par-dessus les couvertures, les lèvres entrouvertes, un bras sur le ventre, le second plié au-dessus de sa tête. Elle semble dormir paisiblement.

Puisque je lui ai retiré les restes de son débardeur pour permettre à Gianni de la soigner, elle ne porte que sa brassière et son short de sport, tous les deux maculés de sang. Je suis persuadé qu’elle n’aimerait pas dormir comme ça et je n’ai également plus envie de voir ces habits tachés du sang que j’ai fait couler donc je décide de les lui enlever.

Je me rapproche du bord du lit, là où elle est allongée, et ne peux m’empêcher de frôler son bandage du bout des doigts avant de glisser doucement mes doigts sous l’élastique de son short. Avec une grande délicatesse, pour ne pas la réveiller, je descends son vêtement le long de ses jambes et le lui retire. Puis je retourne au salon pour y récupérer mon couteau et je découpe soigneusement sa brassière afin de la lui retirer sans risquer de la réveiller. Je procède de la même façon avec sa culotte.

Une fois complètement nue, j’hésite durant une seconde à essayer de lui enfiler mon tee-shirt, mais me ravise et décide plutôt d’aller chercher des couvertures, que je sais stockées dans l’armoire. Cet appartement, comme les deux autres à cet étage, nous sert principalement à baiser des putes, mais il est tout de même équipé de sorte que nous puissions y passer la nuit si nous sommes trop morts pour rentrer chez nous.

Je la couvre et souris lorsqu’elle gémit dans son sommeil tout en s’enroulant dans la couverture, apparemment satisfaite par la chaleur apportée.

Je contourne le lit pour aller tirer l’épais rideau, plongeant alors la pièce dans une semi-pénombre, puis je dépose mon téléphone, mon couteau et mes clés sur la table de chevet avant de m’allonger à côté d’elle, par-dessus les draps. 

Comme si elle sentait la présence de son agresseur, elle commence à s’agiter dans son sommeil, secouant la tête dans tous les sens, remuant les bras, les jambes, tournant sur elle-même… On la croirait en plein combat et je devine qu’elle est en proie à un cauchemar ou plutôt à un souvenir. Conformément aux recommandations de Gianni, je la replace sur le dos puis pose un bras sur sa poitrine, bloquant ainsi ses mouvements en la plaquant contre le matelas pour l’empêcher de faire sauter les bandes adhésives.

Après quelques minutes, qui me semblent interminables, elle arrête de bouger et replonge dans un sommeil plus calme.

Je ferme également les yeux, absolument certain que le sommeil ne me trouvera pas alors que le film de la soirée se joue à nouveau derrière mes paupières closes.

 

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