Twisted Retaliation: Sombre mafia romance (French Edition)
Chapitre 2
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Roméo
En début de soirée, nous débarquons à l’adresse donnée par les Gallo. Forts de nombreux renseignements, les langues s’étant soudainement déliées dès que les coups ont commencé à pleuvoir, nous en savons un peu plus sur le fils de pute qui a monté ce business sur notre territoire.
Et ça me rend encore plus enragé.
Vincenzio « Vince » Viledo est le fils d’un ami proche de Davide Coppola, le chef du clan de Détroit de la Camorra, une mafia italienne d’origine napolitaine.
Alors que nous étions occupés à massacrer les Irlandais, nos ennemis de toujours, les Napolitains en ont profité pour s’y introduire.
Nous n’étions pas en guerre contre eux, nous n’avions aucun passif avec eux, pas de désaccord, d’affrontement ou autre. Nous leur avions même proposé une petite alliance dans le but de liguer tous les Italiens contre les Irlandais et les Russes, mais ces cons n’ont jamais répondu.
On pensait qu’ils ne voulaient rien avoir à faire avec le reste des Italiens, mais nous étions loin d’imaginer qu’ils souhaitaient nous envahir. C’est le cas, ces fous l’ont fait.
Ils sont entrés sur notre territoire, s’y sont installés. Selon nos sources, ils ont même réclamé ce quartier-ci du sud de la ville, affirmant qu’il leur appartenait à présent. Rien que ça. Ils y ont monté plusieurs business faisant concurrence aux nôtres, ils ont gagné de l’argent qui nous revenait... Et surtout, ils s’en sont pris à ma sœur.
Pour toutes ces raisons, du sang coulera ce soir. Nous reprendrons tout et exterminerons tous les Camorristes qui se trouvent sur nos terres.
Nous sommes en guerre à présent. Nous allons rappeler aux Napolitains pourquoi personne n’emmerde les Calabrais.
Nous sommes une bonne vingtaine d’hommes, dont notre Capo et son frère, Gianni, à nous poster devant le bâtiment. Nous savons ce que nous avons à faire, mais Léandro se charge tout de même de nous adresser un petit speech d’encouragements.
— Tous les gens présents dans ce lieu sont des traitres ou des ennemis de la ‘Ndrangheta, déclare-t-il en armant son fusil d’assaut.
Je glisse à mon tour la lanière de mon M16 par-dessus mon épaule et vérifie que le chargeur est bien en place.
— Tirez sur tout ce qui bouge, conclut-il.
Pas de survivants, bordel. Je frémis d’impatience.
— On y va, ordonne-t-il en nous faisant signe de nous disperser.
Je reste avec les frères Bellochi et nous prenons la direction de l’entrée. Nous sommes accompagnés par quelques soldats tandis que les autres contournent le bâtiment pour fracturer la sortie de secours et tuer ceux qui tenteront de s’enfuir par ce côté.
Cette partie de la ville étant dépourvue de caméras et les habitants du quartier étant peu loquaces avec les flics, nous avançons jusqu’à notre destination avec nos armes à la main, sans nous soucier d’être peu discrets. Et sans y réfléchir à deux fois, nous abattons le vigile devant l’entrée. Puis deux de nos hommes s’attèlent à fracturer la porte du club.
Par pur plaisir, je souris à l’objectif au-dessus de la porte alors qu’elle s’ouvre enfin. Il n’y a pas d’issue, Vince, j’arrive.
Le massacre commence dès que nous mettons un pied à l’intérieur. Suivant l’ordre de notre Capo, nous tirons à l’aveugle. Formant une sorte de demi-cercle, arme tendue devant nous, nous ne faisons qu’appuyer sur la détente en tournant le fusil dans un sens puis dans l’autre, balayant toute la salle, la criblant de balles, personne n’y échappe.
Très vite, les corps tombent et s’entassent sur le sol tandis qu’un nuage de poussière et de plumes s’élève dans les airs.
Nous avançons petit à petit à travers la salle, nous rapprochant des podiums dégoulinants de sang pendant qu’un second groupe couvre nos arrières et veille à ce que personne ne parvienne à échapper à notre ligne meurtrière.
Les cris s’effacent peu à peu et nous n’entendons bientôt plus que les détonations et le bruit des chargeurs qu’on enclenche les uns derrière les autres.
L’odeur de la poudre est vive et couvre en partie l’odeur du sang et de la mort, mais ce doux mélange remplit tout de même mes narines et je m’en régale comme un drogué savourerait sa ligne de coke.
L’un de nous dégomme par pur plaisir toutes les bouteilles fièrement exposées sur des étagères du bar avant de se pencher au-dessus du meuble et tirer à l’aveugle en direction du sol. De nouveaux cris se font entendre.
Nous échangeons de larges sourires, les regards brillant tous d’amusement tandis que Léandro ordonne d’un geste de la main de cesser les tirs.
— Vérifiez sous les tables et couvrez les sorties, ordonne Gianni à l’attention des soldats de la seconde ligne. Les autres, on continue.
— Gardez un œil ouvert, des Napolitains pourraient débarquer afin de leur prêter mainforte, les met en garde Léandro.
Puis, d’un signe de la tête, il nous donne le départ pour poursuivre notre avancée dans le bâtiment.
Nous lâchons nos fusils d’assauts, qui pendent désormais à notre épaule, pour saisir nos armes de poings afin de fouiller le reste des lieux.
Nous progressons efficacement, inspectant chaque pièce, abattant toutes les personnes que nous délogeons de leur cachette avant de poursuivre notre chemin.
Et enfin, nous enfonçons la porte du directeur, mais je n’ai pas le temps de me réjouir, une déflagration se fait aussitôt entendre. Léandro a le réflexe de me tirer en arrière afin que je sorte du champ de tir du fusil mitrailleur se trouvant de l’autre côté de la porte, m’évitant ainsi de me faire cribler de balles.
— Ce n’est pas parce que tu as survécu à une balle que tu es immunisé contre les autres, plaisante-t-il.
Inexplicablement, je me mets à rire en réponse à sa mauvaise blague. J’ai effectivement été touché par balle au niveau de l’abdomen il y a plus de deux ans et demi durant un affrontement avec des Irlandais au manoir des Bellochi. Giulana, sa femme, m’a sauvé la vie ce jour-là en comprimant ma plaie avec un vêtement le temps que Gianni prenne le relai et me soigne.
— Allons terminer ce fils de pute, me dit-il avec un sourire démoniaque alors que nous entendons le bruit caractéristique d’un chargeur vide.
J’ai à peine le temps de me retourner en direction de la porte que Gianni a déjà sorti son couteau de son étui et est en train de le lancer en direction de notre assaillant. Un grognement nous indique qu’il a fait mouche.
Nous prenons d’assaut le bureau, nos armes pointées devant nous. Nous y découvrons deux personnes, Vince, en train de grogner de douleur à cause du couteau planté dans son épaule, et une pute. Cette dernière s’imagine avoir une idée de génie en tendant la main en direction du flingue délaissé par son patron. Je l’abats sur le champ.
Vince se croyant plus malin tente d’attaquer Gianni avec son poignard quand il se rapproche de lui, mais mon ami lui assène un coup de crosse dans le nez qui le ramène immédiatement en arrière. Il lâche le couteau afin de tenir son nez ensanglanté avec ses deux mains. Je ne me retiens pas de sourire grandement en l’entendant geindre. Il n’est qu’au début de ses peines.
Je sors une paire de menottes en plastique de type serre-câbles d’une des poches de mon gilet pare-balles et me rapproche de Vince. Sans aucune délicatesse, je l’oblige à se lever, ramène ses deux bras derrière lui, les tords au passage, me régale de son cri de douleur avant de finalement le menotter.
Du haut de ses trente ans, il a des traits enfantins et la bedaine d’un type de soixante piges, personne ne pourrait se douter qu’il était à la tête d’un réseau de prostitution. Il employait une petite dizaine de filles qui, selon nos sources, sont toutes à peine majeures, et qui ont été appâtées par un gros salaire et forcées de rester grâce à la peur.
— Vincenzio Viledo, c’est un plaisir de te rencontrer, lui dit Léandro d’une voix froide et menaçante.
Je pousse sa chaise de bureau jusqu’au centre de la pièce, face à Léandro, laissant une trainée sanglante derrière moi puisque les roulettes baignaient dans le sang de la pute.
— Tu as monté un sacré business, continue mon ami. Très joli établissement. Tu es tout seul à la tête de cette affaire, Vincenzio ?
— Va te faire foutre, lui crache Viledo. Je ne parlerai pas…
Léandro enfonce ses doigts dans les joues du prisonnier.
— Ne rends pas les choses plus difficiles ou je te promets que tu vas mourir dans d’atroces souffrances, le menace-t-il.
Ce sera déjà le cas, mais Viledo ne s’en doute pas encore.
— Tu devrais voir ça, s’immisce Gianni en désignant l’ordinateur de Vince du menton.
Je me rends compte que c’est à moi qu’il s’adresse et comme, il ne tourne pas l’écran vers moi, je contourne le bureau afin de me rapprocher de lui.
— J’ai accès aux dossiers du personnel, m’explique-t-il.
Dans celui se nommant Chiara, on retrouve une copie de ses papiers d’identité, une liste de ses habitués et enfin, un fichier vidéo que Gianni anime.
La scène se joue dans cette pièce, je reconnais ma sœur, mais également Vince, et il y a un deuxième type avec eux. Sans avoir besoin d’activer le son, je comprends que la conversation est animée entre eux, Chiara ne cesse de secouer négativement la tête en faisant des grands gestes tandis que les deux autres la toisent comme si elle n’était qu’une moins que rien. Une prostituée à leur service. L’autre type change alors de posture, son attitude devient plus menaçante, il semble sur le point de bondir sur sa proie. Chiara s’en rend compte et se lève précipitamment de sa chaise pour se ruer vers la porte, mais le deuxième individu la chope par le bras et l’oblige à rebrousser chemin.
Le souffle court et le rythme cardiaque beaucoup trop rapide, j’assiste à la scène sans pouvoir détourner le regard ou fermer les yeux. Ma sœur se débat, mais ça n’empêche pas le type de la pencher sur le bureau de Vince, appuyant une main sur sa tête pour la forcer à rester ainsi. Il soulève sa jupe et lui arrache son sous-vêtement. Se sentant encore plus menacée, Chiara se débat plus vigoureusement. Elle y met tellement de force et d’ardeur qu’elle parvient à se libérer et se redresser, mais une violente gifle la ramène à sa position de départ. Vince appuie alors sur les épaules de Chiara pour maintenir son buste plaqué contre la surface boisée pendant que le deuxième type baisse son froc.
Un puissant grognement de rage franchit mes lèvres et je me rue sur Vince. Je l’attrape par le col et le penche sur son bureau.
— Qui c’est ? grogné-je en empoignant l’écran pour le tourner vers nous. Qui est ce fils de pute ? insisté-je en écrasant plusieurs fois mon doigt contre l’écran alors qu’une image figée du type en train de violer ma sœur y est toujours affichée.
— C’est pour cette trainée tout ça ?
Je l’attrape par les cheveux et lui éclate le nez contre son bureau. Il ne s’attendait absolument pas à cela de ma part, ça se voit à sa mine ahurie alors que je replace sa gueule face à l’écran.
Il pensait que j’étais un simple soldat accompagnant les Bellochi dans leur descente, mais ce n’est pas le cas. Mon rôle au sein de la famille se rapproche de celui d’un Enforcer, un homme de main, un exécuteur, un bourreau. Je veille à ce que tout le monde respecte les lois imposées par la ‘Ndrangheta et pour cela, j’use de tous les moyens, mais surtout de violence.
— Qui c’est ? grondé-je encore.
— Va te…
J’éclate une nouvelle fois sa gueule contre le bureau. Cette fois, il crie de douleur. Je recommence encore une fois, puis une autre et une autre… jusqu’à ce que la surface soit couverte de son sang et qu’il me supplie d’arrêter.
— Qui c’est ? grogné-je.
De la bave s’échappe de mes lèvres, j’ai l’impression d’être un putain d’animal alors que j’attrape violemment son visage ensanglanté entre mes doigts et l’oblige à me regarder. Il a tout de la proie terrorisée et j’ai tout de la bête sauvage qui va le massacrer. Sans surprise, il se soumet.
— Cipriano Russo, confesse-t-il.
Par pur plaisir, je lui éclate une dernière fois la tête contre le bureau avant de le relâcher. Il s’écroule sur le sol, à moitié conscient, le visage déjà méconnaissable. Et ce n’est que le début, putain. Je vais m’occuper de ce fumier et ensuite, je retrouverai Cipriano Russo. Je vais couper la queue de cet enfoiré et la lui faire bouffer, c’est une putain de promesse.
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Roméo
Je jette le corps de Vince dans l’une des cages qui se trouvent au refuge pour chiens appartenant à Dino puis la referme avec un cadenas.
Viledo est beaucoup trop dans les vapes pour nous apprendre quoi que ce soit ou pour que ce soit marrant de le martyriser. Il passera la nuit ici et nous reprendrons l’interrogatoire demain. Gianni s’assurera de ses constantes afin qu’il ne nous claque pas entre les doigts. Pas tout de suite. Ce serait beaucoup trop rapide. Sa mort serait encore beaucoup trop douce s’il nous quittait ce soir.
Je sors de la salle d’auscultation, qui nous a servi de salle de torture ce soir, pour rejoindre Gianni et Léandro dans l’espèce de salle commune réservée au personnel du refuge.
Sur le papier, Dino est le propriétaire de l’établissement, mais son travail de comptable au sein de la ‘Ndrangheta lui demande beaucoup trop de temps. Ainsi, il préfère confier les rênes de son refuge à des individus aussi amoureux des chiens que lui et qui ont le temps d’être au service de ces animaux afin de leur apporter tous les soins dont ils ont besoin. Il leur rend visite régulièrement et s’assure que tout va bien. Le personnel, tout comme la plupart des Chicagoens, est au fait des autres activités du patron, de son appartenance à la mafia calabraise. Ainsi, ils ont appris à fermer les yeux et à ne pas poser de questions lorsque des types portant une pieuvre tatouée sur la main débarquent au refuge et réquisitionnent la salle d’auscultation.
— Dès demain, j’envoie des hommes ratisser la zone afin de déloger tous les Napolitains, explique Léandro à son frère quand j’entre dans la pièce.
Ils sont assis face à face autour de la table ronde et ils paraissent aussi furieux l’un que l’autre. Gianni est en train de triturer la pointe de son couteau tandis que Léandro serre si fort son téléphone dans sa main que l’écran est à deux doigts d’exploser.
— On adressera les cadavres signés à Détroit, commente Gianni.
Notre marque de fabrique, notre emblème, la pieuvre. Elle est non seulement encrée sur la main de tous les soldats qui servent la ‘Ndrangheta américaine, mais elle est aussi notre signature lorsque nous avons un message à faire passer aux autres organisations criminelles du pays. En général, nous gravons l’animal au couteau sur le front de nos victimes et nous expédions les corps à leurs chefs et ça les dissuade d’en envoyer d’autres sur nos territoires.
— Ils ont sans doute monté d’autres business derrière notre dos, commenté-je en m’appuyant contre le mur.
Je suis incapable de m’asseoir. Mes muscles sont si tendus, mon corps est si raide, à cause de la rage qui coule toujours dans mes veines que je suis incapable de me tenir dans une autre position que debout.
J’ai besoin de répandre plus de sang, d’entendre plus de cris de douleur, de faire couler plus de larmes afin de calmer ma putain de rage.
— Ces enfoirés sont plus intelligents et discrets qu’on ne le croyait, s’agace Léandro. Ils auraient pu continuer comme ça pendant longtemps.
Entre la fouille de l’ordinateur et les informations qui pleuvent soudainement comme par magie pour éviter toutes formes de représailles, nous savons que l’établissement a été inauguré il y a huit mois, mais avant cela, Vince organisait des « soirées privées », en petit comité. Les fameuses soirées entre « amis » auxquelles il a invité Chiara à participer.
Il savait exactement ce qu’il faisait en se rendant à cette soirée pour gamins. Il ciblait des filles à peine majeures parce que la demande est forte et que le marché est complètement ouvert puisque nous ne trempons pas dans ce business.
On ne touche pas aux mineurs. Tous les Calabrais sont au fait que le Capo est absolument contre ces pratiques. Et si Léandro apprend que l’un de ses soldats s’est adonné à cela, il le torturera sur la place publique pour montrer l’exemple.
— S’il n’avait pas ciblé l’une des nôtres, nous n’aurions peut-être jamais su ce qui se tramait sous notre nez, acquiesce Gianni.
Je ne crois pas que Vince se doutait de qui était Chiara quand il l’a abordée, il n’a vu en elle que sa beauté et les bénéfices qu’elle engendrerait en bossant pour lui. Il lui a sans doute fait miroiter des sommes folles, qui mettraient des étoiles dans les yeux de n’importe quelle gamine. Chiara se foutait du blé, entre la charge émotionnelle causée par la maladie de notre mère et ses envies d’ado, elle voulait juste se sentir libre et se vider la tête. Ma sœur était une proie facile pour ce genre de pervers. Elle s’est lancée et le piège s’est refermé sur elle.
Je souhaitais juste danser... Je ne voulais pas… Ses paroles me reviennent en mémoire et prennent désormais tout leur sens au point de me donner envie de me tirer une balle dans la tête pour ne pas avoir su lire sa détresse et lui venir en aide. Je lui dois des excuses. Je n’ai pas su la protéger et je n’ai pas su l’écouter alors qu’elle tentait de s’expliquer, de parler de l’enfer qu’elle a vécu. Je l’ai ignorée, mal jugée, abandonnée. Je dois me faire pardonner.
— De la prostitution d’ado, sous notre foutu nez, putain, gronde Léandro en se levant brusquement de sa chaise. Je vais tous les buter, rugit-il.
— On se vengera, acquiesce Gianni en serrant si fort son couteau dans sa main qu’il s’en fait saigner.
Je n’ai pas le temps d’appuyer cette demande de représailles puisque mon téléphone se met à vibrer dans ma poche de jean. Un coup d’œil en direction de l’écran m’oblige à froncer les sourcils avant de porter immédiatement le téléphone à mon oreille.
— Que se passe-t-il ?
À cette heure tardive, mon père n’a aucune raison de m’appeler. Il est forcément arrivé quelque chose. Il n’a même pas besoin de prononcer un mot que je sens déjà des sueurs froides couler le long de ma nuque.
— Chiara a tenté de se suicider.
Mon cœur s’arrête de battre. Pour la première fois depuis des lustres, mes yeux me piquent et ma vision se trouble. Mes amis s’en rendent immédiatement compte, je peux lire leur inquiétude sur leurs visages.
— Ils viennent de la remonter en chambre après lui avoir lavé l’estomac, continue-t-il. Prisca a également été admise, ils lui ont donné un sédatif comme elle n’arrivait pas à se calmer et manquait d’air.
Je passe ma main sur mon front puis dans mes cheveux.
— J’arrive, dis-je d’une voix râpeuse, ma bouche soudainement asséchée.
Je ne prends que cinq secondes pour résumer la situation à Gianni et Léandro avant de me lancer en direction de l’hôpital.
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