Twisted Retaliation: Sombre mafia romance (French Edition)
Chapitre 31
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Leona
Après avoir passé la matinée à observer l’horizon, je commence à perdre espoir. Nedo n’a peut-être pas transmis mon message à Roméo. Ou alors ce dernier ne trouve pas le chalet.
Je pourrais me servir du téléphone fixe pour le rappeler, mais pour lui dire quoi ? Je n’ai pas plus d’informations que la veille. Notre chalet est perdu au milieu des bois, au sommet d’une montagne avec une vue imprenable sur d’autres pics. Je me réjouirais sans doute de cette vue face à moi si je n’étais pas plus intéressée par les arbres qui bordent le reste du chalet et desquels j’espère voir jaillir Roméo.
Le monstre qui surgit derrière moi sur la terrasse du chalet est d’une tout autre espèce que celui que je crève d’envie d’apercevoir. Son apparence soignée et très huppée cache un être aussi vil que sournois et ignoble. Il ne possède pas la même noirceur d’âme que Roméo, c’est difficile à expliquer, à décrire, on ne peut que la ressentir. Celle de Cipriano ne me semble pas mauvaise, mais pourrie, avariée, putréfiée. Et forcément, elle me rebute au point de m’en donner de puissants haut-le-cœur quand il est près de moi.
Je ne peux pas me retenir de lui jeter un regard froid, le nez plissé par un grand ressentiment à son égard, tandis qu’il s’appuie à quelques centimètres de moi contre la balustrade en bois de la terrasse.
— C’est reposant tout ce calme, dit-il en regardant l’horizon. Ça donne envie de rester à l’écart de la civilisation pour toujours.
La seule chose qui m’empêche de quitter cet endroit c’est l’absence de moyen de locomotion. Je ne suis pas assez aventurière ni brave pour me lancer seule en forêt. Il y a plus de chances que je me perde et que je me blesse plutôt que je parvienne à rejoindre la ville.
Ce serait pareil pour lui d’ailleurs. Ce bon à rien serait incapable de survivre en milieu hostile. Roméo y arriverait.
— Tu vas faire la tête encore longtemps ? me demande-t-il après seulement deux secondes de silence en soupirant.
Il se tourne vers moi et croise ses bras sur son torse faisant ressortir des muscles quasi inexistants. Cet homme sortirait perdant de n’importe quel combat.
— Tu es visiblement encore secouée par toute cette histoire et tu espérais retourner chez toi, je le conçois, mais nous sommes dans le même bateau…
Je grogne mon indignation comme un animal et pivote vers lui en pointant un doigt accusateur en direction de son thorax.
— Tout ce qui m’est arrivé est entièrement ta faute, craché-je. Et si je ne peux pas rentrer chez moi, c’est aussi par ta faute. Parce que tu n’as pas assez de courage pour assumer tes actes et en payer le prix !
— Quel prix ? s’emporte-t-il. C’était une pute, bordel.
— Ça ne te donnait pas le droit de la violer, m’énervé-je en retour. Elle ne voulait pas…
— Elle n’osait seulement pas sauter le pas, mais t’inquiète, après moi, elle a eu son quota de bites…
Je le gifle. Un geste purement instinctif, absolument pas prémédité, mais qui comporte tellement de violence que l’écho du claquement de ma paume contre sa joue semble résonner dans tout le bois. Durant une seconde, le moment parait avoir été mis sur pause alors que je regarde avec un mélange de surprise et de fascination l’empreinte de mes cinq doigts d’un rouge très vif sur sa peau blanche. Puis Cipriano sort de son état de choc et l’action reprend en vitesse accélérée. Je n’ai pas le temps de me défendre, il attrape ma gorge et la serre fermement entre ses doigts tout me penchant au-dessus de la balustrade.
J’enfonce mes ongles dans sa main pour le contraindre à desserrer sa prise alors qu’elle est si puissante qu’elle en est suffocante.
— Sale petite conne, me crache-t-il à deux centimètres de ma figure. Attends un peu que ton cousin s’en aille, je vais t’apprendre les bonnes manières.
Ses yeux brillants de folie croisent mon regard paniqué alors que tout son visage vire au rouge du fait de sa rage.
— Je vais faire de toi ma petite chienne et crois-moi, tu en redemanderas.
Il me penche encore plus en arrière par-dessus la rambarde, faisant craquer tous les os de mon dos par la même occasion tandis que je frappe son avant-bras de toutes mes forces alors que le souffle me manque de plus en plus.
Je pense être victime d’une hallucination quand je distingue une silhouette dans les bois que je reconnaitrais entre mille.
— Lâche-la, lui crie mon cousin.
Immédiatement, Cipriano me redresse et retire ses mains de mon corps. Je pose les miennes sur ma gorge et prends de grandes inspirations tandis que Vito se précipite sur Cipriano, l’attrape par le col et le colle à son tour à la balustrade.
— Tu la touches encore une fois et je te livrerai moi-même aux Calabrais, affirme Vito en jetant un regard noir à Cipriano.
À ce sujet, justement, je me tourne en direction des bois, mais la silhouette a disparu, je ne vois plus rien. Ni personne. Ça devait être mon imagination. À deux doigts de mourir, c’est à lui que je pense… Qu’est-ce que c’est censé dire sur moi ?
— Ce serait de la trahison, essaie d’argumenter Cipriano.
— Je trouverai le moyen d’enterrer l’affaire, rétorque mon cousin. Ne me tente pas, car je le ferai sans hésiter, enfoiré.
Après l’avoir secoué une dernière fois, il relâche son col et le pousse violemment en arrière le faisant passer par-dessus la balustrade. Cipriano atterrit presque sans bruit, si ce n’est pour son couinement plaintif, sur l’herbe, à peine deux mètres plus bas.
Ni Vito ni moi ne lui accordons un regard alors que mon cousin glisse un bras autour de mes épaules et me guide vers la baie vitrée donnant sur le salon.
— Ne me laisse pas seule avec lui, Vito, je t’en prie.
Il hoche négativement la tête alors que nous passons le seuil du chalet.
— Je vais te trouver une autre planque, me promet-il. Ce fils de pute se débrouillera tout seul à partir de maintenant.
Je ne retiens pas mon soupir de soulagement avant de lui adresser un sourire reconnaissant. Mon remerciement se perd dans ma gorge alors que nous entendons Cipriano hurler derrière nous. Nous nous retournons d’un même mouvement et nous retrouvons presque nez à nez avec Dino. Il se tient bien droit, sur le seuil de la baie vitrée, laissée ouverte, une arme à la main, le sourire aux lèvres.
— Heureux de te revoir, dit-il à mon attention. Nous n’avons pas eu le temps de nous dire au revoir…
D’un geste purement protecteur, Vito me pousse derrière lui avant de sortir à son tour un pistolet.
— C’est inutile, Coppola, explique Dino. Baisse ton arme, c’est déjà terminé pour vous. Vous auriez dû prévoir un peu plus de monde.
J’entends le craquement des quelques petites marches de la terrasse suivi par des pas lourds sur le bois et je me décale afin de dégager ma vue, bouchée par le tee-shirt bleu de mon cousin. Mon souffle se perd quelque part dans ma gorge lorsque j’aperçois Gianni et Roméo derrière Dino, tenant un Cipriano bien ligoté, bâillonné et enfin prêt à recevoir sa punition. Un large sourire se dessine sur mes lèvres avant même que je lui en donne l’ordre.
Ils entrent tous les trois dans le chalet en poussant Cipriano. Tous les trois vêtus entièrement de noir, on dirait une sorte de triade démoniaque. Ils forcent leur otage à s’asseoir sur le sol à leurs pieds et je remarque alors que ce dernier porte un joli coquard à l’œil gauche. Cruellement, je ressens beaucoup de plaisir à imaginer sa douleur.
— Bel endroit, commente Gianni en procédant à un rapide scan de ce charmant chalet en bois typique de la région.
En gardant un bras devant moi, Vito m’oblige à faire un pas en arrière. Comme s’il cherchait à fuir, petit à petit.
— Comment vous nous avez retrouvés ? demande mon cousin.
Il les menace toujours avec son pistolet alors que de l’autre côté, seul Dino a une arme levée dans notre direction, les deux autres semblent parfaitement à l’aise. Calmes et sereins, ils regardent la décoration du lieu comme s’ils s’apprêtaient à faire une offre.
— On a été aiguillés, répond Gianni en passant négligemment sa main sur le rebord de la cheminée.
Vito se tourne immédiatement vers moi, baissant momentanément son bras.
— Je… J’étais obligée, tenté-je de me justifier.
Cipriano s’agite dans tous les sens à l’autre bout de la pièce hurlant derrière son bâillon, proférant très certainement des insultes à mon attention.
— Je craignais que tu me laisses seule avec lui, murmuré-je en désignant Cipriano du menton.
C’est un mensonge. Du moins, une moitié de mensonge. Je ne crois pas que mon cousin soit prêt à attendre mes véritables motivations donc je les cache derrière un masque de peur et d’innocence.
— Leona, grogne-t-il en fermant brièvement les yeux. Tu n’aurais jamais dû faire ça.
— On pensait la libérer d’une prise d’otages, alors imagine notre surprise lorsqu’on t’a découvert avec eux, continue Gianni à l’attention de Vito. Toi qui es censé être sur la piste du traitre qui vous a forcés à le conduire à l’aéroport avant de kidnapper Leona.
Mes yeux s’élargissent et à mon tour, je regarde mon cousin qui grimace en réponse avant de reporter son attention sur les autres.
— De ce qu’on a vu, tu n’avais pas l’air menacé par Russo, termine Gianni en se tournant finalement vers nous, son inspection du chalet terminée. Que devons-nous en conclure ?
Son ton est calme, détendu, sa voix est presque douce en énonçant cette interrogation comme s’il était réellement intéressé par la version de Vito, mais son regard, froid et menaçant, dit tout l’inverse. Gianni semble déjà avoir condamné mon cousin pour les mensonges qu’ils ont servi aux Calabrais et dont je n’avais pas du tout connaissance.
— Vous avez Cipriano, laissez-nous partir, répond Vito en relevant le bras pour viser Gianni, ignorant volontairement sa question.
Durant leur petite inspection des lieux, chacun de leur côté, Gianni et Roméo se sont écartés peu à peu de Dino et leur otage, de sorte que nous sommes désormais encerclés par le trio. La seule issue se trouve derrière nous, éloignée de plusieurs mètres, et comme Dino, face à nous, nous tient toujours en joue, cela réduit à néant l’option de la fuite. Et comme ils se sont séparés, ils sont plus difficiles à atteindre, même si Vito en touche un, les deux autres auront largement le temps de répliquer avant qu’il vise le suivant.
Nous sommes piégés. Faits comme des rats.
— Davide Coppola nous a pris pour des cons. Une fois au moment de l’échange, la deuxième fois en nous mentant. Il doit payer pour ça, et ça tombe bien… on a son fils sous la main, termine Gianni avec un sourire carnassier extrêmement terrifiant.
Mon rythme cardiaque accélère lorsque la peur me gagne. Je pensais faire ce qui était juste en leur donnant Cipriano, je ne me doutais pas un seul instant que je mettrais en danger mon cousin. Et alors que je sens Vito prêt à en découdre, à tenter sa chance face à eux, j’agis en autopilote. Je ne réfléchis pas et je me soustrais à sa prise afin de passer devant lui, son arme pointée dans mon dos et en première ligne pour recevoir celle de Dino.
— Stop. Il faut que ça cesse, dis-je fermement en regardant Gianni.
— Leona, qu’est-ce qui te prend, putain ? grogne Vito derrière moi.
— Il n’y a plus de dette, affirmé-je, le menton levé. Vous avez Russo, c’est fini. Le deal initial est rempli. Les représailles cessent ici, maintenant. Chacun repart de son côté.
Le sourire carnassier de l’homme aux cheveux comportant de nombreux reflets blonds devient plus amusé alors qu’il m’écoute lui donner des ordres avec toute la confiance et la détermination dont je suis capable à cet instant.
J’ai seulement envie que ça s’arrête, que ça se termine. Bon sang, ça fait des semaines que mes mouvements sont limités, que je suis privée de liberté, que mon confort est déplorable et que ma santé mentale est mise à rude épreuve… je suis fatiguée de tout ça. Je désire juste rentrer enfin chez moi.
— Prenez Cipriano et partez. C’est tout ce que vous vouliez, affirmé-je en tournant la tête vers Roméo cette fois.
Alors que nos regards se croisent, je ne me gêne pas pour l’implorer, qu’importe si ça me fait passer pour une faible, je n’ai pas honte de supplier Roméo afin qu’il m’accorde enfin ce repos que je mérite. Sans bain de sang. Sans représailles. Sans violence. Je suis fatiguée de tout ça. Je n’en supporterai pas plus.
— C’est tout ce qu’il vous faut, dis-je d’une voix plus faible.
Je sais qu’il m’entend quand même parce que j’ai toute son attention. Nos prunelles ne se quittent pas continuant cette conversation de manière silencieuse et pourtant si bruyante tant mon cœur cogne fort contre ma cage thoracique.
— Roméo ? l’interroge Gianni. Qu’est-ce que tu en penses ? Russo nous suffit ?
— Qu’il commence déjà par jeter son flingue, grogne le brun en réponse.
Je me tourne immédiatement vers Vito et l’encourage d’un coup de menton en direction de l’objet à s’exécuter.
— Leona…
— Fais-moi confiance, le coupé-je dans un murmure.
C’est sa seule chance de sortir d’ici vivant, il le sait parfaitement, c’est pourquoi après une demi-seconde d’hésitation, il se baisse, pose l’arme au sol puis donne un coup de pied dedans pour l’éloigner de nous.
Après un remerciement silencieux en direction de Vito, je redonne toute mon attention à Roméo.
— Russo vous suffit, lui dis-je dans le but qu’il le répète.
Mais évidemment, Roméo ne s’exécute pas sans exiger une contrepartie.
— Approche, m’ordonne-t-il en désignant un point invisible face à lui.
Je le fais sans hésiter. Je ne crois pas qu’il cherche à m’éloigner de mon cousin pour pouvoir lui tirer dessus, Roméo désire seulement me parler en privé.
— Dis-leur que c’est terminé, murmuré-je en me plaçant sous son nez.
Son parfum prend immédiatement d’assaut mes narines alors qu’une petite dizaine de centimètres nous sépare. Inconsciemment, j’inspire longuement, comme pour m’en délecter, pour remplir mes poumons de cet arôme citronné et constituer une réserve pour mon avenir sans lui.
— Il y a eu assez de violence et de sang, Roméo, s’il te plait, murmuré-je encore d’une voix presque tremblante.
Ses prunelles foncées semblent refléter une certaine gêne ainsi qu’une pointe de colère tandis que les miennes, bleutées, l’implorent d’épargner mon cousin.
— Je ne veux plus qu’il y ait de représailles dans cette histoire, insisté-je. C’est fini.
En se fichant complètement d’être observé par les autres, il glisse une main sur ma joue et comble le faible espace qu’il y avait entre nous en collant son torse contre le mien.
— Viens avec moi, murmure-t-il d’une voix douce. Ils ne te méritent pas.
Malgré moi, ses paroles me font plus mal qu’elles ne le devraient parce qu’une part de moi estime qu’il n’a pas tout à fait tort. Je ne cautionne pas les dernières initiatives de mon oncle et ça m’a fait perdre un peu d’estime pour cet homme, mais ça ne justifie pas un changement de camp. Un tel abandon. Ce n’est pas pour Davide que je désire retourner chez moi, mais pour mes parents et mon frère, qui eux n’ont rien à voir avec cette histoire. Alors, je hoche négativement la tête.
— Je veux rentrer chez moi, Roméo. Nos chemins doivent se séparer. J’ai tenu parole en t’aidant à obtenir ce que tu souhaitais, maintenant laisse-moi partir avec mon cousin.
Après une demi-minute de silence, durant laquelle, je le sens en plein conflit intérieur, il desserre enfin les dents afin de me donner sa réponse.
— Comme tu voudras.
Et avant que je puisse réagir, ses lèvres s’écrasent sur les miennes.
Je suis parfaitement consciente que nous avons une audience, mais je sais aussi qu’il s’agit d’un baiser d’adieu et que nous en avons tous les deux besoin à cet instant, alors je le lui concède. J’oublie le reste, notre environnement, la situation, le public, et je me concentre uniquement sur lui. Tous mes sens se focalisent sur lui et tentent de graver dans ma mémoire tout ce qui rend Roméo si spécial à mes yeux. Je n’oublierai certainement jamais cet homme. Je me souviendrai toujours de notre histoire peu conventionnelle, à la fois douloureuse et plaisante. J’ai pris conscience de beaucoup de choses ces dernières semaines, j’ai le sentiment d’avoir muri, éclos. En tout cas, je ressors bien différente de cette... expérience riche en émotions et sensations fortes.
Comme à son habitude, Roméo ravage mes lèvres jusqu’à m’en laisser complètement pantelante, mais je prends plaisir à partager cet ultime baiser avec lui. C’est donc avec un large sourire que je me sépare de lui.
— On en a terminé ici, déclare-t-il aux autres de sa voix grave et autoritaire. On peut y aller.
Tout mon visage lui montre la reconnaissance que j’éprouve à cet instant. Après un faible sourire et une brève caresse sur ma joue, il me relâche et s’éloigne en direction de Dino. Puis sans un regard en arrière, il force Cipriano à se remettre debout et quitte le chalet, suivi de près par ses deux acolytes.
Mais Gianni s’arrête sur le seuil pour dévisager Vito.
— Préviens tout de même ton père que la prochaine, nous ne serons pas aussi cléments et ce sera ta tête que je pendrai en première au bout d’une pique, affirme-t-il.
Sans attendre de réponse, il tourne les talons et à son tour, il disparait de notre champ de vision.
Je pousse un profond soupir de soulagement. C’est terminé.
— Tu m’expliques ? me crache Vito. Tu es amoureuse de lui, une connerie du genre ? Il t’a retourné le cerveau ?
Je hoche négativement la tête.
— Je t’ai sauvé la vie, c’est tout ce qui importe, on se fiche de la manière, affirmé-je. Aide-moi à enterrer cette histoire et nous serons quittes.
— T’es qui, putain ? me demande-t-il en fronçant les sourcils, incapable de reconnaitre son innocente et obéissante cousine.
Je n’ai pas changé, je suis toujours la même, j’ai seulement choisi de prendre les choses en mains en ne permettant plus à des gens de me dicter ma conduite et de décider de mon avenir à ma place.
Je laisse tomber le masque.
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