Twisted Retaliation: Sombre mafia romance (French Edition)

Chapitre 43

 

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Leona

 

Après avoir lavé et plié mes nouveaux habits et ensembles de lingerie, je les range dans mon placard en me remémorant les quelques heures de shopping intense auxquelles je me suis prêtée de manière très impulsive. Au lieu de me sentir coupable de ce manque flagrant de retenue, de maitrise de soi et surtout de prudence, je me sens joyeuse et apaisée.

J’en avais besoin pour me remonter le moral.

Initialement, je sortais pour faire quelques courses chez le primeur au coin de la rue, ça ne devait me prendre que quelques minutes et puis… mes yeux se sont posés sur une boutique de vêtements. Comme il me manquait quelques pièces dans ma penderie, j’ai décidé de faire quelques emplettes. Et puis comme j’avais également besoin de lingerie et de chaussures, j’ai fait quelques magasins supplémentaires. Et pour finir, je me suis arrêté dans une parfumerie.

Au final, la sortie piétonne supposément rapide s’est transformée en long après-midi shopping. Heureusement pour moi, puisque Roméo n’est jamais à l’appartement depuis l’enterrement de sa maman, il ne s’est pas rendu compte de mon absence. Lui qui insiste pour que mes sorties soient brèves, il m’aurait certainement reproché mon manque de prudence. D’autant plus que j’ai complètement omis de le prévenir avant de sortir alors que ça fait partie des « règles de sécurité » qu’il m’a imposées.

Autrement dit, j’ai échappé à une bonne engueulade et pour la première fois depuis quatre jours, je suis contente qu’il ne soit jamais là.

Comme l’avait prédit Dino, Roméo s’est plongé dans son travail pour oublier sa peine et avec le retour des Bellochi, il a d’autant plus de raisons de ne rentrer à l’appartement que pour s’y reposer. Je ne lui reproche rien. Je comprends qu’il ait besoin de travailler pour s’occuper l’esprit, mais aussi qu’il soit soulagé de retrouver ses meilleurs amis. Il a sans doute l’habitude de se tourner vers eux en cas de baisse de moral, comme moi avec Carlotta.

Mon cœur se serre rien qu’en pensant à elle. Cela fera bientôt deux semaines que j’ai quitté les miens et le manque ne faiblit pas. Je me sens terriblement seule, triste, malheureuse… Je secoue la tête alors que des larmes se forment dans mes yeux. Plutôt que de laisser mes émotions négatives refaire surface, j’attrape le sac contenant le reste de mes achats en parfumerie et me dirige vers la chambre de Roméo.

Je n’accorde qu’un bref regard à son lit défait avant d’entrer dans sa salle de bains. Dès lors que mes yeux se posent sur son immense baignoire, je me mets à sourire. Je n’ai pas su résister à la tentation d’acheter en parfumerie tout le nécessaire afin de prendre un long bain moussant, très reposant. Je suis persuadée que ça ne dérangera pas Roméo que je me serve de sa baignoire, il m’a lui-même invitée à faire comme chez moi.

J’ouvre un à un les tiroirs de son meuble de salle de bains jusqu’à trouver un peu de place afin de pouvoir y ranger les bombes de bain ainsi que les bougies parfumées que je renifle avec impatience. Ne souhaitant pas être interrompue dans ce merveilleux moment de détente par le retour de Roméo, je préfère le reporter à demain. 

Je plie le sac et le coince sous mon bras avant de ramasser les vêtements qui trainent sur le sol de la salle de bains et les déposer dans sa panière à linge. Vivre avec Roméo m’a fait découvrir son côté bordélique, chaotique, qui finalement lui correspond assez bien.

Comme tous les jours, sur le sol de son dressing, je trouve une serviette roulée en boule que je mets au sale puis avant de sortir de sa chambre, je fais son lit. 

Le rangement terminé, je retourne à la cuisine afin d’y jeter le sac en papier puis rejoins immédiatement le salon lorsque mon ordinateur me notifie de façon bruyante l’arrivée d’un email dans ma boite de réception. Je m’assois sur le canapé et le tire vers moi afin de cliquer sur le message et l’ouvrir.

Mes lèvres s’entrouvrent en même temps que mes yeux s’élargissent quand je me rends compte qu’il s’agit d’une invitation à un entretien.

Au même instant, j’entends la porte d’entrée claquer derrière moi et, la mine toujours abasourdie, je tourne la tête vers l’entrée du salon alors que Roméo déboule du hall.

— Qu’est-ce qu’il y a ? me demande-t-il en fronçant les sourcils.

— J’ai osé répondre à une annonce hier et ils souhaitent me rencontrer, lui dis-je d’une voix peu assurée.

Je reporte mon attention sur l’écran afin de relire le mail, mais là encore, je n’arrive pas à le croire. Ils ont retenu ma candidature, mon profil, alors que je ne remplissais pas tous les critères. Pas du tout même.

— Ils me proposent un rendez-vous demain matin si ça me convient, lui dis-je en lisant le courriel. 

— Annule, décrète-t-il, en enjambant le dossier du canapé afin de se laisser tomber lourdement à côté de moi.

— Non, refusé-je immédiatement. Pourquoi je ferais ça ? 

— Parce que tu ne pourras pas y aller, me répond-il en tirant l’ordinateur vers lui pour consulter le mail. 

Je prends conscience de notre proximité en sentant son jean frotter contre ma cuisse, mais ne cherche pas à m’éloigner de lui.

— Pourquoi ? lui demandé-je encore en regardant son profil. On en a parlé, Roméo, je veux travailler…

— On est pris demain matin, me coupe-t-il. Et de toute façon, je t’ai déjà trouvé du travail, conclut-il en refermant l’écran, comme pour clore le sujet.

— Pardon ?

Il repousse l’objet électronique jusqu’au milieu de la table comme pour m’éloigner de cette opportunité avant de se redresser et tourner la tête vers moi.

— Vendre des vieilleries, ça t’intéresse ?

Il est si près de moi que je sens son souffle sur mon visage, mais encore une fois, je n’ai pas le réflexe de reculer, certainement trop surprise, interloquée, pour penser à autre chose qu’à sa question.

— Des vieilleries, répété-je. Tu veux dire des antiquités ?

Il acquiesce et je ressens une pointe d’excitation à l’idée de travailler dans ce domaine avant de me souvenir de la dernière fois qu’on a abordé ce sujet. Mon enthousiasme s’envole en une seconde et cette fois, je ressens l’envie de m’écarter de lui.

— Ce n’est pas dans ce domaine que travaille ton père ? lui demandé-je en tentant de masquer ma gêne.

Je change de position afin d’éloigner mon buste et mes jambes de celles de Roméo.

— Il possède plusieurs boutiques d’antiquités, acquiesce-t-il. Il t’en dira plus demain. On les retrouve à 10 heures pour un brunch.

— Pardon ? m’étranglé-je.

— Je leur ai parlé de toi, ils veulent te rencontrer.

— Tu leur as parlé de moi, répété-je d’une voix criarde alors que mon cœur s’emballe. Pourquoi ?

Mais il n’entend pas ma question puisque son téléphone se met à sonner en même temps. Un coup d’œil en direction de l’écran et il décroche immédiatement.

— Je t’écoute, dit-il à son interlocuteur.

Je reconnais la voix de Dino au loin sans pour autant pouvoir distinguer ses paroles que Roméo écoute en fronçant les sourcils.

— Maintenant ? s’étonne-t-il.

Après une brève seconde de silence, Roméo se lève du canapé.

— J’arrive, répond-il finalement.

Il raccroche puis glisse son téléphone dans sa poche de jean et me regarde.

— Dino a besoin de me parler d’un truc au sujet des comptes, ça ne peut pas se faire au téléphone. Je passe le voir et je reviens, m’informe-t-il.

Et pour je ne sais quelle raison, sa phrase fait sonner quelques alarmes dans mon esprit. J’ai un mauvais pressentiment.

— Tu le rejoins chez eux ? lui demandé-je.

— Il est à l’appartement, nie-t-il.

Et je n’ai pas besoin de plus de détails pour comprendre de quel appartement il s’agit et surtout, pour deviner la véritable raison de son appel. Il n’a pas besoin de son aide au sujet des comptes, il souhaite seulement l’attirer là-bas parce qu’il lui a organisé une surprise en ce lieu.

Mon estomac se tord de jalousie, mais je me force à ne rien montrer et acquiesce mon accord.

— À tout à l’heure, dis-je en ravalant ma colère.

Je l’ai voulu. J’étais d’accord. C’est même moi qui ai proposé l’idée à Dino, je ne peux pas reculer maintenant qu’il l’a fait.

— Je reviens vite, me promet-il en s’éloignant.

J’en doute. J’en doute fortement.

Je serre les poings et me retiens difficilement de grogner ma rage en entendant la porte d’entrée claquer à nouveau. Décidant qu’il est préférable que je me change les idées afin de ne pas penser à Roméo et à ce qu’il fera durant les prochaines heures, je prends la direction de sa chambre. Un bon bain moussant me relaxera, apaisera cette soudaine tension que je ressens dans tout mon corps et effacera ces pensées violentes qui n’ont pas lieu d’exister dans mon esprit.

Il ne me doit nullement la fidélité. C’est dur, mais c’est la réalité. Je ferais bien de m’y habituer.

 

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Leona

 

Confortablement installée dans cette immense baignoire, la tête appuyée contre un oreiller de bain moelleux, le corps immergé dans l’eau chaude, des bulles de savon pétillant autour de mon corps nu et des jets d’eau me massant le dos, je suis au paradis. Et si ce lieu saint avait une odeur, je suis persuadée qu’elle ressemblerait à celle qui flotte actuellement dans cet endroit à l’ambiance tamisée. Il s’agit d’un mélange très agréable de fragrances provenant de mes diverses bougies parfumées. Certaines comportent des notes pétillantes et fruitées, d’autres sont plus voluptueuses avec des senteurs plus gourmandes et sucrées, qui se marient divinement bien à celles de ma bombe de bain.

Les yeux fermés, je me prélasse dans mon bain, le savourant pleinement, oubliant ainsi tous mes problèmes. Il n’y a pas une once de négativité dans cette pièce…

— Leona ?

Je me redresse brusquement et ouvre les yeux alors que le cri clairement enragé de Roméo résonne dans mes oreilles.

Soudainement, la porte de la salle de bains s’ouvre et Roméo entre comme une furie dans la pièce.

— C’est quoi ce bordel ? me questionne-t-il, le regard noir et la mine tout aussi énervée. Tu as demandé à Dino de m’organiser une orgie ? m’accuse-t-il.

Mes yeux s’élargissent et immédiatement, je me sens mal à l’aise.

— Je pensais que ça t’aiderait à te changer les idées, balbutié-je, les joues rouges de honte.

— Tu lui as dit que nous n’étions pas ensemble, continue-t-il ses accusations. Que j’étais libre de baiser n’importe qui. 

Mes lèvres s’entrouvrent, mais aucun son ne les franchit. Je n’imaginais pas qu’il prendrait aussi mal mes propos.

— C’est vraiment ce que tu penses ? me demande-t-il.

J’ai davantage l’impression qu’il est blessé plutôt que contrarié. Je ne sais pas quoi répondre. Une part de moi pense véritablement ces mots, mais l’autre part de mon être se sent extrêmement possessive envers lui et les réfute.

— Je… Je n’aurais pas dû me mêler de ça, dis-je plutôt que de répondre à sa question. Je suis désolée, je…

— Réponds-moi, m’ordonne-t-il sèchement.

Son regard devient plus dur, plus froid, plus menaçant alors qu’il referme d’un geste brusque la porte qui claque derrière lui.

— Ça ne te poserait aucun problème si je baisais une autre femme ? me demande-t-il en avançant vers moi. 

Ma mâchoire se contracte instinctivement. C’est plus fort que moi. L’imaginer avec une autre femme réveille une vive colère en moi. Et, cette réponse instinctive se passe d’explications. Je me sens profondément possessive envers lui.

— Je pourrais faire entrer une pute dans la pièce et la baiser devant toi sans que tu bouges le petit doigt ? me demande-t-il d’une voix plus grave en s’accroupissant à côté de la baignoire.

De la lave coule dans mes veines à cette idée. Un sentiment de rage déferle en moi et me rend agressive. Violente. J’ai littéralement envie de tordre le cou de cette femme hypothétique. Je ne me reconnais pas, on dirait une tout autre personne et pourtant, c’est bien moi, c’est bien ce que je ressens, ce à quoi je pense.

D’un geste brusque, il attrape l’arrière de ma nuque et me rapproche du bord de la baignoire. Il me rapproche de lui, de ses lèvres, de son regard menaçant, mais également plus assuré, satisfait, possessif. Ce déplacement rapide de masse provoque une vague dans la baignoire, mais Roméo se fiche complètement de recevoir de l’eau sur lui. 

— Réponds-moi quand je te pose une question, grogne-t-il à quelques millimètres de mes lèvres.

Il me lit parfaitement bien, il sait pertinemment ce que je pense de sa proposition, mais il est déterminé à me faire avouer la vérité.

— Ça ne me plairait pas, affirmé-je en le regardant droit dans les yeux.

Un sourire se dessine sur ses lèvres.

— Bien, souffle-t-il en appuyant son front contre le mien. Parce que ça ne me plairait pas non plus.

Mon cœur s’emballe instantanément et je me sens rougir de plaisir.

— Nous sommes ensemble, Leona, continue-t-il. Il n’y aura plus jamais d’autres femmes.

Il s’écarte de mon front pour me regarder droit dans les yeux.

— Et il n’y aura aucun autre homme que moi, affirme-t-il.

Ses doigts se resserrent autour de ma nuque, mais bien qu’ils me provoquent une faible douleur, je ne me sens pas menacée, je ne cherche pas à me débattre contre sa poigne et encore moins à m’éloigner de lui.

— Personne ne pose ses mains sur toi, ne te touche, ne te caresse, ne t’embrasse sans en payer le prix fort. Tu es mienne, Topolina. Uniquement mienne. Je torturerai et tuerai tous ceux qui tenteront de se mettre entre nous, termine-t-il plus sombrement.

Au lieu de me procurer un frisson d’effroi, sa menace me provoque de drôles picotements dans le ventre. Une part de moi aime beaucoup sa possessivité.

— Ne me refais jamais un coup pareil, souffle-t-il en reposant son front contre le mien, comme épuisé par ses déclarations. Je n’ai besoin d’aucune autre femme que toi.

Je me sens hocher imperceptiblement la tête en signe d’accord. Aucune chance que je m’inflige encore une fois cette douleur alors que c’est avec moi qu’il souhaite être.

— Qu’est-ce que tu attends de moi, Roméo ? murmuré-je.

— Tout, répond-il sans hésiter en me regardant droit dans les yeux, faisant galoper mon cœur. Je désire tout de toi. Ton corps, ton esprit, ton âme. Je veux tes sourires et tes rires. Je veux tes murmures et tes cris. Je veux tes regards noirs et tes regards enflammés. Je veux partager ta douleur et ton plaisir. Je veux tout, répète-t-il en frôlant mes lèvres avec les siennes, je veux tout ce que tu souhaiteras me donner. À commencer par ton pardon et ta confiance. Je suis désolé, Leona. Je suis sincèrement désolé pour ce que je t’ai fait et te promets que ça n’arrivera plus jamais. Tu ne subiras aucun accès de rage de ma part, je t’en fais le serment. Je peux te rendre parfaitement heureuse. Je veux te rendre heureuse, se reprend-il. Je ferai de ton bonheur ma priorité, Topolina, me jure-t-il encore.

Je sens mon corps se ramollir entre ses doigts. Sa déclaration est si sincère qu’on la devine issue du plus profond de son être. Comme si elle était criée par son âme.

— Merci, murmuré-je en frôlant à mon tour ses lèvres avec les miennes, j’apprécie beaucoup ce que tu viens de dire.

Il dépose un baiser sur mes lèvres souriantes auquel je réponds de façon instinctive puis il relâche ma nuque.

— Suffisamment pour m’inviter dans ton bain ? me demande-t-il avec un sourire au coin des lèvres.

— Tu veux prendre un bain avec moi, répété-je de façon sceptique, mais ça sort quand même comme une question. 

— Volontiers. Ça semble très agréable comme endroit. J’aime beaucoup l’ambiance, affirme-t-il en balayant du regard les bougies posées sur le rebord de la baignoire.

Il recule d’un pas et retire sa veste et après avoir détaché son holster, il attrape le col de son tee-shirt pour s’en délester. Mes yeux s’élargissent en comprenant qu’il va réellement me rejoindre dans l’eau.

— Mais je te préviens, je ne compte pas te regarder dans le blanc des yeux alors que tu es nue sous mon nez, dit-il en détachant les boutons de son jean.

Je sens mes seins s’alourdir alors que ses paroles m’excitent tout autant que son effeuillage.

— Mes mains vont se balader, continue-t-il en retirant ses pieds de son vêtement. Et tu vas aimer ça, Topolina.

 

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