Twisted Retaliation: Sombre mafia romance (French Edition)

Chapitre 14

 

 

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Roméo

 

La peur ne quitte pas son regard tandis qu’elle se brosse les cheveux. Je fais mine de ne pas le remarquer et continue de passer en revue les vêtements sur les portiques de la loge.

J’ai agi sans réfléchir, pris dans la folie de l’instant, je l’ai penchée sur le meuble, mais ça a été un pur moment de plaisir. Un vrai délice pour mes yeux. Sa chute de reins est sublime, ce cul bombé est terrible, et ces lèvres, bien que trop poilues à mon gout, m’ont donné envie de les dévorer. Et si nous rajoutons à la beauté naturelle de son corps la trace de mes cinq doigts sur sa fesse, la vue n’est pas seulement bandante, mais carrément enivrante. Elle m’en a donné des vertiges. Si Leona ne s’était pas manifestée, je serais toujours en état de transe.

J’ai affirmé être plus intéressé par son âme que par son corps, mais putain, il y a moyen que je change d’avis avant la fin du mois, voire de la semaine, et peut-être même de la soirée. Je ne dirais pas non au fait d’user à ma guise de ce corps aux courbes illicites, mais alors ma vengeance ne serait pas tout à fait complète et je ne me sentirais pas aussi triomphant que si j’obtenais sa soumission volontaire…

Je grogne mentalement avant d’arracher un vêtement de son cintre puis de prendre une culotte au hasard. Vêtements en mains, je me rapproche de la coiffeuse et jette les fringues dessus.

— Enfile ça, lui ordonné-je.

Mon ton sec, comprenant une rage à peine voilée, la surprend et c’est désormais avec des yeux ronds qu’elle me regarde. Elle doit me prendre pour un fou, ce qui est certainement vrai, mais je m’en contrefous. Je tourne les talons et retourne vers les portiques, insensible à ses émotions. C’est elle qui provoque ces sautes d’humeur extrêmes, le fait qu’elle soit plus résistante que je le pensais, moins faible, moins docile, difficilement malléable… Son caractère m’agace autant qu’il me plait et ce n’est pas bon signe. Ce n’est pas de bon augure pour la suite. Mais je vais quand même devoir composer avec ça et trouver le moyen de briser ce roseau fier et têtu.

— Quelle pointure fais-tu ? lui demandé-je en m’accroupissant pour examiner les paires de pompes des filles. 

— Pourquoi ?

Je lui jette un regard agacé par-dessus mon épaule et constate qu’elle s’est déjà empressée d’enfiler la nuisette et certainement la culotte aussi. 

— 39, répond-elle d’une voix faible.

Je tourne à nouveau la tête et passe en revue les différentes godasses à la recherche de sa taille. Je finis par lui trouver une paire de talons de couleur noire et les lui tends. Elle se rapproche spontanément pour les saisir. 

— Je ne peux pas sortir dans cette tenue, affirme-t-elle en montrant la nuisette.

— Qui te parle de sortir ?

— Tu as mentionné une vraie chambre, me rappelle-t-elle, le regard hésitant en enfilant les talons.

J’acquiesce, je m’en souviens parfaitement. Elle mérite ce repos, une vraie nuit de sommeil.

— Il y a des chambres tout confort à l’étage. Suis-moi.

Elle le fait sans se poser de questions. Cette partie du club de striptease est complètement insonorisée et son cerveau fatigué n’a pas encore dû faire le lien entre les informations que je lui ai données et les horaires d’ouverture du club.

Nous croisons quelques stripteaseuses dans le couloir des loges, mais elles ne lui accordent qu’un bref coup d’œil avant de vite détourner le regard en sentant le mien sur elles. Elles doivent toutes ressentir de la pitié pour elle, je suppose que celle qui nous a surpris dans les loges a déjà fait passer le mot à tout le monde et elles s’imaginent que Leona est mon esclave sexuelle. Elles désireraient sans doute l’aider, mais cela irait à l’encontre de mes ordres et personne ne souhaite se mettre un exécuteur à dos.

Leona ne disposera d’aucune aide ici, elle devra se débrouiller toute seule, elle est isolée, à ma merci et le pire, c’est que je suis, par conséquent, son seul point de repère. Elle devra se reposer sur la personne qui lui veut du mal pour espérer s’en sortir.

Quand j’ouvre la porte et qu’une musique lascive pénètre dans nos oreilles, Leona fait un pas en arrière.

— On doit traverser la salle pour rejoindre les escaliers qui mènent à l’étage, expliqué-je sans chercher à lui attraper le poignet pour la pousser dans la salle. Tu peux également retourner dans ta cellule, continué-je en prenant un air faussement blasé.

Cette phrase est aussi efficace que si je la tirais moi-même par le bras. Je me mords l’intérieur de la joue pour ne pas sourire grandement alors qu’elle revient vers moi.

Je referme la porte de service et jette mécaniquement un regard circulaire dans la salle. Elle n’est pas comble, mais le nombre d’hommes assis sur des banquettes est bien assez suffisant pour mettre mal à l’aise Leona. Du coin de l’œil, je la vois tirer sur le bas de sa nuisette.

— Reste près de moi, lui ordonné-je en commençant à avancer.

Elle me rattrape aussitôt et je m’empêche de sourire lorsqu’elle relève le menton et regarde droit devant elle d’un air imperturbable.

Elle cale naturellement sa démarche sur la mienne pour rester à mes côtés tandis que nous traversons la salle. Elle ne prête aucune attention aux hommes, regarde brièvement les filles qui naviguent dans la salle et celles qui dansent sur les podiums, mais ne montre absolument aucune émotion, ni ressentiment, ni dégout, ni admiration, rien. Elle est clairement en dehors de sa zone de confort, elle détonne carrément avec l’endroit, elle porte une putain de nuisette, et pourtant, elle se déplace et se comporte comme si elle possédait les lieux.

Je mentirais si je disais que toute cette assurance ne me donnait pas la trique à cet instant.

Un compliment pend sur le bout de ma langue, mais plutôt que de la féliciter, je décide de la tester, jouer un peu avec ses nerfs. Alors que nous longeons le bar, je pose ma main dans le bas de son dos. Surprise, elle avance de plusieurs pas, s’éloignant de mon toucher. Son mouvement vif attire quelques regards et dès l’instant où elle se sent scrutée, elle se replace à côté de moi.

Je lui souris par pure cruauté tout en remettant ma main dans son dos et cette fois, elle ne s’écarte pas. En revanche, elle ne se gêne pas pour me jeter une œillade glaciale avant de replacer son masque de fierté sur son visage et regarder droit devant elle.

Je la conduis ainsi jusqu’au hall d’entrée du club où la musique est tout de suite bien moins forte que dans la salle.

Avec ma main toujours posée dans son dos, je l’oblige à bifurquer à droite. Nous nous retrouvons face à un rideau rouge que j’écarte pour révéler l’escalier aux marches sombres. Leona fronce les sourcils, mais grimpe tout de même avec moi sans que j’aie besoin de la forcer.

En haut des marches, nous tombons sur un couloir. Leona m’adresse un regard en coin, incertain, voire soupçonneux, avant de se décider à avancer quand même en regardant attentivement autour d’elle.

Comme elle, je découvre l’endroit et me laisse guider par les petites flèches dorées incrustées dans la moquette noire au sol. Ici aussi, les murs sont tapissés d’une tenture rouge comportant divers symboles dorés. La décoration se compose de vieilles lampes murales noires, de fausses moulures dorées au plafond et toute une flopée de miroirs antiques et cadres vintages. On se croirait dans un bordel royal alors que le Whisper n’a rien de noble ou de luxueux et qu’il est très loin de figurer parmi les meilleurs établissements de ce genre à Chicago. Il se situe même dans les derniers du classement. C’est seulement parce qu’il se trouve près de chez moi, que je connais vaguement le personnel et que c’était facile d’y installer une cellule, que je l’ai placée ici, pas pour la beauté du lieu ou pour son hygiène…

Au détour du couloir, nous nous retrouvons face à une sorte de borne d’accueil noire derrière laquelle se tient une femme. Elle se lève de son tabouret et prend le temps de réajuster sa robe en cuir avant de poser les yeux sur nous.

— Bonsoir.

Son sourire faiblit aussitôt qu’elle aperçoit Leona. Elle fronce brièvement les sourcils en ne comprenant pas qui elle est puis son regard se pose sur moi et soudainement, elle baisse les yeux en direction de son bureau.

— Une chambre a été réservée pour une durée indéterminée, lui dis-je, même si je suis certain qu’elle sait parfaitement qui je suis et ce que je veux.

Je me doutais que Leona finirait par craquer et j’avais prévu de lui offrir du confort en échange. Plutôt que de réaménager sa cellule, qui pourra toujours me servir par la suite si elle se rebelle, j’ai demandé au gérant de condamner une des chambres du bordel pour la lui affecter.

Leona m’interroge du regard, mais n’a pas le temps de formuler sa question puisque le bruit d’une clé apposée sur le comptoir lui fait tourner à nouveau la tête en direction de l’hôtesse. 

— La chambre numéro dix, la dernière au fond du couloir, nous indique-t-elle. Elle a été équipée d’un verrou comme vous l’avez demandé, précise-t-elle en scrutant la clé sur le comptoir.

Puis son regard se plante de nouveau sur Leona et je peux y lire un mélange de gêne et de compassion. Le premier sentiment ne m’aurait pas dérangé, mais le second me pose un putain de problème. Je refuse qu’elle se sente concernée par son sort. Alors, je me rapproche jusqu’à appuyer un coude sur le comptoir puis je me penche vers elle. L’hôtesse recule spontanément son buste et fait un pas en arrière quand mon regard menaçant harponne le sien.

— Est-ce qu’il y a un double de cette clé ? demandé-je en posant ma main tatouée sur l’objet.

Elle hoche négativement la tête et comme elle ne parvient pas à soutenir mon regard, elle baisse les yeux. Cela ne me suffit pas. Je prends un risque en l’amenant ici, aussi précipitamment, je n’ai pas eu le temps d’installer le même système de surveillance que celui dans sa cellule et je détesterais qu’elle me file entre les doigts à cause de ça.

— Si elle disparait, je t’en tiendrai personnellement responsable, menacé-je froidement l’hôtesse. C’est clair ?

Je surprends son regard en direction de ma main tatouée. Il vaut mieux pour elle qu’il n’existe pas d’autre clé, que personne ne puisse aider Leona à s’enfuir ou bien elle découvrira toute la souffrance que cette main peut infliger.

— Très clair, répète-t-elle.

Mais sa voix est trop faible pour que je la croie sur parole et aussi parce que je suis naturellement paranoïaque. Ce trouble est d’autant plus excessif lorsqu’il s’agit de ne pas perdre ma prisonnière. L’objet de ma vengeance.

Alors, je fais ce que je sais faire de mieux.

D’un geste vif, j’attrape sa gorge et la serre fermement entre mes doigts. J’entends le hoquet de surprise de Leona à côté de moi, mais n’y prête pas attention. L’hôtesse empoigne mon poignet, mais dès que son regard apeuré croise le mien, elle choisit de faire la morte et retire sa main de mon bras. C’est la réaction la plus commune parmi mes victimes. Une minorité tente de se débattre, mais la plupart d’entre eux ont conscience que la lutte est inutile, perdue d’avance, alors ils s’immobilisent comme les lézards et attendent que le prédateur s’en aille.

— Si quelqu’un d’autre que moi parvient à entrer dans sa chambre sans que je le lui en aie donné la clé et l’autorisation, je te ferai bouffer tes yeux puis tes boyaux. Est-ce que c’est clair ?

Je ne sais pas si Leona est trop effrayée ou si elle lit correctement mon langage corporel, mais elle a la présence d’esprit de ne surtout pas la ramener à ce moment-là. Elle n’émet pas le moindre son. Je suis concentré sur l’hôtesse aux cheveux châtains et aux yeux gris qui est à deux doigts de s’évanouir à cause de la peur et de ma prise serrée sur sa gorge.

Ce n’est que lorsque son visage vire au violet que je relâche sa gorge. Elle tombe à genoux tout en prenant de grandes bouffées d’air, se raccrochant à sa misérable vie.

Je saisis la clé sur le comptoir et d’un coup de menton, j’indique à Leona d’avancer. Elle le fait, mais très lentement puisqu’elle ne peut pas s’empêcher de regarder l’hôtesse avec des yeux ronds.

— Ce n’était pas nécessaire, me murmure-t-elle d’un ton tout de même accusateur. Cet accès de violence n’était pas nécessaire.

— Tu ne veux pas tester mes limites maintenant, lui assuré-je en lui jetant un regard noir.

Mes doigts me démangent et tout mon être me supplie de retourner là-bas pour terminer ce que j’ai commencé et l’étrangler jusqu’à ce que mort s’ensuive. Putain, tout mon corps tremble d’envie. Comme un drogué à qui l’on a fait miroiter une dose, je ne pense qu’à ça. Ce n’est vraiment pas le moment pour ma petite lionne de faire preuve d’altruisme et de bravoure. Elle ferait mieux de sauver son joli petit cul avant de songer aux autres. 

Elle semble comprendre le message puisqu’elle referme la bouche et tourne la tête. Parfait.

Je clos brièvement mes paupières tout en continuant d’avancer et glisse une main dans mes cheveux avant de tirer sur la pointe pour tenter d’effacer les images du meurtre de l’hôtesse de mon cerveau.

En passant à côté de la porte de la chambre portant le numéro six, nous entendons très distinctement un long gémissement de plaisir et Leona vire vivement la tête dans cette direction, les yeux aussi ronds que lorsqu’elle regardait l’hôtesse. Visiblement, la surprise et la peur provoquent les mêmes réponses chez elle.

— Je ne peux pas rester là, affirme-t-elle. Pas avec… cette activité autour de moi, continue-t-elle en tournant la tête lorsqu’un nouveau gémissement se fait entendre au bout du couloir.

J’insère la clé dans la serrure et déverrouille la porte portant le numéro dix.

— Je crois qu’avec toute la fatigue accumulée, tu vas dormir comme un loir et ne plus rien entendre, mais si tu préfères, il demeure l’option de la cellule.

Elle me jette un regard ennuyé tandis que j’ouvre la porte de sa chambre en grand, l’invitant à s’y engager.

— Ce n’est pas parce que j’ai une nouvelle chambre que je vais mieux dormir, je resterai quand même sur mes gardes.

Je suis persuadé du contraire, mais ne dis rien, je n’ai pas la patience pour me lancer dans un débat avec elle.

Elle entre et tourne sur elle-même pour étudier la pièce. J’y jette également un regard circulaire en demeurant sur le pas de la porte. La chambre est totalement banale, il y a un lit king size et un fauteuil, ainsi qu’une porte coulissante donnant sur une salle d’eau composée d’une toilette, un lavabo et une douche. Le strict nécessaire pour permettre au client de faire sa petite affaire et de se nettoyer s’il le souhaite avant de repartir.

Cette chambre sera parfaite pour la nuit. Je pose ma main sur la poignée, bien décidé à l’enfermer ici puis quitter cet endroit et trouver le moyen de faire redescendre la tension dans mon corps. Si je rentre dans cette chambre à cet instant, dans cet état d’esprit, je vais tacher les draps de son sang virginal. Ce serait beaucoup trop tôt.

— Tu as faim ? Soif ? C’est le moment ou jamais de me le signaler.

Elle hoche négativement la tête.

— Je passerai t’apporter le petit-déj demain matin, lui annoncé-je.

Je n’attends pas sa réponse, j’aperçois seulement sa mine surprise juste avant que je referme la porte puis la verrouille à double tour.

Je ne peux pas m’empêcher de pousser un long soupir tout en tirant une nouvelle fois sur la pointe de mes cheveux.

Putain, quelle journée !

Je sors mon téléphone de la poche de ma veste et ouvre mon application de messagerie. Je sélectionne les noms de Dino et Gianni et leur propose de nous rejoindre à l’appartement près du lac. J’emmène les putes, ils apportent l’alcool. J’ai à peine traversé le couloir des chambres que je reçois déjà leur réponse positive.

Je souris à l’hôtesse qui peine toujours à retrouver son souffle et m’appuie une nouvelle fois sur son comptoir sous son regard terrifié.

— Combien de filles je pourrais vous prendre pour le reste de la soirée ? lui demandé-je d’une voix faussement polie.

 

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