Twisted Retaliation: Sombre mafia romance (French Edition)
Chapitre 17
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Leona
Il agrippe brusquement mon poignet et me tire littéralement à sa suite tandis qu’il se dirige vers la grande banquette. Il me pousse sans aucune délicatesse en direction d’une assise me forçant ainsi à m’y installer puis à son tour, il se plante à côté de moi. Trop près de moi. Je m’apprête à glisser plus loin sur la banquette quand il attrape ma cuisse, m’interdisant de bouger. Par réflexe, j’ai envie de dégager sa main, mais à son regard, je devine qu’il s’agirait d’une bataille perdue d’avance et qui me rapporterait beaucoup trop d’ennuis alors je n’en fais rien.
— Vas-y, indique-t-il à Sharon en me quittant du regard.
En tournant à mon tour la tête, je croise le regard curieux de Lisa et Arielle puis mon attention se pose sur la blonde tandis qu’elle ondule sensuellement son bassin tout en se rapprochant de nous.
Avec un sourire séducteur aux lèvres, elle plante ses mains sur les genoux de Roméo et d’un geste vif, écarte plus largement ses cuisses afin de s’y glisser. Puis, elle se retourne et recommence à remuer lentement ses hanches, cette fois, sous son nez et le mien par la même occasion.
Je suis clairement mal à l’aise. J’ai envie de détourner le regard de ces fesses bien moulées dans son short qui bougent en rythme avec ses hanches, mais je sais également que c’est exactement ce qu’attend Roméo. Il désire me gêner et je ne veux pas lui donner ce plaisir. Alors je masque ma gêne derrière un masque d’indifférence et regarde Sharon effectuer quelques pas de danse entre les cuisses de Roméo.
D’un coup, elle se retourne, s’accroupit devant lui et pose ses deux mains sur ses cuisses avant de se relever lentement en se collant à lui. Elle frotte littéralement sa poitrine contre son torse puis frôle presque ses lèvres avec les siennes. À aucun moment, il ne bouge. Son visage ne montre aucune émotion ni aucune excitation d’ailleurs, il la regarde tout simplement faire son numéro, sans réagir.
Elle se tourne à nouveau et lui colle ses fesses sous le nez tandis qu’elle se penche en avant et tout doucement, elle plie les genoux jusqu’à frotter son derrière contre l’entrejambe de Roméo. Cette fois, je ne parviens pas à me retenir de détourner le regard. C’est beaucoup trop intime et inconvenant comme position.
À la façon dont ses doigts se resserrent autour de ma cuisse, je comprends son ordre et me reconcentre sur Sharon. Cette dernière se retourne, glisse l’une de ses cuisses entre les siennes puis s’assied à califourchon dessus tout en attrapant la nuque de Roméo. Tout doucement, elle avance son visage jusqu’au sien et mon cœur bat la chamade pendant que leurs lèvres se rapprochent peu à peu.
— C’est suffisant, l’arrête Roméo en reculant sa tête. À toi, me dit-il.
À ce moment-là seulement, il pose ses mains sur Sharon, sur ses hanches, pour l’éloigner de lui.
En première intention, j’ai envie de lui répondre que je ne suis pas le genre de femmes à danser de la sorte contre un homme, mais je ravale ma fierté et me lève. Il ne s’agit que d’une danse, je peux le faire. Il veut juste m’embarrasser, je ne lui donnerai pas satisfaction. Je ne lui laisserai pas gagner cette manche. Pas cette fois.
— Tu reprends tout depuis le début, m’ordonne-t-il.
Sa voix laisse entendre les mêmes notes de défi qui sont visibles dans son regard. Je suis beaucoup trop fière et mauvaise perdante pour lui octroyer cette victoire. Ainsi, alors qu’une musique langoureuse se fait entendre en arrière-plan, j’avance doucement vers lui en exagérant mon mouvement de hanches.
Je passe mes mains dans mes longs cheveux noirs et joue avec, tout en me rapprochant de Roméo.
Arrivée face à lui, je pose mes mains sur ses genoux et les écarte. Puis, je reproduis devant lui les pas de danse que j’ai précédemment appris puis je passe à la suite.
Concentrée dans ma tâche, ambitieuse de répéter à la perfection tous les gestes de Sharon, je m’accroupis à mon tour face à lui entre ses cuisses. Il passe lentement sa langue sur ses lèvres en me regardant droit dans les yeux.
Je remonte tout doucement en veillant à frôler son torse dans le processus. Son souffle est lourd sur mon visage alors que nos paires de lèvres passent très près l’une de l’autre.
Le défi a disparu de ses traits et a été remplacé par une passion intense. Ce n’est pas la première fois qu’un homme me désire, mais dans le cas présent, il y a quelque chose en plus dans son regard, son expression, quelque chose de plus primal, plus sauvage… C’est aussi envoutant qu’étouffant. Son regard brut et sauvage me donne le vertige et inconsciemment, je pose une main sur son épaule pour me stabiliser. Il attrape l’arrière de ma cuisse, comme si lui aussi avait besoin de se raccrocher à quelque chose.
— Continue, m’ordonne-t-il.
À la fois troublée par les réactions de mon corps et concentrée sur le numéro, je me retourne et déplace mes cheveux sur un côté afin de dégager ma nuque et m’octroyer un semblant de fraicheur. Puis je cambre le dos et plie lentement les genoux comme l’a fait Sharon avant moi. Sa main suit le mouvement et glisse sur le devant de ma cuisse avant de remonter doucement jusqu’à ma hanche qu’il serre fermement entre ses doigts lorsque je m’assois sur lui.
J’entends tout aussi bien son grognement animal que je le sens lorsque son torse vibre contre mon dos.
Son souffle est chaud contre ma nuque. Je le sens prendre une grande inspiration dans mon cou, humant mon odeur. Il mordille ensuite ma peau sensible à cet endroit, sans violence, juste assez pour me frémir de désir.
Je me relève brusquement en sentant son sexe durcir sous mes fesses et je me retourne, mi-choquée, mi-effrayée. Il ne me laisse pas l’occasion de choisir la fuite, il m’attrape par les hanches et me force à grimper sur lui. Pas sur sa cuisse comme Sharon, mais carrément à califourchon sur lui, mes genoux posés sur la banquette de part et d’autre de ses hanches.
— Termine le numéro, m’ordonne-t-il d’une voix aussi rauque qu’essoufflée.
Et parce que je vois son trouble comme un signe de victoire, je m’exécute. Je glisse une main à l’arrière de sa nuque et je rapproche tout doucement mon visage du sien.
J’ai la folle impression d’avoir le dessus sur lui en le voyant nettement retenir son souffle, le regard troublé, et c’est aussi euphorisant qu’excitant.
Le temps semble avoir été mis sur pause alors que nos regards sont plongés l’un dans l’autre, nos bouches à quelques millimètres l’une de l’autre. Je n’entends rien d’autre que mon cœur tambourinant contre ma cage thoracique et ne sens rien d’autre que le parfum aux notes citronnées de Roméo alors qu’une vive attraction semble nous attirer l’un vers l’autre.
Cette forme de désir est complètement inédite chez moi. Je me suis déjà sentie attirée par des hommes, je me suis imaginé tout un tas de scénarios impossibles avec eux. Dans un sens, j’ai fantasmé sur eux, je les ai désirés, mais c’était toujours avec de la retenue, de la pudeur, de la modération. Rien à voir avec ce que je ressens actuellement envers Roméo. Il n’y a aucune mesure, ce désir semble aussi ardent que bestial. Le feu qu’il a allumé en moi, qu’il alimente avec son regard brûlant, ne peut pas être contenu et menace de tout ravager sur son passage, mais cette chaleur, bien que suffocante et douloureuse, est incroyablement plaisante et savoureuse.
C’est ainsi que, prise à mon propre jeu, le regard plongé dans le sien, reflétant sans aucun doute la même passion, je caresse ses lèvres avec les miennes et ne recule pas quand il sort sa langue pour lécher ma lippe. Pire que ça, mes lèvres s’entrouvrent pour laisser passer un soupir et Roméo en profite pour y glisser sa langue tout en capturant mes lèvres.
Il prend littéralement possession de ma bouche, il dévore mes lèvres, les embrasse, les mordille, les lèche. Il conquiert le moindre recoin de ma cavité buccale avec sa langue et je le laisse faire, savourant également ce baiser bestial presque punitif, mais curieusement salvateur et apaisant.
— Tu es bien occupé à ce que je vois.
Je me fige au son de cette voix masculine totalement inconnue.
— Gianni, le salue Roméo en écartant ses lèvres des miennes. Installe-toi, je t’en prie.
— Je peux repasser plus tard.
— Non, répond-il sans me lâcher du regard pour autant. Je donnais seulement une leçon à notre invitée.
Ses mots combinés à son regard aussi moqueur que cruel me font reprendre mes esprits. Je relâche sa nuque et pousse avec force sur mes genoux pour me remettre debout. Je ne peux pas m’empêcher de toucher mes lèvres cuisantes, les yeux certainement ronds, je réalise soudainement ce qu’il vient de se passer. Il m’a embrassée. Il a pris mon premier baiser. Non, c’est pire que ça, j’ai participé à ce baiser, je le lui ai donné.
— Leona, je te présente Gianni Bellochi, le frère de Léandro, m’explique Roméo.
Mon regard paniqué atterrit sur le dernier membre du clan Bellochi que je n’avais pas encore rencontré. Je découvre un homme aux cheveux châtain clair et aux yeux très clairs qui affiche un sourire aussi narquois que celui de Roméo.
— Bienvenue à Chicago, me souhaite-t-il. Je vois que tu t’acclimates assez bien.
Il ne pouvait pas trouver pire insulte. Je pose une nouvelle fois ma main sur mes lèvres en songeant réellement au fait d’aller les frotter avec du savon désinfectant durant plusieurs heures voire plusieurs jours, mais ça n’effacera pas mon erreur… J’ai cédé à la luxure. Et pas avec n’importe qui ! Avec mon ravisseur. Je ne peux que prier pour que personne de ma famille ne l’apprenne.
— Leona m’expliquait qu’elle me préférait le plus loin possible d’elle, dit Roméo, une lueur malicieuse dans le regard.
— Ce n’est pas l’impression qu’elle donnait, commente Gianni en s’asseyant près de Roméo.
Son regard, également moqueur, me donne envie de disparaitre le plus rapidement possible.
— C’est également ce que je voulais lui démontrer, confirme Roméo.
Immédiatement, ma gêne se transforme en colère et je lui adresse un regard noir avant de tourner les talons et, le menton levé fièrement, je m’éloigne de lui. Il paiera, j’en fais le serment.
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Roméo
J’observe la petite lionne à la crinière noire s’éloigner en direction des podiums d’une démarche qui se veut fière et assurée, mais ses poings serrés trahissent son énervement et me montrent qu’encore une fois, j’ai remporté une bataille. Un jour, peut-être, elle comprendra qu’elle n’est pas de taille à se mesurer à moi et cessera de me provoquer. En attendant, je profiterai de toutes les occasions pour l’embarrasser, heurter sa fierté et m’immiscer un peu plus loin dans sa tête et sous sa peau. Jusqu’au jour où le souvenir de cette histoire, mon souvenir, laissera une trace indélébile dans son âme.
Je souris intérieurement puis reporte mon attention sur mon ami, à qui j’ai demandé de me rejoindre au Whisper pour une brève réunion. Je croise immédiatement son regard gris bleuté et devine facilement, à son froncement de sourcils et sa mine concentrée, qu’il était en train de m’analyser. Il me fixe ensuite sans parler, en espérant que ce long silence m’amènera à tout lui confesser quant à ce baiser auquel il a assisté. Comme si je n’étais pas le roi en la matière.
— Pas avec moi, je t’ai enseigné cette technique, dis-je à mon premier et plus ancien ami.
Gianni n’en démord pas pour autant, il n’abandonne pas sa mine sérieuse tandis qu’il prend enfin la parole.
— Les Napolitains n’arrêtent pas d’appeler depuis ce matin, me révèle-t-il.
Comme il ne peut pas m’avoir avec des méthodes d’interrogatoire vieilles comme le monde, il opte pour un chemin détourné.
— Ils offrent deux millions contre sa libération.
Sans même prendre le temps d’y réfléchir, je secoue négativement la tête. Ce n’est pas une question d’argent, ça ne l’a jamais été et ne le sera jamais, qu’importe la somme qu’ils offriront, je refuserai systématiquement.
— Faites-leur une contreproposition, un truc impossible à réaliser… Exigez Détroit.
Son visage reste impassible en entendant ma demande folle, qu’ils s’empresseront de rejeter.
— Combien de temps tu comptes la garder ?
Un sourire fend mes lèvres.
— Aussi longtemps que possible, dis-je sans hésiter. Je commence tout juste à m’amuser avec elle.
— Il va falloir les tenir en haleine dans ce cas, commente-t-il de sa voix logique. S’ils perdent espoir de trouver un accord contre sa libération, ils pourraient couper court aux discussions.
— Je vais récupérer les enregistrements des caméras de surveillance du jour et les leur adresser, ça devrait faire monter leur niveau d’angoisse.
Je ne peux pas m’empêcher de passer lentement ma langue sur mes lèvres au souvenir de notre baiser. Je ne pensais pas, en achetant son dentifrice ce matin, découvrir son gout sur mes lèvres dans le courant de la journée, mais putain, en sentant ces notes de cassis, je ne peux que me féliciter de mon choix. Quand mon regard s’est posé sur ce tube de dentifrice au bouchon violet avec une grappe de cassis dessinée sur l’emballage, je l’ai pris comme si c’était une évidence. J’ai procédé de la même façon dans le choix de son gel douche. J’ai définitivement associé l’odeur et la saveur de ce fruit à Leona et ça me plait beaucoup d’avoir ce gout sur les lèvres.
— Je croyais que ton but c’était de la rendre folle en la torturant.
— Elle ne craint pas la violence, elle craint le déshonneur qui, dans son esprit, suivra le fait de s’abandonner. Je la pousse lentement à ôter elle-même sa carapace, à se délester de sa fierté et à se laisser aller, en usant de charme et de plaisir. Ce sera bien plus destructeur sur cette forte tête que d’abuser d’elle.
Mon ami reste songeur. Je sens qu’il est plus sceptique qu’enthousiasmé par ma stratégie pour terrasser la lionne.
— Léandro s’est essayé à un jeu similaire, il s’est perdu en chemin, commente-t-il.
— Sauf que dans le cas de Léandro, Giulana n’était pas une ennemie, rétorqué-je d’un ton sec.
— Tu ne la regardais pas comme une ennemie, mais comme une proie, me répond-il calmement.
Je secoue la tête, l’air de dire qu’il est aveugle et fou, puis je détourne le sujet, ce dernier commençant à m’agacer fortement.
— En parlant de proies, donne-moi les noms, exigé-je en désignant du menton les dossiers qu’il a posés sur la banquette.
Il me les tend et je les lis en diagonale. Cinq dossiers. Cinq noms. Cinq adresses. Cinq visites à rendre. Cela me demandera tout l’aprèm.
— Tu as déjà averti le dernier, m’explique-t-il lorsque j’arrive à ce dossier.
Un sourire se dessine spontanément sur mes lèvres. Ce sont mes cas préférés ceux-ci.
— Je vais lui dessiner une belle pieuvre, affirmé-je en reportant mon attention sur le dossier entre mes mains.
Gianni ne peut pas s’empêcher de me rendre mon rictus cruel, le regard à moitié fou, comme le mien.
Contrairement à d’autres mafias, la ‘Ndrangheta ne s’est jamais montrée bien discrète quant à ses activités criminelles. Nous aimons marquer nos victimes, revendiquer nos crimes, ça permet d’instaurer un certain climat de peur qui facilite grandement notre règne. C’est aussi ce qui permet aux flics, grassement payés et grandement menacés, de classer immédiatement l’affaire. Ainsi, nous ne sommes jamais inquiétés. Et comme tous les habitants savent que nos crimes sont toujours impunis, ça renforce leur peur de nous donc personne ne parle quand nous sommes impliqués. C’est un cercle sans fin que personne ne peut briser. Pas ici. Pas à Chicago. La mafia s’est construite sur ces terres, rien ne l’en délogera.
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