Vivez mieux et plus longtemps

Cymes Michel · Chapitre 1 sur 117

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Vivez mieux et plus longtemps

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Couverture François Supiot

 

Photo de couverture : © Lucien Delorme

 

© Éditions Stock, 2016

 

ISBN 978-2-234-08071-3

www.editions-stock.fr

 

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DU MÊME AUTEUR

 

Hippocrate aux enfers, Stock, 2015

 

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Un jour, je suis tombé sur une citation anglaise qui disait en substance que le plus pauvre des pauvres n’échangerait pour rien au monde sa bonne santé pour de l’argent mais qu’en revanche, le plus riche des riches abandonnerait volontiers son magot contre une santé retrouvée. Je suis assez d’accord avec ça. Rien ne saurait mieux nous convaincre que la santé est un don d’une valeur inestimable. C’est, pour plagier la jolie formule de Pierre Chauvot de Beauchêne, le médecin du roi Charles X, « le trésor le plus précieux, le plus facile à perdre et, paradoxalement, le plus mal gardé ».

Personne n’échappe à son patrimoine génétique. Personne n’échappe non plus à son éducation. Mais nous sommes tous responsables de ce que nous décidons de faire de l’un comme de l’autre. Et s’il n’est pas question pour moi de vous promettre l’éternité, je puis vous assurer qu’il suffit de peu de chose pour passer d’une existence gâchée par les mauvaises habitudes à une existence magnifiée par les bonnes.

Car le corps aime les habitudes. Et il se satisfera toujours de celles que vous lui donnez. Donnez-lui-en de bonnes, il les adoptera volontiers. Donnez-lui-en de mauvaises, il s’y installera avec la même docilité. Le corps est un peu un enfant. Bien traité, il vous remboursera au centuple. Mal traité, il vous présentera la facture. En matière de santé comme dans la vie, on finit toujours par récolter ce que l’on sème.

Je rougirais presque de la banalité de tels propos si, depuis que j’ai prêté le serment d’Hippocrate, il y a maintenant plus de trois décennies, il ne m’était pas donné d’observer au quotidien que nous sommes majoritairement de piètres gardiens de notre santé.

Nous avons tendance à croire que la santé est un dû, une chose acquise pour l’éternité. Mais ça, c’est la version bisounours de la vie. En réalité, la santé est un capital qu’il importe de faire fructifier ou, soyons réalistes, qu’il convient de chérir en permanence pour qu’il ne se dilapide pas. En tout cas pas trop vite… Car ce capital a tendance à s’éroder, sournoisement, de jour en jour. Si l’on ne le respecte pas, il se venge en silence.

Je suis comme vous. J’aime glander dans mon canapé et céder au confort d’une petite flemme. Remettre au lendemain la séance de sport prévue le jour même. Oui, je suis comme vous : je ne déteste pas les sucreries et adore boire un bon coup. Comme vous, je sais qu’il vaut mieux croquer dans un fruit que s’envoyer une tartine de Nutella. Mais puis-je jurer n’avoir jamais succombé à la tentation gourmande ? Évidemment non. Comme vous, j’ai bien compris qu’un légume cru sera toujours meilleur qu’une poignée de cacahuètes. Et pourtant, comme vous, à l’heure de l’apéro ou lors d’une fête, l’alcool aidant, je pioche, ici une tranche de saucisson, là une pistache, parce que j’ai pris l’habitude de les associer aux moments agréables et à la convivialité. Et mon corps s’est laissé faire.

Un jour, un enfant m’a posé la question : Pourquoi tout ce qui est bon est mauvais pour la santé ? Devant mon air ahuri, je crois me souvenir qu’il a fui. Mais ça m’a fait réfléchir et me poser d’autres questions : Que faire ? Comment rester vigilant tout en continuant à se faire plaisir ?

J’ai laissé tomber mon air ahuri et j’ai décidé de répondre. C’est à cela que doit servir ce livre. Il n’a pas été écrit pour réveiller votre parano mais pour vous rappeler quelques principes vertueux. Il se présente sous forme de textes plus ou moins courts regroupés en quatre chapitres.

 

– Le premier chapitre concerne les aliments, parfois oubliés, bons pour la santé. Je ne me contenterai pas de vous les conseiller : je vous dirai pourquoi vous devez les consommer et en quoi ils sont bénéfiques à votre organisme. Je ne vous dirai pas seulement qu’il faut manger des clémentines, je vous expliquerai les raisons pour lesquelles il faut le faire, au grand bénéfice de votre forme physique mais aussi mentale… Et je parie que quand vous en verrez une, de clémentine, sur un étal ou dans une corbeille de fruits, vous penserez à ce que vous avez lu et vous céderez à la tentation. En ayant conscience que vous vous faites du bien. Et se faire du bien, c’est toujours agréable, donc valorisant. Pareil pour les légumes. La liste de mes envies est subjective, non exhaustive. Elle pourrait être différente. Elle traduit mes préférences, mes priorités, mes découvertes, et ne contient que du bon.

 

– Le deuxième chapitre porte sur ces petites habitudes néfastes ou bonnes pour notre bien-être. La différence tient à si peu de chose… Ne pas manger n’importe quoi après une gueule de bois… Ne pas tomber dans le panneau des crèmes hydratantes hors de prix… Ou encore savoir s’asseoir correctement : c’est idiot, mais, si vous n’êtes pas dans la bonne position, vous croyez vous reposer alors que vous faites un effort permanent dont votre dos saura se souvenir… Ah, le mal de dos ! Il fait des ravages. Il devrait être mis au débit de l’insécurité routière. Prenez deux personnes qui font 500 kilomètres en voiture, l’une en étant mal assise, l’autre en étant bien assise. Sauf accident, elles arriveront toutes deux au même endroit. Et dans le même temps. Mais pas dans le même état. Dans les jours suivants, celle qui avait une mauvaise position ne se sentira pas bien. Contractures, douleurs dorsales… Elles pourront être fortes. Ou légères. Auquel cas elle n’y prêtera pas attention. Donc elle recommencera : 500 bornes retour dans la même mauvaise position ! Et les choses finiront par se dégrader. Tout ça pour quelques heures pendant lesquelles elle aura pris l’habitude d’accomplir le mauvais geste. Alors que le bon geste ne coûte rien à qui veut bien se donner la peine de le faire. Comptez sur moi pour vous dire comment vous installer comme il se doit au volant ! Ou comment vous asseoir correctement. Ou comment vous tenir debout sans esquinter votre colonne vertébrale. Et tant d’autres conseils… Souvent, vous vous direz : « Mais oui, c’est évident ! » J’aurai alors joué mon rôle d’alerte. Recenser les bons et les mauvais réflexes, y penser, c’est déjà agir…

 

– Le troisième chapitre s’adresse au sportif ou à la sportive qui sommeille en chacun de nous : il vous donnera envie de bouger un peu plus que vous ne le faites. Les études sur les rapports que les Français entretiennent avec le sport sont souvent contradictoires mais rarement rassurantes… S’il ne fallait en retenir qu’une, ce serait celle de l’Eurobaromètre (décidément, l’Union européenne se mêle de tout), qui conclut que moins d’une personne sur deux fait du sport au moins une fois par semaine (2014). C’est insuffisant ! Pourtant, point n’est besoin de se revendiquer sportif pour faire l’exercice minimum dont tout organisme a besoin. Vous verrez qu’on peut se dépenser sans s’en rendre compte. J’attirerai votre attention sur quelques sports auxquels vous n’avez pas pensé mais qui rallient de plus en plus de suffrages. Et j’enrichirai le discours d’une kyrielle de conseils également valables pour celles et ceux qui pratiquent régulièrement. Je piétinerai quelques idées reçues (oui, on évite le café avant une séance de sport ; non, on n’achète pas une paire de baskets sans réfléchir) et je répondrai aux questions (alimentation, effort, récupération) dont je sais que vous vous les posez ainsi qu’aux questions que vous ne vous posez pas mais dont vous vous direz que vous auriez dû vous les poser !

 

– Le quatrième et dernier chapitre regroupe une multitude de conseils utiles pour conserver la forme. Ce que j’appelle Les petits riens qui font du bien à long terme, ces trucs auxquels on peut ne consacrer que quelques minutes par jour, que l’on peut parfois faire tout en vacant à ses occupations mais qui, mis bout à bout, vous font vous sentir bien, vous font aimer la vie et en rallongent la durée. Vous allez apprendre à entretenir votre mémoire, prendre soin de votre cœur, prévenir la constipation, découvrir que l’on peut dormir au bureau et comprendre une bonne fois pour toutes comment le tabac et l’alcool prennent possession de votre cerveau si vous les laissez faire. Entre autres choses…

 

Notre santé a trop tendance à s’égarer dans des régimes draconiens, des attitudes contraignantes, des ordonnances sans fin et des pharmacies individuelles qui dégueulent, alors qu’elle a juste besoin d’un peu de bon sens. Voilà pourquoi ce livre, qui mûrit de longue date, est fait de textes courts, parfois très courts, mais toujours précis, utiles. Peut-être le lirez-vous d’une traite, mais vous y reviendrez à coup sûr pour picorer, tant il regorge de conseils pratiques pouvant être suivis immédiatement. Je l’ai voulu et conçu dans un style décontracté, parce que c’est ma façon d’être et que ça n’ôte rien au contenu, au sérieux, à la pertinence. Et, convaincu que le rire et le sourire sont sources d’énergie et de bonheur à l’inverse de la dramatisation qui est contre-productive, je n’ai pu m’empêcher de le parsemer de quelques traits d’humour. Désolé, je fonctionne comme ça et je ne changerai pas, tant vous avez eu, à de nombreuses reprises, la gentillesse et la bienveillance de me dire que vous vous en accommodiez plutôt bien !

Vous me connaissez : je préfère convaincre que sermonner, séduire que menacer, informer qu’effrayer. Je considère qu’il n’y a pas d’âge pour commencer. Pas d’âge pour se prendre en charge. Pas d’âge pour se faire du bien. Pas d’âge pour prendre ou reprendre sa santé en main. Pas d’âge pour se dire que non, décidément, les carottes ne sont jamais cuites !

 

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