Vivez mieux et plus longtemps
L’injustice du NEAT
Le NEAT, vous connaissez ? A priori non… Cet acronyme est un indice qui désigne (attention, c’est de l’anglais), le Non Exercise Activity Thermogenesis, comprenez l’énergie brûlée lors de l’activité physique involontaire. Cela comprend les gesticulations diverses, le maintien des postures, les contractions musculaires spontanées, bref, tous les mouvements que l’on fait dans la journée sans pour autant faire du sport au sens strict du terme.
Si je vous prends la tête d’entrée avec cet indice NEAT, c’est parce qu’il nous est précieux pour tenter de percer le secret de ces gros mangeurs qui ne grossissent jamais et rendent fous furieux ceux qui prennent 500 grammes rien qu’en passant devant la vitrine d’une boulangerie.
D’abord, je précise que ce phénomène des « gros mangeurs maigres » n’est pas spécifiquement masculin. Les femmes minces qui reprennent du gigot, ça existe aussi. L’expérience menée par des chercheurs américains a porté sur 16 volontaires non obèses (12 hommes et 4 femmes), âgés de 25 à 36 ans. Pendant huit semaines, on les a soumis à une « suralimentation » de 1 000 calories (rappel : la ration calorique quotidienne peut varier mais on considère qu’elle est normalement de 1 800-2 000 pour une femme et de 2 100-2 500 pour un homme). Nos cobayes ont par ailleurs suivi un même programme d’activité physique et une batterie de tests et d’examens permettant d’évaluer leurs dépenses énergétiques et la masse graisseuse engrangée. Résultat ? La graisse mise en réserve a varié de 1 à 10 selon les sujets ! Certains ont pris 360 grammes, d’autres 4,3 kg ! À se demander où étaient passés les kilos engloutis par les « gros mangeurs maigres » ! Les chercheurs se la sont d’ailleurs posée, la question… Et c’est ainsi qu’est apparu l’indice NEAT, qui permet de mesurer l’énergie brûlée lors de l’activité physique involontaire. Il réussit à certains plus qu’à d’autres : on a pu constater que le sujet ayant développé la plus grande activité NEAT brûlait, toutes les heures, l’énergie équivalant à une marche d’un quart d’heure à allure soutenue ! Tout ça en restant à la maison… Dernière précision : les femmes ont un NEAT plus faible que les hommes. Autrement dit, de façon involontaire, Madame brûle moins de calories que Monsieur.
Tout cela est injuste ?
Oui, mais la vie est injuste, comme dirait Ardisson !
Nous sommes tous inégaux devant le NEAT et il n’y a pas grand-chose à faire face à cet indice qui qualifie l’énergie spontanément brûlée pour simplement vivre. Pas grand-chose, sinon faire du sport et surveiller son alimentation de manière à ce que le corps se retrouve dans un processus normal de fonctionnement : plus d’énergie dépensée que de calories consommées. Parce qu’au fond, elle est là, la solution de bon sens. Les dépenses énergétiques ont beau être plus ou moins importantes suivant les individus, elles n’en demeurent pas moins standardisées. Et l’avantage de l’activité physique, c’est qu’elle nous met en situation de consommer de l’énergie en continu. En faisant du sport avec régularité et de manière soutenue, ne brûle-t-on pas aussi des calories la nuit ? On permet alors au corps d’accueillir encore plus de calories. Cette logique est exponentielle et fonctionne dans l’autre sens : moins on fait de sport, plus on fait de gras.
Quant à votre NEAT, s’il est proche du néant, une solution : bougez plus !
IMC : derrière ce sigle, se cache l’Indice de Masse Corporelle,
imaginé par l’Organisation mondiale de la santé par un beau matin de 1997. Cet indice permet de vous alerter sur la nature de votre corpulence. Il se calcule en divisant votre masse (en kg) par le carré de votre taille (en m). Ceux qui sont fâchés avec les maths sont à deux doigts de refermer le livre. À tort !
Démonstration : je pèse 81 kg et mesure 1,85 m.
Calcul de mon IMC : 81/(1,85 × 1,85) = 23,6
Je peux en déduire que je suis de corpulence normale car mon IMC
est compris entre 18,5 et 25.
Vous aussi, calculez votre IMC et reportez-vous au tableau ci-
dessous :