Vivez mieux et plus longtemps
La magie des endorphines
Vous arrive-t-il d’être debout ? J’aime à le croire… Prenez-vous pour une danseuse étoile : montez doucement sur la pointe des pieds, puis descendez, remontez, redescendez…
Ce petit exercice est facile à faire, quand vous attendez le bus, quand vous êtes dans l’ascenseur, ou quand vous êtes sous la douche. Il vous fera le plus grand bien. Variante : vous êtes toujours debout, vous levez votre jambe sur le côté, doucement, puis revenez à la position initiale. Faites plusieurs séries, en écoutant votre corps… Vous sentirez bientôt les effets bénéfiques de cet exercice sur la musculature de votre fessier. N’oubliez pas de changer de jambe, c’est mieux pour votre silhouette ! Vous pouvez aussi faire travailler vos fessiers à l’heure de la pause-café. En position assise, maintenez votre dos bien droit, puis contractez et relâchez vos fessiers, plusieurs fois de suite, sans forcer.
Maintenant que vous avez des fesses en tungstène, occupez-vous de vos bras ! Lorsque vous avez un moment de libre, essayez tout simplement de vous tenir debout, le corps bien droit, et de lever vos bras tendus, l’un après l’autre, sur le côté. Facile ? On en reparlera dans 50 mouvements… cet exercice utilisant le poids du corps pour développer votre musculature.
Vous le voyez, la vie quotidienne offre mille occasions de se dépenser sans s’encombrer de matériel ni empiéter sur son temps libre. Le plus petit des efforts n’est jamais vain, toujours bénéfique.
La magie des endorphines
On les appelle les molécules du bonheur, elles rendent euphorique, leurs effets sont proches de ceux de la morphine avec laquelle d’ailleurs elles riment : ce sont les endorphines.
Le cerveau les libère lors de la pratique sportive. Plus précisément, ce sont l’hypothalamus et l’hypophyse qui se chargent de faire le boulot en les sécrétant, mettant ainsi à votre disposition le plus naturel des médicaments. Bien sûr, on n’a rien sans rien et il est essentiel que vous y mettiez du vôtre. Libre à vous de choisir un sport parmi les plus endorphinogènes. Il en existe une infinie variété : le vélo, la natation, le ski de fond, les balades en raquettes, le rameur, le step, l’aérobic et nombre de sports collectifs, sans oublier le jogging, sport roi en la matière. Ne parle-t-on pas de la drogue du coureur, à propos des endorphines ?
Bien des sportifs de haut niveau se sont exprimés sur ce qu’ils appellent l’extase du coureur. Les amateurs n’en sont heureusement pas à l’abri. Eux aussi connaissent ce moment délicieux où, après un début d’entraînement parfois rude où l’on se demande « ce qu’on fait là », on se sent atteindre, petit à petit, cet état de griserie qui nous fait nous sentir fort mentalement. Évidemment, ce plaisir-là se mérite, le taux d’endorphines étant directement lié à l’intensité et à la durée de l’exercice. Il ne suffit pas de gambader une dizaine de minutes pour espérer être récompensé. Le mécanisme a besoin d’un effort soutenu pour se mettre en branle : l’équivalent d’une demi-heure de course, à un rythme dit confortable en endurance (entre 50 et 70 % de la fréquence cardiaque de réserve). On peut ainsi multiplier par cinq la quantité d’endorphines sécrétées par rapport à l’état de repos. Et la sensation de bien-être perdure au-delà de la séance de sport.
Le pouvoir magique des endorphines ne s’arrête pas là, loin s’en faut ! Elles auraient un effet anxiolytique. C’est en tout cas ce qu’assure un chercheur de l’Institut de Médecine aérospatiale du service de santé des armées de Brétigny-sur-Orge ; dont les études ont permis de conclure que les sportifs réguliers étaient moins exposés au stress que les non-sportifs. En outre, les endorphines constituent un rempart contre la douleur. En fait, elles agissent en se fixant sur des récepteurs spécifiques qui bloquent alors la transmission des signaux douloureux. La sensation de douleur s’en trouve réduite, quand elle ne disparaît pas. Attention : n’allez pas croire que si vous vous faites une entorse en courant, vous n’allez rien sentir parce que vous sécrétez des endorphines ! Ce qu’il faut comprendre, c’est que les endorphines atténuent la souffrance due à la performance. Elles aident à encaisser l’effort. Il suffit d’en parler avec des rugbymen de haut niveau pour s’en persuader. Avez-vous vu ce qu’ils endurent au cours d’un match ? Pourtant, ils se relèvent. Sur le coup, les joueurs ne ressentent pas vraiment les effets de la douleur occasionnée par les chocs et les chutes. Et puis les endorphines vous protègent dans une certaine mesure contre la fatigue. Elles agissent en effet comme un régulateur qui permet de limiter l’essoufflement ou la fatigue musculaire. Dernier pouvoir magique des endorphines : elles interviennent dans la gestion du sucre pendant l’effort. Elles en limitent la consommation immédiate (c’est plutôt le gras qui trinque) et permettent donc de résister plus longtemps et dans de meilleures conditions…