Vivez mieux et plus longtemps

Cymes Michel · Chapitre 40 sur 117

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Vivez mieux et plus longtemps

Ayez l’alcool intelligent

Par ailleurs, buvez-vous de l’eau ? Non ? Il est urgent de vous y mettre ! Oui ? Parfait ! Mais attention : videz vos bouteilles entre les repas plutôt que pendant les repas. Un verre à table, c’est bien. Mais trop d’eau finit par perturber l’action des enzymes, primordiale pour une bonne digestion.

Enfin, faites un bon usage des fruits. Leur consommation, au risque de me répéter, est évidemment excellente pour votre santé. Certains recommandent de les avaler en dehors des repas, d’autres estiment que ce conseil ne repose sur rien de scientifique (voir le chapitre consacré à la naturopathie) mais ne retenez que l’essentiel : il ne faut pas s’en priver.

 

Ayez l’alcool intelligent

 

Il est à l’origine de 45 000 morts par an, représente la deuxième cause de mortalité « évitable » après le tabac, est impliqué dans nombre d’accidents, de la route ou du travail et, à terme, dans une ribambelle de pathologies parmi lesquelles les cancers (bouche, gorge, intestin, foie), les maladies cardio-vasculaires, l’hypertension artérielle, les cirrhoses du foie… Je vais m’arrêter là, histoire de ne pas vous gâcher le plaisir de ce petit verre qu’il vous arrive de boire, car vous avez évidemment capté que j’aborde un problème majeur de santé publique : la consommation excessive d’alcool…

J’insiste sur le qualificatif quantitatif : « excessive ». Car je ne voudrais pas donner l’impression que je m’en prends à la consommation d’alcool, ce qui, dans un pays comme la France, reviendrait à prendre le double risque de se mettre à dos tout un secteur industriel et de passer pour le rabat-joie de service auprès de ses contemporains. Donc, qu’on ne se méprenne pas, je suis le premier à claironner que « boire un petit coup c’est agréable » mais je recommande, en la matière comme en toute chose, la modération et l’information. Donc, boire, oui, mais boire intelligemment…

Boire intelligemment, c’est d’abord éviter de boire à jeun. Il est essentiel que vous mangiez avant, car les aliments ralentissent le passage de l’alcool dans le sang. Le taux d’alcoolémie atteint son maximum en 30 minutes lorsqu’on boit à jeun et en une heure au cours d’un repas.

Boire intelligemment, c’est prendre le temps de goûter, de déguster. La lenteur, dont je fais ici l’éloge, est une manière de définir assez précisément ce que l’on aime ou pas dans ce qu’on boit. En général, la première gorgée fait exploser arômes et saveurs. Les gorgées suivantes sont moins intenses mais aussi moins savoureuses, pour finir par être dénuées d’intérêt. Vous devez être à l’affût de cet instant particulier où vos papilles gustatives sont saturées. Et en déduire qu’il est temps d’arrêter de boire.

Boire intelligemment, c’est savoir se limiter aux alcools que l’on préfère. Certains sont plus agréables que d’autres : acceptez ceux que vous préférez, refusez les autres !

Boire intelligemment, c’est aussi savoir dire non ! Il est essentiel de faire jouer sa liberté de boire ou de ne pas boire. On évite ainsi de se laisser influencer par l’effet de groupe ou par les autres ; et on ignore ceux qui ont la fâcheuse tendance à propager l’idée selon laquelle « Quand on ne boit pas, c’est qu’on n’aime pas faire la fête ! »

Boire intelligemment, c’est être conscient de ce qui se passe dans l’organisme dès la première gorgée. L’alcool est absorbé au niveau de la paroi de l’intestin grêle et passe dans la circulation sanguine. En quelques minutes, il est transporté dans tout l’organisme, notamment au niveau d’un organe particulier : le cerveau, pour être ensuite éliminé de notre corps. 5 % sont évacués par les reins (sous forme d’urine), la peau (la transpiration), les poumons (l’air expiré) et la salive. Le reste, c’est le foie qui s’en charge. Il œuvre à hauteur de 95 % dans l’élimination de l’alcool. Nous lui devons beaucoup : il agit comme une petite station d’épuration en détoxifiant le sang de l’alcool qu’il renferme (une, parmi ses quelque 500 fonctions essentielles !). Si vous abusez, il saura vous le faire savoir à sa manière : dans les cas les plus graves, l’alcool peut être responsable d’hépatites (inflammations du foie) ou de cancer du foie.

Boire intelligemment, c’est enfin penser à répartir les verres d’alcool au fil des repas et des journées de la semaine. L’apport calorique de l’alcool est en effet loin d’être négligeable. Et si cet apport est trop élevé par rapport aux besoins de votre organisme, vous stockez. Et qui stocke grossit ! Vous grossissez d’autant plus que la molécule d’alcool, une fois transformée par le corps, renforce le stockage des aliments gras et sucrés par la grâce d’une réaction chimique dont je vous épargne la complexité.

 

Alcool et calories. Il n’y a pas d’alcool réellement moins

calorique : 3 cl de whisky, 12 cl de vin, une coupe de champagne ou un demi de bière apportent à peu près le même nombre de calories : entre 80 et 210.

– un verre de vin de 12,5 cl contient environ 100 calories,

– une bière 140 calories,

– une coupe de champagne entre 80 et 120 calories,

– un verre de martini 210 calories !

Et je ne vous parle pas des cocktails où s’additionnent jus de fruits,

sucre de canne et lait de coco : une usine à calories ! Aussi, si ce type de mélange vous plaît, choisissez de mixer l’alcool avec des jus de fruits ou de légumes purs 100 % naturels, plutôt que des boissons gazeuses ou aromatisées. Non seulement leur valeur nutritionnelle est faible, mais en plus elles sont souvent à base d’édulcorants. Associé à une boisson sucrée artificiellement, l’alcool passe plus rapidement dans le sang ; le taux d’alcoolémie grimpe alors en flèche.