Vivez mieux et plus longtemps

Cymes Michel · Chapitre 73 sur 117

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Vivez mieux et plus longtemps

Et si, Mesdames, vous montiez sur le ring ?

Le cours dure en général une heure. Vous vous battez contre vous-mêmes, mais vous le faites collectivement, au son d’une musique spécialement choisie pour l’occasion : en général, elle est populaire et son rythme est étudié pour accompagner votre effort cardiaque. Car le cardio travaille ! Tout comme l’endurance et les muscles ! Ceux des cuisses sont fortement sollicités (puisque vous êtes amenés à sauter et à balancer des coups de pieds à bonne hauteur, en équilibre plus ou moins maîtrisé, à un adversaire invisible) et ceux des épaules ou des bras ne sont pas en reste (puisque vous enchaînez les directs du droit et les crochets du gauche, quand ce n’est pas l’inverse).

À ce rythme vous êtes sûr d’évacuer votre stress et de griller des calories, entre 700 et 800 (au terme d’une séance d’une heure où vous n’aurez pas été largué).

Ainsi prospère le body-combat, plus ludique que violent, plus tonifiant que dangereux. Et toujours en évolution car, tous les trois mois, la chorégraphie change.

 

Et si, Mesdames, vous montiez sur le ring ?

 

Pratiquer un sport de combat ? Franchement, ce n’est pas la première idée qui vient à l’esprit quand on se décide à faire du sport. Surtout quand on est une femme. Et pourtant ! C’est bien à vous, Mesdames, que j’entends là m’adresser, en répondant à cette question que vous ne vous êtes peut-être pas posée mais à laquelle je souhaite répondre, car j’ai quelques arguments à faire valoir. La question, donc : peut-on être une femme et pratiquer un sport de combat ?

Voilà bien une interrogation de macho. J’assume. À la limite, je suis bien d’accord avec vous. Même s’il faut reconnaître que l’imaginaire collectif a un peu de mal à se représenter une femme donnant (et recevant…) des mandales, des bourre-pifs et des tartes…

Cette description, un rien provocatrice, ne passe pas la rampe. Car de plus en plus de femmes se mettent avec bonheur aux sports de combat. Et elles ont le choix !

La boxe ? Bienvenue sur le ring ! Mais attention : on parle là d’une boxe féminisée, pas de la boxe masculine qui finit tôt ou tard par vous envoyer vous faire recoudre ou redresser le minois, ce qui n’est pas le but du jeu. Moi, je vous parle du full-contact, une discipline où se conjuguent coups de poings et coups de pieds mais en version light : on se contente d’effleurer l’adversaire au lieu de l’envoyer au tapis.

Malgré la finesse de ma plaidoirie, la boxe vous déplaît toujours ? Pourquoi ne pas essayer le judo ? Bienvenue sur le tatami ! C’est le sport de défense par excellence : on exploite la force de l’adversaire pour le projeter au sol, voire l’y immobiliser. Ce sport est une déclinaison du jiu-jitsu, un art martial qui regroupe des techniques de combat héritées du Japon féodal. Le pratiquer, c’est renforcer le contrôle de l’esprit sur le corps. Et ce, sans s’exposer, car (le croirez-vous ?) « jiu-jitsu » signifie « art doux » en japonais, langue que je parle couramment, notamment sous la torture.

Non ? Pas de judo ? Alors l’escrime ? Bienvenue sur la piste ! Voilà un sport qui développe la capacité à se concentrer et à canaliser son stress. Épée, sabre ou fleuret au poing, on peut s’y mettre à tout âge. C’est excellent pour la ligne, ça renforce le cœur, ça vous sculpte une silhouette d’enfer et ça plaît beaucoup aux grandes timides, bien à l’abri sous leur masque…

Toujours pas ? Vous refusez de tirer ? C’est comme ça qu’on dit, dans le monde glamour de l’escrime…

Essayons donc le karaté ! Bienvenue dans le monde de l’esquive et du blocage ! Car c’est sur ces principes que repose ce sport tout indiqué pour les femmes, souvent plus aptes à éviter qu’à réellement frapper en force. Le karaté développe l’endurance, la souplesse, la tonicité et la vitesse.

Quoi qu’il en soit et quel que puisse être votre choix, soyez convaincues, Mesdames, que ces sports, dont l’image est parfois associée à la violence, peuvent aujourd’hui se pratiquer en toute sécurité. En outre, les bienfaits physiques qu’ils engendrent se doublent de bienfaits psychologiques : sur un ring, sur un tatami ou sur une piste, on se dépense, certes, mais on améliore aussi sa connaissance de soi et on gagne systématiquement en confiance. Et votre confiance en vous, Mesdames, c’est la certitude de notre intérêt…