Ces gens-là

Chico Buarque · Chapitre 31 sur 63

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Ces gens-là

23 mars 2019

— Allô ? Allô ? Salut Bia. Je t’entends très mal. Bia ? Allô ? Ça capte mal ici, Bia, je vais aller dehors. Allô ? Voilà, qu’est-ce qu’il y a ? Ah, c’est encore toi ? Je croyais que c’était quelque chose d’important. Je sais. Mais je vais pas pouvoir parler longtemps, je suis chez lui. Mais, sérieux, qu’est-ce que t’as à me poursuivre ? Arrête, Duarte, les femmes célibataires et en mal d’amour, ça manque pas. Alors pourquoi il faut que ça tombe sur moi ? Je suis chaude, moi ? C’est plutôt toi qui ressembles à un chimpanzé, un bonobo, quand t’es au pieu. Il va falloir que je rentre, Duarte. On m’attend. Un autre jour, peut-être. La semaine dernière, c’était plus facile, il voyageait avec son fils. Je vais y réfléchir. Mais juste pour boire un whisky, rien de plus. Ha, ha, ha, ça t’a plu que je t’appelle Bia ? Demain, c’est pas possible, n’essaye même pas de m’appeler. Je suis débordée cette semaine. Des affaires professionnelles, du social, les deux sont liés. Dimanche en huit ? C’est possible. Attends, le 31, je dois dîner au palais Guanabara. Pourquoi ça, un salopard ? Maintenant, pour toi, tout le monde est un facho. Tu le connais, peut-être ? C’est vraiment quelqu’un de bien, figure-toi. On pense à moi pour rénover le mobilier du palais, si tu veux savoir. Espèce d’idiot, Napoleão n’a rien à voir avec ça. T’as pas changé, tu veux toujours me tirer vers le bas. T’es qu’un raté, Duarte. Un loser, oui. Lâche-moi, Duarte. Une bonne fois pour toutes, lâche-moi.