Ces gens-là
9 avril 2017
Quand j’ai divorcé pour la première fois, il y a plusieurs années, ma femme m’a traité de machiste et de misogyne. Hors d’elle, elle avait parlé sans réfléchir car, connaissant mieux que personne le sens exact et même l’étymologie de chaque mot, elle savait que ceux qu’elle avait prononcés n’étaient pas corrects. Ce n’est pas mon genre de frapper les femmes, et je n’ai aucun plaisir à blesser leur cœur. Je préfère celles qui m’arrivent déjà blessées par un autre homme ; les femmes trompées, par exemple, les femmes en colère, le visage brûlant. Mais rien ne se compare aux épouses aveuvées encore jeunes et fidèles. Celles qui s’accrochent au cercueil fermé, lors de la veillée funèbre du mari mort dans un effroyable accident. Je suis incapable de voir une photo de ce genre de veillée sans songer à qui sera le prochain à coucher avec la veuve, pendant combien de temps elle résistera, quels seront ses sentiments confus quand, enfin, elle s’abandonnera. J’apprécie également les femmes qui pleurent pendant l’orgasme. Je mens : tu es triste ?, ça t’a fait mal ? Il existe vraiment un lien mystérieux entre la compassion et la perversité.