Ces gens-là
11 avril 2019
Quant à la rénovation de la façade, la peinture des parties communes et le remplacement du revêtement de sol du garage, ce sont là des projets que, comme dirait le commun des mortels, nous remettons sans cesse aux calendes grecques. Or, si nous voulons vraiment affronter l’origine de nos problèmes, nous devons repenser nos rapports avec les résidants qui n’honorent pas leurs dettes vis-à-vis de l’administration de l’immeuble, et qui accablent par conséquent tous les autres avec des frais supplémentaires. Nous devons garder à l’esprit que la résidence Saint-Eugene, récemment encore l’une des plus réputées du quartier, est traditionnellement destinée – et je n’entre pas ici dans des considérations sociologiques ou similaires – aux familles ayant un pouvoir d’achat supérieur à la moyenne. Je sais que le syndic tient les factures des charges de l’immeuble secrètes, mais j’ai peine à croire que le locataire du 702, par exemple, qui – c’est un fait notoire – ne paye pas son loyer, s’acquitte de ses charges. En tant que juge fédérale, je sais également que l’entrée dans un domicile est un droit inviolable, mais le refus de la part dudit locataire d’ouvrir sa porte au plombier que nous avions engagé il y a presque un mois frise l’insolence. Pour être tout à fait franche, je regrette que vous n’ayez pas immédiatement contacté la compagnie d’assurances garante du 702, dont les fuites au niveau de la salle de bains n’ont toujours pas été réparées et ont causé de sérieux dommages dans l’appartement du dessous (le 602). N’ayant pas été entendu dans ses justes revendications, comme vous le savez, le locataire du 602 a abandonné l’appartement, qui est depuis resté vide, car il y a un litige autour de la succession du propriétaire récemment décédé. J’ajoute que, comme j’ai pu le constater, les premières gouttes sont apparues au plafond du 502, et sans doute dans peu de temps, par effet domino, toute la colonne 02 sera endommagée. Devrons-nous assister passivement à la ruine de notre Saint-Eugene ?
Cordialement,
Marilu (201)
11 avril 2019