Fables de Florian

Florian · Chapitre 25 sur 100

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Fables de Florian

FABLE VIII. L'Enfant et le Miroir.

Ce morceau vraiment oratoire

Fit bâiller; mais on applaudit.

Content de son succès, notre singe saisit

Un verre peint qu'il met dans sa lanterne.

Il sait comment on le gouverne,

Et crie en le poussant: Est-il rien de pareil?

Messieurs, vous voyez le soleil,

Ses rayons et toute sa gloire.

Voici présentement la lune; et puis l'histoire

D'Adam, d'Eve et des animaux...

Voyez, messieurs, comme ils sont beaux!

Voyez la naissance du monde;

Voyez... Les spectateurs, dans une nuit profonde, Écarquillaient leurs yeux et ne pouvaient rien voir;

L'appartement, le mur, tout était noir.

Ma foi, disait un chat, de toutes les merveilles

Dont il étourdit nos oreilles,

Le fait est que je ne vois rien.

Ni moi non plus, disait un chien.

Moi, disait un dindon, je vois bien quelque chose;

Mais je ne sais pour quelle cause

Je ne distingue pas très-bien.

Pendant tous ces discours, le Cicéron moderne Parlait éloquemment et ne se lassait point.

Il n'avait oublié qu'un point,

C'était d'éclairer sa lanterne.

 

FABLE VIII.

L'Enfant et le Miroir.

Un enfant élevé dans un pauvre village

Revint chez ses parens, et fut surpris d'y voir

Un miroir.

D'abord il aima son image;