Fables de Florian

Florian · Chapitre 4 sur 100

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Fables de Florian

FABLE II. Le Bœuf, le Cheval et l'Ane.

La vérité répond: Vous le voyez, je gèle;

Aux passans je demande en vain

De me donner une retraite,

Je leur fais peur à tous. Hélas! je le vois bien,

Vieille femme n'obtient plus rien.

Vous êtes pourtant ma cadette,

Dit la fable, et, sans vanité,

Par-tout je suis fort bien reçue.

Mais aussi, dame Vérité,

Pourquoi vous montrer toute nue?

Cela n'est pas adroit: Tenez, arrangeons-nous;

Qu'un même intérêt nous rassemble:

Venez sous mon manteau, nous marcherons ensemble.

Chez le sage, à cause de vous,

Je ne serai point rebutée;

A cause de moi, chez les fous

Vous ne serez point maltraitée:

Servant par ce moyen chacun selon son goût, Grace à votre raison et grace à ma folie,

Vous verrez, ma sœur, que par-tout

Nous passerons de compagnie.

 

FABLE II.

Le Bœuf, le Cheval et l'Ane.

Un bœuf, un baudet, un cheval,

Se disputaient la préséance.

Un baudet! direz-vous, tant d'orgueil lui sied mal. A qui l'orgueil sied-il? et qui de nous ne pense Valoir ceux que le rang, les talens, la naissance,

Élèvent au-dessus de nous?

Le bœuf, d'un ton modeste et doux,

Alléguait ses nombreux services,

Sa force, sa docilité;