Fables de Florian

Florian · Chapitre 91 sur 100

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Fables de Florian

FABLE XIII. La Tourterelle et la Fauvette.

Aux animaux surpris en faisait la critique;

Disait des mais et puis des si.

Un renard s'écria: Messieurs, cela s'explique;

C'est que madame file aussi.

 

FABLE XIII.

La Tourterelle et la Fauvette.

Une fauvette, jeune et belle,

S'amusait à chanter tant que durait le jour;

Sa voisine la tourterelle

Ne voulait, ne savait rien faire que l'amour. Je plains bien votre erreur, dit-elle à la fauvette;

Vous perdez vos plus beaux momens:

Il n'est qu'un seul plaisir, c'est d'avoir des amans. Dites-moi, s'il vous plaît, quelle est la chansonnette

Qui peut valoir un doux baiser?

Je me garderais bien d'oser

Les comparer, répondit la chanteuse:

Mais je ne suis point malheureuse,

J'ai mis mon bonheur dans mes chants.

A ce discours, la tourterelle,

En se moquant, s'éloigna d'elle.

Sans se revoir elles furent dix ans.

Après ce long espace, un beau jour de printemps, Dans la même forêt elles se rencontrèrent. L'âge avait bien un peu dérangé leurs attraits;

Long-temps elles se regardèrent

Avant que de pouvoir se remettre leurs traits.

Enfin la fauvette polie

S'avance la première: Eh! bonjour, mon amie, Comment vous portez-vous? Comment vont les amans?

—Ah! ne m'en parlez pas, ma chère,